;?^^ /. 67 S.9^/f ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. # o- 0^^ PARIS, IMPRIMÉ PAR FEUGUERAY, RUE DU CLOÎTRE SAINT-BENOÎT. ANNAL^^ DES "". SCIENCES NATURELLES, MM. AUDOUÏN, AD. BRONGMART et DUMAS, COMPRENAKT LA PHYSIOLOGIE ANIMALK ET vicÉTALE , l'anATOMIE COMPARÉE PES DEUX RÈGNES , LA ZOOLOGIE , LA BOTANIQUE , LA MINÉRALOGIE ET LA GÉOLOGIE. PARIS. GROCHARD, LIER AIRE -ÉDITEUR, CLOITRE SAINT-BENOIT , N» i6 , BT RCB DE SOBBOKSE , ri° 3. 1826. ^■^1^^- PARIS, IMPRIMÉ PAR FEUGUERAY, RUE DU CLOÎTRE SAINT-BENOÎT. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES, PAS MM. AUDOUIN , AD. BRONGNL\RT et DUMAS , COMPBENABT LA PHYSIOLOGIE ANIMALE ET VÉGÉTALE , l'aNATOMIE COMPARÉE DES DEUX RÉGNES , LA ZOOLOGIE , LA BOTANIQUE, LA MINERALOGIE ET LA GÉOLOGIE. TOME SEPTIEME, ACCOMPAGNÉ DE PLANCHES , IN -4". \ f ^* -^ -•* I • ■h PARIS. GROCHARD, LIER AIRE -ÉDITEUR, CLOITRE SAINÏ-BENOIT , N» i6 , E, S» 3. 1826. ANNALES DES SCIENCES NATURELLES Premier mémoire sur les Lenticelles des arbres et le développement des racines qui en sortent : Par M. DE Candolle. Les phénomènes les plus communs, et que l'on, est en droit (le considérer comme les mieux coimus , présentent encore tous les jours des particularités nouvelles. Cette réflexion, si propre à encourager à l'observation détaillée des fails qui nous entoureut , sera , je pense , suffisam- ment justifiée par le récit des expériences et des consi- dérations qui m'ont été suggérées à la vue d'un fait extrê- mement populaire , le développement des boutures. Ayant placé (les branches de saule dans l'eau , et ayant étudié la naissance de leurs racines , j'ai été appelé à observer plusieurs particularités qui m'ont paru dignes d'être sui- vies et mentionnées ; je les exposerai dans ce premier Mémoire , en suivant l'ordre où elles se sont présentées à moi , et je consacrerai un second Mémoire à l'examen détaillé des organes qui jouent le principal rôle dans ces. développemcns. lawi»' 182t.. •• 1. (6 ) PREMIÈRE OBSERVATION. Désirant connaître avec quelque précision la manière dont les racines sortent des branches d'arbres et le rôle que la température exerce sur ce pliénomène , je plaçai, au mois de décembre dernier , dans des bouteilles de verre transparent , des bi'anches coupées au môme saule ( Salix hicolor ) , et choisies aussi semblables entre elles qu'il me fut possible. Je mis deux de ces branches dans une orangerie chauffée à 5 ou 6 degrés de Réaumur, et deux autres dans une serre à 12 ou x3 degrés. Les branches de l'orangerie restèrent plusieurs mois sans donner aucun signe de végétation , tandis que celles de la serre chaude poussèrent des racines en moins de quinze jours. La rapidité de leur développement et la transpa- rence du milieu oii il s'opérait m'ayant permis de les observer , c'est d'elles seules que je vais m'occuper. L'eau , qui ne diminuait pas sensiblement dans les bou- teilles exposées à une température basse , et où la végéta- tion ne pouvait s'établir, fut au contraire visiblement absorbée dans les bouteilles de la serre chaude , et celle absorption fut surtout très prononcée dès que les racines furent sorties. Le premier signe de végétation a eu lieu dans les bourgeons, qui se sont légèrement gonflés ; bientôt les petites taches ovales marquées sur la branche se sont tuméGées , les racines en sont sorties et le développement des bourgeons a pris alors beaucoup d'activité. Ce sont les bourgeons du bas de la branche, et qui étaient par conséquent les plus près de Ucau , et ceux du sommet , qui en étaient les plus éloignés, qui se sont développés les ( 7) toremiers. Ces bourgeons se développent dans deux posi- tions très déterminées : les uns, qui sont les plus précoces, naissent à l'aisselle des anciennes feuilles ( PI. i j F. i , 9 ); ils sont toujours solitaires, et ce sont les seuls qui se déve- loppent quand il ne reste que la cicatrice de la feuille ; les autres, qui sont plus tardifs (PI, 1 , F. 1 , h. h. h. ) , naissent quand on a coupé quelque petite brandie laté- rale ou que le bourgeon primitif est oblitéré , arraché ou détruit ; ils se développent régulièrement au nombre de deux sur les côtés de l'alvéole , qui indique la place de la branche latérale ; il sont placés par conséquent comme s'ils naissaient aux aisselles des stipules ou des coussinets de la feuille primitive : ces bourgeons à feuilles ont , dès leur origine , une direction ascendante très prononcée et une couleur verte décidée ; ils prennent naissance du corps ligneux, mais d'une manière beaucoup moins claire que nous ne le verrons tout-àr-l'heure , en parlant des ra- cines : leur forme est , dès leur origine , celle d'un cône pointu et un peu comprimé ; ils fendent en deux lobes l'enveloppe épidermoïdale qui les recouvre et offrent à l'œil , dès ce premier moment, le rudiment de la branche et de toutes les feuilles qu'elle doit porter. Comparons maintenant à ce développement des branches, celui des racines. On a coutume de dire que les racines sortent indiffé- remment de tous les points de l'écorce , mais cette asser- tion est inexacte ; elles sortent toutes , sans exception (1), des taches rousses et ovales que Gueltard a nommées (i) l'oyez PI. I, Fig. i, lll. , et PI. 11 , Fig. 2, ///. (8) glandes îeùticulaîres , et dont l'usage dtait jusqu'ici in- connti aUx naturalistes. Je donne a ces organes le nom de if*>z'^/feZ/(?* (lenlicellœ), pour rappeler celui de Guet- tard, qui exprime assez bien leur forme, et avoir en même lènfjps l'avantage d'un terme simple au Heu d'un mot composé , et surtout d'un terme dépouille d'iiypotbèse , au lieu d'uuc expression qui est au moins douteuse; car rien de glandulaire lie paraît dans ces prétendues glandes. Etonné qu'un fait aussi simple ne ftit pas connu , j'ai parcouru tous les livres de bolanique et d'analomie pour m'assurer s'ils ne l'avaient point mentionné , et j'ai vu que partout on ne faisait des lenticelles qu'une mention très succincle,et que le développement des l'acines elles-mêmes n^'avart été observé que d'une manière assez vague. Quel- ques jardiniers m'ont bien dit avoir observé la sorlie des racines bors des lenticelles, liiàis avec le vague qui se rencontre dans les obsdrVàltoas dé pure pratique et non consignées par écrit. Avant d'aller plus lùin dans le récit de l'observation détaillée de la radlcalion du saule , je dois dire que je ne me suis pas borné à voir les racines sortir des lenticelles dans ce genre , mais j'ai vérifié le mômè fait dans toutes les boutures qui se sont offertes à moi , et notamment dans des brandies de diverses espèces de marronniers , dans Y Ampélopsis hederacea,\e Cratœgus o±yacantha, le Sainhucus nigra, Vylnneriiaca dasycarpa^ \ePopulus ahgulata , le Ficus elastica , etc. , etc. : j'ai vu de plus que dans les arbres qui portent des racines aériennes , ces ra- cines sortent aussi des lenticelles , comme cela a lieu dans plusieurs espèces de sumac , de vigne , de figuier, etc. Dans tous ces cas, ces organes dont le rôle était inconnu. (9) 8e conduisent comme des rudimens de racines qui ne se developperaienl que dans des circonstances favorables, ou, si l'on veut , comme des sortes de bourgeons radicaux , c'est-à-dire des poijils où l'organisation a préparé d'a- vance des circonstances favorables au développement des racines. Je n'ai rencontré qu'une seule exception à cette loi, c'est le Seduin altlsslmum , dans lequel les racines aériennes sortent par faisceaux des cicatrices des anciennes fciiilles. Ce développement des lenticellcs a Heu de la manière suivante, dans le saule: le disque lenliculaire, qui, dans l'état de repos , était presque plane, devient bombé_, puis il se crève, le plus souvent, en quatre lobes peu ré- guliers , ou en se fendillant, ou en se coupant tout à Ten- tour, de manière que le disque épiclernioïdal est soulevé par la racine comme par un emporle-pièce irrégulier : ce dernier mode est souvent facile à voir dans le développe- ment des racines aériennes du Ficus elaullca. Quand la cuLicalc est ainsi enlevée, on voit qu'il y avait au-dessous d'elle une matière blanclie qui semble amy- lacée (PI. 1 et 11 , bb.') ; cette matière est grenue, pres- que pulvériileute , très délicate , souvent recouverte de bulles d'air, lorsqu'on l'observe dans l'eau; lorsqu'on l'examine sous le microscope, elle paraît composée d'un amas de vésicules transparentes , qui ne sont pas adhé- rentes ensemble , mais paraislent"lég"èremcnt collées par leur iuxtapositroh;cés vésicules sont, les unes arrondies, d'autres obiongues et obtuses aux deux extrémités; elles semblent vides lorsqu'on les volt isolées, et deviennent d'un blanc argenté, opaques, lorsijuelles sont entassées ; elles ressemblent assez bien à l'apparence de certaines cel- lules du tissu cellulaire vues isolées sous le microscope ; ( 10 ) on pourrait croire qu'elles sont une dégénérescence parti- culière de l'enveloppe cellulaire de l'écorce : je donne , PI. 1 , Fig. 5, la figure de celte matière vue sous le mi- croscope. Les racines sortent de dessous cette matière pulvéru- lente, quelles déjeltent, ou tout à i'entour, quand elles naissent juste au milieu, ou d'un côté seulement. Elles offrent une pointe mousse un peu raide et s'alongent en prenant la forme de filets cylindriques d'un blanc ar- genté ; la pointe seule ou la spongiole a son extrémité légèrement verdatre , comme M. Dutrochet la déjà observé : tout le reste est d'une blancheur absolue et ne verdit point par l'action de la lumière solaire , caractère qui, comme je l'ai dit jadis , est l'un des plus sûrs pour distinguer les racines des tiges ^ et surtout de ces tiges souterraines, que tant d'auteurs ont confondues avec les vraies racines (i). Ces racines, qui sortent des lenticellcs du saule , com- mencent par être parfaitement simples, puis elles poussent latéralement des fibrilles nombreuses ; ces fibrilles sont disposées sans ordre apparent, et divergent de l'axe à angle droit. Lorsqu'on examine leurs distances moyennes, soit vers l'origine de la racine, soit dans le reste de sa lon- gueur, on voit qu'elles sont sensiblement les mômes par- (i) Il y. 1 plus de vingt ans que, clans madisseitatiou sur les proprié- tés des plantes, j'avais exposé les différences de ces organes. Guide d'après ces principes que j'ai sou vent développés dans mes cours, M. Du. na! a prouvé^ en i8io, que les tubercules de la pomme de terre naissent, non sur des racines, mais sur des tiges souterraines. M. Dutrochet a ■ confirmé dernièrement ces idées dans ses Mémoires , publiés en i82,3 et i8!4. ( ^o tout , ce qui tend à confirmer l'asserlion de Duhamel, que les racines ne croissent que par leurs extrémite's , asser- tion qui a pris beaucoup d'importance depuis les beaux travaux de M. Knightsur la cause de la perpendicularité. Les fibrilles latérales des racines sont très menues, et leur extrémité, qui finit par jouer le rôle de spongiolo, com- mence par être très aiguë et se renfle légèrement au bout de quelques jours. L'extrémité de chaque racine principale est enveloppée dans Une espèce de matière spongieuse très molle , très délicate et de couleur roussâtre (PI. i,Fig. i,77T. ): celle matière est sans adhérence avec la fibre radicale, excepté à rextrémité de celle-ci , où un filet très menu semble éta- blir entré elles une vraie continuité. Lorsqu'on enlève cette matière, ce filet reste au bout de la spongiole comme une soie très fine; lorsqu'on examine celte matière au microscope , on voit qu'elle est organisée , composée de membranes transparentes marquées de mailles ou aréoles oblongues ( PI. i , Fig. 4 ) , souvent parallélogrammiques , et tout-à-fait semblables à celles de la cuticule ou épi- derme des racines ; ces membranes paraissent salies par des dépôts de molécules étrangères et jouir de propriétés hygroscopiques ; elles ont des rapports avec l'espèce de mucosité spongieuse qui se développe autour des graines de plusieurs crucifères lorsqu'elles germent dans l'eau, et qui est aussi formée par l'imbibition d'une membrane hy- groscopique. Cette circonstance confirme l'analogie que j'ai indiquée ailleurs entre les spongioles radicales cl sé- minales. Lorsqu'on coupe en long la branche de saule qui a produit des racines, on voit que celles-ci prennent naissance sur le pourtour extérieur du corps ligneux ( 12 ) (PI. 1, Fig. 2.); celui-ci offre une pelite protubérance qui se prolonge au travers du corps cortical et va former l'axe ligneux de la racine ; l't'corcc intérieure se prolonge au- tour de cet axe ligneux et forme l'écorce de la racine ; li'piderme rompu forme une espèce de gaîne ou de cu- pule à la base de la racine ; la cuticule de la racine est , à cet âge , peu adhérente avec le reste de son écorce , et peut s'en séparer sous la forme d'une membrane fine , i ransparente , à aréoles oblongues ou parallélogrammiques, très semblables à celles qui forment la mucosité dont la spongiole est entourée. Pour achever le récit de cette première observation , je dois ajouter ici que la coupe transversale de la branche de saule, ainsi que les points où j'avais coupé quelques branches latérales, et par conséquent toutes les places où le corps ligneux s'est trouvé à nu dans l'eau , se sont cou- verts d'une espèce de moisissure blanche, filamenteuse, très menue, qui éloit bien visible dans l'eau , mais se détruisait dès qu'on tentait de l'en sorlii- ; je l'ai fait re- présenter , Pi. 1, Fig., BB., et j'ai reconnu dès lors qu'elle paraît être celle qui a été désignée et figurée par INIM. de Schranck et INees d'iisenbeck , sous le nom de Mucor imperceptibills ( Noi'. act. nat. cur. Bonn. , vol. XI; pars. 2 , p. 5o4 , T. 58 ). Je ne la mentionne ici que pour noter qu'elle ne croît point sur l'écorce , mais seulement sur le bois mis à nu. DEUXIÈME OBSERVATION. Ayant remarqué , dans l'observation précédente , que les racines poussaient en plus grande quantité du côlé '( 1^ ; de la branche de saule qui n'était pas exposée à la lu- mière , j'ai voidu m'assurer si réellement l'obscurité favo- rise leur développement. J'ai mis des branches de saule semblables dans des Louteilles , les unes exposées à la clarté du jour , les autres enveloppées de papier noir : ces dernières ont, en général, poussé des racines plus rapi- dement et plus vigoureusement ; la disproportion a été même quelquefois extraordinaire : ainsi j"aî présenté , le 16 février dernier, à la société d'histoire naturelle de Genève , deux boutures , coupées au même saule , qui avaient été mises en expérience le 1^' février, et dont celle exposée à la clarté avait des racines longues de 2 à 5 lignes seulement , tandis que celle qui avait sa base à l'obs- curité , avait des racines longues de 4 à 5 pouces, et déjà un peu ramifiées. Mais je dois ajouter, après avoir cité cet exemple extrême, qu'eu général la disproportion est beau- coup moins considérable, et que, quoiqu'on reconnoisse bien toujours quelqu'accélération par l'obscurité , cette accélération n'est pas toujours bien intense. TROISIÈME OBSERVATION. J'ai voulu m'assurer jusqu'à quel point l'entrée de l'eau , par la coupe horizontale de la branche , influait sur le développement des parties ascendantes et descendantes • pour cela , j'ai placé, dans des circonstances semblables, f.t dans de l'eau , deux branches de saule. Tune avec la coupe à nu, l'autre avec la coupe mastiquée au moyen d'un mélange de cire et de térébenthine , que l'on désigne sous le nom de cire molle. La première a poussé, comme à l'ordinaire , des racines , et a développé ses chatons ; la ( 14) seconde n'a point poussé de racines , mais ses ciiatous se sont développes aussi bien que dans la branche qui , n'ayant pas été mastiquée , pouvait aspirer de Teau. Donc la petite quantité d'eau qui se trouve dans une branche de saule peut suffire au développement des fleurs , lorsque celui-ci est excité par une température conve- nable ; mais pour qu'il se développe des racines , il faut une nourriture plus abondante. Le bois de saule, exposé il l'air , pompe souvent assez d'humidité pour donner nais- sance à des productions foliacées et radicales assez consi- dérables , comme on le remarque quelquefois sur des troncs de saule coupé. On voit dans ces faits , combieci . le bois est plus que l'écorce éminemment susceptible dç pomper l'humidité. QUATRIÈME OBSERVATION. J'ai voulu savoir si le bois , dans sa surface longitudi- nale , avait , comme dans sa coupe horizontale , la faculté d'absorber l'eau et de la transmettre aux germes des ra- cines ; en conséquence , j'ai placé dans de l'eau deux branches de saule semblables entre elles , et ayant toutes deux la base mastiquée ; mais l'une avait la base intacte , et dans l'autre j'avais enlevé un anneau d'écorce d'un pouce et demi de longueur, en laissant un demi pouce d'écorce intacte au-dessous de la place dénudée. Ainsi l'eau , d'après l'expérience précédente , ne pouvait péné- trer dans la première , et si elle pénétrait dans la deuxième, ce ne pouvait être que par la surface longitudinale du bois : c'est en effet ce qui est arrivé. La branche , n° 2 , a poussé des racines , mais seulement dans la partie de. ( i5 ) l'écorce qui s'est trouvée au-dessus de l'anneau décorti- qué ; toute la partie d'écorce , située au-dessous de la blessure , n'en a point poussé ; donc le bois pompe par sa surface longitudinale , et l'eau , absorbée de cette ma- nière , est appelée vers les parties supérieures. CNQUIÈME OBSERVATION. Pour savoir q l'elleest la cause qui appelle ainsi vers le haut l'humidité lompée par la surface externe du corps ligneux , j'ai placé dans l'eau deux branches du même saule, égales entre elles , l'une à l'ordinaire, l'autre ayant la tète coupée à environ deux pieds et demi de distance delà base. La première a poussé ses racines beaucoup plus rapidement que la seconde : donc il est vraisemblable que l'action vitale des bourgeons supérieurs attire l'eau vers le haut de la branche. Ce résultat est confirmé par l'expé- rience suivante. SIXIÈME OBSERVATION. Au mois de décembre, j'ai placé deux saules, plongeant parleurs racines dans deux grandes bouteilles pleines d'eau ; ces deux bouteilles ont été fermées de manière que le goulot par lequel sortait la tige du saule fût clos tout à l'entour d'elle. Elles ont été placées au fond d'un creux fait devant îa serre chaude , et recouvertes de terre de manière à être à l'abri de la gelée : l'un de ces saules a été laissé exposé à l'air Hbre , l'autre a été introduit par sa partie supérieure dans la serre chaude. Le premier a passé tout l'hiver sans donner aucun signe de végétation; ( .6 ) le $ecoutl s'est garni de feuilles au bout d'un mois et demi , comme on pouvait le présumer d'après ce qui se passe dans les ceps de vignes introduits dans les serres. Mais, d'après lexpcrience n" 3, une branclie de saule mastiquée à sa base et exposée à la chaleur de la serre , n'a pas poussé de branches à feuilles : donc si celle-ci en a poussé , c'est que ses bourgeons , excités par la chaleur de la serre, ont attiré l'eau (fui se trouvait à leur base; donc l'action des bourgeons s'exerce jusque sur la base des branches ou sur les racines, dont elle augmente la succion. On voit ici assez clairement l'explication du phénomène qui se passe chaque printemps; dès que la température de l'atmosphère s'adoucit, les bourgeons du haut des branches sont excités par la chaleur et par une corres- pondance encore difficile à expliquer, ils tendent à attirer à eux la sève des parties inférieures qui la pompent elles- mêmes dans le terrain. Voilà comment la succion s'établit à cette époque, avec une grande force , quoique les arbres soient alors dépourvus de feuilles, et qu'à toute autre époque il soit vrai de dire que la succion est (toutes choses étant d'ailleurs égales) proportionelle à la surface des parties foliacées. Si les boui^geons supérieurs se dé- veloppent les premiers, c'est qu'ils sont plus herbacés et par conséquent plus susceptibles d'excitation que ceux qui sont devenus ligneux. Si dans quelques arbres , tels que le Mélèze ou le Gincko , les bourgeons inférieurs se développent les premiers, c'est que tous les bourgeons de la branche sont au même degré de consistance , et que par conséquent les plus avancés dans leur végétation , c'est-à-dire les inférieurs, reprennent leur rang. Je reviens au résultat de l'expérience : Je l'avais faite , il y a bien des ( 17 ) années à Montpellier , avec un mûrier qui avait deux tiges , l'une à l'air , l'autre dans la serre , et deux maîtresses racines qui plongeaient chacune dans un bocal distinct. La branche qui (itait entrée dans la serre se feuilla très rapidement et pompa une quantité notable d'eau par la racine qui lui correspondait. La branche exposée à l'air ne se feuilla point et ne repouipa pas une quantité sen- sible d'eau. J'ai été privé de la possibilité d'observer ce résultat dans les saules , parce que l'un des bocaux a été brisé en le déterrant. Mais ce que j'ai rapporté plus haut suffit pour prouver cette action des bourgeons sur l'as- cension de la sève. SEPTIÈME OBSERVATION. Ayant observé que les racines sortent habituellement des lenticelles, j'ai désiré savoir ce qui arriverait si celles- ci étaient supprimées ; j'ai donc enlevé toutes les lenti- celles visibles sur la partie inférieure d'une branche de saule, en ayant soin.de pénétrer jusqu'au corps ligneux avec la pointe d'un canif: jai placé cette branche ainsi mutilée dans de l'eau. Les racines ne sont point sorties des places mutilées où elles seraient nées , mais il s'est formé de nouvelles tumeurs lenticulaires qui ont fini , au bout de plus d'un mois , par donner naissance à des ra- cines. Ainsi le parallèle des lenticelles avec les bourgeons se maintient encore sous ce point de vue ; on sait en effet que lorsqu'on enlève tous les bourgeons d'une branche , il s'en reforme de nouveaux à des places qui , sans cette mutilation, n'en auraient point portés : c'est ce que M. du Petit-Thouars nomme des bourgeons adventifs. Nous VII. 2 ( ^s ) avons do môme des Icnticelles advcnlives, (*l un nouveau motif pour considérer ces organes comme des bourgeons de racines. HUITIÈME OBSERVATION. J'ai voulu savoir si les lenlicelles jouaient le rôle dor- ganes absorbans , si tout au moins leur occlusion pouvait empê-cher le développement des racines. J'ai place , dans ce but , deux branches semblables du même saide , l'une il l'ordinaire , l'autre ayant toutes ses Icnticelles exacte- ment couvertes de cire molle: le résultat a été un déve- loppement semblable dans les deux brandies. Les racines sont sorties comme à l'ordinaire des lenticelles , et ont soulevé la cire molle. Donc les lenticelles sont bien des points qui marquent l'origine future des racines, mais elles n'ont pasd'actionàl' extérieur pour cedéveloppement. NEUVIÈME OBSERVATION. J'ai placé deux tronçons de brandies de saule , de môme âge et de même grandeur, dans deux bouteilles d'eau ; l'un plongeait par sa partie inférieure et était en position directe , l'autre plongeait par sa partie supérieure et était en position inverse ; l'une et l'autre ont poussé des racines par leurs lenticelles, mais l'apparition des racines a été plus prompte et plus complète dans la pre- mière. 11 faut remarquer : i° que les lenticelles du bas de la brandie sont plus grosses que celles du haut , et que leur état semble influer sur la facilité du développement des racines. ( 19 ) 2** Que le diamètre supérieur élaut plus étroit que l'in- férieur, i! se trouve que la surface absorbante est moindre dans la branche inverse que dans la directe. Pour m'as- surer si c'est à ces causes que tient le développement plus lent de la brandie inverse , j'ai répété la même expé- rience , en ayant soiii que la partie de la branche située en sens inverse du sens naturel, fût d'égal diamètre avec celui de la branche en sens direct , de manière que l'état du développement des lenlicelles , et la quantité d'eau ab- sorbée fussent sensiblement au même point ; j'ai eu exac- tement le môme résultai : la branche inverse a poussé des racines plus lentement que la directe. Dans l'un et dans l'autre cas, les racines se sont dirigées vers la terre, mais les branches ont oil'ert quelques différences ; celles de la branche inverse sont plus étalées , au moins cela est très évident , dans celles de ces branches qui naissent à l'air ; elles semblent avoir quelque peine à regagner la verticale. Quant à celles de la même branche qui naissent dans l'eau, elles tendent à monter , dès leur jeunesse, avec assez d'énergie. J'ignore si on a d'autres exemples qui montrent la tendance à la perpendicularité plus éner- gique dans l'eau que dans l'air ; quant à celui-ci , je me l'explique par deux circonstances : i" les branches aériennes étaient plus longues que celles qui avaient cru dans l'eau , et par conséquent leur propre poids devait les entraîner vers le bas avec plus d'énergie j 2° leur poids tîlait moindre dans l'eau , à longueur égale des branches , • à cause de la densité du milieu. 2. ( --^o) DlXli:i\ir, OKSF.llVATION. J'ai voulu essayer tic cL'tcriuiiicr par quelle route leau, absorbée par les brandies , parvient aux jeunes raeiues J el . ilans ce but , j'ai préparé la double expérience sui- vante. « J'ai çljoisi deux branche^ du même saule , aussi parfai- tement égales et semblabl.es que j'ai pu les trouver , je les ai toutes deux dénudées d.'éeorce à la base , dans une loijjjueur de deux pouces, el les aj, fait, passer dans le goulot tubulé d'un récipient de verre ,. dont louverture la plus grande était dirigée en haut , et en ayant soin de mastiquer toute l'ouverture du goulot, de manière à ce qu'aucun liquide ne pût la traverser. La partie dé- nudée d'écorce se trouvait donc en dehors du récipient, et la partie revêtue décorée était en dedans. I^cs choses étant ainsi prépai'ées , j'ai placé : i" l'une des branches ( Voy, Pi. 2, fig. \ A.) , ayant sa base qui Ircmpoit dans de l'eau colorée en rouge par la cochenille {-R), et j'ai rempli d'eau pure le récipient supérieur (£) où devai^^nt naître les racines ; 2° l'autre branche a été placée en sens inverse, sa base trempait dans l'eau pure, et j'ai rempli d'eau colorée en rouge le récipient supérieur. J'ai placé les deux appareils dans la serre chaude du jardin bota- nique , soit afin que la végétation fût assez rapide pour que je pusse eu voir les résultats avant, que l'eau colorée se fût corrompue , soit afin que les personnes qui pren- nent intérêt à ce genre de recherches pussent en voir elles- mêmes les résultats. Au bout de huit jours , on a com- mencé à voir naître quelques racines dans le récipient ( 2t ) supérieur , u" i , qui , par sa Iransparonce , permetlait de les observer : ces racines sortaient , comme à l'or- tlinaire , des Icnticelles, soulevaient l'espèce de matière amilace'è , et d'un blanc argenté ; mais ces racines qui , par l'intermédiaire des corps ligneux de la branche , tiraient leur nourriture de l'eau rougic, étaient évidem- ment colorées en rose ( Voy. PI. 2 , fig, i rrrr. ). Elles s'allongèrent beaucoup pendant quinze jours, et prirent une teinte rose toujours plus prononcée : au bout de ce terme , c'est-à-dire trois semaines après le commence- ment de l'expérience , elle avaient acquis jusqu'à cinq et six pouces de longueur ; elles portaient des ramifications latérales distantes et distribuées sans ordre apparent. Je dois noter ici , quoique le fait soit peut-être accidentel , que deux d'entre elles , après s'être dirigées vers le fond du récipient , se relevaient par leur extrémité , au point de sortir un peu de l'eau. On remarquait que la teinte rose n'était pas uniforme dans toute leur étendue , mais qu'elle était plus intense au point d'origine de chaque radicelle et souvent à son sommet. La planche 2*= repré- sente et la disposition de l'appareil et l'aspect de cette singulière végétation. Quant au récipient , n° 2 , qui était rempli d'eau co- lorée dans la partie où devaient naître les racines , on ne pouvait voir leur développement : au moyen d'une ba- guette enfoncée dans le liquide, je m'étais assuré qu'il était poussé des racines à peu près en même temps. Lors- qu'au bout des trois semaines révolues j'enlevai l'eau colorée, je trouvai qu'en effet il s'y était développé un nombre de racines égal à celui du vase n" i , mais l'aspect , de ces racines était tout autre, comme on peut le voir ( 22 ) par la fig. 2 , de la planche 2 : i° au lieu de prendre une longueur de cinq ;\ six pouces, et la letmité et la consisr lance molle des racines crues dans Teau, celles-ci étaient longues seulement d'un pouce à quinze ligues , plus roides , plus fermes et plus épaisses que celles du n° i ; 2° leurs ramifications latérales étaient plus cpurtes , mais ce qui les rendait surtout remarquables . c'est qu'elles étaient régulièrement rangées sur trois, ou , le plus sou- vent . quatre rangées verticales. l;es radicelles de chaque rangées étaient très rapprochées les unej des autres et les rangées bien espacées entre elles; 3° ces racines, au moins les inférieures, quoique crues dans de Teau rouge , étaient blanches et non colorées de rose ; il s'élait bien déposé sur Taxe un peu de matière colorante ; mais dès qu'on les agitait dans l'eau . cette matière disparaissait, tandis que les racines roses du no i étaient colorées par l'inté- rieur et ne perdaient point leur couleur par le lavage ; 4" les deux ou trois racines supérieures de ce n" 2 étaient colorées ( Voy. Pi. 2 , fig. 2 r'r'r'. ) comme toutes celles du no 1 , c'est-à-dire par Tinlérieur. On peut déduire de ces faits les conséquences suivantes: i" l'eau absorbée par la coupe dénudée du corps ligneux pénètre immédiatement dans les racines, puisque celles du n" i ont été colorées en rose ; 2" Teau colorée qui est absorbée par les racines mêmes n'y dépose pas ses molé- cules colorantes, puisque les racines inférieures, nées dans le récipleul n" 2 , étaient blanches ; o» ces racines pompent cependant de l'eau colorée , qui est transmise aux parties supérieures comme celle qui est pompée par la coupe de la branche, puisque les racines supérieures du n9 2 étaient colorées eu rose , comme celles du no 1 . ( =^5 ) Après avoir ainsi observé tout ce que Taspect exlérjeuv de ces racines me présentait . j'ai procédé à leur dissec- tion. Lorsque j'ai coupé en long la branche no i , j'ai ob- servé, dans la couche la plus extérieure du corps ligneux , une légôre teinte rose ( Voy. PI. 3, fig. 6.), qui indi- quait la place par où l'eau avait monté : cette teinte . vue à la loupe , présentait de petites raies verticales très fines ; mises sous le microscope , je n'ai vu que des vaisseaux ponctués et du tissu cellulaire , mais la teinte colorée , qui était visible à l'œil nu , disparaissait dans les menus fragmcns observés sous le microscope. Toute la partie inférieure du tronc du n» 2 ne présentait point cette teinte l'Ose , mais on la retrouvait à la môme place , c est- à-dire au bord du corps ligneux , dans la partie de la branche située immédiatement au-dessus des racines in- férieures. Ni dans l'une ni dans l'autre de ces branches , on n'a- percevait aucune trace colorée , ni dans les bourgeons à bois qui s'étaient plus ou moins développés, ni dans les jeunes branches , ni dans Técorcedela branche maîtresse , sauf à la place des lentlcelles. Lorsqu'on coupait en travers les lenticelles tuméfiées de la branche n" i , et celles de la branche n» 2 , situées vers le haut du récipient, on apercevait la naissance delà racine marquée par une tache rose : cette tache circulaire paraissait évidemment alors occuper la totalité de la ra- cine naissante, et en particulier son corps ligneux (Voy. FI. 2 , fig. 4 et 5). Je dirai ici , en passant, qu'en coupant ainsi les lentlcelles tuméfiées, on en trouve qui renferment un, deux ou trois germes de racines ; lorsqu'il y en a plus d'un, ils sont situés l'un au-dessus de l'autre, dans 1* ( 24) série verticale. On retrouve souvent celle disposition dan» les racines dC'vcloppces. Lorsque je suis arrivé à couper en travers les racines déjà développées du n" i et du haut du récipient n" 2 , j'ai trouvé que l'axe ligneux de la racine ne présentait plus aucune trace évidente de coloration , mais l'écorce tout entière en offre des tx-aces positives. La fig. 5 de la pi. 2 représente Taspect de la coupe faite à l'origine d'une de ces racines :1e disque central laissé en blanc est la place du corps ligneux ; la zone de tissu cellulaire située au tour de lui , et qui est colorée eu rose , représente l'écorce de la racine ; et les fragmens irréguliers et non coloi'és , situés en dehors , représentent les fragmens du tissu cellulaire cortical de la branche. Lorsqu'on enlève la partie corticale des racines , ce qui est assez facile avec la pointe du scal- pel , l'axe ligneux mis à nu paraît blanc ^ et on observe une tache d'un rose vif à la partie intérieure de l'anneau, aux places qui donnent naissance aux radicelles. Rien de tout cela n'a lieu dans les racines inférieures du no 2 , leur partie centrale est blanche tout comme l'extérieur ; il y a cependant quelque probabilité qu'elles ont absorbé de l'eau rouge, puisque les racines supérieures sont colorées : peut-être cf^jiendant celle eau colorée a- t-elle pénétré par les cicatrices des anciennes feuilles. ONZIÈME OBSERVATION. Pour vérifier ce dernier doute , quelque léger qu'il fût , j'ai placé dans de l'eau colorée deux branches du même saule , Tune ayant la base ou la coupe mastiquée de cire molle et les cicatrices des anciennes feuilles à découvert ; ( 25) Fautre ayant la base et les cicatrices mastiquées : les deux branches sont mortes au bout de quinze purs , sans avoir poussé ni branches ni racines, et lorsque j'ai entamé leur bois, j'ai reconnu qu'il n'y avait à l'intérieur aucune co- loration quelconque. Donc , dans l'expérience précé- dente, l'eau qui a coloré les racines supérieures y a pé- nétré par les racines inférieures et non par les cicatrices des anciennes feuilles. CONCLUSIONS. Je crois pouvoir conclure des expériences et des obser- vations précédentes, les assertions qui suivent : lo Les lenticelles ( ou glandes lenticulaires de Guet- tard ) sont , relativement aux racines , ce que sont les bourgeons relativement aux jeunes branches , c'est-à-dire des points de la tige où le développement des racines est préparé d'avance,et d'où naissent celles qui se développent le long des branches des arbres , soit à l'air , soit dans l'eau ou dans la terre. 2» La jeune racine communique avec le corps ligneux de la branche par son axe , qui en sort visiblement , et son écorce paraît être aussi un prolongement de celle de la branche. 3o Elle perce l'épiderme de la branche dans son dé- veloppement, et entraîne avec elle quelques fragmens de l'enveloppe cellulaire. 4o. La racine ne croit que par son extrémité , qui seule est légèrement susceptible de verdir par l'action de la lumière. ( 26) ' 5o Le développement des racines s'opère, en géuûraî, plus rapidement à robscuritc qu'à la clarté, quolqu'avec de grandes irrégularités d'une expérience à l'autre. 60 Les branches plongées dans l'eau ne pompent pas sensiblement par leur écorce , mais par les parties du corps ligneux mises à découvert , soit que se soit par la coupe transversale , soit par la surface externe du corps ligneux non entamé. 70 L'eau absorbée par le corps ligneux tend, de préfé- rence , à se diriger vers les parties supérieures à celle par laquelle elle est entrée , parce que les bourgeons , lors- qu'ils sont excités par la chaleur , atti^-ent à eux l'eau ab- sorbée par les racines ou le bois mis à nu , et c'est par ce mécanisme que les arbres se feuillent au printemps, bo L'eau pénètre plus lentement dans les branches si- tuées en sens inverse de leur position naturelle , que dans le sens direct. 90 L'eau absorbée par la base coupée d'une branche entre en nature avec les matières colorantes dont elle est peut-être chargée , dans les racines qui se développent par son action. 100 Les racines qui naissent dans de l'eau colorée y pompent de la matière colorante , qu'elles transmettent aux racines qui naissent au-dessus d'elles , sans en être elles-mêmes colorées. 11" La longueur et la forme même des racines peuvent être fortement modifiées par la nature des milieux où elles croissent. BRITISH MUSEUM, il LONDON : W.C. ot £lm off Uvb yi'.ii}'. -Oct\. de lé- quateur , quelques îles dont les habltans étalent blancs , ce qui le surprit beaucoup. Sans accorder une trop facile confiance à un tel fait , dont on n'a plus parlé depuis , nous nous bornons à le citer. Si toutefois 11 était permis d'ajouter une réflexion , nous dirions que souvent les voyageurs portugais et espagnols ont appelés hommes blancs des Indiensd'une teinte peu foncée et distincte de la couleur des. Nègres.. D'après cela, on pourrait croire, avec assez de pifobabilité,. que ces hommes prétendus, blancs appartenaient à quelques-unes des îles Carolines. Une autre variété d'Hommes qui s'est offerte à nous, est celle qu'on peut appeler nègre , car elle en a la cou- leur , la forme du çrane , les cheveux courts, très laineux , rccoquillés , le nez écrasé , très épaté , les lèvres grosses » et surtout l'obliquité de l'angle facial ; tandis que les Pa- pous ont , sous ce rapport , la tète conformée , à peu de chose près , comme les Européens. Ces Nègres , ainsi que la variété blanche, faisaient II- ( -^3) brenient partie de la tribu qui nous visitait chaque jour. Les anciens vyoageurs parlent de ces migrations partielles des habitans de la Nouvelle- Guinée. Le père Cantova , par exemple , raconte que de son temps les Carolins avaient dans leur îles des Nègres qui leur servaient d'es- claves. Il ne dit pas comment ils y étaient venus ; et à celte époque, il pouvaient encore moins dire d'où ils pro- venaient. Dampier en a également vu à Pulo-Sabuti (i), qui , parmi les Malais , subissaient le même sort. La Nou- velle-Guinée, encore si peu connue, où les navigateurs n'ont fait qu'aborder , et de laquelle Cook fut repoussé, présente donc le singulier phénomène d'avoir des habi- tans semblables, du moins à-peu-près, aux Nègres d'A- frique. Cette grande île est sans contredit, sous le rap- port delà géographie, de l'histoire de l'Homme et des sciences naturelles, le point du globe le plus intéressant à explorer. N'ayant point eu à notre disposition des tètes de ces Nègres , nous ne pouvons indiquer les différences analo- miques qui doivent exister entre elles et celles des Pa- pous, dont nous allons faire connaître la conformation. Ayant soumis ces crânes à Texamen du docteur Gall , nous avons la satisfaction d'offrir avec plus de confiance celles de nos observations qui pourront venir à l'appui de la doctrine de ce célèbre physiologiste. A leur première inspection, M. Gall remarqua dans tous une inégalité qu'il nomme déformation rachitique , (i) C'est sans doute l'ileSai'u, qu'où prononce et qu'on écrit quelque- fois Sabu. Pitlo signifie ile en langue malaise. VII. ( -Ô4 ) et cVaprès laquelle 11 supposa que les hommes à qui ils appartenaient habitaient des lieux bas et humides. Ce fut avec quelque surprise, nous devons le dire, que nous reconnûmes la précision d'un aperçu aussi délicat. En ef- fet, la plupart des habiians de cet archipel , faisant leur principale nourriture de poissons et de cor|uillages , n'a- bandonnent presque jamais les bords de la mer , qui , dans celle partie, sont tellement marécageux, qu'on peut naviguer en quelque sorte dans les forêts. Forcés par une impérieuse nécessité de demeurer dans des endroits aussi malsains, ils tachent de se soustraire à leur funeste in- fluence en élevant leurs maisons sur des pieux. Ils ont probablement appris par expérience que des lieux con- stamment submergés sont moins dangereux que ceux qui ne le sont que par intervalle; d'où est né l'usage qu'ils suivent de bâtir au-dessus des eaux de la mer. Les têtes de Papous présentent un aplatissement des parties antérieure et postérieure, en même temps qu'un élargissement de la face. Le sommet de la tête est élevé, les bosses pariétales sont proéminentes, les temporaux très-convexes; et le coronal , au-dessous de la ligne demi-circulaire des tem- pes, oflVe une saillie remarquable. Les os du nez, presque verticaux , aplatis d'avant en arrière, ont peu de saillie : ils sont rétrécis à leur partie moyenne et élargis en haut et en bas. La forme du nez, comme nous l'avons vu, correspond à cette disposition , qu'augmente encore la largeur des apophyses montantes des os maxillaires supérieurs, dirigées en avant. Ces os eux-mêmes sont beaucoup plus larges que dans ]^ race Européenne, ce qui , dépendant sut tout du développe- ( 55 ) tnent de l'apophyse molaire , donne à la face de ces insu* laires sa largeur remarquable. L'ouverture antérieure des fosses nasales est très-évasée à sa partie inférieure ; cet évasement est plus consi- de'rable même que chez les Nègres. Les os molaires sont dirigés plus en avant, et les apo- physes zygomatiques plus larges et plus saillanles. On remarque dans la planche 3, fig. 4, 5 ei 6, la largeur et la profondeur plus grandes des sinus maxillaires et fron- taux , mis à découvert par la fracture des os. Le dessinateur a copié avec fidélité cet accident, de même qu'un coup d'instrument tranchant qui a altéré le pariétal gauche. L'arcade alvéolaire est d'une épaisseur très remarqua- ble à la partie qui correspond aux dents molaires ; l'une des têtes [fig. i , 2 ei 3 ) a cette arcade un peu dirigée en avant et en haut , dans la portion correspondante aux incisives et aux canines : la Voûte palatine , plus déve- loppée dans le diamètre transversal , a moins d'étendue d'avant en arrière. La grandeur du trou palatin antérieur indiquerait-elle un développement plus considérable du ganglion naso- palalin et un organe du goût plus parfait? L'une de ces têtes, que nous n'avons point fait dessi. ner, très-irrégulière, oiFre dans les deux moitiés de la boîte crânienne une différence considérable. Ici l'apla- tissement, au lieu d'être dans le sens du diamètre anté- ro-postérieur, est oblique de droite à gauche et d'arrière en avant. Le pariétal gauche est également fort aplati , ce qui diminue beaucoup la capacité du crâne de ce côté , d'où il devait résulter une grande inégalité dans les hé- misphères cérébraux. Cette tête ressemble en cela à celle ( -^^^) de Bichal, avec cette iliflcrencc que ia dépression posté- rieure se trouve du eôté opposé. Une autre tête présente deux saillies osseuses dans le conduit auditif. Enfin une dernière , plus petite , semble avoir été celle d'une femme : la partie antérieure est moins large et moins relevée, l'occipital plus bombé à sa partie supérieure , et la portion écailleuse du temporal plus aplatie. C'était très-probablement une jeune femme , puisque les saillies osseuses sont peu prononcées , et qu'aucune suture n'est ossifiée. Après avoir ftiit connaître la constitution physique des Papous , nous allons esquisser rapidement les facultés morales et intellectuelles de ces peuples. Ils sont remar- quables par leur circonspection , portée souvent jusqu'à la défiance; ce qui est, d'après l'observation , une sorte d'instinct duns les bommes à demi-sauvages , comme chez la plupart d.s animaux. Il faut ajouter que , dans les Pa- pous , la défiance doit être souvent mise en jeu par les guerres que leur font les pirates de quelques îles environ- nantes , qui fondent sur eux à l'improviste, et les emmè- nent en esclavage. Sans entrer ici dans de plus grands détails sur leurs coutumes , détails qui appartiennent plus spécialement à la partie Historique du Voyage de XUranie, nous dirons seulement que , lorsque , dans un simple canot , l'un de nous visita le village de Boni, tous les habitans s'enfuirent dans les bois , avant même qu'il eût été possible de les apercevoir. C'est sans doute cet état d'alarme , presque habituel chez ces insulaires , qui leur a fait placer leurs Plaisons vis-à-vis de récifs dangereux , dont seids ils cou- ( 5? ) «aisseul les passages , afin d'avoir le temps de se soustraire à leurs oppresseurs. Les Papous paraissent avoir des dispositions au vol. Cette inclination vicieuse est, pour ainsi dire, innée chez tous ces peuples , qui s'y livrent avec plus ou moins de ruse et de dextérité. Mais le caractère le plus marqué que présentent les Papous , c'est l'instinct carnassier, assez prononcé pour qu'il en résulte le pencliant au meurtre ; affreux penchant auquel ces insulaires s'abandonnent avec fureur, et dont les ossemens qui nous occupent sont probablement des témoignages. Le chef ou kimalalia de Guébé nous a as- suré qu'il existait des tribus anthropophages dans l'inté- rieur des îles des Papous , et surtout de la Nouvelle-Guinée. Cette assertion rappela à l'un de nous qu'en abordant à l'île Ombaï , il avait vu suspendue , dans la cabane d'un naturel , au village de Bitoka, une rangée d'os maxillaires. Dans cette île , oii , étant en très petit nombre , nous courûmes les plus grands dangers, quelques Anglais avaient été tués et dé- vorés , six mois auparavant, par les féroces Ombaïens. La tendance à la superstition , comme chez d'autres peuples plus civilisés , n'est réellement qu'une exaltation des idées religieuses , et , à ce sujet , nous devons ici dire un mot du soin que les Papous apportent à la construc- tion de leurs tombeaux. Ce sont de petites cabanes où plusieurs personnes pourraient tenir dans une attitude inclinée. Le corps y repose dans une caisse qui , le plus souvent , renferme de petites idoles grossièrement sculp- tées , des bracelets , un peigne et des cheveux ; quelque- fois on n'y trouve rien ^ et peut-<3tre alors ce sont de simples sarcophages élevés à la mémoire de ceux qui , ( o8 ) ayant péri dans les combats , restèrent entre les mains tles vainqueurs. D'autres fois , une statue placée sous un petit hangar indique le lieu de l'inhumation , ou bien les dépouilles reposent sur des pieux et sont recouvertes d'une pirogue renversée : monument symbolique qui, ainsi que le dit un éloquent écrivain, semble indiquer le naufrage de la vie. Les observations que nous avons faites sur les Pa- pous sont favorables à la doctrine du docteur Gall : leur justesse nous parut confirmée , Jusqu'à un certain point , par l'étude des mœurs des individus qui en fout lé sujet. Elles nous semblent contredire les paradoxes de ces philosophes chagrins qui , s'indignant des vices de l'homme en société , ont inventé l'homme de la nature tel qu'il n'existe pas , et en ont fait un être idéal sé- duisant, pour lui prêter des attributs de puissance et des moyens de bonheur que la civilisation et les lumières pourraient seules donner. Nous devons ajouter que les Papous , considérés à tort par d'habiles naturalistes comme voisins des Singes , se- raient susceptibles d'éducation ; que leurs facultés intel- lectuelles ne demanderaient qu'à être exercées et déve- loppées pour leur faire tenir un rang distingué parmi les nombreuses variétés de l'espèce humaine. Explication de la Planche III. Fig. 1 , 2 et 5. Crâne de Papou , de Vile Rawah , vu en dessus , de face et de profil. Fig. 4 , 5 et 6. Crâne de Papou de Vile de Rawah , vu en dessus , de face et de pwfil. (59 ) REMARQUES si^r la Zoolog.ie des iles Malouines , faites pendant le V^oyage autour du monde de la Coivette la Coquille , exécuté en 1822 , 1820 , i824 et 182Ô ,• Par M. P. Garnot, D. M. P., chirurgien-major et natu- raliste de 1' xpddiliori. (Lues à la Société d'Histoire Naturelle de Paris, le II novembre i8i5. Situées entre les 52o et les 55'J de latitude Sud et les 56o et 600 de longitude Ouest, à l'Est de la terre des Patagons j les îles Malouines forment un groupe assez étendu ; parmi les îles qui les composent il y eu a deux principales : i» l'île de la Soledad, 2° l'île Falkland. L'île de la Soledad présente une infinité de baies ; les plus grandes sont celles de Choiseul ou des Français, et celle de l'Huile , sur la côte Nord. La baie des Français , au fond de laquelle la corvette était mouillée (1), abritée par les îles aux Pingoins , aux Loups marins, et le Tonnelier, s'ouvre par une entrée large, hérissée d'un côté d'une ligne de récifs. A l'extré- mité du dernier groupe (la pointe la plus^'sf) se trouve la roche sous-marine quia été si funeste à VUranie. Cette baie en présente elle-même deux au nord. Les baies (i) La corvette la Coquille jeta l'ancre aux Malouines le 17 no- vembre 187-1, et mit à la voile le 18 décembre suivant. (4o ) Duclos et Bougainville , et deux ports , Tun au Sud , le port DupeiTey ( ainsi nomnM; p«r M. de Freycinet ), et l'autre «ur la côte opposée, le port Louis; dans le voi- sinage de ce dernier se voient encore les di'bns de réta- blissement que forma Bougainville en 1765. Les nau- fragés de VUranie établirent leur camp , dont on aper- çoit à peine des traces , dans le Sud de la baie Française , non loin de l'étang du Phoque. L'île dfi Ja Soledad n'offre aucun point de vue digne du pinceau d'un paysagiste; ce sont des montagnes dépour- vues de grands végétaux ; de profonds vallons , et quelques plaines recouvertes en certains points dun gazon de ver- dure ( On y rencontre un genre appartenant aux Resta- cées, le Gaimardia auslralis, Gaud.) où ressortent avec éclat diverses fleurs , telles que la P r'unula farînosa , L. , le Perdiciuni recurvatum, Will. , VOxalis enneaphylla , Cavan. ,etc., etc.; la végétation s'élève très-peu au-dessus du sol, si l'on en excepte cependant l'arbrisseau Veronica decussata , qui croît dans plusieurs vallées, et le glaïeul, Festuca flahellata , qui atteignent de 4 à 5 pieds. Lorsque nous prîmes connaissance de terre , les îles Malouines nous parurent cultivées dans quelques points ; mais cette illusion se dissipa promptement, ce qui avait Tappareiice de culture n'était autre chose ■) IIa;matO|)ns leucopodus, rostro^rubro reclo , cuneiformi ; permit imilihus Il.xinalopi ostralcgi , jiedibiis albis. ( Falklandix. ) (48 ) corde guère avec le nom à^Hœmatopus, que Ton a consacré à rHuitrler, qui a porté Buffon à croire que c'était par er- reur que Bougainville désignait cet oiseau sous le nom de Pie de mer. Le Bihoreau pouacre , dont la vie est solitaire, et qui est fort rare , se tient dans certaines parties de l'île , sur- tout dans la baie Duclos. C'est sans doute à l'adulte de cette espèce que Bougainville a donné le nom d'aigrette. Les Bécassines (i) {Scolopax longirostris) et les San- derlings [Charadrius calidris), ne diffèrent en rien de ceux d'Europe. Le dernier des échassiers , le bec en fourreau Chionis vaginalis, Vieillot. Chionis alla, Forster) , qui ne peut Être autre que l'oiseau désigné par les navigateurs sous le nom de pigeon blanc, n'est pas commun, et semble ha- biter de préférence les bords de la plage sur laquelle sont enfouis les restes de l'Uranie. Malgré tous les efforts des chasseurs , nous ne nous en sommes procurés qu'un seul, que j'ai été assez heurevix pour tuer dans son vol rapide , rasant la surface de la mer j tombé loin du rivage, quoique l'eau fût très froide, et n'écoutant que leur zèle, MM. Lottin et de Blosseville se précipitèrent dans les vagues pour le saisir. Cet oiseau s'éloigne quelquefois des côtes à une assez grande distance. L'adroit chasseur, M. Bérard , en a tué un deux jours avant notre arrivée aux Malouines , étant (i) Parmi les bécassines que nous avons préparées, une d'elles présentait une affection du système dcrraoïde , qu'on ne peut mieux, comparer qu'à l'éléphantiasis. (49) alors suivant notre estime à quatre-vingts lieues de toute terre. Quelques jours après notre départ de ces îles, non loin de Ja terre des Etats, nous avons vu deux à trois Chionis voler rapidement autour de la corvette. L'iris gris bleu qui entoure un centre rouge brun près de la pupille ressort avec éclat sur le beau plumage blanc de cet oiseau ( fig. dans l'Atlas zoologique du voyage de rUranie). La figure ayant été faite d'après un Chionis (i) empaillé, les couleurs du bec ne nous paraissent point rigoureusement exactes. Le dessin que nous en avons fait sur un sujet frais, nous permet de les mieux in- diquer. L'extrémité des mandibules est noire , la tachs de la supérieure est plus prononcée; à la partie moyenne de l'une et de l'autre, sont deux larges marques rouge- brun que relève d'une manière tranchée le vert pomme (i) Observations faites sur le Chionis que nous avons prépari:. D I M E ti s i o K s : Du bec à la queue. ..... i4 pouces o lignes Longueur de la tête. ..... 2 9 Longueur du bec. ..... i 4 Circonférence. ...... 12 6 Longueur du tarse. . ...» 1 9 Envergure. ...... a8 o Longueur de Taile. ..... 9 6 Longueur de la queue. .... 4 ^ Rémiges (la première est la plus longue ). 26 o Rectrices. . . . . . . .13 o Longueur du tube digestif. . . . 35 o Le gésier musculeux contenait , dans son intérieur , un petit cail- lou et une petite coquille. Deux caecums , longs de 3 pouces , venaient s'insérer à 3 pouces avant la terminaison de l'intestin. \n. 4 ( ^o ) clair (lu reste du bec. Le corps glanduleux qui oc- cupe les joues et la base du fourreau corné, est couleur de chair. L'on ne peut mieux le comparer qu'au tissu de la glande lacrymale. lY. Palmipèdes. Nous arrivons enfin à l'ordre des palmipèdes, celui qui fournit le plus grand nombre d'espèces; à leur tête nous voyons figurer deux espèces de grèbes , connues sous le nom de plongeons dans Bougainville ; l'une d'elles, brune lustrée , à tête noire et à joues blanches ( Grèbe Rolland , Fodioeps Rolland, Quoy et Gaimard). Le plongeon à lu- nettes , de Bougainville , habile la mer et le bord des ri- vières ; l'autre , à ventre blanc et à joues grises dorées, se lient plus particulièrement sur les étangs. Elles sont re- marquables par leurs yeux d'un joli rose brillant. La dernière espèce étant nouvelle , nous l'avons nommée «rèbe à calotte noire {Podiceps occipitalis, Garn.) ( i ), nous nous proposons d'en donner un figure dans notre Atlas zoologique. Le plus extraordinaire des oiseaux de cet ordre, celui qui semble tenir le milieu entre les poissons et les oiseaux , le manchot , couvre les rivages des îles de la baie Française ; une d'elles à reçu le nom d'île aux Pm- gouins (2). C'est vraiment un plaisir, lorsqu'on débarque (1) Podiceps occipitatis , rostro nigro,pedibus vividi colori proxiinis, fronte , collo a tergo , uropygioque fiisco-ciiieraceis , occipite alro; malisfulvo-leucophœis, priori parte colli pectore abdomineque setce atbis. (Falklandine. ) (a) «C'est île aux Manchots que l'on devrait dire , les Pingouius , lie se trouvant pas dans rii<5misphèrcSud. 11 est vrai que le nom de ( 5i ) sur cette île , de voir les groupes de manchots , marchant droit , la tête élevée , et à la file les uns des autres. Dom Pernetty les compare à une troupe d'enfants de chœur en camail ; aussitôt qu'ils s'aperçoivent qu'on cherche à les approcher, l'un d'eux donne le signal de la fuite; ils se traînent sur le ventre pour éviter plus promptement les atteintes de l'ennemi , ils gagnent la mer, et plongeant à l'instant , ils ne reviennent à la surface que lorsqu'ils se croyent à l'abri de toute poursuite. Si l'on parvient à leur couper la retraite , on les saisit facilement. Les manchots creusent la terre pour déposer leurs œufs et les faire éclore ; ce sont plutôt de véritables ter- riers que des nids ; ces trous sont très profonds , et assez vastes pour loger à l'aise la famille , qui se compose du père, de la mère et de deux petits. Si nous avions le malheur d'enfoncer une de nos jambes dans leur retraite , aussitôt nous nous sentions pinces vivement. Ces oiseaux font , à ce qu'il paraît , leur ponte vers la fin d'octobre ou le commencement de novembre. Nous nous sommes souvent amuses à prendre des jeunes man- chots et à les introduire dans un trou voisin. Considérés comme des intrus, ils étaient aussitôt assaillis de coups de bec par les possesseurs duterrier, qui, ne pouvant par- venir à les chasser, finissaient bientôt après parles laisser en paix. Lorsque nous nous arrêtions pour les examiner dans leur trous, le mâle ou la femelle avançait alors la tête à l'entrée, et nous regardait en la tournant alternativement à gauche et à droite. ï> Pingouins fut d'abord donné aux Manchots par les Hollandais, « {Quoy et Gainiard. Voy. de VUrauie , Zool. , T. I , p. i63, ) {',-2 ) Lorsque les manchols crieni , on croit enlendrc ui* i^iie braire ; les navigateurs qui nous ont pre'cédés ont fait la même remarque. Dans les soirées de calme nous avons souvent enlenau un bruit analogue à celui de la popu- lace un jour de fêle , produit par la bruyante voix de ces oiseaux. Celte illusion était telle, qu'on aurait pu croire que les îles qui leur servent de demeure étaient habitées. Malgré la couche épaisse de graisse dont sont entourés les corps des manchots, et la couleur noire de leur chair , les matelots ne les dédaignaient pas. 11 n'y avait , lars de notre séjour auxMalouines.quune seule espèce de manchot, qui appartient au genre Sphé- n'isqae {yJpienoilyies demersa). Le manchot magellaniquc elle gorfou sauteur commen- çaient à paraître ; nous avons va plusieurs individus de cette deniière espèce à ime assez grande distance de terre, par 45» lai. S. , cl 6G° long. O. Le maître canonnier, M. Rolland (i) , en tua un que nous saisîmes fort heureusement à son passage le long de la corvette ; on enblcssa.un second, que nous ne pûmes pas prendre , son compagnon ne Tabandonna pas dans son malheur. Ces oiseaux voyagent ordinairement deux à deux, sans doute mâle et femelle. Ils plongent fré(piem- Hieut , en faisant plusieurs pirouettes. L'iris des gorfous sauteurs est de couleur rouge brun (il M. Rolland avait déjà fait le voyage de circumnavigation de VUranie. Qu'il nous soit permis, en celto occasion, de lui ti'- iTioiguer nos icmeicîmcns pour les iuipovtans services qu'il a rendus i l'Histoire nalurcllc. ( 55 ) on brique claire ; leur queue, qui se compose de quatorze pennes grêles , à peine couvertes de barbes , leur sert de gouvernail , oe qui s'explique par la disposition qu'aftec- tent les plumes, qui vont en augmentant de longueur delà plus extérieure jusqu'à la septième, qui est la plus longue; ces deux dernières s'appliquent l'une contre l'autre. Pourcomple'ler l'iiistoiredes manchots, nous retracerons ici l'anatomie d'un ylptenodytes dcmersci , mâle. L'organisation intérieure nous a pre'senté les faits sui- vans: Le cœur est allongé, conique, et assez volumi- neux. Appareil digestif. La langue et le voile du pa- lais sont recouverts de papilles allongées, mucronées; V œsophage est dilatable, tapissé à l'intérieur d'une mu- queuse formant des plis longitudinaux, qui se perdent dans ceux que présente \ estomac, cet organe , dans son état de vacuité, avait quatre pouces de longueur, il est allongé, et forme un coude A la naissance du tube intes- tinal j sa surface intérieure est tapissée d'une foule de cryptes muqueux qui présentent une ouverture béante; Ces corps sont principalement situés vers la terminaison del'œsophage; les Inleslins forment plusieurs circonvolu- tions. Détachés du mésentère, ils avaient 6 mètres, •->o cenlimètrcs , la longueur de rinlestin du gorfou était (le 8 mètres. Le cœcum est unique , avec un peu de soiti on s'apperçoit que l'extrémité libre est divisée eji deux tubercules, ce qui tendrait à prouver que les deux cœ- cums sont unis , dans cette espèce d'oiseau , par un tissu cellulaire très serré. Cet intestin s'insère à -J pouces du cloaque. Les pancréas , au nombre de deux , sont allongés. Les reins sont trilobés , l'antérieur ,' qui est le plus volumi- neux , est ovale. ( ^'4 ) La rate estpelilc, de couleur lie de vin. Les testicules sont petits, ovales, placés au-devant de» reins sur le milieu du racliis. Le foie est bilobé, volumi- neux , il occupe toute la région épigastrique. La vésicule biliaire., qui était pleine, avait trois pouces et demi de long. Les matières fécales de ces oiseaux étaient vertes. Peut- on penser que la bile leur donne celte couleur? Les pétrels sont très nombreux, surtout le pélagique , ainsi que le pétrel Bérard {Procellaria Berard, Quoy et Gaimard); nous avons pris un pétrel géant , Quebranta- huessosdes Espagnols. Les pétrels bleus, Procellaria vit- tata et cœrulea Gm., voltigent à l'entrée de la Baie; il en est de même d'une espèce nouvelle à laquelle nous avons donné le nom de notre ami M. Lesson ( Procella- ria Lessonii {i) Garn.), un des médecins naturalistes de rexpédition,dé)à connu par de nombreux travaux. Ce pé- trel, du genre Puffin, a le corps de la grosseur d'un pigeon, court et ramassécommeceluïdu damier; le bec fort, médio- cre, noir; la mandibule supérieure recourbée, convexe, présentant une rainure profonde entre l'extrémité et les narines; la calotte delà tête, et le dessus du col d'un blanc grisâtre satiné, une taclie noire en avant de l'œil et sur ses bords : l'iris brun foncé. Le dessus du corps et de la queue d'un gris cendré, passant au milieuaubrun foncé. Lescou- verlures dés ailes brunes, les rémiges noires, la gorge légère- ment grise ; la poitrine , le ventre, les plumes anales d'un (i) Procellaria Lessonii;'ca;jàe griseo albidoj collo, pecloi-e, abdomiite caudaaue iiijra albis ; dorsojiisco cineraceo; cauda supra griseaj ros- tiv, alis, ambilu coulorum ^ub nigris; pedibus ulbido-canieis fiinbriulis ( 55 ) blanc pur. Les pieds blanchâtres avec une légèie teinte couleur de chair ; la membrane est bordée de noir ; les ongles sont minces, celui du pouce est conique et court. Celte espèce pourrait bien avoir une calotte noire à cer- taines époques de sa vie, ou avoir la tête et le col blancs, le gris finissant par disparaître. Le tarse a i pouce glignes, le doigt médius i pouce 4*lignes; envergure 56 pouces; cir- conférence 10 pouces; longueur de l'extrémité du bec au bout delà queue i5 pouces; longueur des intestins 44 pou- ces ; longueur de Taile (la première penne est la plus longue) 1 1 pouces 6 lignes ; longueur de la queue ( les deux rec- trices du milieu sont les plus longues) 5 pouces, {f^oy. la PI. 4.) Ce pétrel se tient dans les parages du cap Horn et de la mer Pacifique, par 52" de lat. sept, et Hb^ de longil. Les goélands et les mouettes y sont très multipliés. Les premiers offrent deux espèces, l'une à manteau noir (^La- rus marinas , et nœi'Liis, Gm.) et l'autre, à manteau gris (^Larus glaucus et L. argentatiis, Gm.). Parmi ces der- nières nous n'avons vu que la mouette rieuse ( -Larus rldibundus , Gm. ) Le stercoraire cataracte ( Labbe , BufF.) , figuré dans la Zoologie de MM. Quoy et Gaimard, dont l'iris est brun clair, est très commun dans la baie Française. Cet oiseau est, pour les mouettes , ce qu'est la frégate relati- vement aux fous , c'est-à-dire qu'il poursuit les mouettes pour les forcer de lâcher le poisson qu'elles viennent de pécher, afin de s'en saisir à son tour. Elégante dans ses formes , l'hirondelle de mer {Sterna hirundo) règne par sa beauté parmi ces nombreux palmi- |)èdes. Son bec et ses pieds rouges, et sa calotte uolrc, (56 ) ressorlent avec éclat sur le blanc satine? clu reste de leur corps. Ces oiseaux criards pondent ordinairement deux œufs de la grosseur de ceux des pigeons, d'un vert clair nuancé de noir. Quelques brins de paille compo- sent généralement leurs nids , qu'ils placent dans le creux des rochers. Nous promenant un jour le long de la rivière Bougainville, nous portâmes nos pas vers une presqu'île où les hirondelles et les mouettes avaient dé- posé leurs œufs. Un spectacle intéressant s'offrit alors à nos regards : deux huîtriers regardaient avec des yeux d'envie deux œufs d'hirondelle qu'ils se disposaient à saisir, lorsque tout à coup la mère attentive fond sur eux du haut des airs , et les force à abandonner leur projet. Ces charmans oiseaux n'ont pas seulement de l'attachement pour leurs petits, ils l'étendent encore, à ce qu'il paraît, entre eux. Longeant la côte, je tirai sur deux îiirondelles, j'en tuai une; l'autre se précipita sur moi lorsque je m'avançai pour prendre celle qui était morte ; et , si elle eût osé, elle m'eût sans doute attaqué, mais elle se borna à me poursuivre , en m étourdissant par sort cri désagréable. Il y a encore une autre espèce d'hirondelle à tète grise que nous n'avons pas pu nous procurer. Les cormorans , dont on trouve trois espèces bien dis- tinctes, se tiennent perchés sur les rochers. Ils ne s'enfuient point lorsqu'on tire des coups de fusil sur des oiseaux , non loin d'eux. La première espèce ( Pelecanits fiher, Gmel. ) est entièrement brune; quelques individus de celte es- pèce, qui ne sont sans nul doute que des variétés d'âge, offrent quelques taches blanches sur le corps. La deuxième, d'un bleu ardoisé, à ventre et à col (57) blancs, dont la tête est surmontée d'une huppe composée de plumes longues de deux pouces_, se fait remarquer parla brillante couleur bleue verdâtre de son iris, et par les points dorés parsemés sur la membrane qui se fixe à la mandibule inférieure, La troisième espèce , le cormoran oreillard ( Carbo feucotls,Quv.), ne diffère de la précédente que par l'ab- sence de la huppe et par son col qui est bleu ardoisé. Peut-être la précédente est ellelemâle et cette dernière la fehielle? Cette espèce offre aussi beaucoup de variétés. Le cormoran nigaud (Cario graculus , Meycr), qui existe aussi aux Malouines, ne doit pas être considéré comme une variété du Pelecaiius fiher , il en diffère par sa taille qui est beaucoup plus grande , et par son plu- mage bleu foncé , noir lustré. Nous n'avons pas aperçu le cygne à col noir velouté dont parle Bougainville ; nous n'avons également vu que deux espèces d'oies au lieu de quatre , signalées par ce célèbre navigateur. La première, que l'on désigne improprement sous le nom d'outarde ( oie des Malouines , Anas leucoplera) , habite principalement les étangs et paît dans les prairies circonvoisines. Elles marchent avec tant de rapidité , que lorsqu'on les tire posées à terre , il faut en quelque sorte les surprendre. Il est plus facile de les atteindre lors- qu'elles s'envolent. La femelle , que Gmel désigne sous le nom è^Anas magellanica ( Buff. fig. 1006 ) , est fauve, tandis que le mâle est blanc , à manteau varié de noir et de cendré. La femelle est plus petite que le mâle. Leur iris est brun. Pendant notre séjour aux Malouines, nous les avons constamment rencontrées en Gmiille. Celle-ci est ( 58 ) composée généralenieut de six à liuit Individus; leuc chair est assez délicate. La deuxième espèce d'oie , ou celle de rivage , se noui'rit de poissons et de plantes marines. Elle est bien moins midlipliée que la première. Le mâle est tout blanc , quelques-uns , sans doute dans le jeune âge , offrent quelques points noirs. La description qu'on en a fait, sous le nom d'oie antarctique (^/za* antarctica^ Gmel), lui convient parfaitement , mais il n'en est pas de même de celle que l'on considère comme sa femelle. Celle que nous indiquons pour la femelle (i) que nous décri- rons , pour rectifier les erreurs, sous le nom d'oie an- tarctique i^Anser ajitarcticus , Garn.), a la tête et le col noirs, la poitrine et le ventre maillés de noir et de blanc, la partie supérieure de l'abdomen, la queue, le moignon de l'aile qui est armé à la réunion des trois quarts antérieurs de l'aile avec le postérieur , un espace d'un pouce blancs. Les autres parties de l'aîle sont noires glacées de vert. Lebec et les pieds sont jaunes, le dessus de la tête est brun , le contour des yeux est légèrement grlvelé ; leur chair est moins bonne que celle des pre- mières, elle a un peu le goût des fucus dont elle fait sa nourriture. Il paraît que ces dernières n'habitent pas constamment les Malouines ; car dans les commencemens de notre arrivée à la Soledad , on en apercevait à peine. (i) Anser antarcticus ,'capite colloque nigris , peclore abdomineque nigro alboque variegatis , abdomine l'etrà, cauda binis speculis , alis albisj aliis parlibus alarum nigro subviridibus roslro pedibusqucjlavis, (FalklandiiE). (59 ) Nous nous sommes assurés, par la dissection, des sexes de celte espèce-ci et de la première. Nous arrivons enfin au genre ^«a*, qui ne laisse pas que d'offrir de l'intérêt. Nous y voyons figurer quatre espèces différentes : i° La première aux aîles courtes, Oie du plein de Pernelty {^Anas cinerea, Gmel ; 'Anas brachypleray Lath.), figurée dans la Zoolo5;ie de MM. Quoy et Gaimard, se tient généralement sur l'étang du Phoque, près de l'an- cien camp de l'Uranie. Il est facile, en tirant sur une bande de ces canards, de les forcer à gagner la terre, et dès-lors de s'en emparer, parce qu'ils ne peuvent s'envoler. Les matelots, armés de bâtons^ les poursuivaient avec une telle ardeur , qu'en un instant le champ de bataille était couvert de morts. Un coup suffisait rarement pour les tuer; souvent tel qu'on croyait assommé, avait encore assez de force pour se soustraire à nos poursuites. Ce sont ces canards que les matelots des équipages de Wallis et de Gook désignaient sous le nom de chevaux de courses. Leur chair est analogue à celle des oies de rivage. La seconde espèce de canards , le milouin des Ma- louines, habite ordinairement à l'entrée de la rivière Bou- gainville, il se tient à une très grande distance du rivage, de sorte qu'il est difficile de l'atteindre. Sa chair est bien supérieure à celle de l'espèce précédente. Les deux der- nières espèces sont beaucoup plus petites, i" L'une, le ca- nard à bec jaune et noir d'Azara, et la deuxième le canard à sourcils blanc (^Anas superciliosa, Lath.) semblable à celle de la Nouvelle-Hollande, habitent principalement les étangs. C'est un manger délicieux. Elles complètent ce que nous avions à dire des Ma- louines, sous le rapport de rornilhologie. (6o,) MÉMO IKK sur la Oéograpliie des plantes uiarlncs; Par M. Lamolroux (i) , Correspondant de l'Académie royale des Sciences, Professeur d'Hisloire naturelle à Caen , etc. ( Lu à l'Acaddmic royale des Sciences, le 21 féviieriSaa), La illstribulion gL'ographic]ue des plantes sur la sur- face du globe lerreslre a fixe depuis quelque temps l'at- (i)M. Lamouroux désirait que son travail fût inséré dans nos An- nales. Il nous avait confié le manuscrit de son mémoire auquel il se proposait défaire toutefois quelque légers changemens, et nous avions cru devoir nous borner, en conséquence , à donner ses principaux ré- sultats , en publiant le rapport de M. Mirbel ( Arm. des Se. Natur. , tom. V , p. 194. ) ; mais , depuis ce moment , nous avons acquis la certitude qu'il ne s'était pas occupé de ce sujet pendant le court es- pace de temps qui s'est écoulé entre son dernier voyage à Paris et l'instant où sa mort inattendue est venue plonger ses nombreux amis dans le deuil. En plaçant aujourd'hui cet écrit tout entier dans notre recueil, nous cherchons à la fois à rendre un nouvel hommage à la mémoirede notre savant collaborateur et à lui conserver la part de gloire que lui assurent les observations importantes qu'il renferme. Les naturalistes liront tous avec intërtït cet ouvrage. Cest le der- nier adieu d'un homme dont la vie entière fut consacrée à l'étude des végétaux fliarins, et qui avait acquis le droit de s'occuper de leur classification géographique, ainsi que celui de faire autonté en cette matière, par les recherches spéciales, longues et pénibles, qui lui avaient permis d'en tracer une histoire systématique et généïale. ( Voy. Ann. des Se. Nalur. , Tom. V , p. ii3 ). ( 6i ) lention tlos plus célèbres botanistes; Linné en donna les premières idées dans ses immortels ouvrages, M. Rn- mond en proposa de nouvelles en parlant de la station des plantes dans les Pyrénées ; mais il était réservé à MM. de Humboldt, de Candolle et R, Brown , d'en établir les véritables principes. Leurs nombreuses observations, ajoutées à celles des voyageurs qui les avaient précédés, ont permis de reconnaître la plupart des lois que la nature semble avoir suivies dans ce grand phénomène , que l'on soupçonnait à peine il y a un demi-siècle. Aucun natu- raliste ne s'est encore occupé , sous ce rapport, de la classe des hydropliytes. Possesseur d'un herbier de plus de douze cents espèces de ces végétaux , ayant consulté A plusieurs reprises les collections de MM. Delessert , de Jussicu , Desfontaines , Labillardière , Bory, etc., etc., ayant étudié celle du Muséum , si riche en hydrophytes ûe& mers australes , rapportées par Peron et Lesueur ,. ayant reçu beaucoup de plantes marines ramassées dans les environs du cap Horn, à Lima, à Valparaisb, sur le banc de Bahama et à Terre-lNeuve; enfin, ayant presque tous les ouvrages qui traitent des hydrophytes , je crois pouvoir donner quel- ques notions exactes sur la distribution géographique des végétaux qui vivent dans le sein des mers, en attendant que de nouvelles recherches , augmentant la masse des laits , permettent d'élever ce sujet au degré de perfection où se trouve la géographie des aérophytes , grâces aux tra- vaux dessavans que j'ai cités. L'arithmétique des plantes ou leur distribution numé- rique se lie tellement à leur distribution géographique , «ju'elle en fait partie intrinsèque, et qu'on ne peut parler ( 62 ) de l'une sans établir les bases de l'autre. Cette vérité s'ap- plique aux hydropbytes de même qu'aux aéropbytes. L'arithmétique botanique ou les rapports numériques des formes végétales , est une science très difficile et eu grande partie conjecturale, puisque l'on ne peut[déduire le nombre total des plantes du globe que d'après celui d'une localité dont l'étendue est bien déterminée; de plus il faut considérer les causes qui peuvent faire varier la quantité des espèces dans cette localité , ainsi que le degré de leur influence ; et quand on pense que ces causes sont fort nombreuses , et que les pays dont on commence à bien connaître la végétation, ne sont qu'une fraction de ceux que l'on n'a pas encore visités, ou que l'on connaît à peine; quand on songe que chaque jour on découvre en- core des espèces nouvelles dans les pays déjà parcourus par une foule de botanistes , et tels que les environs de Paris , il est facile de se convaincre que l'arithmétique botanique n'est fondée que sur des calculs hypothétiques. Il n'en est pas de même de la géographie botanique , elle est basée sur des lois auxquelles sont soumises les plantes des eaux comme celles de Tair. Faisons connaître les principales tle ces lois, celles qui s'appliquent bien évidemment aux deux classes du règne végétal. Moins une plante est compliquée dans son organisa- tion , plus elle semble avoir de force pour résister aux influences des milieux qui l'environnent ,• d'après ce prin- cipe l'on ne doit pas être étonné de trouver les mêmes plantes agames à toutes les latitudes, elles semblent braver les chaleurs de la zone torride et les frimats des régions glacées. Il en est de même de quelques hydropbytes , prin- cipalement des Ulvacécs, dont quelques espèces vivent (65) dans les mers équatoriales et sur les rochers du Groen- land. Il est reconnu que le nombre des genres . comparé à ce- lui des espèces , est plus grand dans les régions tempérées que dans les pays très chauds ou très froids , ainsi que sur le sommet des hautes montagnes. Ce principe ne peut s'appliquer qu'en partie aux hydrophytes, a moins que l'on ne veuille considérer les profondeurs , les abîmes de la mer, comme les pics qui dominent les chaînes des montagnes; il est possible que leur effet Soit le même • mais c'est une chose qu'il sera peut-être ditBcile de vérifier. Dans plusieurs familles d'êti'es organisés, le nombre des espèces semble partir d'un point commun et central , et diminuer dans tous les sens à mesure qu'on s'en éloigne. Il n'en est pas ainsi des hydrophytes; soumises en géné- ral à l'influence de la couche deau qui les couvre , elles suivent les courbures des côtes , et la quantité des espèces peut diminuer en partant d'un point déterminé et sui- vant la direction des terres , mais cette diminution lîe rayonne jamais. On ne peut pas considérer comme une diminution rayonnante celle que présentent quelques genres, et qui a lieu d'une mer profonde vers la côte ou des côtes vers la mer. Pour les hydrophytes , de même que pour les phané- rogames, il y a de^ localités où des formes particulières semblent dominer, soit dans des groupes de plusieurs genres, soit dans des groupes de plusieurs espèces. A me- sure que l'on s'éloigne du point où elles se montrent dans toute leur beauté, dans toute leur puissance, ces ( 64) formes perdent quelques-uDs de leurs caractères; elles se dégradent, se confondent avec les autres, et finissent jxir disparaître, pour faire place à de nouveaux caractères , à de nouvelles formes entièrement différentes des pre- mières. Les plantes les plus parfaites dans leur organisation semblent soumises aux lois que Buffon a reconnues d.ans la distribution géographique des animaux vertébrés; ainsi les aérophytes de l'Amérique diffèrent de celles de l'an- cien monde , à l'exception de quelques plantes monoco- lylédones (graminées), et si l'on trouve sur le sommet glacé des Andes , la plupart des genres qui végètent près des neiges éternelles.des Alpes, des Pyrénées, de l'Islande ou du Groenland, ce phénomène ne détruit point la loi établie par Buffon ; car si les genres sont les mêmes . tou- tes les espèces sont différentes. En est-il de même des hydrophytes? Cette question n offre point de difficulté, d'après les principes que nous avons déjà établis , ou ceux que nous développerons plus tard , et l'on peut assurer que les plantes marines de l'Amérique méridionale ne sont pas les mêmes que celles de l'Afrique et de l'Europe, que les exceptions sont infini ment rares, et qu'on ne les observe que dans quelques ulvacées. Il est démontré que, parmi les phanérogames, <îes es- pèces, mais en très petit nombre , se trouvent dans des pays séparés par limœense intervalle de la zone équalo- riale et d'une partie des zones tempérées , et qu'elles n'y ont pas été transportées par les voyageurs. Le même phé- nomène se présente dans quelques hydrophytes, que bien certainement aucun navigateur n'a entraînées des côtes de France à celles de Tîle de Van Diémeo; il s'observe plus ( G5 ) comnuinemeiil parmi les plantes ues eaux douces que parmi celles de la mer. Il existe parmi les ae'rophytes des plantes que M. de Humboldt à qualifiées le premier du nom de sociales, par- ce que l'on voit toujours un grand nombre d'individus de la même espèce réunis ensemble dans les mêmes lieux , peu importe leur état. A côté de ces plantes qui vivent eu société, l'on en rencontre d'autres dont les individus, constamment isolés , sont épars sur un grand espace : il en est de même des hydrophytes , et par les mêmes causes si bien développées par MM. de Humboldt et de Candolle. Les phanérogames ont présenté aux botanistes plu- sieurs grands systèmes de ve'gétalion, et l'on a reconnu des différences marquées., entre les plantes de rAméri^ CM LO CO g (N irs to s . . "■ ts O iM to 00 o to CI to CX5 LO < n B . . • . . o> •" • • • • • ° ^ ^ 2 ^ ^ t-^ t>^ CO ;j <~o CD Q D • • e • -s ^ ? 1 #ç ^ -s oo fi 00 LO LO o > «5 . . . : • f5 " o s c^ t^ Cl ^ j; lV. ■î B CT ^ l\ H à . . : . en g ^ CO to c-i CT) J^ 00 & ^ LC «H to O " ^ • cô c« H H O a: ce w t« a K -a W t^ -W q -W PS O H-i H ^ es H O *t1 Fb O o !> S'. ta J yA O (s, fi Q p O ( 17 ) D'après cet aperçu des liydropliytes, de'criles par les, auteurs que j'ai cru devoir citer , il paraît que le nombre des floridées est toujours plus considérable que celui des fucacées , ces dernières plus que les ulvacées, et ces plantes plus que les dictyotées. Il me paraît e'galement prouvé que la quantité des conferves diminue à mesure que l'on s'approche des régions méridionales de l'Europe. Elles forment près des deux tiers des plantes des mers du Nord, la moitié environ sur les côtes de France , et un peu plus du tiers dans le golfe de \ enise. Dans tous ces pays , les conferves-florldées augmentent proportionnellement en quantité des pôles à l'équateur. Le nombre des fucacées augmente en se rapprochant des régions tempérées ou chaudes ; il en est de même des floridées. Ces dernières, d'abord en quantité double decelle des fucacées, ne tardent pas à devenir trois ou quatre fois plus nombreuses. Elles s'arrêtent vers le 44'^ ou 45" degré de latitude , diminuent lentement jusques vers le 35°, où la diminution semble plus rapide , tandis que celui des fucacées reste le même et tendrait même à s'accroître. Le nombre des dictyotées augmente constamment des régions polaires à la zone équatoriale. Les ulvacées varient peu ; la quantité des grandes es- pèces augmente tandis que celle des petites , les confer- voïdes , tend à diminuer. L'on pourrait presque regarder la zone polaire comme la patrie des ulvacées , les zones tempérées comme la pa- trie des floridées , les zones voisines des deux tropiques ainsi que l'équaloriale comme celle des fucacées et des dictyotées. (•78 ) Ces notions sont bien insuffisantes pour calculer le nombre iVespèces d'hydrophyles que renferment les mers (lu globe terrestre ; je ne crois pas néanmoins devoir y renoncer. Les eaux douces et les côtes de France offrent aux botanistes au moins 600 espèces d'hydropbytes bien caractérisées , la dixième partie environ des plantes de France ; et si la Flore française renferme la dixième partie environ des espèces végétales décrites ou qui exis- tent dans les collections , appliquant la même proportion aux bydrophytes , le nombre des espèces de ces végétaux sera de 6,000 et de 5,ooo au moins. J'en possède 1 200 dans mon Herbier ; les collections des naturalistes de la capitale, ouïes ouvrages en renferment 200 au plus, que je n'ai pu me procurer , ajoutons la même quantité pour les herbiers des botanistes anglais , allemands , etc. , et portons à 1600 espèces le nombre d'hydrophytes con- nues des botanistes : ce sera la quatrième partie , tout au plus, de celles qui existent. Quel vaste champ de décou- vertes pour les botanistes qui se livreront à l'étude de ces végétaux ! Je crois devoir ajouter quelques idées générales sur Ihabitation des principaux genres de la classe des bydro- phytes , elles serviront à mieux apprécier les principes de géographie botanique maritime que nous venons d'é- tablir. Les Sargasses , communes entre les deux tropiques , dépassent bien rarement le 42* degré de latitude dans les deux hémisphères. La mer Rouge paraît la plus riche de toutes en espèces de ce genre. Les Turbinaires ne se trouvent jamais qu'entre les deux ( 79 ) tropiques ou dans leur voisinage; j'ignore s'il y en a dans la mer Pacifique ; elles ne sont pas rares dans l'océan Indien et dans celui des Antilles. Le Fucus siliquosus offre ses congéûères sur les côtes méridionales de l'Australie , au Japon et au Kamtchatka. Les Cystoseires dominent du 25^ au 5o* degré de lati- tude ; elles sont très rares au-delà. Les vrais Fucus , particuliers au bassin atlantique, se plaisent du 44* au 55^ degré ; on commence à en trouver vers le 36^ Je n'en ai jamais vu de la Méditerranée, quoi- que plusieurs auteurs les y indiquent ; ils varient autant sur les côtes de Terre-Neuve et de l'Angleterre septen- trionale que sur celles de France ; une espèce a été rap- portée du Kamtchatka. Le Fucus serratus ne se trouve qu'en Europe. Les Laminaires, communes sous les glaces polaires, sont très rares au 36* degré de latitude ; elles dominent entre le 48" et le 6o" degré. La Laminaire pyrifère est particu- lière aux mers australes , ainsi que la Laminaire bucci- nale au cap de Bonne-Espérance. Les Desmaresties , très peu nombreuses eu espèces , commencent à paraître vers le 4o* degré ; elles sont rares au 55*. Je n'en connais qu'une espèce de Ihéniisphère austral ; une autre se trouve sur la côte N.-O. de l'A- mérique. Le Demarestia aculeata offre ses congénères à Terre-Neuve et au Kamtchatka. Les Chorda sont des plantes sociales; j'en ai reçu deux espèces de la mer des Antilles; il n'en existe qu'une seule en Europe. Je n'en connais point des autres pays. Le cap de Bonne-Espérance a son Fucus tubèrculatus comme- les côtes de Franco. ^ ( 8o) Le Xî'ucus nioniîiformis [se trouve depuis !a terre do Van-Diémen jusqu'au Japon. Aucun voyageur ne l'a rapporté de la mer des ludes. Les Claudées n'existent que sur les côtes delaNouvelle- Hollaiide ; ce sont les plus extraordinaires de toutes les Ijydrophytes par leur tissu et par leur fructification. J'ai divisé les Délesseries en plusieurs genres : le pre- mier, auquel j'ai conservé le^nom de Delesserla, offre plusieurs espèces dans les mers d'Europe , une seule dans celles de la Nouvelle-Hollande, et une autre dans la mer des Indes. Une espèce de Délisée se trouve dans la Méditerranée , les deux autres dans l'Australie. Je ne connais que deux espèces de Voiubilaires, une dans les mers australes, l'autre dans toute la Méditerranée. Les Séminerves se plaisent dans les parties des zones tempérées voisines des tropiques. Les Halynienies dans la partie moyenne des zones tempérées , les Erinacéessous les tropiques. LesChondrus, si communs en Europe, m'ont offert trois espèces seulement de l'hémisphère austral , deux de l'Amérique occidentale et l'autre du cap de Bonne-Es- pérance. Les Gelidies paraissent plus communes dans la mer des Indes que partout ailleurs. Les Laurencies sont plus répandues entre les tropiques que dans les régions froides ou tempérées des deux hémisphères ; il en est de même des Hypnées et des Acantophores ; les Dumonllés ap-, partiennent à la zone tempérée. Le groupe nombreux des Glgartines est divisé en trois sections. Le premier a pour type 1 e Fucus ova lis del'urner, ( 8i ) son congénère se trouve sur les côtes de la nouvelle Hol- lande; le deuxième a pour type le Fucus conjerpodes de Turner, dont les nombreuses varie'tés en Europe fati- guent le botaniste, ses congénères existent dans les mers du Japon, de la Chine, et de la nouvelle Hollande; le troisième . à frondes articulées , offre des espèces en Eu- rope , au cap de Bonne-Espérance et dans l'Australie. H en est de même des Plocamies. Les Floridées sont en général peu nombreuses dans les mers équatoriales et polaires; et si l'hémisphère austral est moins riche que le nôtre dans cette classe d'hydro- phytes, ne pourrait-on pas l'attribuer au peu de largeur de la zone tempérée dans cette partie du monde? Les Amansies, rares partout, ne dépassent point les tro- piques. Les Dictyoptères , les Padines et les Diclyotes augmentent en nombre des pôles à l'équateur ; trois seu- lement se trouvent en Norwège. Les Flabellaires n'existent que dans la Méditerranée. Les grandes Ulves planes ou fistuleuses varient peu dans les différentes régions et les pays tempérés; les plus riches en offrent au plus le double de celles que l'on trouve dans les zones froides. Il n'en est pas de même des ul- vacées filamenteuses ou conferves vertes de Linnée ; elles sont beaucoup plus nombreuses dans les deux hémi- sphères du 5o* au 65'' degré que dans les autres latitudes. L'on peut regarder les Bryopsis comme des plantes des zones tempérées , les Caulerpes comme des hydro- phyles équatoriales ; une espèce se trouve dans toute la Méditerranée et non ailleurs. Les Spongodiées , principalement le dichotome, sont VII. 6 ( 82 ) presque cosmopolites ; cette dernière habite depuis le Nord de l'Ecosse, jusque soiis les côtes de la terre de Van Diémeii. Cet examen très rapide de la distribution géographique des végétaux de la mer semble indiquer que le maximum des genres et même des espèces doit se trouver dans la zone tempérée, patrie adoptive des plantes annuelles et bisannuelles. Les hydrophyles que la même saison voit naître et mourir, ou qui par leur nature sont peu sensibles au froid, se plaisent dans les zones polaires, et les hydro- phytes les plus ligneuses entre les deux tropiques. Il reste encore beaucoup à dire sur la géographie bota- nique marine, mais les faits nous manquent, et nous en- trerions trop dans le domaine des hypothèses : nous croyons devoir nous arrêter; les principes que nous avons établis ou développés pourront aider dans leurs recherches les naturalistes qui se livreront à cette partie si intéressante de la botanique. Note sur le déplacement d'un rein dans un enfant né avant ternie, et sur quelques particularités du sys- tème vasculaire qui en étaient résultées ; Par M. Martin, élève de l'école pratique. M. le docteur Baron, médecin en chef de 1 hospice des Enfans-Trouvés , m'a confié le soin des autopsies , et a bien voulu me permettre de disposer de cette observation. ( 85 ) Le déplacement des parties organiques est un accident laieu connu des praticiens, et les ouvrages d'auatomie pathologique sont remplis d'observations relatives à ce genre de monstruosité ; aussi j'avais voulu seulement étu- dier le fait suivant pour ma propre instruction, quand M. Geoffroy St-Hilaire , dont j'ai suivi l'enseignement public , et qui m'honore de sou amitié , m'a pressé de rédiger mon observation et de la publier. Je re- grette de n'avoir pas su peut-être tiret* tout le ^arti |)08sible de ce fait , et je me trouve heureux toutefois d'avoir fourni à M. Geoffroy l'occasion de rectifier sur un point important les idées reçues en organogénésie. L'enfant qui fait le sujet de cette observation était du sexe masculin, petit et faible , né avant terme, et âgé de deux jours au moment de sa mort. Sa taille était de treize pouces trois quarts , et son poids de trois livres un tiers. L'appareil digestif n'offrait rien de remarquable : seule- ment la membrane muqueuse de l'estomac présentait des stries rougeâtres de forme demi - circulaire. L'intestin grêle avait une teinte blanchâtre, ainsi que le gros intes- tin , qui était en outre distendu par le méconium. Le foie, noir et très gorgé de sang, avait un volume extraor- dinaire. L'appareil respiratoire ne présentait aucune par- ticularité; le poumon droit était sain, le gauche était gorgé de sang dans sou bord postérieur. Il en était de même de l'appareil circulatoire. Le trou de Bolal et le ca- nal artériel étaient libres. On peut enfin en dire autant de l'appareil sensitif interne. La substance cérébrale était partout rouge , et les vaisseaux inférieurs du cerveau 1res injectés. (84) Il nea était pas de môme c , une ligne au-dessous de la dja- pliragroatique; d'un volupie.^tnblable h celui des rénales, elle se dirigeait du haut en bas , se divisait bientôt en trois branches ordinaires, qui sont la stomachique, 1 hépa- tique et la splénique. Comme à l'ordinaire , l'artère mé- sentérique supérieure (n» 5) naissait de la partie moyenne et antérieure de l'aorte , trois lignes au-dessous de la cœliaque : son calibre excédait celui des rénales. La mésentérique inférieure (no 12) naissait de la partie antérieure et moyenne de l'aorte, sept lignes et demie plus basque la mésentérique supérieure, et trois lignes au- dessus d^' la bifurcation de l'aorte en iliaques primitives, La dinphragma tique gauche (n» l ) naissait de la partie l^ajtérale de l'aorte, presque vi.s-à'vis II3 droite : eetite.ar- tjèrc;, était très petite. Enti;e la cœliaque. et La méi^entériquiî supérieure nais- .saieiit, à droite, la capsulaire(u" 5), de mt-me volume qwe la. ^nése^lw-iqi^e, supérieure; i\ gauche, d/îUï capsulaives » dont l'une supérieure ( n" 5 }, du volume des réoales , cti TautrQ iuféi;ieure (n" 4), égale à la diaphra,gmatiquegau.- ehc. Ces artères mrirehaieJlt transversailement de dedans, ea dehors,. <;t lorsqu'elles étaient parveuues aux capsules, atrabilaires, elles se divisaient en plusieurs branches .qui SR lîf'pandqiteiot s^r les facQS a,nté«îiwre et postérieure, et se ramifiaient dans les interstices des lolîcs doo;t elles étaient formées: les deux cajpsijUirqs gauches s'anastoravor «aient entre elles. La direction du graïjjii^^i/ljfefiiVin se trouvait en quehpie ( 87 ) sorte dérangée par le rein gauche : en effet Je rectum , placé sur la face antérieure et supérieure de ce rein , se trouvait porté en haut et dirigé horizontalement dans le flanc gauche^, au lieu d'aller gagner la fosse iliaque de ce côté : de cette disposition résulte que la place qu'aurait dû occuper IS du colon (no 19) était occupée par l'intes- tin grêle. Les testicules (no 20), assez volumineux, avaient déjà franchi l'anneau inguinal. PxEMARQtJES sur le Mémoire de M. Mautin. Par M. Geoffroy Saint-Hilaire. Les recueils de faits pathologiques sont remplis d'ob^ •servations sur le déplacement de quelques viscères ; ce qui n'a guère eu d'autre résultat que de faire connaître un sujet indéfinissable dans ses variations : on en est même venu à croire qu'il était à peu près inutile d'en reparler. Cependant je pense si différemment à cet égard , que i'ai cru devoir encourager M. Martin à rédiger son ob- servation et à la publier. On est aujourd'hui assuré , par l'impulsion philosophique donnée aux recherches sur les monstruosités , qu'il n'existe point de désordres orga- niques , sans qu^ils ne dépendent d'une ordonnée nou- velle , se jetant comme à travers toutes les causes effi- cientes des fonctions iTgulières. S'il en est ainsi , nous devrons revenir successivement sur les faits de la mons- truosité , bien que pour la plupart ils aient été déjà ob- ( 88 ) serves ; car il ne doit plus ôlre aujourd'hui question de s'en tenir uniquement à les qualifier lace* d'organisation, ou déplaceniens de parties. C'est sous l'inspiration de ces idées que j'ai examiné, avec un vif intérêt , le fait d'un rein descendu dans le bassin , formant le sujet de l'article précédent. C'est un cas simple , un problème par conséquent moins compliqué et plus facile peut-être à résoudre. Le rein seul déplacé sans la capsule surrénale, restée à son point de suspension, en déposant de l'indépendance de 'ces parties , avait aussi fixé mon. attention ; mais surtout j'ai été fortement excité à la vue de l'artère rénale naissant de la bifurcation des deux iliaques. Car je me voyais renfermé dans ce di- lemme : ou le principe des connexions sera sérieusement attaqué par le fait du déplacement de cette artère , et de- vra succomber, ou il se relèvera, en donnant lieu à de nouveaux aperçus sur le caractère des premières for- mations. Cependant il n'y aurait pas eu de défaut essentiel de connexion , si l'artère rénale , naissant comme à l'ordi- naire de l'aorte , eût été embrassée dans les feuillets de ce principal vaisseau , en eût parcouru el descendu la tu- nique, et fût ainsi venue déboucher au point de la bifur- cation des iliaques. Je présumai et je désirai rencontrer ce genre de modi- iication. Je me suis donc rendu très attentif au fait en lui-même, et j'ai employé successivement pour cela tous les procédés d'injection; d'abord le mercure, la cire en- suite. En dernière et définitive observation , j'ai trouvé ie contraire de ce que je cherchais : l'artère rénale sortait â plein goulot de la bifurcation des ilbques, en appuyant ( 89 ) un peu plus à gauche, c'est-à-dire un peu plus du côté de son rein. Je livre moi-même cette observation, dégagée de toute illusion , et par conséquent celte objection, aux contra- dicteurs qui voudront s'élever contre l'essence et la géné- ralité du principe des connexions ; car le premier des de- voirs , dans la culture des sciences qui se composent et qui s'accroissent par la recherche attentive des phéno- mènes de la nature, le premier des devoirs , dis-je, est d'agir avec une parfaite sincérité. Ainsi , que ma théorie soit renversée, si , n'ayant été établie que sur un trop pe- tit nombre de faits , il en survient qui y échappent, qui y contredisent, et qui, nar conséquent, démontrent qu'elle n'est pas , quant aux points embrassés par elle, une expression fidèle des lois immuables de la nature. Cependant il me reste à examiner si Pon ne pourrait pas concilier la valeur du principe des connexions avec celle d'un déplacement réel d'artères. Je me suis long- temps et très attentivement occupé d'un travail compa- ratif des artères génitales : si je n'ai rien publié encore à cet égard , j'ai du moins recueilli un grand nombre de faits , et j'en al remarqué plusieurs qui reproduisent, dans des cas normaux , la circonstance du déplacement qui est le sujet de cet article. Mais d'abord rappelons ici que nous sommes partis , pour fonder le principe des connexions , de l'observation des systèmes osseux et tégumentaires: or, dans le cercle de ces considérations, le principe des connexions ne m'a paru offrir aucune exception. Mais, dira-t-on , ces produits organiques ne sont-ils pas des résultats à l'égard du sys- tème artériel, du système générateur? faudrait-il donc ( 90 ) admettre des elTets constans engendrés par des causes variables? Non, non sans doute; il tombe sous les sens que cela est vraiment impossible. S'il en est ainsi, où trouver le nœud de la difficulté? C'est, je pense, dans la nécessité d'établir une distinction entre les deux extrémités des artères. En effet une artère n'est génératrice qu'à son extrémité confluente. Est-ce à cette extrémité qu'elle, ses dérivées et ses résultats, manquent à leurs relations réciproques, c'est-à-dire au principe des connexions? Je crois pou- voir affirmer que cela n'est pas. Si c'est à l'autre extrémité, dite d'origine, que se rap- portent et le fait consigné dans le mémoire de M. Martin et ceux de même ordre que nos recherches nous ont fait découvrir dans beaucoup d'animaux réguliers, nous pourrions bien n'être arrivé que sur un ensemble de considérations dans lequel le principe des connexions n'est point intéressé. En effet un autre principe, qui change et renouvelle les bases de la science anatomique, le principe posé par l'un des plus ingénieux et des plus profonds anatomistes modernes, savoir, que toutes les premières formations se répandent de la circonférence au centre. , nous paraît donner la clé de ces anomalies; car ce ne sont pas seule- ment les os , les muscles et les nerfs qui sont soumis à cet ordre de développement , c'est aussi et plus essentiel- lement le système vasculaire. Celui-ci commence à poindre dans les tégumens de l'être à former : il continue de se répandre avant que de se grouper, avant que plu- sieurs de ses cimes intérieures aillent se rencontrer et qu'elles s'anastomosent pour composer le cœur. D'autre; ( 91 ) prganes cle rembryon se forment en même temps , entre autres, le rein ou le lacis de vaisseaux qui le représente alors. Tous ces organes aboutissent à un lac conunun , contenant le fluide qui plus tard sera élevé à la condition de sang. Qu'alors une bride , de la nature de celles qui, suivant moi (i) , commencent la monstruosité, attache aux membranes de Pceuf le lacis de ces vaisseaux du rein , il arrive que les troncs principaux, se rendant au grand lar, ne peuvent plus tard , quand ils se régularisent en se resserrant, venir dél^oucher sur le même point du canal aortique. Comme je conçois celte anastomose , elle ne fausse en rien le principe des connexions. Un autre objet du mémoire de M. Martin, bien digne d'intérôt , c'est , ainsi que je Tai dit plus baut , l'indépen- dance réciproque de la capsule surrénale restée en place, et du rein qui occupé la région du bassin : je me borne pour aujourd'hui à cotte remarque. On ne sait pas ce qu'est la capsule surrénale dans l'ordre philosophique. Les poissons en sont , dit-on, privés, mais je crois que jie parviendrai à l'y montrer; on l'aura méconnue chez eux , parce qu elle s'y trouve déguisée de formes , et , en apparence , différente de fonctions. Je m'expliquerai un jourplus explicitement à cet égard. Notice sur les Cigognes, ei particulièrement sur les trois gra?iiles espèces qui fournissent à la toilette des dames les plumes déliées dites marabou. MM. Temminck et Laugier ont joint à la 64" livraison (0 Philosophie anatoiiiiquc , tom. 3 , pag. Sai ; clicz l'/;iilciu .111 Jarilin du Roi. ( 92 ) lie leurs oiseaux coloriés, qui vienl de paraître, un nr- tîcle sur le genre Cigogne , qui conticnl plusieurs faits iut«'rcssans. Les auteurs donnent d'abord un tableau méthodique qui comprend onze espèces , savoir : 1. Ciconia Marabou , pi. col. 3oo , du continent de l'Inde et des îles du grand Archipel. 2. Ciconia Argala , ibid. , pi. 3o i , de l'Afrique, de- puis l'Egypte jusfju'au cap de Bonne-Espérance. 3. Ciconia capillaia , ibid. , pi. 3i3 , de Java et de Sumatra. 4. Ciconia Mycteria ( Mycteria americana des mé-» thodes) , le Jabiru de Cayenne , très bien figuré dans les planches enluminées de BufFon , n° 817. — de l'Amérique d'U Sud. 5. Ciconia ephippioryncha {Mycteria senegalensis , des méthodes ) , du Sénégal. 6. Ciconia australis {Mycteria australis , des mé- thodes) , de rOcéanie. 7. Ciconia Maguaria^àe l'Amérique méridionale, et accidentellement en Europe. 8. Ciconia alba , d'Europe , d'Asie et du nord de l'A- frique. 9. Ciconia nigra ( très bien figurée par Nauman ) , du centre et de l'est de l'Europe , se trouve aussi en Afrique. 10. Ciconia leucocephala ( le héron de la côte de Coro- mandel , de Buffon , pi. col. 906) , du nord de l'Afrique , de l'Inde , des îles de Java et de Sumatra. 11. Ciconia Abdinii , espèce no'avelle du musée de Berhn, d'Egypte et des autres parties du nord de l'A- frique. ( 9^ ) On voit que M. Temminck a réuni au genre Cigogne les espèces dont Linnée avait fait un genre séparé sous le nom de Mycteria ; cette séparation lui paraît avoir été peu motivée , le Mycteria ou Jabiru ayant les mêmes caractères extérieurs et la même manière de vivre que les autres cigognes. Tous ces oiseaux se nourrissent principalement de rep- tiles ; mais leur appétit vorace leur fait aussi engloutir les cadavres en putréfaction et les immondices lés plus in- fectes. Les services qu'il rendent par là aux hommes , la préférence qu'ils paraissent donner aux pays très peuplés , la douceur de leur caractère et la facilité avec laquelle ils s'apprivoisent, les fait jouir, presque partout, d'une protec- tion spéciale à laquelle on prête , dans quelque pays, 1 ap§ pui des lois ; on provoque même leur établissement près des maisons , en leur construisant des aires sur les com- bles ou au-dessus des cheminées , ou bien encore sur des poteaux très élevés qu'on plante exprès. On est parvenu dans l'Inde à les rendre à demi domestiques , notamment la première des espèces mentionnées ci-dessus , celle de la Cigogne marabou. A Calcutta , où ces oiseaux vivent sur les habitations , on les voit se promener dans les rues. Ils sont protégés par une ordonnance de police, qui dé- fend , sous peine d'une forte amende , de leur faire au- cun mal. Non seulement ces Cigognes marabou écartent les vautours et les chiens qui voudraient leur disputer les charognes, mais ils s'attaquent souvent aux hommes et même aux cavaliers. Ce sont les couvertures inférieures de la queue de ces oiseaux , implantées près du croupion, qui fournissent ces belles plumes , à barbes déliées , souples et flottantes, si k-echcrclîées aujourd'hui pour la parure des dames , sous le nom de Maraboii. La préparation et la venté de ces plumes occupent la population de plusieurs villages des environs de Calcutta et de Madras, où Ton élève des trou- peaux entiers de cette espèce de Cigogne, comme on élève des oies dans nos contrées. Il y a des individus chez lesquels les pluines du crou- pion , au lieu dètre blanches , sont d'un gris bleuâtre; M. Tcmminck soupçonne , sans cependant en avoir ac- quis la certitude, que cette variété tient au sexe de l'in- dividu ; du moins il s'est assuré qu'elle n'est pas l'effet de l'âge. Les plumes blanches sont les plus recherchées dans le commerce; elles sont généralement sans mélange sur le même individu. Les plumes du Marahou de l'Inde sont plus estimées et plus chères que celles de la Cigogne Argale du Sénégal , en ce qu'elles sont plus longues et à barbes duvetées pluS fines. On pourrait employer de même les plumes de la Cigogne chevelue du grand Archipel asiatique, qui sont longues, d'un blanc éclatant, et à barbes aussi déliées que celles de la Cigogne marabou; ce serait probablement une branche de commerce profitable pour ces îles. Les trois grandes espèces de Cigognes étrangères qu'on vient de citer, semblent avoir été réunies avant M. Tem- minck sous le nom collectif à' ^rdea dubia, ou d^Ardea Aro^ala. H est facile, en effet, de les confondre ensemble, surtout dans la jeunesse. Voici les caractères distinctifs de ces- espèces , telles que l'auteur les indique. Le Mambou a le bec tlcchi en ligne courbe , de la base à la pointe. VArgala a la base du bec un pe^ plus bombée , et l'arête en ligne parfaitement droite. Le prc- (95 ) tnîer a les narines ovoïdes ; le second a cette ouverture d'une forme oblongue. Quant à la poche gutturale, qu'ont plusieurs espèces de Cigognes , elle manque entière- ment dans la Cigogne chevelue ; celle du Marabou a souvent plus d'un pied de long; celle de l'Argala est très courte. Les couleurs de ces trois espèces ue pré- sentent aucunes différences tranchées dans le jeune âge; elles diffèrent davantage sur les individus adultes. Dans le Marabou adulte, tout le plumage des parties supérieures est d'un cendré bleuâtre foncé , la queue d'un noir bleuâtre, les grandes couvertures des ailes et les pennes secondaires couleur de plomb ; le reste du plu- mage est blanc , la peau nue de la tète d'un rouge blafard, varié de taches noires, le cou et la longue poche d'un rouge pâle dans l'état de repos, et rouge plus ou moins foncé lorsque l'oiseau s'agite ; les pieds sont noirs. Dans TArgala , le plumage des parties supérieures est ■ d'un cendré verdâtre très foncé; la queue est noire, les grandes couvertures des ailes et les pennes secondaires sont un peu plus foncées que les pennes du dos , toutes liserées par une bande d'un blanc pur , qui est plus ou moins distinct et large , suivant l'âge des individus ; le reste du plumage, les pieds et les autres parties sont ab- solument colorés èomme dans l'espèce précédente. La Cigogne chevelue est facile à distinguer^ non-seule- ment par le manque de sac à la partie inférieure du cou, mais encore par 1a plaque cornée , d'un blanc pur , du dessus de la tête , et par le grand bouquet de plumes à barbes décomposées, ou de crins assez longs dont l'occiput est garni. Le plumage , dans l'adulte , est, en dessus , d'un vert ( 96 ) bouteille , nuancé et comme saupoudré de grisâtre ; chaque plume est en outre rayée de fines bandes, ondées de deux teintes , grise et verdâtre, dans l'âge moyen, et de deux nuances vertes dans l'adulte ; la queue , les grandes couvertures des ailes et les pennes secondaires ont une seule teinte verte métallique ; la dernière rangée des couvertures moyennes porte sur chaque plume une grande tache mordorée ; enfin, toutes les plumes formant le collier autour de la partie inférieure du cou, sont ter- minées de cendré ou de verdâtre, et leur base est blatjclic. tandis que les plumes du collier sont blanches dans les deux autres espèces. Tableau méthodique de la classe des Céphalopodes , Par M. A. Dessalines d'Orbigisy , membre de la Société d'histoire naturelle de Paris , et naturaliste voyageur du Muséum d'histoire naturelle ; précédé d'une introduction par M. de Férussac (i) ; ( Présenté à l'Académie des sciences dans la séance du 7 Novembre 1825.) INTRODUCTION. La classe entière des céphalopodes , qui comprend les (i) Ce prodrome olFrc une nouvelle classification des animaux et des coquilles qui leur appartiennent, basée principalement sur l'ob- ^ervatio^ de tous les Poi^thalanics microscopiciues. ( ^7 ) TOoliusques les plus rapproches, par leur organisation , (les animaux vertébrés, est restée, jusquà présent, dans le chaos , du moins quant au plus grand nombre des ani- maux qui en dépendent. L'immense série des coquilles microscopiques polythalames, qui composent, pour ainsi dire, les sables de certaines mers, et ceux de quelques couches meubles de la surface terrestre , n'avait jamais été étudiée avec les soins qu'exigent la petitesse de ces co- quilles , leur étonnante multiplicité , la diversité et la sin- gularité de leurs formes et des autres caractères qui les distinguent. On ignorait leurs rapports avec les grosses espèces également cloisonnées, et Ion n'avait aucune don- née au sujet de leurs animaux; enfin, on était incertains! ceux-ci se rapprochaient de l'habitant de la Spirule ou de celui du Nautile, tous deux encore imparfaitement connus. Dans un tel état de choses , il était impossible de caracté- riser d'une manière convenable, les ordres , les familles naturelles et les genres de cette grande classe; d'établir , en un mot, à son égard, une distribution méthodique qui put aider à saisir les rapports des êtres qui la com- posent, et faciliter la détermination des espèces si nom» breuses qu'elle renferme. La géologie, non moins quela zoologie, était intéressée à voir cesser une telle confusion, qui accusait la science et ceux qui la cultivent : car ce sont précisément les débris fossiles des animaux de cette classe qui caractérisent avec le plus de netteté, par l'abondance de leur débris , les di- verses formations marines, depuis les plus anciens des ter- rains où la vie manifeste sa présence,' jusqu'à l'époque oviles parties basses de la surface terrestre furent abandon- nées par la mer. Premiers habitans des eaux, alors que l'a- VII. 7 ( 9» ) nimalisation offrait un moins grand nombre de types , leurs débris attestent la taille gigantesque de quelques - uns d'entre eux et la multiplicité prodigieuse de tous. Attiré par cet attrait puissant qu'offre à un jeune na- turaliste les parties les plus obscures et les plus difficiles de la science , et sentant d'ailleurs toute l'importance que présentait l'étude de ces myriades de petits corps orga- nisés, M. D'Orbigny fils, aidé dans son projet parles conseils et les encouragemens d'un père habile, et zélé investigateur de la nature , entreprit de pénétrer dans le dédale qu'offrait à l'observation ces bifiniment petits , comme on les a appelés, dont Piancus trouva neuf mille individus dans dix onces de sable. Sans se rebuter, comme il n'arrive que trop souvent, lorsqu'un zèle ardent et une persévérance à toute épreuve ne soutiennent pas les ten- iallves du jeune âge, les difficultés ne firent qu'accroître l'ardeur de M. d'Orbigny pendant les six amiées consé- cutives qu'il a employées à lexamen minutieux et difficile de ces petits corps. Il convenait d'abord d'étudier leur mode d'accroisse- ment , si diversifié et si bizarre , mode souvent si compli- qué qu'on aurait peine ;i le comprendre , si ces espèce» pouvaient facilement s'examiner à la vue simple, à plus forte raison lorsqu'on ne peut les observer qu'à l'aide des instrumens. Pour mieux réussir dans ce genre de recher- cbes, et pour mettre tout le monde à portée de vériGer ce qu'il découvrait avec tant de peine , et enfin pour rendre sensibles à tous les yeux , les caractères des petits tests qu'il étudiait, M. d'Orbigny conçut le projet, après avoir examiné cent et cent fois les mêmes objets et les avoir dessinés soua toutes leurs faces , de sculpter en grand les (99) types principaux tle toute la série des polylhalames mi- croscopiques, et, au moyen des matrices qu'il ex(3cutait, de multiplier, par le moulage, la reprcsentalion de ces corps singuliers. Dcjà deux livraisons de cet ouvrage d'un genre nouveau ont été livrées au public (x), et les deux dernièrea vont être publiées sous peu. iVIais ce n'était point assez d'étudier les petits corps qui nous occupent, il fallait découvrir leurs animaux, et saisir, s'il était possible, les secrets de leur organisation. Jusqu'alors un mystère impénétrable avait dérobé aux naturalistes la connaissance des constructeurs de ces pe- tites coquilles^ On voyait à celle-ci un test partagé par des cloisons transversales, percées d'un ou plusieurs pe- tits trous. On savait assez vaguement, à la vérité, que l'animal du grand nautile chambré, Nautilus pompiUiis, de Linnée , était en grande partie contenu dans une loge supérieure à la dernière d,€S croisons de son test. On sa- vait aussi, plus positivement, que la coquille de la Spi- rule pénétrait en partie dans le saç ou le corps du cépha- lopode dont elle dépend , au lieu de le contenir plus ou moins , comme chez le nautile. Quel était, pour nos pe- tites coquilles, leur rapport avec l'animal? Étaient-elles renfermées dans son intérieur comme l'os de Ja Seicljte? ou bien, au contraire, cet animal était-il contenu entre leurs cloisons , n'ayant d'autre communication à l'exté- rieur que par les petites ouvertures dont nous avons parlé? Car, ces petites coquilles, nolfrant aucune Joge (i) L'au»r^^ge sCiÇ^npoge de 4 Uvcaisoiis..Chaque livraison est com- posée de 25 modèles contenus dans une hoîtc à compartiment^ , et se vend ao fr. Le Dépôt est établi à Paris, chez M. Guériuj^rucdes Fossés- Saint-Viclor, no i4. ( 100 ) ouverte, on ne pouvait supposer qu'elles fussent avec leur animal dans des rapports analogues à ceux clu nautile. Tout était entièrement conjectural à l'égard de ces di- verses questions. Malheureusement les côtes de lOcéan ne nourrissent que des espèces fort petites, même parmi ces infiniment petits , et les recherches de M. d'Orbigny n'ont pu com- plètement nous éclairer sous ce point de vue; cependant îl a pu distinguer un grand nombre de fois que le test de ces petites coquilles était entièrement renfermé dansle corps ouïe sac du céphalopode, ou du moins qu'il était entière- ment recouvert par une membrane ou tunique, et que cet animal était pourvu d'une grande quantité de bras comme celui du Nautile pompile. Des observations faites sur les espèces moins petites qui vivent dans l'Adriatique, nous en apprendront davantage, sans doute; mais les farts reconnus par M. d'Orbigny sont précieux , surtout quand on les rapproche de ces deux circonstances Importantes , qui n'avalent point été généralisées avant lui, savoir: 1" que tous les polythalames microscopiques n'ont point de loge ouverte dans laquelle une partie du corps de leur animal puisse être contenue , ce qui , par conséquent , indique qu'elles sont toutes intérieures, tandis que, dans les familles des Nautiles et des Ammonites, l'animal était, en grande partie, renfei'mé dans sa coquille; 2° qu'elles manquent du syphon, qui, dans le test de toutes les grandes espèces de cette classe, traverse les cloisons et paraît destiné à loger j àgarantir un organe essentiel qui, sans doute, lie la coquille à son habitant. Dès-lors on voit que les petits polythalames qui nous occupent for- ment dans l'ensemble des céphalopodes , une coupe net- (loi) tement caractérisée et qu'on peut, en l'absence de toutes les découvertes qui pourront un jour nous faire con- naître les différences organiques rtioins considérables qui distinguent leurs animaux , se servir des accidents que présentent leur mode d'accroissement , leur forme , pour fonder la distribution méthodique des mollusques de cette grande coupe. L'on voit aussi que toutes les espèces munies d'un véritable syphon composent une autre grande division bien caractérisée. M. d Orbigny a également observé, dans les petits po- lythalames , un fait curieux et inconnu avant lui : il en a trouvé quelques-uns , dont il a formé une famille dis- tincte, qui paraissent fixés, tandis que tous les autres sont libres. L'examen de leur coquille, dont les côtés sont inégaux, et qui se moule sur les corps où elle adhère, suf- fit pour constater ce fait singulier dans la classe la plus élevée de l'embranchement des mollusques. Tout porte alors à penser que le mode de reproduction des animaux de cette famille diffère notablement de celui des autres céphalopodes. Il n'est pas présumable que des mollusques fixés soient pourvus d'organes sexuels distincts sur des in- dividus différents; alors on doit croire qu'ils se fécondent sans accouplement, sans arrosemeut des œufs même, et cette circonstance importante peut faire présumer qu'ils s'éloignent de cette classe j où, du reste, toutes les ana- logies connues les retiennent encore. M. d'Orbigny s'est procuré du sable de toutes les mers : il a examiné celui d'une foule de localités célèbres par leurs fossiles; et les nombreuses espèces qu'il a étudiées et dont la plupart étaient inconnus avant lui , s'élève à plus de six cents. Il a reconnu que leur distribution géogra- ( Ï02 ) phiqiie sur le globe est assujettie aux-mémes lois que celles quenous avons déterminées pour tousles autres mol- lusques. Soixante-neuf genres avaient été institués avec les espèces bien ou mal connues avant son travail. L'exa- men de tous ces genres les lui a fait réduire à vingt-deux, et il en a créé trente-un pour les espèces qu'il a décou- vertes; en sorte que le nombre total des genres qu'il pré- sente pour les céphalopodes dont il s'agit, s'élève à cin- quante-trois. C'est ici que nous rappellerons sommairement les, travaux qui ont eu pour objet les petits céphalopodes dont M. d'Orbigny a fait une étude si particulière. Plan- cus fut un des premiers qui attira sur eux l'altention : LedermûUer , Ginanni , Gualtiery , Spengler , Mar- tini, etc. , et plus tard Fichlel et Moll et Montagu en fi- rent connaître quelques espèces ; mais c'est Soldatii, surtout , qui consacra à leur élude une partie de sa vie , qui â signalé avec éclat l'existence de ce petit monde dont on n'avait avant lui qu'une faible idée. Il publia de 1789 à 1799 quatre volumes lu-fol. de figures assez fidè- lement exécutées et grossies , accompagnées d'un texte peu utile; mais parmi les espèces dont il a traité, se trouve une foule de coquilles également microscopiques ou dans le premier âge . qui se rapportent à d'autres clasaes de mollusques. Soldani à d'ailleurs multiplié les figures des mêmes espèces, surtout pour les petits poly- thalames , afin d'eu signaler toutes les variétés : et ces va- riétés sont si nombreuses pour beaucoup de ces petits corps, que vingt-cinq des planches de ce naturaliste ap- partiennent à une s2ule et même coquille. Parmi tous les autetttS queïiotts avons cilé^, Fichtel et Moll, surtout , ( io5) tloivent être distingués pour l'exactitude de leurs des- criptions et de leurs figures. M. d'Orbigny a observé de nouveau la presque tota- lité des espèces de leur ouvrage et de celui de Soldant , mais il les a étudiés avec tous les moyens d'exactitude que l'état plus avancé de la science de l'observation four- nit aujourd'hui, et avec tous les soins qu'elle exige. Il a plus que doublé le nombre de celles qui étaient décri- tes ou figurées avant lui. Soldani n'avait exploré que les environs de Sienne et les rivages d'une partie de l'Adria- tique, tandis que les recherches de M. d'Orbigny se sont étendues sur tous les pays dont il a pu se procurer des sables. Tout fait présumer que la suite de ses investiga- tions lui offrira une moisson bien plus riche encore , car on peut dire, presque sans exagération , que le sable des mers et la poussière de la terre sont remplis de ces pçtils corps , et ce ne sont pas des ébauches de la création ; bien au contraire, ils montrent , par l'élégance de leurs formes, par la richesse de leurs ornemens , une géométrie plus sublime que la nôtre, et nous révèlent toute la puissance, la fécondité et les merveilles de cette création. C'est avec l'ouvrage de Soldani et celui de Fichtel et MoU, et , pour les grandes espèces, avec celui de Knorr, que Denys de Montfort a composé le monstrueux traité qui a servi de base, dans ces derniers temps, à presque tous ceux qui ont voulu faire entrer les céphalopodes po- lythalames dans le système. Montfort, dénaturant souvent les figures qu'il copiait, en fabriquant quelquefois àplaisir^ a érigé en genres presque toutes les espèces ou les variétés que le hasard lui faisait choisir parmi toutes celles des auteurs où il puisait. ( io4 ) ^ MM. de Lamarck et Defrance, seuls, ont établi quel-* ques genres dans les petits polytbalames sur l'obser- Yation directe de quelques espèces. Plusieurs de ces gen- res ont été conservés par M. d'Orbigny; d'autres ont dit rentrer dans les caractères plus généraux des nouveaux genres qu'il a érigés. Il est important, pour faire apprécier le travail de M. d'Orbigny, d'examiner les classifications qui existaient avant la sienne, et de les comparer entre elles et avec celle qu'il présente aujourd hui. Nous essayâmes les premiers (i), en recourant aux sources originales, de rapporter toutes les espèces micros- copiques figurées et décriles par les auteurs, à quelques groupes génériques fondés, autant que possible, sur l'a- nalogie des formes de ces espèces et celle de leurs prin- cipaux caractères; mais l'observation directe pouvait seule fournir les moyens d'asseoir un semblable travail sur des bases convenables et solides; car la plupart des meilleures figures manquaient précisément par l'expression des ca- ractères essentiels. Sachant d'ailleurs, comme nous l'a- vons dit alors , que M. d'Orbigny s'occupait de cette lâche longue et pénible, nous eûmes, ^moins pour but, dans nos tableaux méthodiques , de fonder la classification de ces petits êtres que de remplir une latuue qu'on ne pou- vait franchir sans la sonder , lacune qui arrêtait d'ailleurs (i) Voyez notre ouvrage intituld , Tableaux sysLcmalù/ucs des Ani^ maux mollusrjiKS , classés en Familles naturelles , dans lesquels on a établi la concordance de tous les systèmes ; suivis d'un Prodrome içénéral pour tous les Mollusques terrestres et fluvial.iles , vi\'ans oit Jbssiies. In-4°, i':ivis, Arlluis-Bert.r.iud. (io5) tout travail d'ensemble sur la classe des céphalopodesv Cet ouvrage, publié en 1822, pouvait cependant, eu l'absence de tout autre, commander quelqu'atlentiou à ceux qui, après nous, se sont essayés sur le même sujet ; car si, dans les sciences naturelles, au lieu de chercher à rectifier les classifications déjà conaucs, ou édifie sans cesse de nouvelles méthodes, sans tenir coynpte des Ira- vaux de ses devanciers , et sans prendre n}eme la peine de motiver les innovations qu'on propose , on jette alors les esprits dans le vague et Tincertitude, et au lieu de faire marcher la science, on en relarde les progrès. On s'aper- cevra facilement, en effet , en comparant notre travail avec celui de M. d'Orbigny, que les classifications récen- tes qui ont été publiées sur les céphalopodes en général , s'éloignent, plus que la nôtre encore, des rapports natu- rels que ce naturaliste a déterminés : cette assertion peut- être facilement justifiée par la comparaison; et il est in- contestable qu'en travaillant sur deux plans tout-à-fait différens entre eux, et tous deux fort opposés à celui que nous avons suivi; eu distribuant, chacun de leur côté, et pièce à pièce, dans d'autres familles, tous les membres des familles naturelles que nous avions essaye d'établir et dont quelques-unesse trouvent cependant avoir été confirmées par le nouveau travail de M. d'Orbigny , il est incontestable , disons-nous , que les travaux de MM.de Blain ville et Latreille, pour les mollusques de cette classe, et malgré la justice qui leur est due pour avoir voulu améliorer ce qui existait, auraient occasioné une confusion inextricable, si le travail de M. d'Orbigny ne fût venu à temps offrir un guide pour se tirer de ce labyrinthe. Que penseraient, en cflét, les naturalistes et ( 106 ) les géologues , qui ne font pas des méthodes et qui voudraient , soit étudier, soit déterminer ou arranger leurs collections? que penseraient-ils de ces trois classiGca- tions si différentes , et qui sont entre elles , sous le rap- port de la détermination et de l'ordonnance des genres , comme seraient trois listes de numéros sortis au hasard par un triple tirage, d'une bourse de loto. Laquelle de ces méthodes choisiraient-ils? A laquelle s'en rapporte- raient-ils pour déterminer même les noms génériques de leurs espèces? Les deux grandes coupes primordiales ou ordres que nous avions empruntées au docteur Leach, sous les noms de Dé- capodes et à'Octopodes, ont été adoptées par M, Latreille. M. de Blainville a divisé l'ensemble des céphalopodes en deux ordres, les Cryptod'ihranclies et les Polythalaniacés. Le premier de ces ordres renferme tous les octopodes ou ■aoXre famille des Poulpes (moins les coquilles du genre Argonaute, que M. de Blainville continue, à tort, de consi- dérer comme étant étrangères à l'animal qui les habite ) , et tous les décapodes privés de test, qui composent notre famille des Seiches , ou autrement tous les céphalopodes nus. Mieux étudiés , les mollusques de cet ordre ne pouvaient beaucoup varier dans leur classification générale. M. de Blainville a également adopté les deux groupes , très naturels ^ établis par le docteur Leach , sous les noms ^octopodes et de décapodes ^ mais il a cru devoir les réunir dans un même ordre. M. Latreille , qui a suivi les rapports dans lesquels nous avions placé ces deux familles , a cru devoir imposer un nouveau nom à celle des décapodes, et a donné aux animaux qui la composent la dénomination (ÏEnlémslés; et , malgré les ( 107 ) rapports intimes qui lient les mollusques de la seconde de ces familles , celle des oclopodes , il l'a parlage'e en deux familles distinctes sous les noms A'acoMides et de cym- hicochUdes. L'immense série de tous les autres cépha- lopodes ne forme dans la méthode de M. Latreille qu'une seule famille, celle des polythalames , qui correspond à Tordre entier des polythalamacés de M. de Blainville. M. d'Orbigny s'est trouvé naturellement conduit à l'adoption de l'ordre des cryptodibranches, tel que l'a limité M. de Blainville, par l'établissement des deux ordres dont nous avons parlé , l'un pour les céphalopodes pourvus d'un syphon, l'autre pour ceux dont le test, privé de ce caractère , n'offre à ses cloisons , que de petites ouvertures dont la forme et le nombre varient , et qui , d'ailleurs , sont privés d'une loge contenant , en partie , l'animal, comme chez les céphalopodes à syphon. Pour les crj'ptodibranches, nous avons fourni à M. d'Orbigny, le Prodrome des genres et des espèces des deux familles qui composent cette coupe. Les deux ordres qui, pour M.. de Blainville, partagent tous les céphalopodes ont été également proposés par M. de Haan, dans l'ouvrage qu'il vient de publier sur les ammonites , mais sous les dénominations de libéra pour les cryptodibranches et à'adhœrentia pour les poly- thalamacés. Cette dernière coupe comprend les deux ordres proposés par M. d'Orbigny, pour les céphalopodes avec ou sans syphon, ordres qui , avec celui des crypto- dibranches, partagent, pour lui, en coupes d'égale importance, toute la série des céphalopodes. Cette con- sidération de la présence ou de l'absence du syphon n'a point échappé à M. de Haan , mais il s'en est servi pour ( ^o8 ) distinguer doux sous-ordres dans ses adhaerentiœ, sous' les noms de syphonoidea et à^asyphonoidea , au lieu qu'elle sert à M. d'Orbigny pour caractériser les deux coupes primordiales ou ordres qu'il a nommés syplionifères ei fora mini f ères , dénominations préférables, parce qu'elles précisent mieux les caractères qui distinguent ces deux coupes. Moins heureux que M. Haan dans ses grandes coupes , lequel, du reste, n'a pas poussé plus loin ses divisions générales , MM. Latreille et de Blainville , faute d'avoir fait usage des caractères dont M. d'Orbigny a tiré un parti si avantageux pour établir les deux ordres dont nous venons de parler, ont été conduits à combiner Y ensemble de tous les genres et même des espèces , dans bien des cas , qui composent, chez le premier, l'immense famille des polythalames , et chez le second j l'ordre entier des polythaiamacées , d'après les bases qu'ils ont cru , sans doute , les meilleures , mais qui leur ont donné, en résultat , un mélange peu rationnel de la totalité des céphalopodes qui sont compris dans les deux ordres des syplionifères et des foraminifères de M. d Orbigny. Or , si l'on reconnaît, comme cela est inévitable, que ces deux ordres sont établis sur des bases naturelles , que leur création facilite autant le classement qu'elle montre des rapports vrais et lumineux , il suit de ce seul fait, que le mélange, la fusion de tous les genres qui composent ces deux oi'dres en une seule et même conpe où leur ordonnance réciproque se trouve être entièrement diffé- rente , constitue un classement entièrement opposé à l'ordre rationnel. MM. Latreille et de Blainville eussent , à ce qu'il semble , évité en partie cette confusion , eu ( 109 ) s'altachanl plutôt à améliorer notre classification qu'à en donner, chacun de leur côté, une nouvelle, aussi diffé- rentes entr'elles , que toutes les deux le sont de la nôtre : car tout en reconnaissant que nous sommes tombés dans des erreurs semblables à celles qu'ils n'ont pu éviter , on ne peut, à moins de repousser l'évidence des faits, nous refuser d'avoir posé les bases d'un meilleur arrangement et limité quelques familles naturelles qui semblaient devoir résister à l'esprit d'innovation. Nous avons vu que notre ordre des décapodes cor- respond à celui de M. Latreille et aussi à l'ordre des po- lythalamacés de M. de Blainville^ moins notre dixième famille, la dernière de cet ordre, celle des Seiches, que M. de Blainville a placée dans les cryptodibran- ches. Il s'ensuit que la comparaison qu'on peut éta- blir entre le nouveau travail de M. d'Orbigny et les mé- thodes générales publiées avant la sienne, est dès lors nettement circonscrite aux neuf premières familles de noire ordre des décapodes. On peut voir, en jetant un coup d'œil sur notre troi- sième tableau, que nous avions établi dans ces neuf familles une première coupe qui avait pour but de réunir celles dont les genres étaient munis d'un syphon (i). (i) Nous sentions dès-lors si bien l'importance de cet organe pour caractériser une coupe primordiale parmi les Céphalopodes, que nous disions , page viii de notre Prodrome : dant apercevoir entre tous les Décapodes , à l'exception des B Camérines et des Milioles , un rapport important , un caractère » commun qui acquiert, par cela même, un très haut degré d'in- » térèt : c'est la présence de ce qu'on appelle le syphon, etc. , etc.» Et plus bas : i Ces considérations nous ont portés à commencer » d'abord par toutes les coquilles pourvues d'un syphon , etc., etc. » ( iio ) Trompés alors par de mauvaises figures et des caractères faux pous ce rapport, donnés à certains genres par divers naturalistes, nous admîmes dans celte coupe des genres qui sont privés de ce caractère essentiel , et qui appar- tiennent aux foraminifères. Il suffisait alors de les en re- tirer pour les réunir à notre seconde coupe, destinée à li^ miter tous les genres privés de syplion , en déterminant mieux les caractères de cette coupe. Notre troisième grande section était assez bien caractérisée pour que la seule famille qui la compose , celle des Milloles , ait résisté au microscope de M. d'Orbigny. Il l'a conservée sous le nom d'agathistègue , en faisant aux genres qui la composent les rectificatious et les adjonctions néces- saires. Ainsi l'on pouvait, en rectifiant l'ébauche que nous avions esquissée , en améliorant ce qui existait , s'éviter de graves erreurs et épai-gner aux naturalistes le spectacle d'une discordance aussi complète et aussi inexplicable^ discordance bien faite pour ôler à la science le crédit dont elle doit jouir, et inspirer aux néophytes une juste méfiance pour les ouvrages où ils doivent puiçer leur instruction. Nous devons cependant, avant de pousser plus loin Mallieureuscment, d'iiabiies observateurs, MM. Cuvier (Reg.an.y t. 2, p. 367) et de 'Lamarck eux-mêmes, celui-ci pour plusieurs de ses genres, et une foule d'autres auteurs, avaient considéré la plupart des foraminifères comme étant pourvus d'un syphon , et nous suivîmes l'idée reçue, en comprenant à tort plusieurs Foramini- fères dans les Syphonijhres; mais enfin nous avions dès lors indiqué le nœud gordien et signalé par ie fait les deux grandes coupes à établir. Il était réservé à M. d'Orbigny de fonder ces deux coupes par une immense série d'observations délicates. ( 1»^ ) loin notre examen, faire une observation que la justice commande à l'égard de M. Latreille. Ce célèbre naluralisle n'a point eu la prétention de fixer les basesde la classifi- cation pour les céphalopodes ; il n'a voulu, sans doute , qu'indiquer les rapports que l'état de la science laissait encore dans le vague. Dans ses vues générales, il a montré ce qu'on pouvait attendre d'un aussi habile observateur, habitué à saisir les grands rapports de l'organisation qui lient les êtres, et plusieurs d'entre elles seront adoptées avec reconnaissance par les naturalistes ; mais il n'en est pas moins indispensable d'indiquer les erreurs qu'il n'a pu éviter, car l'autorité d'un tel maître pourrait commander la croyance sans examen à une foule de néophytes. Chez M. Latreille, nos neuf familles sont fondues en une seule qui devient alors gigantesque , et qui embrasse les genres les plus étrangers les uns aux autres, répartis, à la vérité, dans quatre tribus distinctes. On n'y voit pas moins figurer, avec étonnement (i) tous les genres bons et mauvais de Monlfort et ceux de MM. de Lamarck et Defrance (2) , au nombre de plus de quatre-vingt- dix , et ils sont ordonnés les uns par rapport aux autres de manière à rompre les groupemens que l'on croyait les plus fondés et les plus naturels. On y remarque quantité de doubles emplois des mêmes genres et plusieurs (1) Lisez : presque tous les genres , etc., d'après les observations contenues dans le rapport fait par M. Latreille à l'Acadérnie. [1) EJfacez: et De/rance, d'après les mêmes motifs. M. Latreille n'en ayant pas fait raentîoa , je J9'«inpr«$se de reconnaître cette inexactitude. ( ,..) coupes génériques, que nous avions rejelées comme étant npocryphes, telles que les j)iles d'alvéoles des Bélemnites, par exemple, conservées sans qu'on puisse se rendre rai- son des motifs qui ont fait passer à ce sujet sur les obser- vations de M. Cuvier et sur les nôtres. Dans la méthode de M. de Blainville, son ordre des Polytlialamacéscst divisé plus convenablement en Cimilles; il en admet dix , dans lesquelles tous les genres des Sy- plîonifères et des Foraminifères se trouvent confondus. Les genres les plus opposés y sont réunis dans la même famille , comme les Spirules et les Hamites, les Bélemni- tes et les Baculiles , les Saracénaires et les Milioles , etc.; tandis que d'autres gemmes, si voisins qu'on pourrait à bon droit les réunir , se trouvent disséminés loin les uns des autres dans des familles distinctes, comme, par exemple , les Ammonites et les Hamites, les Orbulites et les Scapbites, les Vorticiales et les Polystomèles , etc. Celle de nos familles qui semblait le plus devoir être conservée, et qui est si naturelle que tous les genres en sont étroitement liés les uns aux autres par un passage gradué, notre famille des Ammonites, empruntée à M. de Lamarck, qui l'avait très bien circonscrite, se trouve fondue d'une manière étrange dans cinq familles distinctes de cette classification. Les Baculites sont avec les Bélemnites; les Hamites et les Scapbites avec la Spi- rule, les Lituoles et llcblhiosarcolile ; les Orbulites près des Nautiles; les Ammonites avec les Dlscorbites, etc. Les Turrilites ,qui ne sont qu'une modification delà spire des Ammonites , forment dans cette méthode une famille sé- parée ; enGn , le genre Ammonocératite y figin-e à côté du genre Hamite, qui n'en est qu'un double emploi, etc. ( 11^^ ) Nous nous sommes expliqué sans détour à l'e'gard des classifications proposées par MM. Latreille et de Blainville, pour les Céphalopodes polylhalames : cette explication était nécessaire lorsque si peu de personnes encore ont pu se faire une opinion exacte sur les mollusques dont il s'agit. Nous avons actuellement à faire le procès de notre propre classification , et nous agirons avec la môme impartialité. Nous nous sommes exécuté à l'égard de nos coupes générales, il nous reste à parler des neuf familles qui répondent à l'ordre des Polylhalamacés de M. de Blainville. La première, celle des Animonées^ reste intacte dans le travail de M. d'Orbigny ; la deuxième , celle des Hyp- purites, doit, comme nous l'avions présumé (i), et comme les observations de M. d'Orbigny d'abord , et tout ré- cemment celles de M. Deshayes, nous l'ont appris , sortir de la classe des Céphalopodes pour passer dans celle des lamellibranches ou des acéphales près des Rudistes de M. de Lamarck- Il en est de môme du genre Raphanistre de Montforl, que nous en avions séparé à tort. La troisième, celle des Bélemnites , est aussi conservée par M. d^Or- bigny, qui l'augmente du genre Ichthiosarcolite, lié aux Bélemnites par des caractères remarquables, mais sur lequel on n'a point encore des idées complètes. La qua- trième famille, celle des Orthocères , diminuée des genres Ichthiosarcolite et Raphanistre, conserve encore deux genres entièrement disparates, dont l'un appartient aux syphonifères et l'autre aux foraminifères, La même faute se remarque dans la cinquième famille , celle des Li- (i) Voyez nos Tableaux systématiques des animaux mollusques, cités ci-dessus; p. vm. VII. 8 ( ii4 ) Luîtes^ où la i^pirulc est mal placée. La sixième, celle (les Discorhes , ne renferme que des foraminifères ; dans la septième,, celle des Nautiles, la même association vicieuse se retrouve , par la réunion des Nautiles à côté de la Lenticuline. La huitième famille, celle des Canié- rines , est exempte de ce reprocjie ; et enfin la neuvième, celle des Milioles , a été conservée par M. d'Orbigny , comme nous l'avons dit plus haut. On voit d'après cela qu'en remédiant aux associations peu rationnelles des trois genres que nous venons de signaler dans notre propre classification , et groupant à part ces trois genres parmi les autres sypîionifères, on n'aurait eu à l'égard des foraminifères quà courir les chances que devait produire pour leur classification l'observation directe de toutes leurs espèces. Sous ce rapport, M. Latreiile, M. de Blainville et moi sommes également en défaut ; seule- ment la juste méfiance où nous étions à l'égard des nombreux genres de Monlforl nous en ayant fait réunir im très grand nombre dans chacune de nos coupes géné- riques, il règne comparativement dans l'ensemble de notre classification, d'autant moins de confusion, que le nombre des termes qui ont élé groupés était moindre que dans celles de MM. de Blainville et Latreiile. Tout ce que nous avons dit montre combien il était nécessaire qu'un travail convenable vînt enfin fixer les id<^es sur l'ordre et l'arrangement des Céphalopodes , et faciliter Pélude d'une classe aussi importante par l'or- ganisation des animaux qu'elle embrasse, le grand nombre des testacés qui s'y rapportent, et l'influence considérable que l'examen de leurs innombrables débris fossiles peut avoir sur tous les travaux des géologues. Ce ( n5 ) résultat dépendait enlièrcmcnt de rexamen préalable des petits polylhalames, afin de fixer leurs rapports avec les grandes espèces. Ce travail difficile et minutieux une fois exécuté, l'ordonnance générale de l'ensemble des Céphalopodes se trouvait commandée pour ainsi dire: nous avons dès loi's pensé qu'il serait utile pour la science que M. d'Orbigny, au lieu de s'en tenir, comme il en avait d'abord le projet, à présenter le prodrome de l'ordre des foraminifères, offrît un travail plus complet, et qui embrassât la classe entière des Céphalopodes, afin de fixer les idées des naturalistes sur l'ordre et les rapports des mollusques qui la composent , et de diriger leur attention sur les familles qui ont le plus besoin d'être étudiées. C'est dans ce but qu'unissant nos efforts aux siens, nous avons fait le prodrome du premier ordre 'de cette classe, et voici un aperçu de l'ensemble du travail qui est ré- sulté du nouveau plan adopté par M. dOrblgny. Nous avons dit qu'il a été conduit à diviser les Cépha- lopodes en trois ordres. Le premier, celui des CryptodibrancHES, dont nous nous sommes occupés, comprend nos deux familles des Octopodes ou des Poulpes et des Décapodes ou des 'Seiches. "-■ Dans leur ensemble, les mollusques de cet di-dre ont été fort peu étudiés, et leur nombre doit sans doute s'accroître beaucoup. L'absence de bonnes figures , des- sinées avec la rigueur et les talents nécessaires sur le vivant, en distinguant les sexes qui difFèrënt souvent par les proportions respectives du corps et des bras ; la confusion qui s'est introduite dans la synonymie, parce que chaque observateur donnait l'espèce qu'il ( ii6 ) voyait comme étant l'espèce vulgaire de Linnée ; enfint le défaut de bonnes descriptions , ont rendu la détermi- nation des espèces fort incertaine. Des genres même ont été établis sur l'indication du nombre des bras, qui laissent encore de l'incertitude parce qu'il est possible que les deux bras pédunculés, rétracliles dans le sac, n'aient point été aperçus. C'est;, dans ces derniers temps, aux observations de MM. de Lamarck , de Blainville , Crancb, Lichstenstein et Lesueur surtout, que nous devons les espèces nouvelles connues depuis Linnée avec quelque certitude. En rassemblant tous les travaux dpars qui ont été faits, comparant entre eux, les genres et les espèces proposés par les naturalistes, et les exami- nant avec toute la critique dont ces travaux sont suscep- tibles, nous sommes arrivés, à ce résultat : que le genre Sepia de Linnée, composé de huit espèces dans XLdition de Gmelln, réuni à son genre Argonaute, dont nous avons fixé les caractères , forme aujourd'hui dans notre prodrome , deux familles distinctes. La première , celle des Octopodes , composée de cinq genres , renfermant en- semble vingt-six espèces; la deuxième, celle des Dé- capodes, qui eu comprend six , oiftant ensemble quarante deux-espèces. M. dcjLamarck, dans son ouvrage sur les animaux sans vertèbres, le dernier de ceux où les Cryptodibrauches soient examinés dans leur généralité, n'offre que cinq genres et, quatorze espèces» Nous avions dé}à porté à dix-huit les seules espèces du genre Calmars, dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle. M. de Blani- ville, depuis lors , en a encore augmenté le nombre dans uu beau mémoire spécial sur ce même genre. ( 1^7 ) Le second ordre , celui des Syphonifèkes, est di- visé par M. dOrbigny en quatre familles. La première, celle des Spirulées, ne renferme que le seul genre Spirule, dont l'animal, n'ayant que dix bras, doit suivre immé- diatement les Décapodes, mais ne peut cire confondu avec eux , à cause de sa coquille cloisonnée et pourvue d'un syphon ; la seconde, celle des Nautilacèes, réunit tous les sypbonifères dont l'animal est muni d'un grand nombre de bras disposés autour de la bouche , et dont le test a des cloisons unies sans découpures; la troi- sième famille, celle des jémmonées , dont les animaux sont encore inconnus et paraissent même anéantis sur le globe , est bien caractérisée par la découpure des cloisons de leur test , qu'on ne connaît qu'à l'élat fossile ; enfin la quatrième de ces familles , celle des Péristellées , également composée de coquilles inconnues à Tétat vi- vant, est bien distinguée des précédentes par le sin- gulier entoui'age des cloisons de leur coquille. Pour ces trois dernières familles, M. d'Orbigny a dû se borner à limiter leurs genres d'une manière rationnelle ; l'état de l'observation ne permettant pas encore de pré- senter le tableau méthodique des espèces qu'ils renfer- ment. La plus inextricable confusion règne en effet dans la détermination et la synonymie des Ammonites et des Nautiles , et , malgré nos travaux sur les premiers et les matériaux que nous avons recueillis, ainsi que M. d'Or- bigny, sur l'ensemble de ces trois familles, nous attendrons d'avoir rassemblé toutes, leurs espèces et toutes leurs variétés d'âge et de localité pour pouvoir présenter, con- jointement avec lui , un travail complet à leur sujet. Le troisième ordre, celui des Foraminifères, est, on ( ii8 ) peut le dire, une création nouvelle de M. d'Orbigny. Il Ta divisé en cinq familles, distinguées entre elles par leur mode d'accroissement. Dans la première, celle des Sti- chostègues , les loges sont empilées sur un seul axe; dans la seconde, celle des Enallostègues, les loges alternent sur deux ou trois axes distincts ; dans la troisième , les Héll- costègues, elles sont disposées en spirale régulière; dans la quatrième, les Agathistègues , les loges sont peloton- nées sur un axe commun; enfin, dans la cinquième, les Entomostègues , les. loges sont elles-mêmes divisées en plusieurs cavités, et elles forment une spirale. Ici, comme nous l'avons montré , M. dOrbigny a eu tout à établir, quant à la détermination des espèces, des genres et des familles; et comme la pensée ne peut guère se reporter que sur des choses connues, c'est en étudiant les espèces elles- mêmes ou leurs dessins, qu'on peut asseoir son opinion sur la valeur des coupes qu'il propose. L'ouvrage de M. d'Orbigny vient démolir tous les échafaudages qui avaient été élevés avec celui de Montfort ou les figures originales où il avait puisé. C'est un service rendu à la science, qui mérite à M. dOrbigny toute la reconnais- sance des savants , dont les secours et les encouragements doivent l'aider à terminer le grand ouvrage, déjà fort avancé, qu'il prépare sur ces petites coquilles. La plupart des travaux de M. d'Orbigny ont été faits à La Rochelle, gù il habitait. C'est dans cette ville qu'il a j)ublié les deux preniièi'es livraisons de ses modèles des Pçlythalames microscopiques ; c'est sur les côtes qui avoisinent cette ville qii'il a observé les animaux de ces petits corps; mais c'est à Paris seulement qu'il pouvait ( 119 ) snellrc la dernière main à sa classificalion. 11 lui fallait des ouvrages rares qu'il n'aurait pu consulter en province; il fallait qu'il visitât les collections de la capitale , et qu'il prît enfin ces idées générales qu'on ne peut acquérir qu'au milieu d'un grand concours de lumières en tout genre. L'attachement et la confiance de M. d'Orbigny père et le zèle ardent de son fils pour des études qui lui sont si chères, ont bien vovilu répondre à nos pressantes sollicitations à ce sujet , et à peine sept mois se sont-ils écoulés depuis son arrivée à Paris , que M. Alcide d'Or- bigny s'est mis en mesure de faire paraître son Prodrome, et qu'il a terminé près de la moitié des planches de son grand ouvrage. Associé à nos travaux sur les Mollusques, et les partageant, je me suis associé moi-même aux siens pour les Céphalopodes microscopiques, et j'ai pu, en suivant avec lui la route qu'il a tracée, prendre une idée exacte de ces petits testacés. J'ai vérifié avec soin toutes ses observations, reconnu, à l'aide du microscope , les différences que présentent ces coquilles, et la justesse des caractères qui distinguent les divisions de tous les degrés qui forment l'ensemble de la classification de M. d'Or- bigny. Tel est le travail que j'ai l'honneur de présenter en son nom à l'Académie , comme les prémices des efforts d'un observateur zélé , digne de tout son intérêt , et qui met le plus haut prix à mériter ses suffrages. Il ne s'agit point ici de l'établissement d'un nouveau genre, proposé, comme il n'arrive que trop souvent actuellement , sans avoir étudié comparativement l'ensemble des autres genres de la même famille , ni de la découverte de quel- ques nouvelles espèces, établies sur des différences insi- gnifiantes, comme on en propose tous les jours, tant ( 120 ) paraît grande à de certains esprits la gloire d'imposer de* noms nouveaux, c'est tout un ordre, et un ordre considérable d'animaux peu ou pas connus dans leur gé- néralité', qui est débrouillé et retiré du cahos où il était plongé, par suite de ses observations: ce sont trente- cinq nouveaux genres et près de trois cents espèces dé- couverts en quelque sorte et établis d'après l'examen comparatif de tous les autres. Les planches que nous avons l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie, représentent seulement les principaux types de chacun des genres établis par M. d'Orbigny dans l'ordre des Forami- nifères ; les figures des autres espèces en doubleront le nombre. Ce grand travail deviendra la base de l'ouvrage géné- ral que nous avons annoncé depuis long-temps , la suite des Monographies de tous les genres de la classe des Céphalopodes, pour lequel nous avons réuni de longue main une quantité de matériaux , ouvrage qu'il serait impossible d'exécuter convenablement dans sa généralité sans la réunion des moyens que nous offre M. d'Orbigny, qui doit exécuter cet ouvrage avec nous. ( 121 ) Tableau méthodique de la Classe des Céphalopodes. L'ouvrage dont nous offrons aujourd'hui le Prodrome, comprend la description détaillée et les dessins sous plu- sieurs faces , de plus de six cents espèces de Céphalopodes microscopiques examinés avec la plus scrupuleuse atten- tion sous tous les rapports de leur organisation , com- parée avec celle des autres mollusques de cette classe ; ce travail long et pénible est le fruit de six années d'obser- vations et de recherches sur les coquilles de cette nature qui se rencontrent vivantes dans les sables marins des côtes des diverses mers , ou fossiles dans les terrains ter- tiaires de beaucoup de localités différente^. Circonscrits dans le cercle étroit d'un sommaire, nous nous bornerons seulement à indiquer ici les motifs qui nous autorisent à établir les coupes d'ordres , de familles et de genres que nous proposons, et à donner les in- structions nécessaires à l'intelligence de l'ensemble de notre travail, nous réservant de présenter plus de dé- tails sur toutes les généralités, dans l'ouvrage complet auquel nous travaillons. Lorsque nous avons commencé à nous occuper des Mollusques , nous nous sommes trouvé entrainé à nou« livrer plus particulièrement à l'étude de la classe des Céphalopodes, d'abord par le désordre qui paraissait régner dans cette classe, puis par le grand nombre de corps testacés qu'elle renferme, dont il nous était diffi- cile de comprendre le mode d'accroissement ; nous vou- lions savoir ce qui détermine dans ces corps plutôt telle forme que telle autre . et enfin connaître la cause de ( 1-^2 ) cette prodigieuse variation dans la figure et les autres accidents du test^ qui frappent l'observa tcur aussitôt qu'il veut examiner avec de'tail ces myriades de coquilles. Pour les grandes espèces de Céphalopodes, quelques familles nous paraissaient très naturellement établies, les genres nous semblaient en général bleu circonscrits, et leurs caractères assez bien déterminés pour pouvoir, moyennant quelques changemens, embrasser toutes ces nombreuses dépouilles de mollusques anéantis qui se rencontrent dans les terrains calcaires de toutes les époques. Mais lorsque nous voulûmes Jeter un coup d œil sur celles que l'on ne peut distinguer qu'à l'aide des ins- trumens d'optique, nous nous aperçûmes que l'on avait laissé presque intact un vaste champ à exploiter, et que l'on ne connaissait que d'une manière très Imparfaite la structure de ces corps et leurs véritables rapports avec les grandes espèces, parmi lesquelles on les avait tou- jours confondues lorsque quelque analogie de forme paraissait l'autoriser. Cela nous détermina à nous livrer d'une manière toute particulière à létude de ces petits êtres et à tâcher de découvrir sous quel mode de classi- fication l'on pouvait les réunir, pensant dès lors que leur liaison avec les grandes espèces ne pouvait exister que d'une manière éloignée. Les commencemens de cette étude nous parurent pé- nibles; nous trouvions continuellement des obstacles à vaincre : tantôt des illusions d'optique venaient nous tromper sur la structure réelle des objets que nous avions sous les yeux, d'autres fois nous observions la même espèce plus de vingt fois sans concevoir de quelle ma- nière ce petit corps pouvait s'accroître cl conserver la ( 123) même forme à tous les périodes de sa vie ; ces problèmes • continuels joints aux autres obstacles occasione's par la petitesse de ces êtres , loin cependant de nous dégoûter de leur élude , nous donnèrent le désir de pénétrer plus avant que nos prédécesseurs dans les secrets de leur organisation, et lorsque, après avoir examiné un grand nombre de fois certaines coquilles , nous parvenions enfin à découvrir son mode d'accroissement , nous éprou- vions d'autant plus de plaisir, que cette découverte nous conduisait à la connaissance des autres. Néanmoins, nous aurions sans doute échoué dans notre entreprise, sans les conseils journaliers d'un père qui , nous guidant dans ce long tiavall , nous â mis à même d'observer et de dé- crire cette série de petits corps , que sa vue, trop affaiblie par de longues observations sur toutes les parties de l'histoire naturelle , fempêchait d'étudier. Nous ne pou- vons même nous dissimuler que sans les soins soutenus que sa tendre sollicitude lui suggérait, ce travail n'aurait été que très incomplet , et qu'il ne présenterait point cet ensemble de faits que nous soumettons aujourd'hui à la savante critique de nos maîtres dans l'étude de la nature. Nous saisissons avec empressement l'occasion de rendre un témoignage bien mérité de notre reconnaissance en- vers M. Fleuriau de Bellevue : ce savant nous a montré tout l'attachement d'un second père dans l'intérêt qu'il a bien voulu prendre à nos travaux, soit par ses conseils, soit en mettant à notre disposition tous les moyens d'observations qui nous manquaient. Nous nous empressons également de consigner ici la vive gratitude que nous devons à M. de Férussac pour ( 124 ) le constant intérêt qu'il nous a témoigné dès le début de nos travaux : il ne s'est point borné à les encourager et à nous donner d'utiles conseils , il a bien voulu véri6er Tensemble de notre travail, auquel nous avons mis la dernière main sous ses yeux , et revoir avec nous dans tous leurs détails toutes les divisions et subdivisions de notre classification. Ce n'est qu'au bout de quatre années de reclierclies que nous nous sommes hasardé a faire connaître que nous nous occupions des Céphalopodes microscopiques, en publiant notre première livraison de Modèles grossis de ces petits corps, afin de rendre^ visibles à tous les yeux les caractères qui les distinguent. Depuis ce moment nous nous sommes plus particulièrement occupé des rapports qui pouvaient fonder leur classification , en tenant compte de tout ce qui avait été fait avant nous sur le même sujet, et nous croyons enGn être par- venu à établir d'une manière satisfaisante l'ordonnance méthodique de ces êtres si nombreux et si peu connus jusqu'à ce jour. L'on ne peut se dissimuler que la classe des Cé- phalopodes, formée par M. Cuvier, bien qu'elle offre les animaux les plus parfaits parmi les mollusques , ne soit celle qui a été la plus négligée jusqu'à présent , circonstance que Ton peut facilement expliquer par l'obhgation dans laquelle se trouvaient les naturalistes qui voulaient s'en occuper, d'étudier d'abord les nom- breuses dépouilles fossiles de ces animaux , et surtout d'observer au microscope une grande partie des co- quilles que renferme cette classe. Nous avons donc été obligé de nous livrer d'abord à ( 125 ) lexamen des grosses espèces vivantes e^ fossiles, afin de bien comprendre les espèces microscopiques. En l'ab- sence de cette étude préliminaire , les auteurs qui ont essayé de classer les Céphalopodes n'ont pu néces- sairement produire que des méthodes incomplètes , d'autant que , dans le vide qui existait à l'égard des po- lylhalames microscopiques, la plupart de ces méthodes ont été fondées sur les genres établis par Montfort , le- quel , ne se bornant pas à grouper les bonnes figures de Fischlel et Moll et de Soldapi, et comme pour jeter plus de confusion dans sa propre classification, a érigé en genre (comme le dit M. Cuvier, dans son Règne animal) , jusqu'aux moindres variétés des espèces figurées pt^r ces deux auteurs. Dénaturant d'ailleurs ces figures par des caractères qui n'existaient pas . Montfort en a souvent imaginé à plaisir. Cependant cet écrivain, que l'on devrait rayer du nombre des auteurs que l'on cite, a continuel- lement été mentionné d'une manière avantageuse dans les ouvrages sur les mollusques , et même suivi à la lettre jusque dans ces derniers temps. Il est vrai qu'il eût été bien difficile de découvrir ses supercheries sans une étude approfondie des petits polythalames ; aussi l'addition des nouveaux genres eût de plus eu plus embrouillé leur classification , si un travail spécial n'était venu servir de base pour l'avenir , et rectifier les erreurs grossières dans lesquelles était tombé volontairement un homme qui, par son charlatanisme sur une matière sur laquelle l'on ne saurait apporter une trop scrupuleuse exactitude , a été cause des erreurs commises .par tous les auteurs qui l'ont suivi. Jusi|u'à Liunée , l'on n'avait guère que des figures plus ( 126 ) ou moins mûdiocres^ et des descriptions imparfaites de quelques Ct'plialopodcs. Il établit, pouf ceux qui lui étaient le plus connus, les trois genres Sepia, Argonauia et Nautilus. Le premier, comprenant tous les Céphalo- podes dépourvus de coquille, fut placé dans ses P^ers M.ollusques, tandis que les deux autres, ayant un test, firent partie de ses F~ers Testacés, distinguant dès lors lés coquilles monotlialames de son genre Argonaute , des Polylhalames de toutes les tailles, dont il cotnposa son genre Nautile. Successivement, les découvertes ou les observations de MM. de Lamarck, Bosc, Cuvier, Leach_, Cràticli , Lesueur surtout , Lichtenstein , de Blainville et de Férussac , ont conduit les choses à ce point que le seul genre Sepia, dont Gmeiin même ne donna que huit espèces, est devenu un ordre entier qui, aujourd'hui, renferme deux familles, et dix à onze genres bien distincts, composés d'un grand nombre d'espèces. Le genre Argonaute n"a pas éprouvé la môme augmen- tation et les mêmes changemens; au contraire, à peine y a-t-on ajouté deux ou trois espèces, et l'on a dû en retrancher deux des cinq décrites par Gmeiin, les A. arctica et Cornu , qui se rapportent à d'autres classer. C'est daiis le genre Nautile de Linnée que les pro- grès de l'observation se soiit fait le plus sentir. Une foule d'auteurs ont décrit et figuré de grands po- lylhalames; Korr, Walch, Schrœter, Breyn , Mar- tin, etc., etc. MM de Schlotheim, de Lamarck, De- france, Reinecke et Sowerby surtout , ont porté la série de leurs espèces à un nombre considérable j et ces polythalames , réunis jusqu'à nous dans un seul ordre ( 127 ) divisé en beaucoup de familles, avec tous les Nautiles microscopiques , ont dû composer à eux seuls un ordre à pari dans lequel nous avons conservé deux des familles naturelles établies par M. de Férussac, en en créant deux nouvelles pour les Nautiles proprement dits et la Spirule. Quant aux petites espèces, observées surtout par Plancus , LëdermuUer, Soldani, Montagu , et Fischtel et Moll, etc., elles s'élevèrent en peu d'années à un nombre assez considérable. Soldani surtout , dans un ouvrage qui a justement excité l'étonnement par la patience et les soins qu'il suppose , a donné une mul- titude de figures de ces petits corps, qu'il groupa sous des caractères vagues, et qu'il ne suivait pas tou- jours; ils furent pour Monlfort l'occasion d'établir un grand nombre de genres qu'on a depuis diversement ordonnés en familles , et qui , pour nous , ont dû com- poser, avec ceux établis par MM. de Lamarck et De- francc, un troisième ordre dans la classe des Cépha- lopodes. Cet aperçu rapide montre les changemcns prodi- gieux qui se sont opérés depuis Linnée au sujet des trois genres qu'il avait établis. Nous entrerons actuellement dans quelques détails à l'égard de ces changemens , en caractérisant ceux que les méthodes les plus célèbres ont apportés dans la classification générale de ces ani- maux. M. de Lamarck, dans son Système des animaux sans vertèbres, édition de 1801 , mettait en tête des mollus- ques, les Céphalopodes nus, tels que les Seiches, les Calmars et les Poulpes, qu'il réunissait, ainsi que les ( i'^8 ) genres Lernt , Firole et Clio, dans sa série des mol- lusques céphalés nus , séparant et plaçant à la fin des mollusques céplialés testacés , dans sa division des uni- valves multiloculaires , tous les autres genres , tels que Nautile, Orbulite, Ammonite, Phnulite, Nummulite, Spirule , Turrllite, Baculite , Ortliocère, Hippurite et Bélemnile , n'ayant pas fait entrer jusque là les Cé- phalopodes microscopiques dans sa classification. Dans \ Extrait de son Cours, publié en 1812, ce savant ôla de ses Mollusques Céphalopodes les genres Lerné, Firole et Clio, qu'il reconnut ne pas leur appar- tenir , et ce groupe bien plus naturel fut alors divisé par lui en trois coupes. La première, ses Céphalopodes tes- tacés Polythalames , dans lesquels il plaça toutes les grandes coquilles multiloculaires et les coquilles micros- copiques , dont il avait , à cette époque , créé quelques genres; la deuxième , les Céphalopodes testacés Mono- thalames, qui ne renfermaient que le genre Argonaute, et la troisième, les Céphalopodes non testacés, dans lesquels étaient les genres Poulpe, Calmaret, Calmar et Seiche, composant ainsi une série distincte des Argo- nautes, si justement rapprochés des Poulpes par M. de Férussac. La seconde édition de ses Animaux sans ver- tèbres , dont le volume qui comprend les Céphalopodes fut publié en 1822, n'offre pas de changemens , quant aux trois groupes créés dans ï Extrait de son Cours, et dont nous venons de donner une idée. s. •j- Quetquefoi. lame ou un interne , nu- ■ quille polyl Quatre ou cin dices tente tête y et enti u.^.». o •a'utoi- communicà un l'autre. pa- Un grand ni m FORAM D'( (ieiiie r sur ;ts, jire II. m. IV. V. Genre P Ar.cQ.NAUTi:. Bellérophe. Poulpe. Eledoîj. Calmaret ? Cranchie. Xi. Planuline. XII. Planorbuline. XIII. Operculine. XIV. SOLDANIE. XV. Cassiduline. XVI. Anomaline. XVII. Vertébralixe. XVIII. PoLySTOMELLE XIX. Dendritine. XX. Penerople. XXI. Spiroline. XXII. ROBULIiVE. XXIII. Çristellaire. XXIV. NONIONINE. XXV. NuMmuline. XXVI. SiDÉROLINE. BlLOCULINE. Spiroloculine. Triloculine. Articuline. QuiNQUÉLOCULI.XE. Adélosine. Amphistégine. Hétérostégine. Orbiculiive. Alvéoline. Tabulaire. Anuak lf(9owui)L]ue ::■> in D© ^mnUp*:.i..: : . -11: iMi'Jj tvrii'" ■ Ji'i'i . '>;'^'i''T Genres S ejpia et Argonauta , L'.n. ; Céphalopodes testacés jnonotiialanies et non testacés ( ou Sépiaires) , Lam. ; Octopodes et Décapodes nus, Leach; Octopodes ex Fa- mille des Seiches , Féruss. , Tableaux méth. ^ Octopodes W Fàffiilie des Enterostés , Latr. ; Anosleophora et S^pîœphot'd , Hab. toute la jntécjj,terra)iée > les Antilles , les Grandes - Indes » les Moluques. 3. A. Hatjstrum , Ditlwyn , Descript. cat. , p. 335 ; Férussac , ' • Dict. clasi. , n» 6. — A. Argo , Var. /B Gmelis. — UEcope de 6afe/»cr , Favanne, tab. VII, fig. A5. ' .Hak. les Grandes - Indes j paraît ]^eu distilicte de U iptécédeate» 3. A. TOBERCULATA, Shaw , Natsir. tnùce^.) a3 , jt. .ggS; id., Dill- wyn. rr- Féruss. , Dict. çlass.,ii° 3. —r'^rg. Argo , var. fi Gmel. , ■ Brug.— A. nodosa , Solander. — A. oiy-zàia, Mus. gerversian, "■' '' ^^A. iubercitlosa , Lam. , An. s, -vert., xx° 1. — Nautile a grains ,. ( : âeriz , stms oreillettes, etatarge carène, Favanne , t. vu , fig. Ag. Mab. iea Grandes i-JL^^des, les côtes de Mozambique, le cap de Bonue-£spérance. 4. A. Gondola , Dillwyp, Descrip. cat. , p. 335 ; Féruss. ,Dict. class., n° 5. — A. argo , var. E , Gmel. A. nacïcula , Solander. — Le Nautile h oreille, Favanne, t. vu, fig. A7. Uab. les c6tes de Mozambique , et , dit-on , l'He-de-FraiMie : cç n'est sans doute qu'une variété de la précédente. 5. A. HiANS , Solander ; Dillwyn , Descrip. cat. , p. 334, ^° 4 i ^ ^' russ. , Dict. class. — A. argo , var. d" Gmel. ; Bnig. , var. t. — A. niûda, Lam., An. s. vert. , n« 3. — Le Papier brouillard , Fa- vanne , t. vu , fi^. A6. -- Hah. les Grandes - Indes , la mer de la Chine , le cap de Bonne- Espérance , le golfe du Mexique. 6. A. Chawchii , Leach, Philos. Transact., juin 1817, p. 296, pi. xii, fig. I à 6 ; Féruss. , Dict. class. , n» i ; Ocken, Isis , 1819 , p. 25-;, tab. III , fig. I à 6. •— Le petit N Les Argonauiites plissé, étoile et, caréné de Mont-, fort paraissent être des coquilles çloigpnnées et appar- tenir alors au genre JN'autile et nonuau igenre Argonaute. Les Argonautes microscopiques de MontfOyt appartien- nent aux Foraminifères y et sont en p?«ll,i©;de$ idottbles emplois de son genre Pénérople. ; ; .!_ Fa vanne et Montfort ont indiqué quelques autres Argonautes comme étant des epèces distinctes des précé- dens 5 mais il est impossible de se fixer à leur égard et vraisemblablement ce ne sont que des variétés des es- pèces que nous avons mentionnées. Genre II. ■— Bellerophe , -ffe/ZeropAon, Moa^f., Delxance, Sowerby, Latreille. Caractères génériques. AnimA-i. inconnu. Test uniloculaire, mince, plus ou moins spiral , glo- ( i4o ) buleux ou un peu déprimé par le dos , et alors en forme de navette 5 spire visible , ou cachée quelquefois par le dernier tour qui enveloppe les autres j bouche arquée, recevant dans son milieu l'avant-dernier tour et prolongée aux deux extrémités comme dans les Ovules ; une carène dorsale formant une sorte de sinus au bord dorsal de l'ouverture. liiiu;» j!f._ :i Ce genre, qui n^ëët coiiriu qu'à l'étal fossile, a été établi par Montfort , CojichjL, t. i , p. 5 1 , comme appartenant aux coquilles cloisonnées. Il a été rendu à la famille des Argonautes par l'observation de M. Defrance. yinn. des Se. nat. , mars 1824- Hupsch en avait déjà décrit deux espèces. Dans ces derniers temps , M. Sowerby en a fait connaître plusieurs autres et les a divisés en deux sections selon quils ont ou non une bande carénale. La forme des deux espèces qu'il rapporte à la première de ses deux divisions se rapproche de celle de VA. cornu; la forme des coquilles de la seconde section lient davantage de celle des Nautiles 5 enfin l'espèce de Montfort , qui se rap- proche de la figure de certaines Ovules, pourrait faire aussi une division distincte dans ce genre encore peu étudié. Espèces. 1" groupe, OVULTTORMES. 1. B. VASIJUTES, Monlf., loc. cit. ; id., Buff, de Sonnini, t. IV, p. agS, pi. L , fig. a et 3. Le Nautile déprimé. — Hab. Présumé pro- venir des environs de Namur, selon Montfort. 2. B. TUBERCULATUS , Nob.} de Hupsch , JVaturges. des nider Deutichf.f tab. III , fîg. 20 et 21, p. 37. Hab. Bensberg ; de Hupsch. 3. B. sTRiATus , Nob. ; de Hupsch , loc, cit. , fig. 3a. Ha6. l'Eiffel. ( Hi ) 2* groupe. Nautiloïdes (2* section Sowerby). 4. B- HuiLcus , Sowerby, Min. Conchol., tab. 470,%. t ; Martin Petr. Derh, , t. xl, f. i ; and. perhaps Syst. arrangent , to tab. i of ditto, p. i5 , var. al b, — Hab. le Derbyshire. 5. B. TENUiFAsciA , Sowerby, id., fig. a et 3 ; Martin , loc. cit., var. c. Hab. le Derbyshire , le Yorkshire. 6. B. cosTATDs, Sowerby, id., fig. 4; Parkinson, org. Rem., vol. iir, p. i4i I tab. 10 , fig. 6 et ']. — Hab. le Derbyshire. 3^ groupe. Hélicoïdes (i'* section Sowerby). 7. B. APERTUs, Sowerby, /oc. cit. , tab. 469 , fig. i. —Hab. le comté de Louth et le Yorkshire. 8. B. CoRNr ARiETis , Sowerby, id. , fig. 2. — Hab. près de Kendal , dans le Westmoreland. •ft Sans test extérieur. Céphalopodes non testacés (SépioWs ou Sépiaires) , Lam. ; famille des Acochlides , Latr. a) Sac court, dépourvu de nageoires. G. poulpe, Cov., Dcu. j Lam. , FÉRUSs. , Tableaux méthod ; De Blainv. , Malacol, i) Deux rangées de ventouses alternant le long de chaque bras. Genre III. — Poulpe , Octopus , Féruss. , Latr. j G. poljrpus, Leach. Polypes, Aristote, Gesner, Aldrovande, Rondelet ; G. Sepia, Linn.; G. Poulpe, Polypes d' Aristote, Cdvier, Règne anim.; G. Poulpe, sect. A, et G. Argonaute , De Blainv. , Malacol. Caractères génériques. Sac plus ou moins globu- leux, obtus à son extrémité inférieure, ouverture étroite, épais, très-musculeux, sans appendices natatoires j deux petites pièces cartilagineuses internes 5 bras communé- ment réunis à leur base par une large membrane. Obs. Les espèces de ce genre ont été peu observées : aussi celles qui sont signalées par les auteurs sont-elles en- core en très-petit nombre ; l'on n'a pas même une bonne figure coloriée de l'espèce commune de nos côtes, celle qu'a donnée M. Carus dans les Actes de l'Académie des Cu- ( i40 rieux de la nature, t. -xii , quoique bonne, laissant encore beaucoup à désirer*. La belle anatomie de ce mollusque, publiée par M. Cùvier, fait Regretter que ce savant ne Tait pas accompagnée d'une figure dessinée sur le vivant. Les deux seules espèces qui aient été représentées avec toute la perfection possible n'ont précisément point été citées jusqu'à présent : Ce sont celles que M. de Savigny a fait graver en 1812 , dans la description de l'Egypte; l'une d'elles , a<;compagnée de détails anatomiques , est admirable par le fini et la beauté du dessin et de la gra- vure. Toutes les autres figures de Poulpe , ainsi que leur description , laissent plus ou moins à désirer et rendent incertaines la détermination des espèces et la fixation de leur synonymie. Vraisemblablement plusievu's espèces distinctes ont été prises pour l'espèce vulgaire, et il est à désirer que les naturalistes qui habitent les côtes de l'O- céan ou celles de la Méditerranée s'attachent à décrire exactement les Poulpes qu'ils pourront observer , en les faisant dessiner avec soin en couleur sur t'animar vivant , avec tous les détails nécessaires. Espèces. I. O. vuLCARis , Lam. , An. s. vert. , n» i . — Sepia octopodia , Linné , Gmelin. — Le Poulpe commun , Montfort, Buffon de Sqnnini, tom. II, p. Ti3,pl. xxuiy XXIV, XXV, —* Carus, loon. Sepiar.; IVof. Act. Acad. Wat. Curios., tom. xu, impartie, p. Sig; — Cuvier , Anatomie , Mém. sur les Mail. , Mem. 1'''. — Rondelet , Polypus octopus , de Fisc . 5x3 ; Gesner , aquat. , p. 789 ; Seba , Mus. 3 , tab. 2 , f . 1,5,7; E-ncycl. méd., pi. lxxvi , fig. 3 (copie de la fig. 7 de Seba ). a) Polypus marinus, seu Octopus Karahaiiza , Kœlreuter, iVbc. Comm. Acad. Petropol. , t. vu, p. Sai , pi. ii , fig. i, 2. — Le Poulpe fraisé , Montfort, Buffon de Sonnini, tom. m. ( M3) p. 5, pi. xxviï et zxviii; Savigny, Deseript. de l'Egypte; Hist. nat. , planches,; Zool, céphalop. , pi. i, £g, i, Ohs. Montfort a réuni à tortl'O. granulatus de M. de Lamavck, à l'espèce très -bien décrite par Kcelreuler: selon toutes les apparences celle-ci est la même que celle qui a été si bien figurée par M. de Savigny dans l'ou- vrage d'Egypte. Ainsi le Poulpe fraisé de Montfort, qu'on avait rejeté sans examen, malgré que chacun eût les pièces de conviction à sa portée , se trouve être aujour- d'hui le mieux connu, et il ne diffère point à ce qu'il pa- raît de l'espèce vulgaire. Les variations dans le nombre des tubercules saillans qui entourent les yeux ou qui se voient sur le dos de ce mollusque (lesquels ont échappés à la plupart des observateurs) entre les individus décrits par Kœlreuter , Montfort ou M. de Savigny , tiennent peut-être à l'observation plxis on moins exacte des in- dividus à l'état frais ou contractés dans la liqueur; peut- être constituent - elles des variétés, chose» que les re- cherches ultérieures détermineront. Habitat. L'Océan, la Méditerranée. Koelreuler n'a pas indiqué la patrie des individus qu'il a observés ; quant à celui de M. de Savigny , il provient des côtes d'E- gypte ; mais le texte de son travail n'étant pas publié, on ne sait s'il appartient à la mer Rouge ou à la mer Méditerranée. 1. O. ORàHTiLiTus , Lam., loc. cit., n» 2 ; Sepia rugosa, Bosc. , Actes de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, p. 24, tab. v, fig. i, 2; Sepia granidata, Bosc, Hist. nat. des Vers, tom. i, p. 47; Poulpe granuleux, Montf. , Buffon de Sonnini , t. iii,p. 3o,pl. xxix. Seba, Muséum, 3 , tab. 11 , fig. a, 3. Hab. les mers du Sénégal , Bosc. Les deux individus observés par M. do Lamarck ve- ( i44) naient de la collection du prince d'Orange , et éiaienî indiqués dans le Catalogue de cette collection comme venant des mers étrangères. 3. O. Backerii. — Nob. ; Backer, Philos. Transact. , vol. r, , part, ii , 1768 , p. 777, pi. XXIX. — Le Poulpe américain , Montf. , Bujffdn de Sonnini , tom. ni , p. 38 , pi. xxx et xxxi , f . i. Hab. les Indes occidentales. Obs. Le Mémoire très-détaillé de Backer et les figures d'Ewards qui l'accompagnent , prouvent que cette es- pèce est bien distincte de l'O. vulgarisa Backer assure d'ailleurs les avoir comparés avec soin , et il indique les • différences que cet examen comparé lui a fait apercevoir 5 mais peut-être ne diffère-t-elle pas de la précédente. 4. O. HORRiDUS, Nob.; Savigny, Descript. de F Egypte', Uist- naU, Planches, Zool. Céphalop. , pi. i, fig. 2. Uàb ? Ohs. Cette singulière et nouvelle espèce parait pri- vée delà membrane qui réunit les bras à leur base ; elle est toute couverte de gros tubercules rapprochés, et munie de plusieurs pointes charnues parsemées sur le corps , la tête et les bras. 5. O. MiVEUs, Nob. Hab. rile Bora-bora, où elle a été découverte par M. Lesson. Elle est bien distincte des espèces connues , et sera dessinée et décrite par cet habile observateur dans la Relation de VExpédition conf mandée par M. le capitaine Duperrey. ' 6. O^LOKGiPES, Leach, Joum. de Phys. , tom. txxxvi, p. 394. — Hab. ? Cette espèce paraît très-distincte des autres. 7. O. Peeonii , Lesueur, Journ. ofthe Acad. , ofthe nat. Se. of Phi- ladel. , tom. ii, p. 101 ; «S'épia octopa, Péron , Mss. iïa6. l'île de Dorre , la baie des Chiens-Marins, Lesueur, Cette espèce n'est connue que par les notes de Péron. ( i45 ) Obs. Les espèces figurées d'après nature par SeLa peuvent se déterminer avec cerlilude; le Poulpe d'Al- drovandede Montfort, loc. cit., p. 55, pi. 82, est une cspèa^ imaginaire, fondée sur une mauvaise figure d'Al- drovaiide , qui paraît avoir confondu le Poulpe et l'Ële- done. L'O. Boscii de Lesueur, loc. cit. (Sepia j-ugosa , Bosc, Péron 3Iss.) , (\\\i\ croit dislinct du Sepia ju- gosa de Bosc , ne peut êlie adopté , puisqu'on n'en a ni description ni iigurc. Nous ne parlerons pas des Poulpes colossal et Krahen de Montfort, loc. cit., t. II, p. ?,56 et 386 , les plus grands animaux du globe, selon lui, et sur lesquels cet écrivain a exercé son imagination aux dépens de la vérité et de la vraisem- blance. 2) Une seule rangée de \)entouies te long de chaque bras. Genre IV. — Eledone , Eledon, Leach; Ranzani , Féruss., Latreille. G. Ozoema, RaPin; G. Poulpe, les Élédons d'Aristote, Cuv. ; G. Poulpe, iection S de Blainv. , Malacol. Caract, génér. Le seul caractère important qui dis- tingue ce genre du précédent est la rangée unique des ventouses à chaque bras; mais il suflit piirfaitement pour le caractériser. Obs. Voy . Consideraz. sul génère Eledone di Lcach, e sul modo di determinare le specie ; par l'abbé Ran- zani {Mem. di Stor. nat. , p. 7';). Espèces. I. E. MOSCHATUS , Lam. (octopus). Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris , tom. I , p. 22 , pi. n ; Seba , Mus. , 3 , t. 2 , fig. 6 ; Carus , VII. 10 ( '4- ) leon. srpiar., IVoi-. Acia Aiad. JVai^ Car. , tom. xii , l" partie, p. 3ig, f. 33i. H5 généralement allongé, cylindriforme 5 sac épais , muni d'expansions natatoires, variables pourla forme et la position. Tefebien distincte, couronnée par dix bras dont 8 sont sessiles et sélacés , plus courts que dans la famille précédente , et garnis de ( HS ) Ventouses tout le long de leur face interne^ et deux beaucoup plus longs ^ pédicules, hors de rang, garnis de ventouses oïdinairenient sur la portion élargie et ter- minale seulement; ceux-ci rétractiles dans le sac lors du repos. Un rudiment fwface cartilagineux ou calcaire dans l'intérieur du dos dans la plupart des genres. f Nageoires partielles; postérieures ou subdorsiiles. rt) Caudales {^jamille Sepiolidea , Leach). Genre I". — Cranchie, Cranchia , Leach; Calmars B ou Cranchies dcBlainv.; /. 3i8 , pi. XXIX , f. 2 , 3. — Hab. la MOditorraucc et rOcéan. ( ï5o ) e) Nagcoiies Icriuiualcs, lutcralcs et trianqulaiiesou rhomboïdiilc-s i Fa m. SepiiJea , Leach. I ) Massue des bras pëJonculés et quelquefois les bras sessilcs , ar- més de ventouses et d« griffes cornées. Genre III. — Onvchoteuthe , Oiijchoteuthis , Lichtenst. , Féruss., Dict. class, ; Onj-chia , Lesiieur; Calmars, sect. C, ou Calmars à grimes, de Blainville ; Loligo, Leach ; Féruss. , Tabl. méthod. Caract. génériques. Sac cylindracé , acuminé posté- rieurement, bord dorsal bien distinct du cou; nageoires grandes, formant un rhombe par leur réunion; bras ses- siles assez égaux , quelquefois armés de griifes ; bras pédoncules longs , terminés en massue, et armés de ven- touses et de griffes cornées et inégales. Un rudiment in- terne corné ^^étroii , en forme d'épée à trois Iranchans, Espèces. m I. O. CARAiEiA , Lesueur , Journal oftlie Acad. of the nat. Se- of Philadelph., tom. li , p. 98 , pi. ix , fig. 1, 2. Loligo cavaibœa, do * Blainv. , Journ. de Phjs., mars i823 , p. 127. — Hab. le golfe du Mexique, le courant dit Gulf-Stream, 9. O. AKGULÀTA., Lesueur, loc. cit., p. 99 ^pl. ix,fig. 3, et p. ayG, pi. . Hab. les mers d'Afrique. 3. O. UNCiKATA, Quoy et Gaim., Voyage de Freycinet , cliap. xi , pi. VII, fig. 66. Hab. les mers de la terre d'Endracht. An angutata? 4. O. Feliic A , Blainville, Journ. de Plvys., mars 1823, p. 127. — Hah. la baie des Chiens- Marins. An uncinata? 5. O. Bergu , Lichtenst , Isis , 1818, p. iSgi , tab. xix. Loligo Ber- gii , de Blainv. , loc. cit. , p. 126. — Hab. les mers du Cap. Se- lon M. de Blainville , cette espèce ne difiêre sans doute point de Vangulata. C. O. Lessonu , Nob. — Hah. Otaïtî. Rapportée par M. Lesson , qui doit la faire connaître dans la Relation de l'Expédition coinncaadia par le capitaine Duperrey. ( ^5» ) j. O. Bxascii , Leach ( Loligo) ; Tuckey, f^oy. au Zaire , Irad. fr. , Atias , p. i3 , pi. xviii , fig. a ; id. , Journ. de Plijrs. , t. lxxxti ,• p. 396, pi. de juin , fig. 4- Loligo Banksii, de Blaiuv. , Journ. fig- 3 , 4> 5 , et t^b. 3, fig. 5,6; Calmar harpon, C. Flèche , et C. Javelot de Montfort , Moll. , tom. ii , p. 65 , 56 , 60 , pi. xiv , xn , xv; L. sagittata, Carus , Icon. Sepiar. ; JVov. Acta Acad. Nçtt. Ç\irios., t. XII , i«f part. , p. 3i8 , pi. xxx. ( '53 ) Hah. la Médltcrranûe. Cette espèce est distiiiclc de toutes les autres par les ventouses qui garnissent les pédoncules des bras longs, ainsi que Scba Tu très-bien indiqué. M. de Laïuarck. avait très-bien jugé cette espèce, sur laquelle Montfort en a imagine plu- sieurs autres. •j-f Les pédoncules des bras longs dépourvus de ventouses. 2. L. Bartramii , Lesueur , Jouni. Acad. nat. Se, oj Ph'dadel. , t. ii , p. go, pi. vu , fig. I , a ; Blainv. , Journ. de Phfs. , mars iSaS , p. 129 ; id. , L. sagiltata , Blainv. , loc. cit. , p. 128. Uab..P.l\ paraît certain que M. de Blainvillea pris cette espèce pour le véritable sagiUata. 3. L. Bartlingii, Lesueur, loc. cil. , p. gS, pi, xcv ; BlainviUe, ioc. cit. , p. 129. — JJab. le courant du GiUf-Stream. 4. L. Brongnartii , de BlainviUe, id. , p^ i3o. — IJcdi. la Méditer- ranée, Blainv. 5. L. itLECEBRQSA , Lcsueur , toc. cit., p. 95, pi. y, 11° C; Blainv., ioc. cit. , p. i3o. — Hab. Sandy-Bay, Etslj^llnis. 6. L. piscATORUM , La Pilaye , Ann. des Se. nat. Hab. 7. L. PELAGicus, Féruss. , Dict. class.; Sepia pelagica , Bosc, F'ers , tom. ler, p. 46, pi. 1, iig. I , 2. C pélagien, Moutf., loc. cit. , p. 8f) , pi. XIX. — Hab. rOcéan. 8. L. vuLGARis, Lara., Féruss. , Dict, class, ; Loligo magna. Ronde- let; Loligo major, Aldrov. ; Sepia Loligo , Lin., Gmel. , Pen- nant. , Brit. zool. , iv, pi sxvii , n» 4-5- Carus, Icon. Sepiar. TVop'. Act. Acad. JYat. Curios. , tom. xii , i^' partie, p. 3 18, pi. XXIX, fig. I. — Hab. l'Océan, la Méditerranée. 9. L. SOBULATA, Lam. , Féruss. ; io/i'^o />fl;va , Rondelet. Sepia mé- dia, Lin., Gmel. , Pennant. , Brit. zool. , iv, tom. xxix, u" /^5. Calmar Dard, Moutf. , loc. cit., p. 74 1 l'I- ''^vi, xvii; Encycl. métli. , pi. lixxvi, fig. 9. — Hab. l'Océan , la Méditerranée. 10. L. spiRALis , Nob. , Dict. class.; C. contourné , Moutf. , loc. cil. , p. 82 , pi. xvxii. — Hab. ? Espèce fort iiiccrtaine. 11. L. puLciiRA , de Blainv. , loc. cit. , p. l3i. — Hab. rciuLoucliure de la Loire. 12. L. Pealeii , Lesueur , loc. cit. , p. 92 , j>l. viii , fig. 1, 3; deBlaiuv. , loc, cit., p i32, — Hab. les côtes des Etats-Unis. ( i54) i3. L. BHiisiLiEnsis , de Blainville, id, , p. i32. — ffab. \ts cales ila Brésil. i4> L. Plbii, (le Blaiiiville, iJ. , p. i33. — Bob. les mers de la Àlar- tinique. i5. L. Pavo, Lesueur, loc. cit., p. g6, pi. xcvii; de BlaiaVille, loc. cit. , p. i33. — Hah. Sandy-Bay, Etats-Unis. i6. L. EKEvis, de Blainville, loc. cit. , p. i33. — Hab. le firésil,Ia Caroline. 17. L. BBEviPiKTiA , Lesueur, Journ. oj the Acad. ofthe nat. Se. of Philadei. , vol. m, p. 283, pi. x. — Hab. k baie de la De- la'ft'àre. Ohs. Les espèces suivantes sont trop incertaines , trop vaguement caractérisées pour qu'on puisse les admet- tre. I. Sepia hexapcs , Gl^^ , Bosc. ; Sepia heorapodia, Molina, Hist. nat. du Chili, p. 175. Calmar tronçonné , Montf. — Hab. le Chili , Molina. 3. Sepia tuhicata , Gmel. , Molina, id. , p. 174. Sepia nigra , Bosc. Calmar réticulé , Montf. — Hab. le Chili , Molina. M. Rafinesque a désigné sans description trois autre* Calmars des mers de la Sicile. Les L. lanceolota , odo- gadium et tolarus. ff Nageoires latérales s'éteadant tout le long du sac. (Famille Sepiidea, Leach). Genre V. — Sepioteuthe, Sepiottuthis , de Blainville ; les Calmars-Seiches , de Blainville. Caract. génér. Corps allongé , bordé dans presque toute sa longueur par une membrane natatoire étroite et latérale •, tète , bras sessiles et pédoncules comme d^ns les Calmars , ceux - ci moins élargis , moins déprimés que (r i55 > duns les Seiclies ^ vciUouses également comme (|). La Seiche trai- tée, Moiitf. ,MoU. de Sonnini, tom. 1, p. 265 , pi. vi. Hub. le cap de Bonne-Espérance, Moutfort. Animal inconnu. 4. S. OnBiCKiANA, Nob. — ifû6. les côtes de France, près la Rocbelle. MM. d'Orbigny nous ont communiqué la pièce interne d'une Seiche lout-à-fuit distincte de celle de l'espèce vulgaire : elle est beaucoup plus petite, ayant seulement trois ou quatre pouces de long , étroite à proportion , d'une couleur rosée , et munie d'une pointe allongée, aiguë, relevée en dessus , etc. Espèces fossiles. Obs. L'on doità M. Cuvier d'avoir reconnu dans cer- tains débris fossiles la partie roslrale d'un os de Seiche. On en connaît au moins deux espèces distinctes, d'après la figure et les caractères de cette partie roslrale. Ces espèces ont été l'occasion d'un singulier équivoque; MM. Des- haics et de Blainville , ne connaissant pas de Seiches dont l'osselet présenlcàt un rostre allongé, OJit cru trouver dans l'un de ces fossiles des analogies avec les Bélemni- les. Le premier a cru pouvoir former avec ces deux fos- siles un nouveau genre qu'il a nommé Bcloptère , le- quel a été adopté par M. de Blainville. ( Foy. Ma- lacol. yidd. et correct- , p. 6:i i ,) nSJ,. ( 1^7 ) 5. S. CoviERi , d'Orb. , ^nn. des Se, nat. , tom. ii , août 1824 , p. 48^, . Belnptera sepioiJea , de Blainv. , loc. cit.\ p. 632. Hab. Fossile aux environs de Paris j ce fossile indique une espèce très-difl'ércnte de celles qui sont connues. C. S. PARisiENSis, d'Orb. Eeloptera belemnoidea , de Dlainv. , loc. cit. — Hab. Fossile aux environs de Paris. Ce rostre est plus allongé , plus épais (jflWe précédent, non terminé en pointe, muni de deux expansions ailées. La cavité interne est conicpie , et ou y voit des lignes annulaires, anciennes traces de l'adhérence des locules du réseau , d'ORB. IP Ordre. — Siphonifères, D'Orb. Genre Nautilus , Lin. Genre Argonauta ^SchweA^^; Cépha- lopodes teslacts poljthalame.s , Lani. ; Poljthalnniacés de Blainv. ; Décapodes , Féruss. , Lat. ; Siphonoïdes de Haan. Caract. esseiit. Un lest polythalame cxlcrne ou par- .tieUcment recouvert par l'animal , qui peut alors rentrer à volonté en tout ou en partie, dans une loge supérieure à la dernière cloison. Un siphon toujours continu d'une loge à rantre. Dix appendices tentaeulaires (bras) ou plus, entourant la bouche. A. Huit bras sessiles, deux bras pédoncules ; cavité de la dernière loge presque nulle ; cloisons unies et simples. F* Famille. — Spirulés, Nob. Caract. essent. Animal. Huit bras sessiles, et deux bras pédoncules entourant la bouche et garnis de ven- touses , les deux derniers se repliant dans le sac. Test simple , spiral ; cavité supérieure à la dernière cloison presque nulle ; cloisons unies ; siphon au bord in- térieur. (itiS) Geor« «niqtic. — Si>iiaLK , S^nrula , Lam. ; ISauiilus ^ G. Spiiulaa, Pénoit; Spinila, Ccv. , Dum. , Mowtf. , Biaint. , Fêruss. , Latr. Carac. gêner, li'est contourné en spirale ^ discoïde , à tours distans les uns des autres 5 siphon au bord interne. Coj-ps bursiforme , entourant partiellement une co- quille dans sa partie postérieure. Tête munie de dix bras, dontdeiix contractiles, pédon- «ûT^s^ Espèces, t. S. pERon, Lam. Oùs. Les figures de l'animal delà Spirule qui ont été publiées diffèrent notablement entr' elles; on doit sans doute s'en rapporter à celle que M. Laniarck à donnée dans rEucyclopédie méthodique , pi. 465 , fig* 5a 5 car ce savant l'avait fait ex visu à la plume potir servir de dé- monstration dans son cours, et c'est cette figure qu'il a ensuite fait graver dans l'Encyclopédie. C'est à M. La- treille que nous devons ces renseignemens importans. S. Un gtand nombre de bras sessiles entourant la bouche ; dernière loge engainante ; cloisons simples. IP Famille. - — Les Natjtilacés. Caract. essent. Animal. Une série très-nombreuse tic bras sessiles dans les animaux connus , et entourant la bouche; ventouses? — Test simple, spiral ou droit; rloisons unies ; cavité supérieure à la dernière cloison , grande et engainante ; siphon toujours central ou situé au bord intérieur. ( »%) -}• Test spiral. a) Spire régulière , enveloppante ou non. Genre I". — Nautile, NauUlus , Lin. G. lYautiU , Cuv. , Lah. , Féruss. , Blaikv. , Ddm. , Latr. , etc. G. Anguilles , Canthrope, Oceanie, Bisiphites, /inimonie, Montf. Caract. gêner. Animal. Corps bursiforme, logé en partie dans la dernière loge de la coquille , muni posr térieurement d'un appendice ou organe particulier, des- tiné à traverser toutes les loges et placé dans un siphon qui lui sert de gaîne. Le manteau se prolongeant au- dessus de la tête, qui est munie d'un grand nombre de bras sessiles , entourant la bouche. Test discoïde , en spirale régulière , roulée sur le même plan , ambrassanle ou non , à tours contigus ; si- phon central ou placé contre le retour de la spire. Obs. L'animal est très-incomplètement connu ; Rum- phius seul en a donné une figure qui laisse beaucoup à désirer ; il serait on ne peut plus intéressant que des ob^ servadens plus directes vinssent nous fixer à l'égard de ce mollusque. Le genre Bisiphite de Monlfort est un vrai Nautile h siphon unique 5 une dépression de la cloison dans la par- lie médiane , du côté qui touche l'avant - dernier tour de spire , a pu seule faire croire à cet auteur qu'il exis- tait deux siphons. Le genre Océanie du même auteur n'est qu'un jeune individu du Naut. Pompilius. Ses genres Ammonie , Angulite, Canthrope, n'ont pas des caractères suffisans pour en former des genres distincts des nautiles propres. ( i6o ) I"' Sous-gcme. Les Nautiles vrai.s. Spire embrassante ou non ; cloisoiis unies, siphon cen- tral ou rapproché de ravaiil-dcrnier tour de spire , sans lui èlrc coniigu. If" Section. Spiro eralinissnnto {G. Nautile , /ingulite, Océanie , MoNTF.)> I\f. Pompilius, L. JV. triangtdaris , Montf. iV . uiidulalus , Sov; . a' Section. Spire à découvert {Ammonie , Montf.). N. umhilicatus , Lam. TV. discits , Sow. jy. Gigas , NoB., Ann. des Sciences nat., (om. v, juin iSaS, pl-vi, fis- 3 (i). IP Sous-genrc. Les y4gannles, Montf. Spire embrassante-, cloison désunie par deux prolon- geçrtens intérieurs de ses bords 5 siphon louchant lavant- dernier tovir de spire. (i) Dans un Mémoire inséré dans les Annales des Sciences naturelles, vol. V ( juin 1825 ) , nous avons rapporté tout ce qui avait été dit avant nous sur les Sioi-disant Becs d'oiseaux fossiles , que nous avons reconnu, avec Blutnenbach , appartenir aux mandibules du bec de certains Cé- phalopodes , sans pouvoir leur assigner un genre. Quelques auteurà ayant examiné superliciellement les rapports de forme qui existent entre ces fossiles et les becs du genre Sepia ( toujours de substance cornée), ont cru sans autre examen qu'ils appartenaient à ce genre. Nous croyons avoir dtmontré que ces becs , composés de matière cal- caire , différaient essentiellement sous ce rapport , et sous celui de la forme, de tous ceux des espèces des Céphalopodes cryptodibranchcs conpus. Ayant constamment renconti é dans la même couche le IVautilus Gigas et une très-grande espèce de ces becs, nous avons dû les rappro- ciier du genre IVautilus, sans autre motif que ce seul fait de leur réunion ( i6r ) iV. aturi, (IcBast. 2y. Zicgag, Sow. b) Spire projetée en ligne droite à ud certaiu âge. Genre II. — Lituite, Li tuitu s Montî. , et G. Hortole. Caract. génér. Animal inconnu. Test spiral, à spire projetée en ligne droite à un cer- tain âge , de manière que la volute figure une sorte de ci'osse ; tours détachés ou contigus; siphon contre le retour de la spire 5 dernière loge très -longue et engai- nante. L. lituus , Lin. L.semililuus, Lin. •ff Test non spiral , droit. Genre III. — Orthocératite , Orthoceratùes , Breyii , Lam. G. OrlJiocera, Sow; Orthocératite , EckniJe et Molosse , Montf. Caract. génér. Animal inconnu. Test non spiral , conique , projeté en ligne droite ou arquée 5 siphon central ou marginal ; dernièiie loge très- grande et engainante. dans la même couche ; ainsi nous ne voulons d'aucune manière assurer qu'ils appartiennent plutôt à ce genre qu'à l'un de ceux , si nombreux, que l'on ne retrouve plus à l'état vivant. En attendant que ces corps soient bien reconnus pourappartcpir àun des genres adoptés , pour fixer les idées à leur égard , nous avons con- servé le nom de Rhyncolite , qui leur avait été donné par Faure-Biguet. Nous divisons cette réunion d'espèces en deux séries. •; La première comprend toutes les espèces munies d'un capuchon ou VII. 1 I ( 1^2 ) Espèces à siphon cenlral. O. siriata, Sow. O. gigantea , SoW. O. cordiformis , Sow. Espèces à siphon marginal. O. undulata, Sow. O. Breynii, Sow. C Bras ? dernière loge ouverte , engainante ; cloisons découpées. ÎÏI'^ Famille. — Les Ammonées , Lam. , Féruss. ; Amm,onitea et Goniatitea de Haan. Animal inconnu? Test simple , spiral ou droit , cloison découpée 5 ca- vité supérieure a la dernière cloison Irès-grande et en- gainante. Siplion marginal. (Dorsal sur la carène. ) f Test droit ; point de spire. d'une partie supérieure , distincte du corps du bec : uous en'connaissous quatre espèces. 1. Rhyncolites gigantea. Nos, Ann- des Se. nat. , tom. y, p. 3i5 , pi. vl,fig. 1. 2. R. Hirundo , Faure-Bigdet. Ann. des Se. nat. , tom. 11 , pi. xxii , fig. i5 à 26. 3. R. Larus , Faure-Bicuet. Ann, des Se. nat. , tom. v, pi. vi , fig. 2. 4. R. Emerici iNoB. Cette espèce , nou décrite , a été découverte depuis peu aux environs de Castellane , dans le déparlement des Basses-Alpes , par M. £uie- rie ; elle approche beaucoup du R. larus , mais elle est beaucoup plus allongée , et son capuchon est caréné sur la partie supérieure. La deu&ième série comprend les espèces sans capuchon : elle ne comprend qu'une espèce. Le Rh. Gaillardoti,'Sioi. , Ann. des Se. nat., tom. 11 , p. 485 ; t. 2-2, fig, 3-14. ( ï63 ) Gcm-e I". — Baculite, Baculites, Lam. , Féruss. , Cuv. , Latr., Blainv.; Homaloceradté ,\\vi\^sc\\; Ceratoïdes ^ Scheuchzer ; Sponditolite ou vertèbre fossile , Autor. G. Baculite et Tirannite , Montf ; Orthoceratite , Schlotheim; Rhab- dites et Baculites , de Haan. Caract. génér. — Animal, . . . Test droit, cylindrique, quelquefois un peu déprimé , conique 5 cloisons si- nueuses , peu distantes , la dernière très-grande et engai- nante. Siphon marginal, Obs. Le genre Tirannite de Montfort , que M. de Haan a réuni au Ischthiosarcolite, dans son genre Rhab- dites, n'est qu'une Baculite usée sur tous ses bords. Espèces. B. Faujassii , Lam. B. anceps , Lam. B, cylindrica , Lam. f f Test arqué ou spiral et alors projeté en ligne droite à un cer- tain âge. Genre II. — Hamite , Hamiles, Sow, de Haan ; Ammono- cerate , Lam. ; Toxerites , Rafinesque ? Caract. génér. Animal....^ Test arqué , courbé en siplion , ou spire projetée en ligne droite à un certain âge 5 cloisons sinueuses 5 la dser- uière loge engainante , siphon marginal. Obs. Sowerby n'en a dessiné que des fragmens très- incomplets 5 nous en possédons qui ont six à sept tours de spire , et dont le dernier seulement se prolonge en se recourbant de diverses manières , ce qui pourrait bien ( ï64) êlre général pour toutes les espèces de ce genre, dessi- nées et décrites jusqu'à présent comme non spirales ; H. maaimus j-Sov. H. armatus, Sow. B. spiniger, Sow. ■j-f f Spire embrassante , enroulée sur le même plan, la deinière loge se repliant sur la spire. Genre III. — Scaphite, Scaphites , Sow, Parkins. Caract. génér. — Amimal.... Test elliptique , à spire cmln-assanle , roulée sur le même plan 5 tours contigus , excepté le dernier, qui se détaclie et se replie ensuite sur la spire. { Il est à remarquer qu'il n'y a jamais que la partie sans cloison qui se détache) ; la bouche est toujours munie d'un bourrelet circulaire dans les individus complets. S. equalis , Sow. S. obliquas , Sow. •J-j-j-j- Spire régulière, roulée sur le même plan, enveloppante on non. Genre IV. — Ammonite, Ammonites, Brug., Féruss. , Lam., Cuv. , Dum. Genres Orbulite et ammonite , Planorbite et Planulite , Lam. ; Orbw lite et Ammonite , deBLAiNV. ; G. Planulite, Ellipsolite , Amallé , '" Pélaguse , Simplegade , Montf. ; ammonites et Ellipsoliles, Sow ; JVautilus argonauta , Reim. ; Planulites , Ammonelliptites , Pabk. ; Ophiopomorphites , Plott. G. Ammonites, Planulites , Globites , Ceratites et Goniatites de Ha an. Caract. génér, — Animal. .. ? Test discoïde , à spire enroulée sur le même plan , enveloppante ou non 5 tours I ( Ï.65 ) contîgus , cloisons plus ou moins lobées sur leurs bords par des ramifications ou des digitations. Dernière loge tenant tout le dernier tour de spire. Les individus entiers, présentent une diversité éton- nante dans la forme des bords de la bouche 5 quelquefois ils sont munis d'un bourrelet épais et réfléclii en dehoi's ; d'autres fois deux languettes allongées en pointe ou di- gitées s'étendent de chaque côté de la bouche 5 enfin , dans quelques-uns , un troisième appendice part du mi- lieu des deux languettes , et se replie sur l'entrée de la bouche. Ces diverses modifications de l'ouverture sont peut-être dues à la position la plus habituelle des bras de l'animal dans les momens de repos. Depuis long-temps nous avons reconnu ce fait dans les espèces d'Ammonites du calcaire jurassique du dépar- lement de la Charente-Inférieure , et nous en avions pris des dessins exacts que nous avons communiqués à M. De- france , qui lui-même avait déjà fait cette observation sur des échantillons qui lui avaient été envoyés de la Normandie. Ce caractère de l'entrée de la bouche paraît général pour toutes les Ammonites. Obs. L'on ne peut pas faire de coupes génériques dans les Ammonites ,les passages étant insensibles d'vuie forme à l'autre. La famille des Goniatîteade M. de Haan, dans laquelle . il réunit toutes les espèces dont les cloisons ont des lo- bures entières et sans ramification , ne nous parait pas assise sur des caractères sufiisans : ainsi nous la confon- dons dans le grand genre Ammonite , où elle était restée jusqu'à présent , les lobui'es plus ou moins prononcées ( i66) et digitées des bords des cloisons n'étant pas des carac- tères suHisans pour en former une famille à part, a) Espèces à spire embrassante. ï) Bords des cloisons ramifiés ( Orhulite , Lam. , Glohite de Haak). yl. subradiatus , Sow. yl. Discus , Sow. ^. triangularis , Sow. 2) Bords des cloisons en lobures angulaires et peu nombreuses {Go- niatites , de Haah). yi. sphœricus , Sow« ^, striatus , Sow. b) Espèces à spire demi-enveloppante. A. lœi>'iusciulus , Sow. A. cordatus , Sow. A . Mantelii , Sow. c) Espèces à spire tout-à-fait à découvert. {Planites , celles à dos arrondi , et Ammonites , celles k dos caréné, d^ Haam.) i) Bords des cloisons en lobes arrondis ( Ceratitet , de Haar). A. pheomphalus , Sow. t) Bords des cloisons en lobes ramifié>, A. suiarmatus , Sow. A. cœtina, Sow. A. gigantius , Sow. ( '6/ ) "ftttt Test liirriciilc. Genre V. — Turrilite, Turrditeis yLsun.^ MontL G. Twrites , de Haan. («me-ifï . Caract. génér. Animal...? Tes.t en spirale turricu- lée , à tours contîgus et tous apparens -, dernière loge très-grande , formant uu tour et demi de spire \ sipliOJi marginal. T. coslulata ,\jk.n. , T. tuberculata, Sow. T. undata , Sow. D. Bras...? Loges^eutourées par uue enveloppe épais$a, analogue Ji l'os (les seiches. or.'. "' ' IV* Famille. -—Les PÉiiisTf j.;.^es,, ffob. (ro/i/afi- tea , de Haan. Caract. essent. Animal inconnu.. Test présume tout-à-fait interne, çpmposé d'uA noyau divisé en loges , et d'une enveloppe souvent épaisse , for- mée par un réseau qui a quelque analogie avec celui du rudiment testaçé des Seiches ; cloisons engainantes •, si- phon communément marginal. f Test spiral. Genre I". — IcHTHYOSARCOLrrE , lehthjrosarcalites , Desmarest. , . ; , G. Rhah dites , de Haan. Caract. génér. Animal...? Test discoïde, à spire régulière , enroulée sur le même plar» , non envelop- pante; tours non contigus , séparés ^es uys des autres par un réseau composé de petits cylindres parallèles sui- (i68) vaut les tours de spire. Siphon? dernière loge très- grande et engainante. Obs. M. Desmarest ne connaissant qu'un fragment d'un très-grand individu , l'avait regardé comme droit , et cette erreur a toujous été suivie par les diflerens au- teurs. Cependant nous en possédons qui ont jusqu'à quatre et cinq tours de spire , et nous nous proposons de donner sous peu des éclaircissemens plus longs sur cet intéressant fossile. Espèces. J. angularis, ï)zsjiA.KBaT. ■• ■.■n.-i-j^oJ. ''....■ . tt Test droit. Genre II. — ^ Belemnité , Belemhitesj-Béiémnite , Cuv. ^ Lam. , Féruss. , de Blainv. G. Cetocine , Acame , Ammwione , Chrisaore , Acheloùe , Hibolite , Porodrague , Pyrgopoie , Thalamule , Calllrhoë , Paellte , Mgkt- J|[l iriT'y) 'VifF, '>i;M.rrirT: , Çaraçt. génér. AhimAl;..? Test, droit, en cône al- longé , plus ou moins déprimé , acuminé par un bout et ouvert de l'autre j composé de deux parties distinctes , d'un entourage formé par un réseau de petites locules serrées, ti^ansversales , et divergentes du centre à la cir- conférence, enveloppant une série de loges transversales qui forment un ensemble conique , percé le plus sou- vent , du côté malginal , d'un sipbon continu. • a) Esp^Xs^s. à gouttières latérales. SiphoD marginal , coi-respondaat H la base de la goattière. B. digitus , Fadhb-Bicuet- ( i69 ) b) Espèces sans gouttières. i) Siphon marginal ; test comprimé ; un sillon ou rainure en dessus : le siphon vis-à-vis la rainure. (G. Hibolile, Porodrague , Pirgopole , Thalamule et Alvéoles. G. CalUrhoë, Paclyte ? Montf.) B. dens , Fadre-Bigdet. 2) Siphon central ; test arrondi (G. Cétocine , AcamePHiHosTF., et Alvéoles. G. uimimone? Chrisaore., Acheloïte , Mohtf.) . B. lamella, F ^VRB-BiGVBT. B. capulus , idi ' ' " Le genre Hippurite de M. Lamark avait été classé de- puis long-temps par nous , dans notre Collection , sous le nom de Radiolite , et envoyé sous ce nom au Jardin du Roi. Croyant celte observation reconnue par tous les zoologistes , nous nous sommes plu à la répandre , et , à notre grand étonnement , elle a été donnée récemment comme nouvelle : ce fait avait été présenté par M. de Férussac dans son Prodrome, lorsqu'il parle des rap- ports des Hippurites avec les Radiolites , et de son doute qu'ils appartiennent aux Céphalopodes. Les genres Hippurite et Batholite de Montfort en- trent aussi dans celui des Radiolites. Le genre Amplexus de Sowerby paraît ne pas diffé- rer des Radiolites. v.:\ ■:■:> Le genre Raphanistre de Montfc^t'est dria: îPâmille des Rudistes , genre Radiolite.^ etrjrbrffqO eoi) yr Le genre Téléboïte de Montfort n'est qu'tine colonne d'Encrine usée sur ses angles. Le genre Agathirse du même auteur est la Siliquaire fossile des environs de Paris. li < v'>^\. k ».i. ri j.^u^mw {La suite dans un prochain nurri'éro). (m) Sur les iMertibreif postérieurs des Ophidiens ; ■'<:■! nonoiliii lîii :'>oi!i(iaiO'i.1.; i! ; I .i|', Professeuf a^'Èbhh ,' Membre de rAcademie "àesTSirieux de la Nature. ■■! ^:i ^./i , rAuV. Î51 le squelette de plusieurs poissoûs, notamment celui des raies et des squales offre encore , du moins chez les individus mâles , une sorte de membre postérieur, à combien plus forte iraison ne devait -on pas présumer qijkç (Jefl organes analogues à des exti'émitéa postérieures se, trouvent cbe« des animaux tel a que les Ophidiens, qui occupent un rang plus élevé dans l'échelle des êtres l Néanmoins cet objet w'a pas encore fixé l'attention des naturalistes et des anatomistes autant qu'il le devait, pour autoriser à l'efuser les membres postérieurs aux Ophi- diens en général , à im peut nombre d'exceptions près. C'est pourquoi IVIeckel dit encore , dans son ouvrage d'ailleurs si plein de, faits importans. (Syiem der vei- gleichenden JLnatomie , Bd. ii. Abtlil. i. p 210), les Ophidiens ne possèdent en général point de trace de bassin^ QnriQn trowe^. des rudimens que chez les genres les plus élevés, qui pourraient être rangés presqu'avec le même droit parmi les Sauriens, Ceux des Ophidiens chez lesquels on a admis jus- qu'ici des mdimens d'os pelviens sont VAnguis fra- gilis , \ An guis 'ventralis (d'après Cuvier) , et le Thjphlops crocotatus (suivant Meckel). Quant nnBi- manus et au Bipes , il est sans doute plus rationnel de les faire passer dans l'ordre des Sauriens. Mais un exa- ( 171 ) men anatomîque plus exact auquel j'ai soumis la plu- part des Ophidiens , m'a prouvé que ces rudimens de bassin , ou mieux ces rudimens de membre pelvien existent bien plus généralement dans l'ordre des Ophi- diens qu'on ne l'avait admis jusqu'alors. Comme l'anatomie comparée en général peut seule fournir à la zoologie des principes de classification sûrs et solides , mes recherches sur les membres postérieurs des Ophidiens pourraient devenir la base d'une nouvelle division de ces reptiles. Je crois du moins , pour mon compte , devoir exposer le résultat de mes recherches sur l'extrémité postérieure des serpens , sous les arti- cles suiyans. F^ Famille. — Phàehopodes , Phœnopoda (scilicet serpentia). Ophidiens ayant des rudimens de pied visibles à l'extérieur. De ce nombre sont les genres Boa, Python , Eryx et Tortrix. IP Famille. — Cuyptopodes (Cryptopoda) . Ophidiens m^i. î^yant des rudimens de pied cachés sous la peau. Dans cette famille se trouvent les genres Anguis, Ty^ plilops, Amphisbœna. IIP Famille. — Ophidiens dont le rudiment de pied ne consiste qu'en un filament cartilaginei^x : les Chon- DROPODES {Chondropoda)-, ou qui nen ont pas du tout, les ArovEs (Apodà). A cette famille appartiennent les genres Coluher, Cro- lalus , Trigonocephalus. Il faut y ranger aussi le genre ( Ï72 ) problématique Cœcilia, qui n'a ni queXic tii rudiment do membre postérieur. I" Famille. — - Phénopodes. Ophidiens ayant des ru- dimeiis.jdepied visibles àrextérieur. P' Genre. —Boa. Je commencerai par le genre Boa , L , chez lequel les os de l'exlrémité postérieure, étant plus grands , font une saillie plus considérable et se voient mieux à l'exté- rieur que chez les autres geni-es de cette famille , dont je parlerai ensuite. Dans beaucoup d'ouvrages , même récens , qui trai-. tent de l'histoire naturelle des reptiles , ou ne fait pas mention des deux crochets ou ergots qui se trouvent à côté de l'anus cbez les Boa. D'autres naturalistes en parlent , mais d'une manière tellement superficielle qu'ils ne nous apprennent rien • sur la nature et la disposition de ces organes. ,v;vr', ^ Ces crochets ne sont pas représentés dans les figures que nous a fournies Seba de plusieurs espèces de Boa, dans son Muséum P. II , pi. 29 ,34, 8 1 et 96. Même silence à ce stij et de la part de Laurentidans son Spé- cimen sjnopseos reptilium. Linné ( Mémoires de VAcad. de Suède , 1^52 , p. 211, sur les caractères des serpens) ne cite pas cet ergot , pas plus que Boddaert (dans son Spécimen novce Methodi distingu'endorum scrpentium, in nov. act. Acad. caes. Nat. Cur, P. vin. p. 17). Merrem (dans ses « Beilraegen zur Naturgeschichle der Amphibieny Duishurg 1790) a figuré le Boa, (173) constrictor (cah. 2. planche 1**^) et le Boa Merremii ( planche 2 ) , mais sans indiquer ces ergots. Ce n'est que dans le troisième cahier seulement , qui contient des additions et des rectifications , qu'il dit , en décrivant le Boa constrictor : M. Schneider a observé des ergots distincts à côté de l'anus du Constricteur royal. Je trou- ve également les vestiges d'un ergot, mais d'un côté seulement (?), sur un individu de cette espèce que je conserve dans de l'alcool. 'Kn^s^l {Account of Indian Serpents, London, 1790) est le seul qui ait fait men- tion de ces ergots chez plusieurs Boa , mais sans don- ner d'autres détails , surtout relativement à l'anatomie de cette partie. Quoique hacépède (Histoire naturelle des Reptiles) ait fait figurer les ergots des ^oa , d'après Russel , cet organe a néanmoins été omis entièrement dans les figures de ShawCGe/ïeraZZooZog^Zo/z^., 1802). Il n'y a que Daudin et Oppel (le premier dans VHist. nat. des rept., et le second dans les Annales du Muséum d'Hist. nat. t. 3 ) qui aient tenu compte de cet organe dans leur classification des Reptiles , mais sans avoir re- connu sa signification anatomique. Cuvierdit (dans son règne animal t. 2. p. QQ) : les Boa, plus spécialement ainsi nommés^ ont un crochet de chaque côté de Vanus. Mais ce grand anatomiste ne s'explique pas davan- tage sur la structure de ces crochets. Oken {Lehrhuch d. Naturgeschichte 2, Abthl. S. 278 ) parle de cet organe d'une manière plus déterminée , il est vrai ; mais il ne semble pas l'avoir disséqué lui même. Les deux rudimens de pied à l'anus des Boa , dit - il , con- tiennent un os , avec une pointe munie d'un ongle corné; n n'est pas en rapport avec un bassin , mais seulement ( 174 ) tîxé dans la chair. On ne voit pas pourquoi ces parties doivent porter le nom d'ergot, qui ne peut que cacher leur véritable signification. De Blainville ( Pi incipes d'anatomie comparée , t. i , p. i4i ) dit : « Un très-petit nombre d'Ophidiens offre « de véritables ongles , à moins qu'on ne regarde com- « me tels l'écaillé conique qui recouvre l'extrémité du « corps de plusieurs espèces de serpens , ou mieux peut- « être le cône corné qui revêt les crochets des Boas. » Mais je ne trouve pas dans son ouvrage d'autre détails sur ces crochets. La seule description anatomique que je connaisse de cet organe est due à Schneider. On lit , dans sou Hist. jimpliibiorum^fasc, 11,1^. 2.20 :«. JSxemplumBoae eon- strictorîs dissectum monslravît mihi ossiculum , ctti in- dutus aculeus corneus unguemaccipitris paivum i-efert, inter peritonœutn et costas situm , iitrinquè obliqué non cum costis ipsis conjugi sed musculoruni ope fir- inari adèoque et protrudi et retrahi pro lubitu bestiœ. C'est sur ce passage qu'a été calqué tout ce qu'on trouve , au sujet de cet organe, dans les ouvrages d'his- toire naturelle postérieurs. Mais comme cel|e recherche anatomique de Schnei- der est très-incomplète , et que cet organe mérite plus d'attention , vu sa signification dans l'histoire du dé- veloppement des organes considérée dans tout le règne animal , je me suis efforcé d'entreprendre l'analyse ana- tomique de celte partie. Les Boa qui ont servi à mes recherches sont le Boa constrictor , le B. Scjtale et le B. Cenchris. C'est ce travail sur les Boa qui me suggéra l'idée que ( 17^) ies rudîmens du membre postérieur pourraient bien exister chez plusieurs espèces d'Ophidiens. L'ergot ou l'ongle qu'on remarque , des deux côtés de l'anus , chez le Boa constrictor et chez d'autres Boa , est «n véri- table ongle , dans la cavité duquel existe un petit os demi-cartilagineux ou phalange imguéale , s'articulant avec un autre os beaucoup plus fort qui est caché sous la peau. Ce second os du rudiment du pied des Boa oflre vui condyle externe épais , avec lequel s'articule , comme il a été dit , la phalange unguéale 5 il présente en outi^e une apophyse interne , plus petite , qui le met en rapport avec les autres os du squelette. On peut considérer cet os comme Vos du métatarse^ "^QXkvwx d'une phalange. Cet os est assez arrondi 5 son corps est recourbé et fait voir, vers sa partie moyenne , une apophyse ( très - forte eu proportion). Il s'articule, uii peu sur le côté et au moyen de son condyle intierne , avec l'os principal , le plus long de tout ce mem- bre. Cet os principal est près de trois fois plus long , mais en proportion plus étroit et plus faible que le pré* cèdent. Son extrémité inférieure, tournée en dehors, présente non-seulement iine face articulaii^e , encroûtée de cartilage , avec laquelle l'os du métatarse s'articule ■ par arthrodie j mais elle est encore en rapport avec deux épiphyses dont l'une est parfaitement ossifiée , l'autre étant en partie cartilagineuse. La plus grosse de ces épiphyses , celle qui est osseuse, est située en dehors ; l'autre . cartilagineuse , un peu plus courte , regarde cii dedans. Au milieu de ces épiphyses il s'en trouve une . autre, qui est absolument caitllagineuse , du moins chez les jcmies sujets. En haut l'os principal s'élargit, se ( 176) combe en forme de sabre et se termine par nn petit condyle cartilagineux. Nous pouvons regarder cet os principal comme le tibia, les deux autres , plus petits , comme des os tarsiens , et l'autre os , plus grand que les épiphyses , comme Vos du métatarse , après quoi il nous reste une phalange pour l'ongle. La disposition musculaire qu'offre ce rudiment de pied est la suivante. Tout le rudiment de pied osseux est revêtu et enve- loppé d'une masse de substance musculaire, dans laquelle il est néanmoins possible de trouver, en l'examinant attentivement , cinq portions musculaires distinctes. Le muscle long extenseur du pied naissant d'une saillie osseuse particulière que présente l'extrémité antérieure du tibia, va s'insérer au bord externe de Vos du métatarse ( pi. 6, fîg. 4 et 5 , a). Il sert à étendre le pied , à tirer l'os du métatarse en devant , et par suite à porter l'ongle en dehors. A la face postérieure du membre on voit une autre portion musculaire plus petite , qui naît de l'extrémité postérieure du tibia et s'attache à l'extrémité antérieure de l'os du métatarse : c'est le muscle court extenseur du pied. Son action est la même que celle du muscle précédent (pi. 6 , fig. 5 , e ). Le muscle le plus volumineux et le plus épais est situé en dedans 5 il naît tout en haut , ou en devant , du petit condyle du tibia et s'insère à l'apophyse de l'os du métatarse. C'est le muscle fléchisseur du piedj il fléchit le pied et tire l'ergot en dedans vers l'anus (pi. 6, fig. 4 et 5, è.). Il existe en outre un muscle abducteur du pied. ( Ï77 ) Né entre les apophyses épineuses antérieures et les deux apophyses transverses mohiles, qui viennent après la der- nière côte et se terminent par des prolongemens four- chus, ce muscle va s'attacher au grand os ou à l'os externe du tarse. Il se trouve enfin aussi un muscle adducteur du pied, qui naît de la masse musculaii'e commune du peaucier et prend son attache au petit os interne du tarse. Il tire le pied en dedans vers l'anus (pi. 6 . fig. 4 et 5 , fZ). Il résulte non-seulement de la disposition de ses muscles , mais encore de la notice suivante , que ce rudiment de pied jouit de plusieurs mouvemeus. Le serpent Bora du Bengale (N°. 39 des serpens de Piussel) est un second exemple de serpens qui ont un ongle à l'anus. Le médecin général de Madras donna à Kussel , en l'an 1788, les détails suivans : J'ai vu il n'y a pas long-temps un serpent que l'on nomme Dus- sery pamboo , et qui avait des deux côlés de l'anus un ongle ressemhlant à l'ergot que possèdent les per- drix mâles. L'homme qui faisait voir ce serpent m'as- sura que cet animal se servait de son ongle comme d'une arme défensive , et que pour cette raison l'on était obligé de le lui couper de temps eu temps. (DeLacépède, l. c, t. V, p. 78 , trad. allemande.) Il est réellement surprenant que cet organe ait pu échapper à un si grand nombre de naturalistes dont on recounaît généralement l'excellent esprit d'observation, qui descend ordinairement jusqu'aux moindres détails, Russel prétend que cet ongle n'existe pas chez toutes les espèces de Boa. C'est ainsi qu'il ne le trouva pas chex le Constricteur brun clair ( N°. sB dans son ouvrage ) , vu. 12 (^7^) - tandis qu'il existe clicz le Constricteur blanc , qui res-» semble en tout point à celui-là. Mm il est yraisem- bljible que cette partie est plus enfoncée sous les écail- les et qu'elle n'a pas étcapeiçue par Russel. IP Genre. — Erix (Daud.). Oppel (Z. c. , p. 382) dit, en parlant de ce genre: calcaria ad anum minus distincta , subrecta. L'ongle n'a pas été reconnu autrefois chez ce genre de Serpens. -■ La disposition des os et muscles de ce rudiment de pied est sans doute la même ici que chez les Boa. IIP Genre. — Python , Daud. ( Coluber javanicus ^ Sh.). Ils possèdent également les crochets de l'anus suivant Daudin (l. c. ., anus bordé d'écaillés et muni sur chaque côté d'un ergot), et Cuvier {Règne animal, tom. 11, p. 68) , les Pythons qui ont des crochets près de l'anus et des plaques ventrales étroites , comme les Boas. Ces rudimens de pied existent par conséquent aussi chez les Pythons , où ils sont probablement aussi parfaitement développés que chez les Boas. Je n'ai pas pu disséquer d'individu de ce genre. IV* Genre. — Clothonia , Daud. Schneider a observé les ongles à côté de l'anus chez le Clothonia anguiformis. On peut donc appliquer à ce genre ce qui a été dit des trois pi'écédens. V Genre. — Tortrix , Oppel {Iljsia, Hemprich.) Ce genre est remarquable par le passage qu'il forme des Phœnopodes aux Crjptopodcs. L'anatomie justifie parfaitement sa séparation d'avec le genre Anguis , faite pour la première fois par l'ingénieux Oppel. Mais quel- I ( 179 ) qu'exacts et quelques complets que soient les caractères que cet auteur donna du genre Tb/tn':); (Z. c. , p. 38 1), il a omis néanmoins un signe important qui doit faire placer ce genre dans la famille des Pliœnopodes. En effet, les Tortrix ont , de chaque côté de l'anus , un peu en avant et à une demi-ligne de distance de cet orifice , une petite ouverture dans la peau , recouverte par des écailles, qui conduit à ime petite cavité colorée en brun , dans laquelle est caclié l'ongle du membre. Il faut une très- grande attention pour découvrir cette ouverture ou ca- vité chez les set-pens du genre Tortrix , et je prévois que plus d'un naturaliste , après avoir cherché celte ouver- ture en vain, sera disposé à nier son existence. Mais en cherchant avec soin , on finira par la trouver, et en disséquant cette partie , il ne restera plus de doute sur sa réalité. Le membre postérieur, chez le genre Tortrix, se com- pose d'un long tibia, qui ressemble par sa forme à celui •des Boa, ensuite de deux os tarsiens latéraux, de l'os du métatarse, lequel est surtout très-dé veloppé chez le Toi- trix corallinus et offre une apophyse considérable , en- fin de l'ongle avec son petit cartilage dont il se détache facilement. La concordance qui existe entre la structure osseuse du rudiment du membre postérieur, chez le genre Tor- trix , et celle du môme organe chez les boas, est la même sous le rapport de la disposition des muscles de ce membre, du moins autant qu'on en peut juger, vu l'exiguilé de celle partie. Toute cette extrémité est, com- me chez le boa, tovit-à-fait indépendante du rdchisj elle Êst située sous le muscle transverse de l'abdomen, entre { )8o ) ce muscle el le péritoine , de manièi'e à ce qu'il n'y a de libre que le tarse , le métatarse et la plialange. Il est beaucoup plus diflicile de disséquer et d'isoler les muscles que cbez les Boa. Le membre postérieur du genre Toitrix jouit aussi d'une assez grande mobilité ; l'animal peut surtout sortir son ongle par l'ouverture cutanée et le rentrer dans sa cavité. J'ai examiné les espèces suivantes; Tortrix rufus, scYtale , corallinus et tesselatus. La planche 6 , fieures 6, 7 et 8, représente la charpente osseuse du ru- diment du membre postérieur des trois premières espèces. Chez le Tonrix corallinus les dilïérens os de ce membre sont fort développés. L'os du métatarse pos- sède un crochet très-saillant et l'ongle est très-volumi- neux. Chez le Tortrix rufus, ce sont surtout les deux os du tarse qui ont beaucoup de développement. Ils en ont moins chez le Tortrix scjtale; mais l'os métatarsien est très -fort et très -épais (1). IP Famille. — Cryptopodes. Ophidiens ayant le membi^e postéiieur caché sous la peau. YP Genre. — Anguis. On n'a examiné jusqu'ici que V Anguis fragilis et V Anguis 'ventralis (Ophisawus). Tout le monde attri- bue au premier un rudiment de bassin , qui existe aussi , suivant Cuvier, chez le dernier. Mais je ferai voir bientôt qu'il ne peut être question ici d'os pelviens, mais seule- (i) S'il est vrai que l'ongle existe chez le Boa carinata et le Boa rtiiculala , et peut-être aussi chez le Boafasciata, alors les genres Pseudoboa , Bungarus ( Russel ) et Trimesurus pourraient égalemeut ( loi ) ment d'os du membre postérieur. Ces rudimens osseux n'ont pas été examinés avec assez d'attention, sans quoi on aurait reconnu que ce sont des os d'une extrémité postérieure et non ceux d'un bassin. Un examen plus attentif de V Anguis fragilis aussi-bien que d'autres es- pèces dUAnguis, et la comparaison des rudimens de pied de ces reptiles avec ceux d'autres serpens ne manque- ront pas de justifier notre assertion. Cuvier (iîèg'ne animal, tom. ii) dit, en parlant de V Anguis fragilis et de l' Ophisaunis : « les deux sous- genres ont encore un bassin imparfait. » Lorsque, grâce à la bonté de M. Cuvier , qui ouvre , avec tant de bienveillance , aux naturalistes de tous les pays les trésors du Muséum de Paris (qu'il veuille agréer l'ex- pression publique de ma profonde reconnaissance), j eus le bonbeur de m'instruire dans ce bel établissement, je me rappelle d'avoir vu des squelettes à! Anguis fragilis et diOphisaurus ventralis. Il existait, sur l'un et l'au- tre , un petit osselet , préparé comme prétendu rudiment de bassin. Meckel (/. c, p. 474) ^^^ '• " ^6 rudiment du membre postérieur , cbez V Anguis fragilis, ne consiste de cha- que côté qu'en un os simple, allongé, courbé, terminé en pointe à la partie supérieure de son bord postérieur , et qui est bien loin de réjoindre son congénère du côté opposé. Mais il ne fait pas remarquer que cet os est en appartenir à cette division, ce que je me réserve d'examiner ultérieure- ment. - De même , ce ne sont que des recherches ultérieures qui pourront décider si le genre Hydrus appartient à cette famille ou Lieu à la sui- vante. ( i82 ) rapport avec l'apopliyse transverse de la vertèbre la plus proche de la dernière côte. Il existe chez ï Anguis fra- gilis (pi. 6, fig. 9) un os simple, assez large, recourbé en forme de sabre, dont l'extrémité pointue est tournée en devant et en haut, tandis que l'extrémité mousse re- garde en arrière et en dedans vers l'anus. Cette dernière présente une petite granulation cartilagineuse, à l'en- droit où elle est fixée à la peau, à côté de l'anus. L'ar- ticulation de cet os avec l'apophyse transverse de la pre- mière vertèbre caudale n'a lieu qu'au moyen de fibres ligamenteuses. Le système musculaire de ce membre est très-faible et il est difficile de séparer les faisceaux mus- culaires individuels. Tout ce membre est caché sous la peau , de sorte qu'on n'en peut rien voir à l'extérieur. Déjà la ressemblance de cet os , eu égard à sa forme , à sa configuration et à sa position , ainsi que la similitude de son système musculaire avec la structure du rudiment de pied des Boas, ne peut plus laisser de doute sur sa nature 5 il çst évident que c'est une extrémité postérieure et non un rudiment de bassin. Chez VAnguis ventralis ( Ophisaurus ventralis) il existe, suivant Cuvier, une semblable disposition osseuse, taudis qu'elle manquerait chez VAcontias oxxAnguis me- leagris. « \^' Acontias n'a pas de sternum , ni de vestige d'épaule et de bassin (Cuvier). » VIP Genre. — Typhlops. Comme je ne possède point d'individu de ce genre , j'emprunterai à Meckel la description de cet os , qu'on verra encore ici offrir la même organisation. « Le Tjphlops crocotalus possède, à la place des; ( iS3 ) membres postérieurs , devant l'ouvérlnre anale , et immédiatement sous la peau , deux os minces , ex- cessivement petits en proportion de tout le corps , et dont l'antérieur est un plus long que le postérieur. Les deux os antérieurs sont dirigés d'arrière et de dehors en devant et eu dedans , et se réunissent (?) à leur ex- trémité antérieure par un angle peu aigu 5 les deux os postérieurs sont situés presque parallèlement l'un à l'au- tre et se portent directement d'avant en arrière. Ces os sont entièrement séparés et tx"ès- éloignés de la colonne racllidienne. » Il existe sans doute une semblable organisation chez le Stenostoma. VIÏP Genre. — Amphisbœna. h' Amphisbœna alba possède un petit os blanc , re- courbé , assez fort , situé sous la peau et entouré par le muscle peaucier. Cet os est garni , en arrière vers l'anus, d'un rudiment cartilagineux, celui de l'ongle, mais qui est aussi caché sous la peau (pi. 6 , fig. 10), Cet os est plus faible et coloré en brun chez V Amphisbœna fu- liginosa ; l'ongle y est également moins distinct , mais il existe {ibid. , fig. 11). Je ferai remarquer en outre que Y Amphisbœna alba présente, au bord antérieur de l'anus, non pas huit mamelons comme le ditOken, mais bien dix ouvertures, orifices d'autant de glandes séba- cées, vermiformes, d'un blanc jaunâtre, situées sous la peau en cet endroit. Chez V ylmphisbœna fuliginosa ces glandes et orifices ne sont qu'au nombre de huit. Les glandes ont une couleur brune. Je ne connais aucune figure d'Amphisbène où ces orifices soient représehlés,i ( 184 ) La similitude de la structure des Auiphisbèues avec celle du Leposternon doit faire présumer qu'il existe une disposition analogue chez ce reptile. III'^ Famille. — Ophidiens dont le rudiment de pied ne consiste qu'en un filament cartilagineux : les Chon- DKOPODEs, ou qui n'en ont pas du tout : les Apodes. J'ai trouvé, chez une couleuvre changeante (Coluber . pullatus ) , longue de cinq pieds , à l'endroit où existe le rudiment de pied chez les espèces précédentes , un fila- ment cartilagineux, courbé, assez fort (pi. 6, fig. 12)5 ce qui me détermina à établir une division particulière sous le nom de Chondropodes . L'examen d'individus plus volumineux , du genre couleuvre , surtout des es- pèces non venimeuses , décidera si ce filament cartilagi- neux est constant, et pevit être considéré comme le der- nier vestige du membre postérieur. Chez les espèces venimeuses , principalement chez le Coluber Berus, le Colubei' Naja, etle Coluber Trigono- cephalus , ainsi que chez le Crotdlus Durissus , etc. , je n'ai plus trouvé de trace de ce filament cartilagineux. Enfin il nous reste à parler du singulier genre Cœcilia. J'ai examiné un petit individu de ce genre, mais qui était bien conservé, savoir un Cœcilia graci- lis , Sh. Il avait dix-huit pouces de long 5 son épaisseur était à sa longueur dans le rapport de un à vingt. 11 possédait cent cinquante anneaux. Je ne lui trouvai point de vestige de membres. Cuvier dit, relativement aux côtes de ces animaux : leurs côtes sont beaucoup trop courtes pour entourer le tronc ( Règne animal , t. 11 , p. 86). Duméril dit , avi contraire , que les Cœcilia n'ont ( iâ5) point dé côtes. Cependant j'ai également trouvé des côtes chez cet animal; mais elles ressemblent à de simples apophyses transverses , et ont à peine la longueur de la vertèbre elle-même. Elles ne forment pas d'angle droit avec le rachis , mais sont appliquées presque tout contre le corps de la vertèbre , et se dirigent en arrière. C'est du moins ce qu'on observe chez le Cœcilia gracilis et le C. glulinosa. Il serait fort à désirer que ceux qui ont le bonheur de posséder plusieurs espèces de Cœcilia voulussent bien remplir les grandes lacunes qui existent encore dans la zoographie et l'anatomie de ce genre problématique. Je dis ces grandes lacunes dans l'anatomie, et tout le monde y souscrira volontiers. Quant aux lacunes que je prétends exister dans la zoographie de ce reptile , je tâcherai de prouver mon assertion. On m'accordera facilement que nous n'avons pas encore de figures de ces animaux qui soient en quelque sorte supportables . Les figures données parLacépède et Shaw sont au-dessous de toute critique; ce ne sont que des copies des anciennes et mauvaises fi- gures que nous avions déjà. Les descriptions de ces animaux ne sont pas moins défectueuses. C'est pour cette raison que quelques natu- ralistes j principalement Oppel, ont élé tentés de placer ce genre dans Tordre des Batraciens. Je connais le travail de Hemprich , au reste le meilleur que nous ayons , sur le genre Cœcilia ( Verliandlungen der Gesells- chaft naturforscliender freunde in Berlin , vol. i , p. 284); mais il ne touche pas non plus aux points qu'il nous importerait le plus de connaître; je veux parler des caractères principaux qui distinguent le genre ( 186 ) Cceciliti. Tous les naltiralisfes parlent des rides de ces serpens comme de leur caractère le plus essentiel , d'après lequel ils leur donnent même le nom de serpents à rides (Runzelschlangen). Mais ces rides sottt en elles- mêmes irès-inconstanles , et leur existence doit être attri- Luée principalement à la contraction de la peau de ces animaux , par l'eflet de l'alcool dans lequel ils sont conservés. Pendant la vie , ces rides n'existent sans doute que passagèrement , savoir lorsque l'animal se courbe d'un côté ou de l'autre. En outre, tous les zoologistes refusent des écailles à ce genre, ce qui me parait assez singulier, car le Coîcilia gracilis i^ossède des écailles, et les autres espèces en ont probablement aussi. Ou me permettra d'omelti^ ici les citations tirées des anciennes descriptions. Je citerai par conséquent seule- ment Oppel, qui comprend également les Lafera rugosa dans le caractère essentiel deâ Cœcilia. Il les considère comme dépourvus d'écaillés, et les place, conformément à cela , dans l'ordre des reptiles nus , des Batraciens. Blainville leur donne le nom de muli-pellifères . Heni- prich dit aussi : Squamas nusquàm vidimus , quani- quàm arniato oculo adspicientes , et rugœ lateruni in epidermidè nudâ- ( duriore {?)). Les tégumens extérieurs du Ccecilia gracilis présen- tent la structure suivante : Des deux côtés du tronc du €cecilia> gracilis , et en commençant à la tête, on aperçoit des demi-cercles qui ne se rejoignent pas entièrement vers la face abdominale et dorsale. Ces demi-cercles deviennent plus grands au voisinage de l'aous, ou à l'extrémité dite caudale ; de sorte qu'à 10-12 lignes de l'anus, ils s'atteignent des ( 18; ) deux côtés, el forment des cercles entiers. Le nombre des demi-cercles est de cent vingt; celui des cercles eur- tiers s'élève à trente environ. Ces demi-cercles sont sé- parés par de plus grands intervalles à la partie antérieure du tronc, de manière à ce que le corps parait composé d'anneaux larges , en forme de ruban ou ligules. En ai^ rière , ces anneaux ligules deviennent plus étroits , et les plus étroits se trouvent à l'extrémité caudale , où les stries annulaires sont plus rapprochées les unes des au- tres. A la moitié antéineure du tronc , l'on ne remarque point de fente sur ces stries demi-circulaires 5 mais si on examine attentivement le corps au-delà de la partie moyenne, on aperçoit, au milieu des stries des deux côtés , une petite éraillure qui se montre de plus en plus considérable sur les stries subséquentes , jusqu'à ce qu'elle finisse par devenir peu à peu aussi large que le demi-anneau lui-même. A l'extrémité caudale, où les demi-anneaux se réunissent pour former des anneaux entiers , comme il a déjà été dit , cette fente ou încisure s'étend de même autour de tout le corps. En suivant ces scissures d'avant en arrière, on voit bientôt que cène sont pas de simples scissures , mais bien des lamelles de la peau , devenant insensiblement plus grandes , et imbrir quées , disposition qui cache les interstices à la vue. Pour bien reconnaître ces lamelles , il faut les soulever avec un scalpel très-fin. Les plus fortes et les plus grandes de ces lamelles se montrent à l'extrémité caudale, où elles représentent des bandes parfaitement circulaires, embrassant complètement cette extrémité. En cxamiuajit ces bandes avec attention, on s'aperçoit qne leur face interne est garnie d'écaillcs. Celles-ci sont très-petites au ( i88 ) milieu du corps, approchant du volume d'un graiu de sable , et on n'eu trouve qu'une ou deux dans l'éralllure qui est encore très-petite. Mais elles augmentent en nombre et en volume avec les bandes elles-mêmes , de sorte qu'à l'extrémité caudale elles sont de la grosseur d'un grain de millet , et garnissent la face interne des bandes autour de cette extrémité. L'animal soulève sans doute ces lamelles ou bandes au moyen du muscle peaucier, pour s'aider ainsi dans la progression ; secours qu'on peut présumer lui être né- cessaire, vu l'exiguité de ses côtes. C'est à l'extrémité caudale que ce soulèvement de lamelles , à l'aide duquel l'animal peut en effet se fixer au sol , est le plus parfait. Le caractère essentiel du genre Cœciîia doit par con- séquent être changé : non seulement il ne devra plus être question des soi-disant rides latérales , mais il faudra ajouter , en outre , que le corps des Cœcilia n'est pas nu, attendu qu'on y remarque, à partir du milieu du tronc, des lamelles demi-circulaires (en forme de G, lamellce sigmoideœ) d'abord très-petites, ensuite plus grandes , qui forment enfin des cercles entiers ( lamellœ circulares) à l'extrémité caudale, lesquelles sont garnies, à leur face inférieure , d'écaillés proportionnées sous le rapport du nombre et du volume. On pourrait peut-être déterminer le cai-aclère essentiel du genre Cœcilia de la manière suivante : fl Truncus suhcylindricus -, trunci pars anterior striis signioideis notata , pars média vero lamellis et squa- mis lis suppositis anuni versiis acerescentibius , pars caudalis lamellis integris circularibus , squamas ««- merosas et majores tegenlibus , prœdita. ( '8;, ) Nous venons de démontrer de la sorte l'existence d'un rudiment de pied plus ou moins développé chez la plu- part des Ophidiens. Quant aux genres Hydrus et Acro- chordus, qu'on n'a pas encore examinés sous ce rapport, nous aurons peut-être occasion de les étudier par la suite, et nous ferons nos efforts pour remplir cette lacune. On me permettra de joindre ici encore quelques l'éflexions. On remarque, en général, un certain rapport entre ce membre postérieur des Ophidiens et leur queue, de sorte que chez les genres qui possèdent une longue queue roulante ou préliensile, comme, par exemple, chez le genre Coluber , le rudiment de pied ne consiste qu'eax un filament cartilagineux , tandis que ce membre pos- térieur se montre le plus parfaitement développé chez les serpens à queue courte, par exemple, les Tortrix ,\es Boa , etc. 5 mais de l'autre côté on voit le membre pos- térieur disparaître en môme temps que la queue , de fa- çon qu'il est imparfait chez les Amphisbènes , dont la queue est courte ou ne cousiste qu'en un moignon , et qu'il manque absolument , avec la queue , chez les Cœ- cilia. Le rudiment de pied semble en outre être en opposi- tion avec les dents venimeuses , eu ce qu'il parait man- quer chez tous les serpens venimeux , comme chez le Crotalus, le Coluber Berus , le Trigonocephalus , etc. Je suis bien aise de pouvoir donner ici , grâce à la bienveillance de M. de Froriep , mon respectable maître et ami , une figure de l'extrémité postérieure du Lacerta apoda (scheltopusik), meilleure que celle que nous devons à Pallas. {Noi'i commentai', acad. scient, imper. ( ^)^ ) Petropolit. , t. xix.) Nous publions cette figure (pi. 6, fig. i3), non dans la vue de ranger ce reptile parmi les Ophidiens, comme l'ont fait quelques naturalistes, mais seulement dans l'intention de faire voir l'analogie de l'os qui supporte le membre postérieur de ce bipède , avec celui qui existe chez V Anguis fragilis, et de four- nir par là une nouvelle preuve à l'appui de l'assertion , que l'os qu'on trouve chez les espèces du genre Anguis n'est pas un rudiment de bassin , mais bien un rudiment de pied. Ce rudiment de pied osseux du Lacer ta apodaest aussi simple que chez les Ophidiens que nous avons dé- signés sous le nom de Ctjptopodes , et néanmoins le rudiment de pied cutané du Scheltopusik est bifurqué, comme ou sait, et possède des orteils pointus. EXPLICATION DE LA PLANCHE VI. Fis. I. Extrémité postérieure du Boa constrictor, sur laquelle on a en- levé les tégumeiis et les muscles sous-jacens , savoir , le muscle peau- cier les muscles inter-costaux externes et internes , et le muscle trans- versc de l'abdomen pour laisser voir à découvert le membre posté- rieur eu entier. a, anus; b, crochet du côté gauche; c, muscle sous-cutané; d, côtes et muscles inter-costaux ; e , muscle transverse de l'abdomen ; f, os de la jambe enveloppé de ses muscles ; g, muscle abducteur du pied ; h f muscle adducteur du pied. Fis. 2. Système osseux du membre postérieur gauche du Boa Scytale , vu antérieurement (vu eu dessous ou en dehors). a tibia j b, os esternc du tarse; c , os interne du tarse; tZ, os du méla- tarse, avec son apophyse au milieu ; e , ongle ou crochet. Fie. 3. Le même vu postérieurement ( inlérieuremeut ). ( Les mêmes lettres indiquent les mêmes parties). Fig. 4- Système musculaire de l'extréinité postérieure du Boa constric- tor, vu extérieurement. ( 191 ) a , muscle long extenseur du pieil ; b , muscle fléchisseur du pied ; c , muscle abducteur du pied ; d , muscle adducteur du pied. Fig. 5. Le même vu iutérieuremeut. a-d , comme dans la figure précédente; e, muscle court extenseur du pied. Fig. 6. Extrémité postérieure du Tortrix rufus. F'S- 7- id.. du Tortrix scytale. Fig. 8. id. du Tortrix corallinus. Fig. g. id. de V Anguisjragilis . Fig. 10. U. de V Amphisbœna alba. Fig. II. id. de V Amphisbœnafidiginosa. Fig. 12. id. du Coluber pullatus {yariabdis) Fig. i3. Rudimens de pieds du Schehopusik {Lacerta apoda), vus en dessous. a, dernière vertèbre du dos ; b, dernière côte ; c, rudiment osseux du pied ; d , seconde vertèbre caudale , à laquelle se fixe l'osselet du pied. Observations sur la Structure du Gosier du genre. Ano.lis. Par Thomas Bell. La structure particulière du gosier du genre Anolis , dont je compte donner les détails anatomiques dans celte notice , a été observée depuis long- temps par les naturalistes dans tout ce qui regarde les circonstances extérieures et visibles: mais elle n'a jamais, à ce que je crois , été examinée au moyen de la dissection , et on n'a point étudié par quel mécanisme un effet aussi cu- rieux que celui qu'il présente a été produit. Ce genre comprend les Lézards de Linnée , qui ont des doigts longs, inégaux, dont les quatrièmes pbalanges sont dilatées de manière à leur permettre de courir avec ( 192 ) facilité sur des surfaces perpendiculaires , au moyen d'un mécanisme semblable à celui que Everard Home a démontré appartenir au pied du Gecko et de la Mouche d'appartemens , c'est-à-dire par la production d'un vide sous le pied. Mais la particularité qui fait le sujet de cette notice est le point plus ou moins grand auquel la peau du gosier peut s'étendre pour former, à la volonté de l'animal , une énorme protubérance qui dans quel- ques espèces s'étend de la partie antérieure de la ma- "j choire inférieure à près de la moitié de la panse. Cette dilatation a lieu lorsque l'animal est excité par la colère ou le désir, ce qui a fait penser à ceux des natu- ralistes qui ne jugent que par les apparences extérieures, que cet accroissement remarquable était produit par l'en- flure, et ce qui a fait adopter des termes qui expriment cette opinion à divers auteurs qui ont regardé cette par- ticularité comme un caractère de ce genre. Ainsi Cuvier dit : « la plupart portent un fanon ou un goitre sous la gorge qu'ils enflent. Merrem donne aussi comme un de leurs traits caractéristiques : ce Corpus iujlahile », obser- vant qu'ils ont le pouvoir d'e/zyZe/' le ventre. » Ayant re- çu dernièrement plusieurs échantillons de ce genre de Madère et des Indes orientales , j'ai eu occasion de faire de nombreuses dissections de celte partie dans plusieurs espèces, et de m'assurer de la manière précise par laquelle cette prétendue enflure a lieu. Cette particularité de la structure consiste en un dé- veloppement considérable de l'o^ hyoïde ou os de la lan- gue. Cet os est situé immédiatement sous le larynx (pi. 6, fig. i4, «)', il a deux branches longues et osseuses de chaque côté , que je distinguerai sous le nom de branches ( 19.3 ) latérales antérieures (fig. i/j, b) et postérieures (fig. 14-, c). En outre, une apophyse (fig. i4 , d) petite et fili- forme , sortant de la partie antérieure de l'os est unie à la partie inférieure de la langue, et une autre, formée par un cartilage (fig. i4, c) long, délicat et élastique-, s'étend en arrière du corps de l'os jusqu'au milieu envi- ron de l'abdomen , immédiatement au-dessous de la peau, à la surface intérieure de laquelle elle est attachée par un tissu cellulaire serré. Sa forme est légèrement aplatie et pyi-amidale à ses extî-émités , où elle est extrêmement grêle et flexible. L'appendice antérieur latéral s'étend en arrière jus- qu'à l'angle de la mâchoire inférieure, sur les muscles de laquelle il est recourbé en se dirigeant en haut. L'appen- dice postérieur latéral est placé dans une direction sem- blable mais ne prend pas la même courbure sur le bord de la mâchoire. Ces deux appejidices sont parallèles l'un À l'autre dans presque toute leur longueur , mais ilâ sont toujours à wne petite distance l'un de l'autre. Ces petits os donnent attache à plusieurs paires de muscles par l'action desquels a lieu le phénomène dont je veux parler. Voici les principaux : un muscle fort et large s'élève de tout le bord de l'appendice postérieur la- téral et s'insère à la clavicule : il est par conséquent d'une longueur considérable, et au moyen de ses contrac- tions l'appareil osseux entier est tiré en arrière et un peu en bas , de manière que la distance entre les deux «^- trémités de ce long cartilage élastique étaiit diminua , cet organe devient courbe, et la peau du gosieretdu ventre s'étend dessus, de la même manière que le taffe- tas d'une ombrelle s'étend sur ses baleines lorsqu'elle» vil. l3 ( 194 ) est ouverte. Ces parlies sont rendues à leur état naturel par l'acliou des muscles suivans : du bord de la branche latérale antérieure s'élève un muscle qui est inséré à- peu-près à toute la longueur de la base de la mâ- choire inférieure ; un autre prend son origine à la partie antérieure du milieu de Vos hyoïde , et s'insère à la symphyse de la mâchoire. On voit clairement que la contraction de ces muscles reporte en avant toute la partie osseuse de l'appareil et la rend ainsi à son état de tranquillité ordinaire. Ces actions sont aidées par d'au- tres muscles d'une importance secondaire et qu'on ne pourrait décrire et démontrer que plus difficilement. Telles sont les fibres musculaires qui passent de l'un des appendices latéraux à l'autre à-peu-près dans leur lon- gueur entière, pour les garder dans leur position relative et les aider dans les actions que je viens de décrire. J'ai fait les dissections les plus soignées de huit ou dix individus d'espèces variées; mais je n'ai jamais trouvé rien qui pût me faire supposer que ces animaux possédassent le pouvoir d'enfler cette poche, et je n'y ai jamais trouvé la plus légère ouverture par où l'air pût passer. Comme je n'ai pu observer ces reptiles que sur des échantillons morts , je me trouve restreint à de purs dé- tails anatomiques : je ne manquerai pourtant pas de mentionner que la peau de celte partie du gosier est tou- jours d'une couleur plus brillante que celle du reste du corps, et qu'elle est plus susceptible, dit-on, de ces chan- gemeus de couleur semblables à ceux du caméléon , que prennent beaucoup des individus de cette classe, et qui de- viennent toujours plus vifs dans les momens d'excitation. (19^) Explication des Planches. PI .6 , (ig. 14. Os hyoïde de VAnolis lineatus, vu inférieurement. Fig. i5. Le même , vu latéralement , dans l'état de repos. Fig. 16. Le même , porté en arrière , de sorte que l'appendice cartilagi- neux postérieur est courbé. Sur la Constitution géognostique et les Gites métallifères du Cornouailles et du Devon- shire (i). Par MM. Dufrenoy et Elie de Beaumont, ingénieurs des mines. I. Idée générale du sol de la partie sud-ouest de V Angleterre. § I. La partie de l'Angleterre située entre Bridge- Water, Tor-Baj, et le cap Land's-end , qui comprend le comté de Cornwall, la presque totalité de celui de De- 'von et la partie occidentale de celui de Sommeriet^ pré- sente un terrain ondulé , composé de collines arrondies et de petits plateaux qui séparent des vallées peu pro- fondes. Son sol , assez ingrat , exposé de toutes parts aux influences de la mer, est peu favorable à l'agriculture et même à la végétation en général. On y voit des étendues considérables incultes et sans arbres , recouvertes seule- ment de bruyères , d'ajongs, de dépôt tourbeux , et de dis- (i) Extrait d'une Notice sur le Gisement, l'Exploitation et le Traite- ment (les Minerais d'étain et de cuivre du Cornouailles , insérée dans les Annales des Mines , tom. ix, pag. 827. ( M)<^ ) lance en distance , de pâturages peu productifs. Elle pré- sente de nombreux rapports avec la Bretagne, non- seulement par la monotonie du tableau que présente un pays presque i^olé au milieu des mers , peu fertile et in- complètement cultivé, mais encore par sa position corres- pondante à l'entrée du canal de la Manche, par la forme découpéede ses côtes hérissées d ecueils, et riches en havres excellens , et surtout par la nature de son sol , composé aussi principalement de roches granitiques et schistenses et de grauwackes. § 9,. Ces roches constituent en Cornouailles deux ter- rains différens , l'un , qui occupe principalement l'extré- mité S. O. de la presqu'île, est composé de granité et de roches schisteuses, et doit être rangé ou dans les terrains primitifs ou dans les terrains de transition les plus an- ciens 5 le second, qui forme le nord-est du Cornouailles, le nord du Devonshire et les parties de ces deux comtés qui avoisinent Plymoutli , est un terrain de transition , composé principalement de grauwacke et de calcaire es- quilleux alternant quelquefois ensemble 5 il présente beaticoup de points d'analogie avec les terrains de tran- sition de la Bretagne et des Pyi'énées. Ç 3, L'aspect du pays dont nous avons signalé plus haut la monotonie varie cependant sensiblement avec la composition du sol. Les cantons granitiques, dont la sur- face est plus élevée et plus inégale , se font remarquer par leur stérilité. Sur les pentes généralement peu ra- pides des montagnes , ou au pied de leurs escarpemens, on voit des réunions considéiables de blocs de granité qui dc'cèlcnt la nature du teriain. Des fxagmens plus ou moins gros de la morne roche sont ( 197 ) aussi épars dans le reste de ces cantons , où ils frappent peu la vue, étant à moitié cachés dans la bruyère ; mais on les voit reparaître dans toutes les portions un peu moins ingrates et qu'on a défrichées, parce qu^alors, pour en débarrasser les champs, on les a transportés à leurs li- mites et rangés en petit murs qui leur servent de clô- ture. Ces districts granitiques forment, comme on le voit sur la carte (pi. 7) , des espèces d'ilôts disposés à-peu-près sur une ligne droite qui se dirige de l'O. S.-O. à l'E. N.-E., depuis le district du Laud's-end, et même depuis les îles Sorlingues jusqu'au Darlmoor-Forest, et constituent ce qu'on appelle la chaîne ochrinienne. Ils dominent les contrées environnantes , et présentent les sommités les plus élevées de tout le pays. Voici les hauteurs des prin- cipales. Pied» angl. Mètres. Hens-barrow -down. • • • • ] l io34 3ii. Brown-willy > Coraouailles. < i368 4"- Kit-hill j l 1067 320. Cowland-hill or Beacon. • i f 1792 53o. Etn-head. J. Devonsliire. < i i3i 340. Rippoa-tor. j l,- i549 4*^6. On ne voit rivaliser avec elles que les montagnes de Grauwacke du nord du Devonshire et de l'est du Sôm- mersetshire, dont plusieurs atteignent i5 à 1700 pieds anglais et même au-delà. Ces protubérances granitiques constituent comme au- tant de noyaux , autour desquels se groupent les roches qui constituent le reste du pays. Chaque protubérance granitique est environnée par une bande de schiste argi- leux, verdâlre, passant quelquefois au schiste lalqueux. ( 198 ) ou au schiste ampliîbolique. Les couches de ce schiste plongent dans le même sens que la surface extérieure des masses granitiques , sur laquelle elles paraissent s'ap- puyer. Ces roches schisteuses constituent des régions plus basses, plus unies et moins incultes. La surface du sol, couverte d'une certaine épaisseur de terre végétale, ne présentant pas de blocs épars , et rarement des rochers saillans , on n'aurait aucune idée de la nature des roches qui le composent si les escarpemens naturels que pré- sentent les côtes , les bords des rivières , les ravins et les coupures artificielles , ne faisaient connaître que ces ro- ches sont généralement schisteuses. Les cantons les plus fertiles sont , en général , ceux qui avoisinent la ligne de jonction des roches schisteuses avec le granité , et où la terre végétale est formée des débris mélangés des deux roches. A une distance plus ou moins grande du granité^, ces schistes sont recouverts par des grauwackes com- mîmes et sêhisteuses, passant au schiste argileux, et contenant des couches subordonnées de calcaire. Ces couches constituent presque à elles seules le nord-est du Cornouailles , le nord du Devonshire , et les parties de ces deux comtés qui avoisinent Plymouth; elles oc- cupent en outre un espace d'une certaine étendue dans le midi du Cornouailles , entre Truro et Grampound , où elles paraissent y être déposées comme dans un bassin. Il existe aussi dans le Cornouailles des serpentines et des eupholides associées à des roches talqueuses et am- phiboliques. Ce système constitue la presqu'île , à l'ex- jrémité de laquelle se trouve le cap Lizard , canton que ( »99) nous u'avons pas visité et que nous n'essaierons pas de faire connaître en détail (i). (i) Nous n'avons pu faire dans le Cornouailles qu'une assez court» excursion à la suite d'un voyage dans diverses parties de l'Angleterre et de l'Ecosse , dans lequel nous avions été appelés à seconder M. Brochant de Villiers , membre de l'Institut et Inspecteur divisionnaire au corps royal des mines , chargé de faire une reconnaissance des terrains dé-, crits , classés et tigurc's avec tant de méthode et de précision par les géologues anglais. Si nous avons réussi , en aussi peu de temps , à visi- ter les points les plus importans de la contrée et à nous former sur son enseml^le des idées assez complètes pour nous hasarder à les publier , nous le devons aux excellentes directions et à l'extrême complaisance de plusieurs habitans de ce comté versés dans la connaissance de son sol et de ses mines. Nous sommes surtout infiniment redevables k M. Carne et à MM. Boaze de Penzance , dont les obligeantes et pré- cieuses communications nous ont épargné bien des recherches , et ont beaucoup contribué à étendre le cercle de nos idées. Nous avons aussi tiré de grands secours des Mémoires qui sont contenus dans les deux volumes àes Transactions , publiés par la Société gédlogique du Cornouailles , et nous sentons d'autant plus l'obligation de reconnaître ici que nous avons beaucoup profité de ce recueil , qu'ayant souvent réuni ensemble dans ce travail des indications extraites de plusieurs Mémoires , ou les. ayant fondues avec les résultats de nos propres observations , il ne nous a pas toujours été possible de citer les auteurs dont nous avons emprunté ces divers documens. Les Transactions de la Société géologique de Londres nous en ont aussi fourni plusieurs , et l'excellente carte géo- logique de l'Angleterre , par M. Greenough , nous a également offert un. grand nombre d'indications qui nous ont été de la plus grande utilité pour dii'iger et coordonner nos observations ; nous avons même pensé que nous ne pouvions rien faire de plus utile , pour faciliter au lecteur l'intelligence de nos descriptions , que d'y joindre la copie de la partie de cette carte qui représente la presqu'île qui nous occupe. ( 200 ) II. Constitution géologique du lerrain métallifère. § 4- I^ résulte de la disposition particulière des gites métallifères du Cornouailles^ disposition qui sera décrite plus loin , que les mineurs de cette contrée travaillent toujours, soit dans \q granité , soit dans le schiste argi- leux verddtre, soit dans le porphyre : aussi leur lan- gage technique ne présente-t-il que trois noms de roches, groxvan , Aillas et elvan, § 5. — Le nom de growan est employé pour désigner les roches grauitoïdes , soit intactes ou dans leur état de solidité naturel , soit décomposées. On appelle Aillas toutes les roches schisteuses eu gé- néral, et plus particulièrement le schiste argileux verdà- ire, dans lequel sont ouvertes les plus riches exploita- tions de cuivre et d'étain. Enfin , le nom d'eZvaw comprend en général les masses étrangères qui se rencontrent d, séquent d'une origine un peu plus ancienne. Ce der- nier cas s'observe très -clairement dans la mine de Pol- gooth(pl. 9). Les filons métallifères sont affectés de diverses ma- nières par les filons d'elvan qu'ils traversent : le plus ( 228 ) ordinairement, ces premiers passent à travers l'clvan ^ comme à travers le killas , sans éprouver d'altérations apparentes : quelquefois ils s'amincissent, s'appauvris- sent , se divisent en filets 5 d'autres fois , au contraire , le filon , en entrant dans Telvan , augmente de puis- sance et s'enrichit. La mine de cuivre de Huel-alfred , a Pillack , fournit un exemple remarquable de cette cir- constance : le filon d'elvan a loo mètres (5o fatli.) de puissance ; il court du nord-est au sud-ouest , et plonge au nord-ouest sous un angle de 45*^. Le filon métallifère qui s'enfonce vers le nord, sous un angle de 18*^ à 20", avec la verticale , produisait très-peu de minerai de cui- vre lorsqu'il était dans le killas : aussitôt qu'il devint eu contact avec Telvan, il s'enrichit, et sa richesse s'accrut à mesure qu'il s'enfonça dans celte roche; sa puissance, qui était de 6 pieds dans le killas, s'accrut jusqu'à 24 dans l'elvan. A la profondeur de 0.^0 mètres (120 fath.), il sortit de l'elvan et rentra dans le killas. A partir de ce point, sa puissance diminua graduellement, et à la profondeur de 3oo mètres (i5o fath.), elle était seule- ment de 10 pieds. Sa richesse commença aussi à décliner dès qu'il fut sorti de l'elvan. iDans quelques mines , le filon , eu entrant dans l'el- van , non-seulement devient plus puisant et plus riche, mais encore il pousse de petites branches qui pénètrent dans l'elvan des deux côtés. La mine d'étain de Huel- vor, paroisse de Breage, nous offre un exemple de cette disposition. Dans la mine de cuivre de Huel-fortune, paroisse de Ludgran, le filon, en traversant l'elvan, devient dans quelques parties plus puissant et plus riche ; dans d'au- ( ^29 ) très parties, il s'y divise en petites branches appelées par les mineurs ^/ef5 (strings), qui sont assez riches pour être presque aussi productives que le filon , même dans les parties où il n'est pas divisé. Cet elvan , quoi- que décomposé dans ses parties les plus élevées , devient dans la galerie la plus profonde un porphyre feldspa- thique (hornstone-porphiry),. Des Filons d'étain. § 20. — Les filons d'étain sont les plus anciens des filons métallifères du Cornouailles 5 mais ils ne sont pas tous de la même formation : il en existe deux systèmes diflerens. Leur direction est sensiblement la même , mais les uns plongent vers le nord , et les autres vers le sud. Les premiers sont plus anciens que les seconds 5 car , dans toutes les mines où ces deux systèmes de fi- lons sont associés , on voit toujours celui qui plonge au nord coupé et rejeté par celui qui plonge au sud. La coupe des travaux des mines de Seal-hole et Trevan- nance , fig. 8 et Jig. 6 , pi. 8 , nou''3 montre cette disposition. Dans la dernière, on voit également que les deux systèmes de filons d'étain sont coupés par les filons de cuivre les plus anciens 5 ce qui nous indique l'anté- riorité des filons d'étain. La plus grande partie des filons exploités paroisses de Saint -Agnès et de Saint- Jus t appartiennent au sys- tème de filons le plus ancien. La direction des filons d'étain varie , en général , de 5° à i5° au nord de l'est et au sud de l'ouest : il y a cependant des exceptions à cette espèce de régularité j^ ( 23o ) quelques-uns se dirigeant exactement est et ouest , et d'autres , mais fort rares , du nord- est au sud-ouest. L'inclinaison moyenne est de 3i° à •ji^ avec l'ho- rizon. La longueur et la profondeur de ces filons d'étain , ainsi que de ceijx des autres métaux , n'ont jamais été reconnues. Quelques-uns , ceux de Poldice , ont été sui- vis sur une étendue de deux milles 5 leur épaisseur varie depuis quelques lignes jusqu'à plusieurs pieds 5 la lar- geur moyenne est de deux à quatre pieds 5 cette largeur n'est pas constante, les filons présentant continuelle- ment des rétrécissemens et des renflemens. La composition des filons d'étain est la même , quel que soit le système dont ils font partie 5 la gangue est tantôt de quarz , de chlorite , de quarz et de tourmaline, de quarz mélangé de chlorite , ou de quarz et de mica j quelquefois tous ces élémens sont réunis dans un même filon. Beaucoup de filons de la commune de Saint-Just sont accompagnés de granité décomposé ; enfin , quelque- fois la chaux fluatée est associée avec le minerai d'étain. Ces filons , outre l'étain oxidé , renferment les miné- raux métalliques regardés comme les plus anciens , tels que le wolfram , les arséniates de fer et de cuivre , le phosphate de cuivre, le nickel natif, le bismuth , l'u- rane , etc. : les pyrites de cuivre , quoiqu'en général d'un gisement postérieur , y sont également fort abondantes , et souvent une mine d'étain peut aussi être regardée comme une mine de cuivre. La richesse des filons d'étain n'est pas constante : quelques-uns sont plus riches dans la hauteur; d'autres, au contraire , s'enrichissent en s 'approfondissant. (23l ) Le granité , ainsi que nous l'avons déjà dit , § i8 , ren- ferme une plus grande quantité de filons que le killas; mais ceux qui traversent cette dernière roche sont beau- coup plus riches. Le gisement de l'étain paraissant être principalement à la jonction du granité et du killas, les filons doivent se prolonger souvent de l'une de ces roches dans l'autre. Le plus ordinairement, dans ce passage, l'allure et la richesse des filons n'éprouvent aucune altération 5 mais quelquefois le changement de roche influe sur le filon : ainsi , dans la commune de Saint-Just , et notamment à Bottalack , les filons sont plus riches à la jonction des deux roches que dans aucun autre point de leurs cours. Dans la paroisse de Breage , les filons exploités dans le granité sont coupés presque brusquement à l'approche du killas , où l'on peut dire qu'ils semblent se terminer , tandis que quelques autres, au contraire, celui de carleen, par exemple , riches dans toute la partie qui traverse le killas , se réduisent à une vénule en entrant dans le granité. L'intersection des filons d'étain entre eux , ou avec des filons d& fer appelés guides , apporte aussi quelques changemens dans la richesse des filons. Une longue ex- périence a appris aux mineurs de Saint-Just que , suivant l'angle sous lequel l'intersection a lieu , il en résultait un enrichissement ou un appauvrissement du gîte. L'angle de 45° parait être une espèce de limite : aussi , quand l'angle compris entre les deux filons est plus grand que 45**, ils n'espèrent pas d'enrichissement de la ren- contre des filons -, quand , au contraire , il est plus petit, spécialement entre 20° et So**, ils espèrent trouver une ( 23:. ) quanlilé considérable d'élain à la renconli'e des filons. Ce fait , en apparence singulier , se conçoit facilement, parce que deux filons qui se rencontrent sous un petit angle doivent marcher ensemble sur une plus ou moins grande largeur , et présenter par conséquent un renfle- ment , ainsi que la j^^. ^^pl. 8 , l'indique. .Cette règle, quoique générale, éprouve des ex- ceptions. En comparant les différens gisemens de Tétain oxidé en Cornouailles avec ceux de ce minéral en Saxe, on trouve la plus grande analogie non-seulement pour les genres de gisement, mais même pour l'âge des filons. Ainsi , d'après la description que M. Manès en a donnée dans le huitième volume des Annales des mines ^ on voit que l'étain se trouve, en Saxe , en amas, en stock- werks et en filons , et qu'il n'en existe pas de véritable- ment disséminé dans la masse du granité. Ces trois genres de gisement ont exactement leurs correspondans eu Cornouailles j mais ce qu'il y a de plus remarquable, c'est que le terrain de gneiss parait être le plus riche en dépôts stannifères. Ce terrain, regardé par tous les géologues comme le passage du granité au schiste, cor- respond assez bien par sa position à la jonction du granité et du killas du Cornouailles, toutes les roches qui leur sont intermédiaires manquant dans cette partie de l'An- gleterre ; l'âge des gîtes stannifères est également resserré dans les deux contrées entre les dernières parties du terrain granitique et la grauwacke qui recouvre immé- diatement les roches schisteuses ; car ni en Saxe ni en Cornouailles , on ne cite d'exploitation d'étain dans cette roche de transition. Un autre rapprochement également I ( 233 ) fort intéressant , c'est qu'il existe en Allemagne plusieurs stockwerks d'étain disséminé dans un porphyre, notam- ment celui d'Altenberg, correspondant très-probable- ment à l'elvan du Cornouailles. Celte espèce de limite des dépôts stannifères , constatée dans les deux pays les plus riches en mines d'étain , se retrouve encore à Pyriac , sur la côte de Bretagne. Dans cette localité , ainsi que l'un de nous l'a décrit dans un rapport imprimé dans le quatrième volume des Annales des mines, toute la côte, depuis Saint-Nazaire jusqu'à Penhareng , village situé à deux kilomètres au sud-sud" ouest de Pyriac , est composée de granit , auquel suc- cède ime formation schisteuse. C'est dans les 4oo der- niers mètres de la formation granitique que commence la présence de l'étain , et on retrouve ce métal dans les roches schisteuses au-delà de Pyriac. L'étain oxidé n'a été reconnu jusqu'ici sur cette côte qu'en petits amas , n'ayant aucune relation entre eux : gisement qui , sur une échelle beaucoup plus petite , est analogue aux tin- ■floors du Cornouailles. Trompé sur les véritables gise- mens de l'étain , les recherches ont été dirigées jusqu'ici principalement sur le granité ; mais il serait indispensa- ble , si jamais on en faisait de nouvelles , d'explorer éga- lement le schiste. Il est d'autant plus probable que les petits amas d'oxide d'étain que nous venons de citer ne sont pas les seules gites de ce minéral sur cette côte de la Bretagne , que parmi les nombreux galets répandus sur la plage , beaucoup présentaient encore des formes cristallines ; tandis qu'on n'a trouvé aucun cristal d'oxide d'étain dans les amas qui ont été reconnus et exploités dans le granité. Cette disposition du gisement de l'étain ( 234) dans les parties les plus modernes du granité , est d'ac- cord avec l'opinion que M. de Humboldl a émise dans son Essai géognostique sur les roches , que le granité stannifère est un des plus modernes. Des Filons de cuivre les plus anciens.. § 21. — Il existe en Cornouailles trois systèmes de filons de cuivre : les plus anciens , qui forment la base de la plus grande partie des exploitations de cuivre de ce comté, se dirigent de l'est à l'ouest : aussi les mineurs leur donnent le nom de east-and west copper-lodes. Les filons du second système se dirigent du sud-est au nord-ouest: voir § 22. Les filons les plus modernes se dirigent , comme les plus anciens , de l'est à l'ouest , et on ne les reconnaît que parce qu'ils coupent et rejettent les filons croiseurs , ainsi que nous l'indiquerons plus bas, § 24'' Le premier système est regardé comme le plus ancien , parce qu'il est toujours traversé par les deux autres , et qu'au contraire ils ne le coupent jamais. L'inclinaison des filous est et ouest est variable. Ils plongent le plus souvent vers le nord , sous un angle d'environ 70° avec l'horizon 5 mais quelquefois cet angle n'est que de 35°. La largeur de ces filons n'excède pas six pieds ; mais quelquefois ils présentent des renflemens qui la portent jusqu'à 12. On ne connaît pas leur longueur : celui qui est exploité dans United-mines a été reconnu sur une étendue de 7 milles. La gangue de ces filons est généralement du quarz , ou pur, ou mélangé de parties vertes analogues à de la ( ^35 ) clilorite; quelquefois elle est de chaux flualée ou com- posée de ces deux élémens à la fois. Ces filons contien- nent des pyrites de fer , de la blende , du cuivre sulfuré et beaucoup d'autres combinaisons de cuivre , telles que le cuivre carbonate, phosphaté, arséniaté, muriaté, etc., mais en très-petite quantité. La plupart des filons de cuivre sont accompagnés de petits filons argileux , appelés par les minevLrs Jluckan of ilie Iode ; ils sont souvent des deux côtés du filon , et correspondent alors aux salebandes dé Werner 5 mais quelquefois ils sont d'un seul côté et passent fréquem- ment d'un côté à l'autre 5 enfin ils se séparent du filon sur un espace de quelques mètres et le rejoignent bientôt. Dans plusieurs mines de cuivre , principalement dans celles qu'on appelle United- mines , exploitées sur le fi- lon principal qui appartient au système le plus ancien (est et ouest ) , on a reconnu que la richesse augmentait des deux côtés à l'approche des filons plus modernes de cuivre. Quelques mines ont aussi présenté , dans ces croise- raens , ce fait singulier , que le filon était plus riche seulement d'un côté , et entièi'cment stérile après l'in- tersection. Il arrive quelquefois , mais rarement , que deux filons cuivreux viennent s'appliquer longitudinalement sans qu'il y ait eu intersection visible : dans ce cas , le filon présente un renflement en ce point; mais il se sépare ensuite , ^g-. 4? pi- 8. Des filons qui ont été stériles sui' une certaine éten- due deviennent quelquefois productifs à une plus grande distance du jour : ce passage se fait par gradation. La ( 236 ) nature de la gangue ne change pas entièrement •, mais son état éprouve quelque modification : c'est ainsi que le quarz , au lieu de former des masses solides , devient pénétré de fissures dans tous les sens, et présente un grand nombre de cavités. Les mines dites United-mines présentent cet accident 5 dans d'autres cas , l'une des par- ties composantes de la gangue augmente beaucoup en proportion : ainsi , lorsqu'elle est formée d'un mélange de quarz et de chlorite, le premier de ces composans diminue peu à peu, et il ne reste presque que de la chlorite pure : ces cliangemens s'observent aussi fré- quemment dans les mines d'étain. Quelques filons ont donné du cuivre près de la sur- face , tandis qu'on les a trouvés riches en étain dans leur partie inférieure, comme on l'observe dans la mine de Cook's - Kitchen , Jig. 3 , pi. 8. Il est probable que ce phénomène est du à la rencontre de deux filons , dont l'un est cuprifère et l'autre stannifère. Une longue expérience a fait connaître que les fjilons de cuivre sont généralement peu productifs dans un district de mines d'étain. Nous avons déjà indiqué que les filons d'étain sont antérieurs à ceux de cuivre j ces derniers sont, à leur tour, plus anciens que les cross -courses et les filons ar- gileux -, car ils sont coupés également par ces deux gen- res de filons. Les fig. 1,2,6,9, 10 et 11 , ;?/. 8, représentant des plans de mines , nous montrent cette disposition. ( 237 ) Second système de filons cuivreux, contka COPPEft LODES. § 22. — La direction générale de ces filons est de 3o^ à 45° du sud de l'est au nord de l'ouest ; leur incli- ïiaison est presque la même que celle des autres filons de cuivre, environ 70° avec l'horizon (2 pieds par toise). Leur composition est à-peu-près la même que celle des filons est et ouest que nous venons de décrire: seu- lement ils contiennent plus de parties argileuses : ils sont, en général , plus larges que les filons est et ouest : leur largeur moyenne peut être évaluée à quatre pieds. Dans quelques mines Huel-alfred , HueUcrinnis , etc., Ik puissance des filons varie de 9 à i5 pieds. Le nombre des filons de ce second système est peu considérable relativement à ceux du premier. On les a trouvé aussi riches en cuivre que les autres 5 ils sont également accompagnés de petites veines argileuses , pro- bablement plus récentes que la masse du filon , car elles passent d'une paroi à une autre. On ne connaît aucun exemple de filons de ce second système coupés par ceux que nous avons déjà décrits., tandis qu'au contraire ils sont coupés par des filons plul modernes , que nous allons indiquer succinctement. Des Filons croiseurs, cnoss-couasEs. § 23. — Ils sont composés quelquefois presque entiè- rement de quarz ; mais souvent ils contiennent une grande proportion d'argile. C( 238 ) Leur largeur est plus considérable que celle des filons d'étain et de cuivi^e ; elle va jusqu'à 36 pieds; leur puissance moyenne est de 6 pieds. Ils se dirigent quelquefois du nord au sud , ou du sud-ouest au nord -est, mais plus fréquemment du iiord- ouest au sud- est. Leur inclinaison est aussi variable que leur direction : la plupart de ceux qui se dirigent du nord-ouest au sud-est plongent vers le nord-est ; ceux qui courent du sud-ouest au nord-est plongent vers le nord-ouest. . r^titoï: ^iip U Les filons croiseurs causent souvent des dépenses con- sidérables, en rejetant les filons et eu influant sur leur richesse , qu'ils rendent quelquefois nulle 5 d'autres fois aussi ces filons , étant argileux , interceptent les eaux. Parmi ces filons croiseurs il en est un très-remar- quable , qui a été reconnu sur une grande étendue, depuis Porth-towan , sur la côte du canal de Bristol , jusque dans la paroisse de Saint-Agnès , et même jusqu'à la côte de la Manche , ainsi qu'on peut le voir sur la carte. Ce filon coupe et rejette tous les filons métallifères 5 ceux qui plongent à l'est sont rejetés de 100 mètres (5o fa- thoms), et ceux qui plongent à l'ouest de 36 mètres ( 18 fathoms). C'est probablement à ce genre de filons qu'on doit rapporter ces grands filons qui traversent , du nord au sud, la paroisse de Saint-Just, et qui sont appelés guides par les mineurs. Ils ont ainsi appelé ces filons, parce qu'ils supposent qu'en les suivant ils rencontrent des filons stannifères : on pourrait les appeler plus exac- tement filons ferrugineux , car ils contiennent une grande quantité de minerais de fer oxidé hydraté , d'hé- ( ^h ) matite brune , et même de fer oligiste. Deux de ces filons ont été suivis sur une étendue de 3 milles , et un autre sur une étendue de 5. Ces filons croiseurs sont, en général, improductifs en étain et en cuivre : cependant il existe dans la mine d'étain de Polgooth un filon croiseur riche en étain, et c'est également sur des filons croiseurs que sont exploi- tées les mines de cuivre de Huel-music et Huel-jubilée. Le plomb est le métal principal que présentent ces fi- lons croiseurs -, il en existe plusieurs près de Truro , où l'on exploite ce métal-, ils se dirigent du nord au sud. C'est dans cette classe que l'on doit placer les filons de plomb des environs de Tavistock; ou trouve aussi, mais rarement , dans ce système de filons des minerais de cobalt , du sulfure d'autimoine , de la boui^nonite , de l'argent noir et de l'argent natif. Les y?g. 5 , 9 et 11 montrent l'intersection des filons plus anciens par les fi- lons croiseurs. Filons de cuivre les plus modernes. § 24. — Ce troisième système de filons de cuivre se confond par sa direction , tantôt avec les filons est et ouest , tantôt avec les filons croiseurs 5 on les reconnaît seulement, parce qu'ils coupent ces deux systèmes de filons , ainsi qu'on peut le voir dans \».jig. g. L'inclinaison de ces filons est également la même que celle des autres filons de cuivre ; leur composition , quoi- que analogue , est cependant plus argileuse. C'est probablement à ce système que l'on doit rappor- ter les filons de plomb qui ont été découverts , il y a peu d'années, dans la paroisse de Newlyyi. Ces filons ont à- ( 240 ) peu-près deux pieds de puissance , et courent de l'est à l'ouest : cette direction fait présumer qu'ils n'apparlien- nent pas aux filons croiseurs; car ces derniers , lorsqu'ils sont plombifères , ont ordinairement une direction nord et sud. lies Jig. r, 2, 5, 9 nous montrent l'intersection de ces filons par les filons argileux que nous allons décrire. Filons argileux. § 25. On distingue les filons argileux en deux classes, suivant la manière dont ils se coupent : les uns sont ap- pelés cross-Jluchans , et les autres slides. La puissance des premiers varie depuis quelques lignes jusqu'à 9 à lo pieds. L'eau ne les traverse jamais , quelle que soit leur puissance , et , sous ce rapport , ils sont fa- vorables aux travaux d'exploitation. Leur direction est généralement nord et sud , et ils plongent vers l'est en coupant et rejetant tous les autres filons, excepté les slides, comme on le voit dans les fig. I , 2, 5 et 9 de la pZ. 8. Les slides forment probablement la classe la plus ré- cente des filons proprement dits ; ils traversent tous les autres. Ils sont composés d'argile dans un état plus ter- reux que celle qui se trouve dans les autres filons. Ils sont généralement fort minces , et atteignent rarement un pied d'épaisseur. Ils sont généralement dirigés à-peu- près comme ceux de cuivi'e et ceux d'étain 5 mais ils sont peu inclinés à l'horizon , ce qui , eu égard aux rejets qu'ils produisent, leur a fait donner le nom de slides , qui veut dire glissement. ( 24i ) Remarques sur les filons du Cornouailles en général. § 26. Lorsque deux filous se coupeut , et que les deux segmens de celui qui est coupé ne restent pas dans le prolongement l'un de l'autre , il est intéressant de con- naître suivant quelle loi se fait ce rejet. En Saxe, on donne pour règle générale que la partie rejetée est toujours du côté de V angle obtus : c'est aussi généralement le cas en Cornouailles 5 et plus l'angle est obtus , plus le rejet est considérable. Plusieurs mines du Cornouailles présentent des exem- ples de rejet très-remarquables. On peut citer particu- lièrement celui du grand filon de cuivre de Carharack , représentée^. 2 , et celui qui s'observe dans la mine de cuivre et d'étain dite Huel-Peeven , que représente Ir fig. 7. § 27. On ne peut dire que les filons du Cornouailles aient une tendance iriarquée, soit à s'élargir, soit à s'amincir à mesure qu'ils s'enfoncent. Ou pourrait citer des exemples également nombreux de l'un et de l'autre cas, tandis qu'un très-grand nombre de filons de la même contrée conservent à-peu-près la même épaisseur dans toute leur étendue. Du Minerai d'étain d' allusion. \ ; § 28. L'oxide d'étain se trouve disséminé , soit dans les alluvions qui recouvrent la pente de la plupart des col- lines peu inclinées qui avoisinent les lieux riches en miïies d'étain, soit dans les alluvions qui remplissent le fond des vallées qui serpentent au pied de ces collines ; mais dans ces dépôts assez fréquens , l'étain est rarement vu. ï^ ( A^- ) disséminé en assez grande proportion pour qu'on puisse l'en retirer avec avantage. Les exploitations du minerai d'alluvion sont appelées stream-works , parce que l'eau est le principal agent que l'on emploie pour isoler les galets d'oxide d'étain du sable dans lequel iU sont dissé- minés. Les principaux stream-worfcs sont groupés autour de Saint-Just et de Saint-Austle , et parmi ces derniers on remarque surtout ceux de Pentowan. L'alluvioii stanni- fère qui les aliraenle est déposée dans le fond d'une val- lée creusée dans un killas qui est ici une grauwacke scliisteuse bien prononcée, contenant des fragmens de schiste argileux. Cette alluvion est assez mince et dé- posée immédiatement sur les tranches des couches de grauwacke, mais recouverte par un dépôt d'alluvion non stannifère, dont l'épaisseur varie de 20 à 70 pieds, et qui est composé de diverses couches sableuses , argi- leuses et tourbeuses , dont quelques-unes contiennent des coquilles marines, et même des débris de mammi- fères , tels que des cornes de daim et de bœuf sauvage : ces dernières sont quelquefois d'une grande dimension. La circonstance que le sable d'étain se trouve toujours uniquement à la partie inférieure de ces diverses cou- ches prouve que l'alluvion slannifère est ancienne , et qu'elle a été formée en une seule fois, et non par par- ties, à des époques différentes-, car, s'il en était ainsi, les diOerentes couches dont ce dépôt se compose de- vraient nous présenter des alternatives de dépôts stan- nifèrcs. L'oxide d'étain estdisséminé dans l'alluvion com- posée de galets de roches anciennes , soit en sable très- iin, soit en galets de dimensions différentes. Les plus ( ^43 ) gros présentent , eu association avec l'oxide d'élain , du quarz^ de la chlorite , et d'autres substances pierreuses analogues à celles qui constituent la masse principale des filons d'étain exploités dans le Cor nouailles. Cette as- sociation prouve d'une manière certaine que c'est à la destruction des filons d'étain qii'est due la formation de ces alluvions stannifères : une particularité très-remar- quable que présentent ces galets d'étain est l'absence de tout mélange d'autre matière métallique , excepté quelquefois quelques nodules de fer bématite. Cette circonstance rend le minerai des streani-worhs susceptible de donner un étain très-pur. On ne peut dire positivement par quels moyens ces galets, arrachés aux filons, ont été débar- rassés de certaines substances métalliques qui, suivant toute probabilité , entraient dans leur composition. Ce- pendant quand on considère que l'bématite et l'oxide d'étain, espèces presque indestructibles, sont les seuls minéraux métalliques qu'on trouvé dans lés dépôts de celte nature , on est naturellement conduit à penser que les arséniures et les sulfures qui accompagnent oxdinaire- meut l'oxide d'étain dans les filons ont été décompôséis et ensuite entraînés par L'action des .eaux," ' :: *^'-' ='^''-'' ' ■ . .• . . j!) èfsil'irrr on i Analyse de deux Pierres calcaires magnésiennes provenant des montagnes d'Ollioule, en Pro- vence, et de Cette , en Languedoc; °'j 'J'f^ '■'^^ Par M. Laugier.' ' -"'*''' . ■■•^"niii/ M. Casimir Bucb , minéralogiste de Francfort, en visitant récemment les montagnes d'Ollioule , près de Toulon , ainsi que celles des environs de Cette et de Frontignan , y a observé des pierres calcaires dont liés propriétés physiques et le gisement lui ont paru con- formes avec une espèce de dolomite qu'il avait trouvée dans d'autres lieux et dans des terrains analogues. Celle conformité lui a fait soupçonner que ces pierres calcaires pouvaient contenir de la magnésie , et se rapprocher ainsi par leur composition de la dolomite. M. de Humboldt , auquel M. Bucli a fait part de ses soupçons sur la nature de ces pierres et des conséquences qu'il en déduirait , s'ils se réalisaient , pour éclaircir un point important de géologie , m'a engagé à rechercher -si ces pierres calcaires contenaient réellement de la magnésie, et surtout en quantité notable. Voici le résultat de l'examen que j'entai fait. Ces pieiTes m'out semblé plus dures que le spath «alcaire ; leur cassure est conchoïde et a un certain éclat : ^lles sont formées de très -petites lames, brillantes et un _peu nacrées. Celles d'Ollioule sont d'^un gris jaunâtre', tandis que celles de Frontignan et de Cette sont d'un gris brunâtre. Leur pesanteur spécifique , prise avec beaucoup de soin, est presque exaclement la même, car elle est dé 2,^78 pour la pierre d'Ollioule , et de 2,77 pour celle de Fixtntignan. Ces pierres se dissolvent assez facilement, surtout air 4éqs de la chaleur, dans les acides, et eu donnant jusqu'à leur entière dissoluûon une effervescence sensible. Elles ne laissent que deux ou trois centièmes de résidu , que g' ai reconnu pour un mélange de silice, d'alumine et d'oxide de fer. 100 parties dçs pierres calcaires magnésiennes exami- iijéç&.^nt formées de |a panière suivante : Pierre de Celte. Pierre «l'OUioolc. De CarboDate de chaus. .ii .',.«•.. .^>v.f^i,55, 57,44; Cïirbonate de magnésie. . . . . 5 .' 4i)^' > 39>24 ; Alumine, silice et ozide de fer. . . 2,5o , 3, « . 95.36. 99>(^8- D'après la pesanteur spécifique des pierres recueillies par M. Casimir Buch , et la proportion de carbonate de magnésie qu'elles renferment , on ne peut douter qu elles n'appartiennent à 1,'espèce dolomite, et plus parliculiè- remeut à la variété désignée par les minéralogistes sous la dénomination de dolomite compacte. a 2^5 ) Tableau méthodique de la classe des Céphalopodes, Par M. Dessalines D'Orbigny. ( Suite. ) IIP Ordre. — Foraminifères , Nob. ; Asiphonoïdes , de Haan. Caract. essent. Un test polylhalame totalement in- terne ; dernière cloison terminale ; point de siphon , mais seulement une ou plusieurs ouvertures donnant communication d'une loge à l'autre. Un grand nombre de bras. Les Céphalopodes de cet ordre ont un corps bursi- forme , dans la partie postérieure duquel se trouve ren- fermée la coquille; ce corps prend quelquefois un grand volume comparé à celui de la tête , à laquelle dans les raomens de danger il sert d'abrit , la renfermant pres- que en entier dans les replis antérieurs de la peau. Cette tête est très-petite, peu ou point distincte du corps , terminée par des tentacules nombreux formant plu- sieurs rangées autour de la bouche , qui est centrale. Ce n'est que dans cette série que l'on trouve des Cé- phalopodes fixés par quelques parties de l'animal ou par la coquille elle-même. Dans ce dernier cas , la coquille ne touche pas immédiatement le corps sur lequel elle repose 5 elle en est toujours séparée par une partie du sac qui se trouve interposée entre la coquille et le corps étranger qui lui sert d'appui. Cette privation de locomotion peut faire présumer chez ces Mollus- VII. — Mars i8i6. 17 ( 246 ) ques la réunion des deux sexes sur le même individu. L'animal paraît peu adhérera la coquille -, sitôt que Ton y touche après la mort , il s'en sépare en se dé- composant, et ne laisse dans la coquille qu'une liqueur colorée qui remplit toutes les cavités des loges -, l'inten- sité de couleur de ce liquide va en augmentant de la première à la dernière loge. Ces animaux sont peu co- riaces 5 ils se décomposent aussitôt leur mort , qui est déterminée par le moindre changement de leur état ha- bituel , ce qui les rend très-difficiles à observer j ils vivent sur les côtes , dans les endroits peu profonds , et parais- sent préférer pour leur nourriture telle ou telle espèce de polypes , dont ils sont très-friands : il en existe des my- riades sur tous les bords de mer j les côtes de l'Océan européen sont peu riches en espèces et elles y sont très- petites. Les bords de la mer Adriatique paraissent être les plus favorisés sous ce rapport j on y trouve des genres et des espèces variés et d'une taille plus grande. Les terrains tertiaires surtout fouimillent en espèces fossiles; quelques-unes s'y trouvent en si grande abon- dance, qu'elles peuvent même caractériser des couches entières ; les terrains plus anciens n'en sont pas entiè- rement dépourvus ; la craie de Meudon fournit des es- pèces bien caractérisées , ainsi que le calcaire de Caen , celui des bords de la Gironde , et le calcaire jurassique du département de la Charente-Inférieure , où la con- servation des coquilles en nature paraît être une chose surprenante. Plusieurs espèces paraissent avoir des limites données sur le globe , passé lesquelles elles ne se retrouvent plus et sont remplacées par d'autres ^ les unes sont cir- ( Ml ) consentes daus des limites très-bornées , tandis que d'autres se retrouvent dans des lieux très - éloignés , mais par des latitudes à-peu-près semblables : et d'au- tres enfin sont répandues par des latitudes très-différentes et dans des lieux très-éloignés les uns des autres; plu- sieurs espèces présentent des analogues vivans dans des pays très-éloignés -, d'autres , celles de la mer Adria- tique , ont des analogues fossiles absolument sembla- bles dans les environs de Sienne , ce qui est assez re- marquable. Ces coquilles viennent encore à l'appui des observations si importantes de M. de Férussac sur la géographie des Mollusques. Une chose intéressante, mais difficile à étudier dans ces coquilles, c'est le mode d'accroissement: malgré qu'il soit si diversifié , on peut dire en thèse générale que la base commune de tous les différens modes est l'accroissement par loges complètes ; dans toutes on observe d'abord une première loge de figures diverses et percée d'une ouverture. Sur cette première loge , à mesure que la coquille s'accroît et de diverses manièi'es, selon les familles , vient s'en placer une seconde et suc- cessivement 'pour les autres; mais toujours une loge entière à la fois. Souvent cette loge a autant de volume à elle seule que tout le reste de la coquille , ce qui doit occasioner de bien grands déplacemens dans certaines parties de l'animal. Au plus une centaine d'epèces étaient bien connues jusqu'à présent ; nous en avons beaucoup augmenté le nombre , puisque nous pi'ésentons six à sept cents es- pèces bien distinctes. Afin de donner plus de publicité au ti'avail que nous ( 248 ) avons entrepris , et afin de le mettre à la portée de tous le monde , sans avoir besoin d'observer au microscope les nombreux genres de Foraminifères , nous avons ima- giné de sculpter une coquille de chaque genre et sous- genre de cet ordre , à une grosseur d'un pouce et demi à-peu-près 5 sur ces modèles nous avons fait des ma- trices avec le secours desquelles nous avons pu avoir plusieurs échantillons de chaque coquilles 5 d'après le désir que nous ont témoigné plusieurs personnes d'avoir cette collection, nous nous sommes déterminés à la donner par livraisons : deux de ces livraisons ont dqjà paru depuis long-temps , et les deux dernières paraissent ^ en cet instant : à elles quatre , elles formeront un en- semble de cent modèles, qui comprennent tous les genres, sous-genres , et même les principales espèces de l'ordre des Foraminifères. Malgré toutes les recherches partielles faites par les «iifférens auteurs sur les Céphalopodes microscopiques , l'on eût peut-être été bien long-temps avant d'avoir des idées générales sur ces petits êtres , si quelqu'un ne se fut mis à comparer entre elles toutes les espèces des divers pays avec ce qui avait été fait jusqu'à présent à ce sujet. Nous avons entrepris avec courage ce fastidieux [ travail , et les résultats que nous en avons recueillis ont été au-delà de nos espérances. Nous avons rectifié des erreiirs sans nombre , et sans affirmer qu'il ne s'en soit glissé quelques-unes dans cet ouvrage , nous croyons .' cependant avoir éclairci l'histoire de cette partie des : Mollusques , de manière à donner des bases qui pour- .. ront servir de fondement pour les travaux que l'on vou- drait entreprendre sur les mêmes animaux. ( M9 ) Les caractères de nos familles sont fonde's sur le mode d'accroissement des coquilles ; cette base nous pa- raît assez solide pour penser qu'elles seront conser- vées : ce n'est qu'après des observations pénibles et ré- pétées que nous sommes parvenus à reconnaître , par la comparaison des genres dans l'ensemble de cet ordre , les rapports naturels qui lient par familles les coupes génériques. Afin de fixer davantage l'attention sur l'importance des genres par l'indication des espèces qu'ils renferment , nous donnerons à la suite des principaux de leurs carac- tères la liste de toutes les espèces avec leur babilation. Il nous eût été impossible de recueillir nous-mêmes des sables des divers pays pour pouvoir exécuter uu travail complet ; nous avons dû recourir à l'obligeance des amis de la science , qui se sont empressés de nous seconder en nous en procurant d'une foule de localités diverses , et nous pensons que l'on ne frouvera pas dé- placé que nous leur témoignassions notre reconnais- sance en mettant une liste de leurs noms, suivie de l'indication des sables que nous devons à chacun d'eux en particulier. MM. les Professeurs, Administrateurs du Muséum royal , des sables fossiles des environs de Paris et d'Angleterre. M. le baron de Férussac , des sables des Antilles , de la mer des Indes, des côtes d'Angleterre, et fossiles de Bordeaux, de Dax , des en- virons de Paris , de Champagne et de Maëstricht. M. Fleubiad de Bellevce , des sables de Rimini , de Madagascar, de Ténériiïe , du cap de Boune-Espi-rance , et fossiles de Tours et de Sienne , qui lui avaient été donnés par Soldani même. M. Mekard de la Gkoix , des sables vivans de l'Adriatique , et fossiles des environs de Sienne et d'autres parties de l'Italie, ( 25o ) MM. QuoT, Gaimaed et Gaudichaud , Médecins et Naturalistes de l'expédition autour du monde commandée par M. le capitaine de Freyciact , des sables vivans de Rawack , du Port-Jackson , de l'île de l'Amirauté , des îles Mariannes, des îles Malouines et Sandwich , de rile-de -France, delà baie des Chiens- Marins , etc. M. Lesson , Médecin et Naturaliste du voyage autour du monde commandé par M, le capitaine Duperrey , des sables vivans de Rawack , des îles Malouiues , de l'Ile-de-France , et des fucus de divers côtes offrant des Foraminifèrcs fixes. M. Gaknaud , Médecin et Naturaliste de la même expédition , des sables du cap de Bonne-Espérance. M. DE RoissT, des sables des îles Sandwich, Rawack et Mariannes, etc. M. BnoKGNiART, des sables fossiles de Castel-Arquato et des environs de Paris. M. Defrance , des sables de la mer Rouge , et fossiles d'Orglande et de Valognes. M. O- Leclerc Thouih , des sables vivans de la Méditerranée , et fos- siles des environs de Paris , de Montolieux et de Chavagnes ( Maine-et-Loire ). M. Ramg, Officier de marine, des sables de toutes les parties de la Méditerranée. M. DcFRESNB , des sables fossiles des environs de Paris et d'Angleterre . M. Gratelodp, à Bordeaux, des sables fossiles de tous les environs de Dax. M. BouÉ, des sables fossiles des environs de Dax , de Bordeaux et de Paris. M. GoÉRiN , des sables de diverses localités. M. de Gerville , à Valognes , des sables fossiles de Valognes , d'Or- glandes et de beaucoup d'autres localités du département du Cal- vados. (25l ) Les quatre premières familles comprennent les coquilles qui n'ont qu'une seule cavité par loge {Aplostègues). V^ Famille. — Les Stichostègues (i^, Nob. Loges empilées ou superposées sur un seul axe bout à bout, soit qu'elles débordent ou non en se recouvrant plus ou moins latéralement 5 point de spirale. Les coquilles de cette famille sont toutes composées de parties vitreuses plus ou moins cassantes. Ce sont celles dont le mode d'accroissement est le plus simple. L'on n'en connaissait que quatre genres , comprenant à peine quinze espèces. ■f Une seule ouverture , centrale , ronde. Genre I". — Nodosaire , Nodosaria, Lam.; Orthocère , Lam. ; Nanti tus, Lin ; Reophage , Moutf. Loges généralement globuleuses , superposées sur un axe fictif communément droit et central, au bout du- quel est l'ouverture terminale 5 variant dans leurs rap- ports depuis l'enchâssement partiel jusqu'à la sépara- lion par étranglement. I" sous-genre. Les Glandulines , Nob. Loges globuleuses , partiellement enchâssées les unes dans les autres et formant par leur réunion un ovoïde 5 axe central et droit; ouverture au bout d'un prolon- gement de la dernière loge et terminale. (1) De 2tiç , rang , scrie , et de 2Ti'>fl , clage. ( 252 ) I. N. LOEVIGATA, NOB. , PI. 10 , Fig. I , 3,3. SoLD. , a, tab. ii8,fig. £", p. ii5. Hab. la mer Adriatique , et fossile aux eavirous^de Sienne, a. N. Glans , NoB. , Modèles, no 5i, m* livraison. Hab, l'Adriatique; rare. II* sous-genre. hesNodosaires proprement dites [Nodosaires et Orthoceres , Lam.). Loges globuleuses , distinctes , empilées les unes au bout des autres , quelquefois séparées jusqu'à l'étran- glement , formant dans leur ensemble un petit cylindre ; axe fictif droit et central , ouverture au bout d'un pro- longement terminal. Espèces non striées longitudinalement. 3. Radiccla , Lin. ; Nob., Modèles , no i, i»« ^v.2Vautilus Radiculus, L., Montaga, Gmel. , p. SSyS , no i8. Nodosaria Radicula, Lam. j Orihoceras Radicula, Blainv. , Malac. , p. 179. Hab. la mer Adriatique. 3. BREVis, Nob. Hab. la mer Adriatique. S 5 ELOHGATA , Nob. " Hab. la mer Adriatique. 6. ovicuLA , Nob. ; Sold. , 4 , tab. 10 , fig. ff à M. Hab... fossile aux environs de Sienne. 7. HiRSBTA , Nob. ; Sold. , 4, tab. 2 , fig. P, et tab. 10,. Hab. la mer Adriatique. 8. ORTHOCERA , Nob. ; Sold. , 1, tab. 27 , fig. xx , yy. Hab. la mer Méditerranée. 9. sEMi-sTRiATA , Nob. ; Sold. , a , tab. 96 , fig. T. Hab... fossile des environs de Sienne. 10. DDEiA , Nob. ; Sold. , 2 , tab. 98 , fig. -^ , p. g^- Hab... fossile des environs de Sienne. I I . IHTERRDPTA , Nob. , Sold. , 2, tab. 102 , fig. B, p. 96. Hab... fossile des environs de Sienne. ( 253 ) la. GLABRA , Nob. : Sold. , 4 , tab. a , fig. iK, /^, ^. Hab.,. fossile de Sienne. i3. PïRCLA , Nob. ; Sold. , 4 , tab. lo , fig. 5 , C. Hab... fossile de Sienne. 14. FILIFORMIS, Sold. , 4j fig- ^• Hab... fossile de Sienne. i5. SPIN0LOSA , Montagu , Test. Brit. Supl, , tab. ig , fig. 5 , p. 86. Hab. les oôtes d'Angleterre. Espèces striées longitudinalemenU 16. «QUALIS , Nob. Hab... trouvé dans un délestage. 17. LAMELLOSA, Nob. , PI. 10, Flg. 4 > 5 , 6. Hab. la me^ Adriatique. i8. scALARis, Nob. ; Sold. , 2 ,tab. 94, fig. f^- Hab. la mer Adriatique. 19. OBLOKGA,Nob. Hab. la mer Adriatique , et fossile dans les environs de Bordeaux. 20. Lamakckii , Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 21. SDLCATA, Nob.; Sold., 3, tab. 127, fig. C. Hab. la mer Adriatique , et fossile à Leognan , près Bordeaux , et fi Castel-Arquato (Italie). 22. FAsciA , Lam. , Anim, sans vert, , vu , p, 594. Hab, la mer Adriatique. 23. cosTATA , Montagu , Test. Brit,, p. 199 , tab. i4 , fig- 5 , et Supl. , tab. 19, fig. 2. Hab, la mer Adriatique , et, d'après Montagu , les côtes d'Angle terre , près de Kaent. 24. OIBBA , Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini. 25. PDLCHELLA , Nob. Hab... fossile à Montmirail, bassin de Paris. 26. CMDtILATA , Nob. Hab, la mer Adriatique. 27. Râpa, Lam. j Sold., 2, tab. 94, fig- T. Gualtieri, tab. 19, fig. £ A/, Martini, Co7icA., i,p. i,vig. i, fig. ^;B.PlaBCus, winùi ( ^54 ) Conchis , tab. i , (îg. 6 G A. Nautilusjugdsus , Montagu , lab. 1 4 > fig. 4, p. 198,110 i5. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. a8. LOBCicAUDA , Nob. ; SolJ. , 2 , tab. gS , fig. 5 à M. (Bonnes.) Z/a6... fossile des environs de Sienne, ag. cANCELLATA , Nob. ; Sold. , 3, tab. g5 , fig. ^. Hab... fossile des environs de Sienne. 3o. SoLDAKii , Nob. ; Sold. , 3 , tab. io4 , fig. / , p- 38. Hab... fossile des environs de Sienne. 3i. KODOSA, Nob.; Sold., 4, tab. 10, fig. Gf, p. 35. Hab... fossile des environs de Sienne. 33. FLExrosA , Nob. ; Sold. , 4 > tab, 10, fig. D, p. 35. Hab... 33. MTiDA, Nob. ; Sold., 4> tab. a, fig. O, p. 1 5. Hab... fossile de la Coroncine ( Italie). 34. Bacillum , Defr., Dict. des Sciences nat. , tab. , fig. 4; l'ar- kinson, tab. 8, fig. 16-17. Hab. fossile aux environs de Sienne. IIP sous-genre. Les Dentalines , Nob. Loges globuleuses ou déprimées , plus ou moins dis- tinctes , quelquefois très-obliques , composant un petit cylindre 5 axe fictif toujours arqué, ouverture souvent submarginale avec ou sans prolongement terminal. Espèces sans stries longitudinales. 55. coMMOKis , Nob. ; Sold. , a , tab. io5 , fig. O, var. *. Nauiiliis reclus , Montagu , Test. Brit, Supl. , tab. ig , fig. 4 et 7. Hab. la mer Adriatique. 36. OBLIQUA, Nob., Modèles, no 5. i« livr. ; Sold., 2, tab. 107, fig. ffy et tab. io5, fig. f^. Hab. la mer Adriatique. 37. CACDATA, Nob. Hab.,. fossile aux environs de Sienne. 38. Ar.cuATA , Nob. ; Sold. , 2 , tab. 97 , fig. ee, p. 92. Hab. la mer Adriatique. ( 255 ) Sg. CAHINATA, Nob. ; Sold. , 3, tab. io5, fig. N, p. 98. Hab. la mer Adriatique. 40. ScoRPioNUS , Montf. ; Sold., 3 , tab. 162 , fig. K. — Reophax Scorpionus , Montf. , genre 83 , p. 33o , copie de Sold. Hàb. la mer Adriatique. 4i. AcicuLATA, Sold. , 2 , tab. io5, fig. L, p. 97. Hab. la mer Adriatique. 41. FERUSSAcijNob. Hab- la mer Adriatique. Espèces Striées longitudinalement. 43. DEPRESSA, Nob. Hab. les côtes d'Angleterre. 44- STRIATA , Nob. Hab... fossile dans les sables des environs de Dax. 45. CuviERi, Nob. ; Sold. , 2, tab. io3 , fig. /, p. 97. Hab... la mer Adriatique. 46. suBSTRiATA , Nob, ; Sold. , 2 , tab. 94 , fig. S, p. 91. Hab,. . fossile de la Coroncine. 47. CoRNicuLA , Sold. , 3 , tab. io5 , fig. K. Hab... fossile de la Coroncine. IV^ sous-genre. Les Orthocérines , Nob. Loges cylindrico-coniques, superposées sans étrangle- ment 5 test conique et droit , point de prolongement ter- minal pour l'ouverture. 48. Clavulus , Lam. ; Nob, Modèles, n° 2 , f" livr. Nodosaria Cla- vulus, Lam., Encycl., tab. 4^6, fig. 3. Spirolinite cylindracée , var. /fi , ^nn. du Mus. , 5 , p. 245 , et 8 , tab. 62 , fig. 16 ; Anim. sans vert., p. 6o3. Bronn , Syst., tab, i, fig. j5 ex. Lam.; Parkinson , tab. 2 , fig. jo , var. ex. Lam. Hab... fossile aux environs de Paria. ( 256 ) V'sous-genve. Les Mucronines , Nob. Loges déprimées , superposées , enchâssantes , for- mant un test conico-cylindrique avec deux lames laté- rales ; un prolongement terminal. 49. Hasta, Nob. , Modèles, no 5a, m« livr. Hab. la mer Adriatique, Genre II. — Frondiculaire , Frondicularîa , Defr. ; Renuline , de Blainv. Loges très -déprimées sur les deux faces; plus ou moins enchâssantes de chaque côté de l'axe fictif, qui est droit et central. 1. EHOMBoÏDAns , Nob. , Modèles , n» 3 , i" livraison. ffab. la mer Adriatique, a. ALATA , Nob. ; Sold. , 4 j tab. i, fig. C, p. i3. Hab. la mer Adriatique. 3. STRiATA, Nob.; Sold. , 4, tab. 9, fig. Q iJ, p. 54. Hab... fossile de la Coroncine. 4. Pdpa , Nob. ; Sold. , 4 , tab. 9 , fig. S, p. 64. Hab... fossile de la Coroncine. 5. COMPLAWATA , Defr. , Dict. des Sciences nat, , tab. , fig. 4,. — Ke- nulina complanata , de Blainv. , Malac. , p. Sji , sp. 3. Hab... fossile des environs de Sienne. 6. DiGiTATA , Nob. , Sold. , a , tab. 9 , fig. P. Hab... fossile delà Coroncine. 7. i,«;viGATA, Nob. Hab... fossile des environs de Dax. Genre III. — Linguline, Lingiilina , Nob, Ouverture en fente et terminale , loges recouvrantes , lest déprimé sur ses faces. ( ^57 ) I. CAEiNATA, Modèles, a°26, n« livr. j Sold. , 4> tab. 12, fig. /*, p. 37. Hab. les Antilles, et, seloa Soldani, fossile aux environs de Sienne. 3. ALATA , Nob. ; Sold. , 2 , tab. gg, fig. N, p. 94. Hab. la mer Adriatique. 3. SoLDAHii, Nob. ; Sold., 2, tab. io8, fig. E F,i^. 99. Hab. la mer Adriatique. f f Ouverture marginale. Genre IV. — Rimuline , Rimulina, Nob. Ouverture formant une fente longitudinale 5 test en forme de gousse à loges obliques et embrassantes. I. CLABRA , Nob. , Modèles, n» 53, m» livraison. Hab. la mer Adriatique. Genre V. — Vaginuline, Vagùiulina , Nob. Orthochre , Lam. Ouverture arrondie -, test en forme de gaîne droite , conique , triangulaire ou aplatie \ loges superposées , légèrement obliques 5 sommet tronqué sans prolonge- ment. 1. ELEGANS, Nob. , Modèles , n» 54, m^ livraison. Hab. la mer Adriatique. 2. Legumen , Lin. , lYautilus Legumen; id., Gmel. , p. 23^3 , n° 22. Orthocera Legumen, Lam. , vu, p. 505, n» 6 , Encycl. , tab. 465, fig. 3. Plancus , Conch. , tab. i , fig. 7. Martini Conch. , i , p. i, t>ig. , fig. E e. Gualtieri, Test., tab. 19, fig. P. Montagu , Test. Brit. SupL, tab. 19 , fig. 6, p. 83. Hab. la mer Adriatique et les côtes d'Angleterre. 3. STRiATA , Nob. ; Sold. , app. , tab. 6 , fig. iV", p. i4i- Hab. la mer Adriatique. ( 258 ) /,. TRicAHiNATA , Nob. , Modèles , n" 4 , i« livraison. Uab. la mer Adriatique. 5. DHDATA, Nob. Hab. la mer Adriatique . 6. cosTATA, Nob. Hab. la mer Adriatique. 7. MARGiNATA , Nob. ; Sold. , 2 , tab. io3 , fig. M. Hab. la mer Adriatique. 8. cATJDATA, Nob. ; Sold. , 4 , tab. i , fig. F G , p, i^. Hab. la mer Adriatique. Genre VI. — Marginuline, Marginulina, Nob.; Ortliocere, Lam. Ouverture arrondie , située au bout d'un prolongement du sommet de la dernière loge , à son angle antérieur ; test en forme de gaîne arquée , sommet déprimé , ayant à son origine l'empreinte volutatoire 5 loges superposées , légèrement obliques. Les espèces de ce genre étaient confondues dans les No- dosaires et les Orthocères de M. de Lamarck, et Linné les plaçait dans son genre Nautilus. Ces coquilles sont les premières où l'on aperçoit une tendance à la spirale 5 les loges se retournant postérieurement en crosse. 1. Raphands, Lin. , Modelés, n» 6, i" livraison; PI. 10 , Fig. 7, 8. Nauiilus Raphanus, Lin. , Gmel. , p. SSja , no 16. Orihocera Ra- phanus, Lam., vu, p. BgS, n" i. Orthoceras Raphanus , Blaiav. , Malac. , p. 379 ; Soldani , 2 , tab. gi, fig. JV, P, Q, R, X, Y. Hab. la mer Adriatique , et fossile à Castel-Arquato (Italie). 2. BIFDRCATA , Nob. Uab. la mer Adriatique. 3. CYLINDRICA , Nob. Hab. la mer Adriatique.. 4. STRIATA , Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. ( ^5g ) 5. HIRSDTA , Nob. ; Soltl. , 1 , lab. toi , f. // à oo. Hàb. la mer Adriatique, (î. CLABRA , Nob. , Modèles , n» 55 , m» livraison. fia£>... fossile aux eaviroas de Sienne. 7. CoRNUcopias, Nob. Hàb. la mer Adriatique. 8. CARiNATA, Nob. ; Sold. , 2 , tab. 97 , fig. mm , hh , p. 92. Hab... fossile de la Coroncine. 9. suBLiTcus, Sold. , 2 , tab. io4, fig. F, G, p 98. Hab. la mer Adriatique. 10. L«viGATA , Nob. , Sold. , 2, tab. 100, fig. BB, CC, p. gS. Hab. la mer Adriatique 11. LiT0us, Nob. 5 Sold. , 2 , tab. 106, fig. aa, bb, p. 99. Hab... la mer Adriatique. Ïa. LOBATA , Nob. ; Sold. , 2 . tab. 1 17 , fig. P, p. 1 15. Hab. la mer Adriatique. 33. coMSECTA , Nob. ; Sold. , 4, tab. 17 , fig. i? , S, p. 5i. *^ Hab... fossile de la Coroncine. Genre VII. — Planulaire , Planularia , Defr. G. Astacole ? Moktf. Ouverture arrondie , située au sommet de l'angle exté- rieur 5 test très-aplati , triangulaire ou elliptique , ayant à son origine l'empreinte volutatoire ; loges obliques , superposées. M. de Blainville les a réunis à tort avec les Pénéro- ples , dont ils diffèrent par les caractères du mode d'ac- croissement et d'ouverture de la bouche. 1. ELONGATA, Nob. Hab... fossile dans le calcaire des environs de Caen. 2. DEPBESSA , Nob. Hab... fossile dans le calcaire des environs de Caen. 3. STRIATA , Nob. Hab... fossile dans le calcaire des environs de Caen. ( 26o ) 4. Ctmba , Nob. , Modèles , n" 37, 11' livraison, PI. lô , Fig. 9. Hab. la mer Adriatique. 5. AcRis , Sold. , sous le nom lïOrthoceras Auris , 2 , tab. 104, fig. A , p. 98. Planularia Auris, Defr. , Dict. des Sciences nat. , tab. , fig. . Peneroplis Auris , de Blainv. , Malac. , p. 87 1. Var. *. Hàb,,.\& mer Adriatique, et fossile à Castel-Ârquato ( plaisantin). — Var. yS. Hab. la Méditerranée. 6. CREPiDDLA . Fischtel , Nautilus crepiduius , tab. 19 , fig. g, h, i. Dfautilus liluitatus, Sold., t , tab. 58, fig. ^, p. 64. Po~ lystomella margaritacea , Blainv. , Malac. , p. SSg, Hab. les Antilles , et, selon Fisch. , dans le golfe de Toscane. 7. HOSTRATA,N. , Sold. , I, tab. 68, fig. dd, p. 64. Hab... fossile dans la Coroncine. Genre VIII. — Pavonine, Pavonina, Nob. Plusieurs ouvertures aux loges ; test déprimé laté- ralement; loges concentriques i I. PLABELLiFOBMis , Nob. , Modèlcs , n° 56, 1X1° Uvraïson, PI. lo, Fig. 10 , II. Hab. Madagascar. IP Famille. — Enallostègues (i) , Nob. Loges assemblées en tout ou en partie par alternance , ou empilées sur deux ou trois axes distincts de diverses manières , mais sans former une spirale régulière et nettement caractérisée. Ce mode d'accroissement n'avait pas encore été détex'- miné. Si les aninlaux qui habitent les coquilles de cette fa- mille étaient munis de l'organe qui se loge dans le si- phon des Siphonifères , cet organe serait obligé de (i) D'E'v«c^^o;, alternatij, et de £8>>i , étage. ( 26i ) prendre une torsion si extraordinaire par l'irrégularûé de la correspondance des petites ouvertures qui donnent communication d'une loge à l'autre , qu'il serait im- possible de concevoir son existence. •f Alternance des loges totale ou partielle , mais régulière sur deux axes opposés dans un mûme plan , dont les faces sont semblables. La coquille dans celte série est toujours d'un tissu po- reux , et l'extérieur est ou rugueux ou couvert d'as- pérités. Genre I". — Bigénérine, Bigenerina, Nob. Loges alternantes seulement dans le jeune âge 5 ou- verture centrale ou marginale ; test droit , ou arqué à l'origine , cylindrico-conique. Le changement de mode d'accroissement qui a lieu à un certain âge est une chose qui se retrouve dans cha- que famille : cela marque bien la tendance qu'ont tous ces petits corps à se rapprocher du mode d'accroisse- ment le plus simple. l" sous-genre. Les Bjgénérities propres. ( Ouverture centrale. ) 1. NoDOSAEiA, Nob. , pi. II, fig. 9-12; Modèles, n" $7, m' livraison. Hab. la mer Adriatique. 2. TRCNCATA, Nob. Hab. la mer Adriatique. 3. LoeviGATA, Nob.; Sold., a, p. 96, tab. io3, fig. D. Hab. la mer Adriatique. VII. 18 ( 202 ) IPsous-gcnre. Les Gemmulines , Nob. (Ouverture marginale.) 4. DiGiTATA , Nob. , Modèles, n» 58, m <= livraison. Hab. la Méditerranée. Genre II. — Textulaire, Textularia , Defr. Toutes les loges alternar^tes. Ouverture latérale au côté interne de chaque loge et semi-lunaire. Test droit, conico -cylindrique, rarement ovoïde. M. Defrance n'en connaissait qu'une espèce dont il n'avait pas reconnu l'ouverture. 1. OBTCSA, Nob. ; Sold. , 2 , tab, 127, fig. H, p. 118. Hab. la mer Adriatique. 2. LaviGATA , Nob. ; Sold. , 2 , p. 119, tab. i32 , fig. L, M ? Hab. la mer Adriatique. 3. PD^CTATA, Nob. i/ai... fossile à Castel-Arquato (Plaisantin). 4. PUNCTULATA, Nob.; Sold., 4> app-i P- '4i> ^^^- 7 » %• ^; vue en devant. Hab. la mer Adriatique. | 5. DiGiTATA , Nob. Hab. la mer Adriatique. 6. GiBBosA , Nob,, Modèles , n» 28, 11° livraison. Sold., 2, tab. i32, fig. /, A", p. 1:9. Hab. la mer Adriatique , et fossile à Castel-Arquato. 7. COKSECTA, Nob. Hab- .. fossile aux environs de Bordeaux. 8. OVIF0BMI3, Nob. Hab. la mer Adriatique. 9. ACUTA, Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 10. RT3G0SA , Nob. //at... fossile sur les bords de l'étang de Tau. ( a63 ) 11. ELONGATA, Nob. Hab... fossile sur les bords de l'étang de Tau. 12. LOBATA , Nob. Hab... fossile sur les bords de l'étang de Tau. i3. picMEA , Nob. , Modèles , n° 7, ire livraison. Hab. la mer Adriatique. 14. PLANA , Nob. Hab... fossile aux environs de Sie noe. l5. ACJCDLATA , Nob. , pi. 11 , fig. i ,3', 3 ^ ^. Hab. la mer Adriatique. î6. AHGULARIS, Nob. Hab. la mer Adriatique , et fossile aux environs de Bordeaux. 17. MARGINATA , Nob. Hab. Madagascar. 18. CUKEIFORMIS, Nob. Hab . . . fossile à Ca stel- Arquato . 19. LiNGULA, Nob. Hab... fossile à Chavagne (Maine-et-Loire). 20. SACITTCLA, Sold. Polymorphium sagittulum , 2 , p. 120, tab. i33 , fig. T. TexUdaria sagiitula, Defr., Dict. des Sciences nat. , p|. fig. ; Blainv. , Malac. , p. 3;o, Hab... fossile à Castel-Arquato, et vivant sur les bords de la Mé- diterranée. ' ' .,■*, ...rr ai. «juadrangulaeis, Nob. ' ■ Hab... fossile sur les bords de l'étang de Tau. 22. TROCHIOIDES, Nob. Hab... fossile à Castel-Arquato. 23. CARIKATA , Nob. Hab. la mer Adriatique. 24. ECHiNATA , Nob. ; Sold., 2, p. 118, tab. 127, fig. If. Hab. la mer Adriatique. 35. CAUDATA , Nob. ; Sold., 2, p. 119, tab. i32, fig. G. Hab. la mer Adriatique. 26. T0BEROSA, Sold., 4, p. 39, tab. r4, fig, H. Polymorphium tu- berosum. Hab. la mer Adriatique. 27. COMMUMS,Nob. Hab. Rawack , l'Ile-de-France et la mer Rouge. (^64) Genre ITT. — Vulvuline , ITiilvulina, Nob. ; Textularia , Defi-. Toutes les loges alternantes 5 ouverture au sommet , en fente ; lest droit , ovoïde et déprimé sur ses faces. I. Capreoltts, Defr.; Nob. pi. 11, fig. 5, 6, 7,8. Modèles, n» Sg, m» livr. Hab. la mer Adriatique. 1. PcpA, Sold. Ortlioceratium Pupa, Sold. , 2, p. 99, tab. 108, Êg. It U, X X, Hab. la mer Adriatique. 3. ELEGANS, Nob. Orthoceratium Pupa, So\d., 2, p. 99, fab. 108, fig. D. Hab.? •f f Alternance totale ou partielle , mais irrégulière , les faces opposées n'étant plus semblables ; le plus souvent l'alternance ayant lieu sur trois axes distincts , détermine par la prépondérance de volume des loges suc- cessives et leur extension en recouvrement, une sorte de spirale obs- cure el peu caractérisée. Coquilles d'une texture vitreuse , très-translucide. Genre IV. — Dimorphine, Dimorphina , Nob. Premières loges seulement alternantes dans la jeu- nesse , et empilées à la manière des Slichostègues dans, l'âge adulte 5 ouverture ronde , au sommet de l'axe. I. TCBEROSA, Sold.; Nob., Modèles, n" 60, iii« livraison. — Sold., Orthoceratium tuberosum , 2 , p. 99) tab. 106, fig. G G. Hab. la Méditerranée. ( 265 ) Genre V. — Polymorphine , Polymorphina , Nob. Toutes les loges alternantes. 5 ouverture roude , au sommet de la dernière loge. I*' sous-genre. Les Polymorphines proprement dites. Un grand nombre de loges apparentes ^ alternance sur deux côtés presque égaux. I. OBTCSA, Nob. — ffat... Fossile des environs de Paris. a. BuRDiGALENsis , Nob. , Modèles , n» 29, ii« livraisoa. Hab... fossile aus. environs de Bordeaux. 3. TRtJNCATA , Nob. Uab... fossile à Castel-Arquato. 4. «KEQUALis , Nob. Hab... fossile à Castel - Ârquato , et à Chavjigoes (Maine-et- Loire ). 5. ACULEATA , Nob. Hab... fossile aux environs de Paris^ 6. TUBEBOSAj JS old. ,2, p. 99 , tab. 7, fig. KK Hab. la Méditerranée , sur les côtes de l'île de Corse. 7. AcrTA, Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. 8. Thouini, Nob. , Modèles , n» aS , i" livraison. Hah... fossile aux environs de Paris. 9. PupA , Nob. Hah. la Méditerranée, près Toulon, et fossile aux environs de Beauvais. 10. CONSECTA , Nob. /£aZ>... fossile aux. environs de Dax. 11. DiLATATA, Nob. Hab... fossile à Cliavagues (Maine-et-Loire). 12. SoLDAHii , Nob. ; Sold. , 2, p. 99, tab. 107 , fig. nn. Hab. la mer Adriatique , près Rimiui. j3. eqoalis , Nob. Hab. . . fossile de la Coroneine. ( 266 ) II' sous-genre. Les Guttulines. I Peu de loges apparentes, alternance sur trois faces : loges embrassantes. i4- Pboblema , Nob. , Modèles ,0061, iiio livraison. Hab... fossile à Castel-Arquato. i5. coMMUNis, Nob. , iWof/è/es , n» 6a , iii« livraison ; pi. 12, fig. 1, a, 3, 4. Uab. la mer Adriatique, et fossile aux environs de Bordeaux , de Paris , de Dax , et à Castel-Arquato. 16. cAUDATA, Nob. Hab. la mer Adriatique , la Méditerranée , et fossile aux envi- rons de Paris , particulièrement à Grignon , et à Castel - Ar- quato. 17. NITIDA, Nob. Hab... fossile aux environs de Paris. 18. LuciDA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 19. if.,EvrGATA, Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini , et fossile aux environs de Bordeaux. -VîÎ <-" •'' ' • iN' -4 •' ' •'••" '^ : c'''' IIP sous-genre. Les Globidines . Alternance sur trois faces , loges embrassantes 5 trois d'entr' elles seulement apparentes i" 20. GtBBA , Nob. , Modèles , n» 63 , iii^ livraison. Hab. l'Océan , sur les côtes de la Rochelle; la mer Adriatique , près Rimini ; fossile au environs de Paris , près Grignon , aux environs de Dax , de Bordeaux , à Chavagnes ( Maine-et-Loire ) , et à Castel-Arquato. I . SDLCATA, Nob. Hab. l'Océan , près la Rochelle. 23. ovATA , Nob. ; Sold. , 2 , lab. iSa , fig. gg. Hab. la mer Adriatique, près Rimini , et fossile aux environs tic Bordeaux et de Beauvais. ( 267 ) a3. GnATELOUPi , Nob. Hah... fossile aux environs de Dax. 34. ELONCATA, Nob. Hah... fossile aux environs de Dax. a5. TRAKSLXîciDA , Nob. Hah. la mer Adriatique , près Rimini , et fossile aux environs de Paris. 26. DEPRESSA , Nob. Hah... fossile aux environs de Beauvais. ;i7. DEFORMIS, Nob. Hah... fossile aux environs de Tours. IV' sous-genre. Les Pjrulines, Nob. Alternance irrégulière , ou plutôt une spirale obscure , formée par des loges demi-embrassantes. a8. GuTTA, Nob., Modèles, n° 3o , ii« livraison. Polymorphium pyriformium , Sold. , 2 , p. 117 , tab. 122, fig. gg? tab. 12, fig. 5, 6. Hah... fossile à Castei-Arquato. Genre VI. — Virguline, Virgulina , Nob. Toutes les loges alternantes 5 ouverture virgulaire et décurrente à la partie supérieure de la dernière loge. I . SQDAMMOSA , Nob. , Modèles , n" 64 , m' livraison. Hah... fossile aux environs de Sienne. Genre VII. — Spheroïdine, Sphœroïdina , Nob. Test sphéroïdal ; loges en partie recouvrantes , quatre seulement apparentes à tous les âges 5 ouverture latérale , semi-lunaire. I. BULLOiDEs , Nob. , Modèles , a» 65, me livraison. Hah. la mer Adriatique, près de Rimiui j l'Ile-de-France, et fossile aux environs de Sienne. ( 268 ) II* Famille. — Hélicostègues (i) , Nob. Loges assemblées sur un ou deux axes distincts, mais formant ime volute spirale régulière et nettement ca- ractérisée , turriculée ou discoïdale. i" section. Tu rùinoïdes,^ oh. Test libre ou fixé 5 loges empilées sur un seul axe 5 spire plus ou moins élevée , apparente d'un côté seule- ment. •{• Spire élevée ; test libre. Genre !*"■. — Clavuline, Clavulina , Nob. Spire très - allongée , projetée en ligne droite à uii, certain âge , et formant alors une suite de loges empilées sur le même axe que celui de la spire j ouverture ter- minale et centrale. I. CTLinDRICA , Nob. Hab... fcssile des environs de Sienne. a. AHGULABIS, Nob., pi. 12, fig. 7. Hab. la Méditerranée , sur les côtes de l'île de Corse- 3. Parisieksis, Nob. , Modèles , u° 66, m" livraison. Hab... fossile aux environs de Paris. 4- COMMtJItlS, Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimiui , l'île de Corse , et fossile aux environs de Dax et à Castel-Arquato. Genre II. — Uvigérine, Vvigerina, Nob. Spire allongée , continue à tous les âges 5 loges très- globuleuses 5 ouverture centrale, terminale au bout d'un prolongement de la dernière loge. (i) De E''^^^, spirale , et de 2t>H , étage. ( ^69 ) 1. RUGosA, Nob. Hab... fossile aux environs de Sienne, a. PiGMEA, Nob., pi. 12, fig. 8,9; Modèles, n" 67, m' livraison. Potyphormium pineiformium , Sold., 2, p. iig.tab. i3o, fig. ss, tt, Hab. . . fossile aux environs de Sienne. 3. KOAOSA , Nob. ; Sold. , 2 , p. n8, tab. 126, fig. xx , yj, « ,^, £. Hab. la mer Adriatique. Var. 0, Sold. , 4, p. 18 , tab. 4 , fig. g, h, e, f, Hab. la mer Adriatique. 4. TRiLOBATA , Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. Genre III. — Bulimine , Bulimina, Nob. Test spiral , tun iculé ; spire allonge'e ; ouverture vir- gulaire et latérale près de l'angle supérieur de la der- nière cloison. 1. COSTATA, Nob. Hab... fossile de la Coroncine (Italie). 2. STRIATA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 3. SDLCATA, Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 4. MARGINATA, Nob. , pi. 12, fig'. 10, H , 12. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 5. ECHINATA . Nob. Hab. . . fossile aux environs de Sienne. 6. TRILOBATA, Nob. Polyphormium pineiformium , Sold. , 2, p. iig, tab. i3i, fig. XX. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 7. ACCLEATA, Nob. Polymorphium pineiformium , Sold. , 2 , p. 119, tab. 127 , fig. I? tab. i3o, fig. p^f^. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 8. Arimineksis , Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini. 9. ELOKGATA , Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimiui, ( 270 ) 10. ELEGANS, Nob. , Modèles, n° g , i" livraison. Uab. la mer Adriatique, près Kimini. I 1 . PUNCTATA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. la. ARCCATA, Nob. Hab... fossile aux euvirons de Dax. i3. BBETis , Nob. , Ifab. la mer Adriatique, près Rimiui. l4- tJEVICATA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. l5. SEMT-STRIATA, Nob. Hab... fossile des environs de Sienne. i6. CADDIGERA, Nob., Modèles, u° 68, m" livraison. Hab. la mer Adriatique, près Rimini. 17- Madagascabiensis , Nob. Hab. l'île de Madagascar. Genre IV. — Valvuline, ITalvulina, Nob. Spire allongée ou trochoïde ; ouverture située près de l'angle ombilical et fermée en partie par une sorte de lame arrondie , operculaire , et laissant une fente semi- lunaire à découvert. I. TRiANGCLABis, Nob. , Modèles , sv" 25, f" livraison. Hab... fossile aux environs de Paris. 3. PoPA , Nob. Hab. fossile aux environs de Paris, et à Valognes (Pas-de-Calais). 3. CoLUMNA-TORTILIS , Nob. Hab... fossile aux environs de Paris , crès Mouchy-le-Châtel. 4- Rawackeksis , Nob. Hab. Rawack. 5. iGKOTA , Defr. Hab... fossile de Valognes. 6. GLOBCLARIS, Nob. Hab... fossile à Valognes et aux environs de Paris, près Mouchy- le-Châtel ( 271 ) 7- Gervulh, Nob, Hab... fossile à Valognes. 8. DEFORMIS, Nob. Hab... fossile à Valognes. •f^ Spire surbaissée. Genre V. — Rosaline, Rosalina , Nob, G. Cidarolle? Monnv. Test fixé par la partie non spirale , trochoïde et ré- gulier 5 ouverture en fente, située à la région ombili- cale ,, et continue d'une loge à l'autre 5 point de disque ombilical. 1. GLO?0LABis , Nob. , pi. i3 , fig. I, a , 3 , 4 ; Modèles , n° 6g, m" li- vraison. Hab. toutes les côte§ de l'Océan ; fixé sur les fucus et les poly- piers. 2. Mediterraneksis, Nob.; Sold. , i, p. 56, tab. 36, fig.^s.' Hab. la Méditerranée ; fixé sur les fucus. 3. SEMISTBIATA , Nob. Hab. les Antilles ; pointe Carbet , île Martinique^ 4. VALVULATA, Nob. Hab. pointe Carbet , île Martinique. 5. Parisieksis , Nob. , Modèles, n» 38 , ii» livraison. Hab... fossile aux environs de Paris. 6. depressa, Nob. Hab. . . fossile à la montagne Saint-Pierre de Maestricht. 7. opercularis , Nob. Hab. pointe Carbet , Martinique. 8. AFiNis, Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux, près Saucats (Gironde). 9. Soldas :i , Nob. ; Sold. , i, p. 60, t. li , fig. KK? tab. 5i , fig. L. Hab. ? ( 272 ) Genre VI. — Rotalie, Rotalia, Lam. Test irochoïde el régulier •, spire saillante ou dépri- mée ; ouverture en fente longitudinale contre l'avant- dernier tour de spire ; pourtour généralement dépourvu d'appendices marginaux avec ou sans disque ombilical. I" sous-genre. Rotalies propres. Ouverture simple, sur la dernière loge ^ test troclioïde. ». TROcHiDiFOBMis, Lam. , j4n. s. vert, vu, p. 617,0» i,Rotalites trochi- diformis ; id. , Ann. du Mus. , v , p. 184 , et viii , tab. 63 , fig^. 8 ; id. , Blainv. , Malac. , p. 891 ; Bronn , tab. i, fig. 7 , p. 7 jQ" 12 > ex Lam. j Parkinson , tab. xi , fig. 3, ex Lam. Hab... fossile aus. environs de Paris et à Valognes. ■%. SAXORBM , Nob. Hab... fossile des bords de la Gironde , près Bordeaux. 3. GIBBOSA , Nob. Hab... fossile de la montagne Saint-Pierre , près Maeslricht. 4. Trociius, Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 5. DiscoibES , Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 6. ELEGANS, Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 7. RosEA , Nob, , Modèles , n" 35 , n« livraison. Hab. les Antilles ; île Martinique , pointe Carbet. 8. sQCAMMOSA , Nob. Hab. à la pointe Carbet , Martinique. 9. MARGIKATA , Nob. Hab... fossile à Moutmirail. - 10. Grateloum , Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. ^ 11. PiLEOs, Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini , tt fossile aux enviions de Dax et de Bordeaux , près Sauçais. ( ^73) la. Dtjfreskii , Nob. Hab... fossile à Montniiiail et à Royan. (Gironde.) i3. PUNCTATA , Nob. Hab. dans an sable marin de délestage. 14. StJBROTCNDA , Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini, et fossile à Castel - Ar- quato. i5. ROSACEA , Nob. , Modèles , n» 89 , ii« livraison. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 16. PAPiLLOSA , Nob. Hab... fossile à Montmirail. 17. Thouini, Nob. Hab... fossile aux environs de Paris, principalement aux Boves. 18. GuERiMi, Nob. Hab... fossile aux environs de Paris. 19. AcDouiMi, Nob. Hab... fossile aux environs de Paris, aux Boves et à Essanville. 20. BisACHLEATA, Nob. , Modèles, a» i5 , i^^ livraison. Hab, un sable de délestage. 21. BuIlDIGALE^sIS , Nob. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 22. ARMATA, Nob. , Modèles, u» 70, iW livraison. Hab. à Cayenne , à la Martinique , et fossile à Chavagnes (Maine-et-Loire) , auprès de Nantes et aux environs de Bordeaux. 23. SuEssioNENsis , Nob. Hab,,. fossile aux environs de Soissons. 24. CARINATA , Nob. Hab... fossile à Castel-Arquato et aux environs de Bordeaux. a5. pcNCTOLATA, Nob. , Modèles, a" 12, f" livraison. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 26. Menardii , Nob., Modèles , n» 10 , l'e livraison. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 37. Brokgnartii , Nob. Hammonia tuberculata , Sold. , i , p. 67 ,tab. 38 , fig. H? Hab... fossile à Castel-Arquato. 28. ELIPTICA, Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. 2g. GOMHCNis, Nob. Hammonia subconica, Sold. , i; p. 56, tab. 38 , fig. L. ( v^) Hab: la mer Adriatique, près Riminij la Méditerranée, près d'Agde; les côtes d'Afrique, à Madagascar, et fossile sur les bords de rétang de Tau. 3o. LIMBATA , Nob. Hab. I;i mer Adriatique , près Rimini. ' 3r. RiTiDA , Nob. Hab. les côtes de l'île Sainte-Hélène. 3a. PDLCHELLA , Nob. , Modèles , no 51, me livraison. Hab... 33. DEFORMIS , N ob. Hab. les côtes de l'île Sainte-Hélène , et l'Ue de la Martinique. 34. DUBiA, Nob. Hab. l'Ile-de-France. II* sous-genre. Les Discorbes , Lam. Ouverture munie de bourrelets j test trochoïde ; bords carinés. 35. oRBiccLARis, Nob. H(tb... fossile aux environs de Parb. 36. Gervillii, Nob., Modèles, n» 72, iiie livraison. Discorb'ues ve- sicularis, Defr. , Dict. des Sciences rtat., tab. , fig. 2. Hab... fossile à Valognes. IIP sous-genre. Les Trochulines , Nob. Ouverture divisée par un appendice ; test trochoïde 5 bords carinés. 37. COMPLANATA , Nob. Hab... fossile aux environs de Paris. 38. Fercssaci , Nob. Hab... fossile aux environs de Paris. 39. Turbo, Nob., Modèles , uo -3 , nie livraison. Hab. .. fossile aux environs de Paris. (375 ) IV* sous-geme. Les Turbinulines , Nob. Ouverture continue d'une loge à l'autre 5 test ge'né- ralemeut déprimé , à spire surbaissée et non cariné. 40. TORTnosA , Fischer ; Nob. , Modèles , n» ^4 , me livraison. Streblus tortuosus, Fischer, Mém. de la Société des Naturalistes Je Moscou , to. 5, tab. i3 , fig. 5, a b. Hah, la mer Adriatique, près Rimini. 41. CRASSA, Nob. Hah. la Méditerranée. 42. Becabii, Turt. Naulilus Becarii , Parkinson, tab, xi , fig. aS à 18. Nautilus Becarii , Brookes , Syst. conch. , tab. 5, fig. 58 mala. Hab. l'Océan , sur les côtes d'Europe , et l'île de la Martini- que. 43. Itauca, Nob. flammoma CO/21C0 - Genre VIII. — Globigéri.ne , Ghbig^erina, Hoh. Test libre, trochoïde, irrégulier ; spire confuse, formée par des loges spliériques plus ou moius dislinctes ; ouverture en forme d'échancrure plus ou moins pro- fonde , située vers l'axe de la spire à l'angle ombilical. I. BULLoÏDES, Nob., Modèles, jeune, n» 17, ire iJvr., et adulte, iv« livr., n» 76. Polymorphium tuherosum et globiferum , Sokl. , a p. iir tab. 123, fig. H, 1,0, P. Hab. la mor Adriatique , près Piituiai. J. TRILOCOLARIS, Nob. ifai... fossile aux environs de Bordeaiix. 3. CLOBULARIS , Nob. Hab. l'île de France. 4. ELONGATA , Nob. Polymorphluiii tuherosum et globiferum , Sold. 2, p. 117, tab. 123, fig. K. Hab. la mer Adriy tique , près Rimini , et fossile à Casld-Arquato. 5. HELiciNA, Nob. Polpnorphium globuliferum , Sold., a, p. i)8, tab. i3o , fig. qq , rr, pp ? Hab. la mer Adiiatique, près Rimini. 6. EOTCKDATA, Nob. Hab. l'ile Sainte-Hélène. 7. TRICONULA ; Nob. Hab. nie Sainte-Hélène. 8. PDKCTTJLATA, Nob. Hab, la mer Adriatique , près Rimini- 9. DEPRESSA , Nob. Hab. dans un sable de délestage. 10. CUBA , Nob. Hab. dans un sable de délestage. II. FRAGiLis, Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. li. Parisiensis, Nob. Hab... fossile aux environs de Paris. '9 ( 27S ) Genre IX. — GyBoioisr , Crroïdina., Nob. ^esl libre , trochoïde , régulier -, spire tronquée , très- «platie ; côié opposé irès-couvexe ^ ouverture en fente longitudinale contre l'avanl-dernier tour , mais n'occu- pant que la partie médiane de la loge. 1, oRSiccLARis, Nob., 3foclèles , XI" i3, 1" livi:.;.-=on. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. a. taviGATi. , Nob. ; Solcl.,4, appendix, p. i4i, tab. 8, fig. ad, M. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. J. L«vis,Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini, et fossile aux «nviroDS de Sienne et de Bordeaux. 4. OMBILICATA, Nob. Hab. la mer Adriatique , près Riminî. 6. SoLDAMH , Nob. , Modèles, n» 36, ii« livraison. jyautilus Melo, Sold. , i , p. Sg , tab. ^ô^fig. m,/t. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 6. FLAVESCEMS , Nob. Hab. dans un sable de délestage, n. coHTECTA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 8. CARIKATA, Nob. Hab. les Antilles , à l'Ile de la Martinique , et fossile aux environ! de Paris. g. coMOÏDEs, Nob. Hab. la mer des Indes; Genre X. — Troncatuline , Truncatulina , Nob. ; Nautilus, Fichtel; Hammonia , Sold. Genre Polfxène et Cibicide , Moktf. Spire discoïdale, comme tronquée^ côté opposé bom- bé; ouverture en fente , paraissant en dessus et se con- tinuant en dessous sur la ligne saturale jusqu'à la ( 279 ) deuxième ou troisième loge -, constamment fixé par le côlé spiral. I. TCBERCTJLATA , Sold. ; Nob. , Modèles , n° 3^, ne livr. Hamtiionia tuherculata, Sold. , r, p. 58 , tab. /j5 , fig. a, kk, tl, mm» JYaulilus jai dus , Ficht et Moll. , p. 64 , tab. 9 , fig. g ,h, i. Nautilus lobatulus, Walker's , 3'liii, shells , tab. 3 , fig. ;;i ; Adams, Microsc, p. 641, tab. t^ , fig. 36; Maton et Racket, in Lin. Trans. , vin , p. 1 17 ; Dillwyn , Descript. cal. , p. 344- Serpula JVautiloïdes , Schrotter, IV. litterat. , 3, p. 283, tab. 3, fig. 22 , 23 ; Gmel., Syst. nat. , p. 3739, Serpula lohata, Montagu, Test., p. 5i5, et Siipp. , p. 160. Polyxenes cribialus , Montf. , Conch. , G. 35 , p. iSg ( ej: Ficht.). Hab. toutes les côfes de l'Océan européen , toute la Méditerra- née , et fossile à Bordeaux , à Paris , et à Castel-Arquato. a. ELONGATA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. 3. iNFRACTtiosA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 4- coNTECTA , Nob. — Hab. fossile aux environs do Paris et de Dax. 5. REPOLCEKs, Montf.; Nob., P). iv, Fig. 8-11. Modèles, n» 77, iv« livr. Hammonia Balanus , Sold. , i, p. 58 , tab. 48 , fig. nn ? 00 ? Cibicides refulgens , Montf. , genre 3i, p. 123 , ex Sold. ; id. , Blainv. , Ma- lacol. , p. 391. Hab. la mer Adriatique , près Rimini , la Méditerranée à l'île de Corse , la mer du Sud à Rawack , l'île de Madagascar, et le cap de Bonne-Espérance. 6. MiQUELONENsis, Nob. — Hab. le banc de Terre-Neuve et à Miquelon. 7. Ariuineasis , Nob. — Hab. la mer Adriatique , près Rimiui. 8. VARIABIL1S , Nob. ; Sold. , i , de la pi. 70 à la pi. 92. Hab. la Méditerranée. Celte coquille adhère à tous les cnrps , et la variété étonnante de ses formes en a fait faire viugt tt quelques planches par Soldani. 2' section. Ainmonoïdes , Nob. Test libre ou fixé, discoïdal 5 loges enfilées sur nu seul axe 5 tours de spire apparens de chaque c6:é. ( 28o ) Genre XI. — Plamui-inf, , Planulino , ^o\). Côtés inégoux; spire régulière , plus appnrr7,îc (Vim côté qn(> <]r rauUc. Coquille régulière, libre, siibuirbinée -, ouvcrlure ea fente contre i'avanl dernier tour de spire. ?. Ar,Mi>Errsis, Nob. , PI. v, Fig. i, 2 , 3 , 3 bis. Modèles, n° 49, ne livraison. Uanimonia joliacea , Sold., 4» append. , tab. 3, fi", o , p. J-iamrnonia xubrotnnda, Sold. , 1 , p. 61, tab. 5o, fig. E£. Uah. la nier Adrisitique ,' près Rinaini. 3. DDMA , Nob. : : ' Hall. rOcéan sur les côtes de France. 3. iKCEKTA, Nob.; So!d.,4, append.,tab. 3,fig. <7, iî, p. 140. Hah. la mer Adriatique, j. SoLDAMi , Nob. ; Sold., i, tab. 53, fig. xx, p. 62 et tab. 5o, • fig. z, p. 61. Genre XII. — Planorblmne , PlanorbuUna , Nob. Côlés inégaux ; coquille fixée , déprimée-, spire irré- ;,ulière , plus apparente d'un côlé que de l'autre', ou- verture semi - lunaire contre Faviapt-dernicr tour de spire. î . KiTiDA. , Nob. , Modèles , nf 78 , ive livraison. Hah. rOcéaa.^ sur les , 6, 6 bis. Modèks , D" ^g, ive livraison. Sold., 3, tab. 162 , fig. H , p. 238, et tab. 161 , fi:^. 7:, /■', G. Hab. la mer Méditerranée; fixée sur différeus corps. '''. vERMiccLATA, INob. ; Sold. , 3 , tab. 161 , fig.^, £, C'' Hab. la mer IMcditerranée. 4. RUBBA , Nob. Hab. la mer du Sud , à Rawack. ( 38i ) Genre XIII. — Operculixe, Operculina. Nob. ; Lenliculine, Basterot. Coquille libre, régulière , dqM^imée 5 spire régnliève, également apparente de chaque côté; ouverture ea fente contre l'avant-dernier tour de spire. I. COMPLANATA, Bast. ; Nob. , Modiles , no 8o, ne livraison PI .y Fig. 7-,o. Bast. , Mém. géol. sur le Bassin de Bordeaux, p. ,8 , ,„;us !. non de Lenticulites complanatu. Hab... fossile au.x environs de Bordeaux. 2. cosTATA , Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. 3. Thouini , Nob. Hab... fossile aux environs de Montolieux. 4» MADAGASCARIENSIS, Nob. Hab. rUe de Madagascar. 5, Gaimardi, Nob. Hab. à Rawack , Nouvelle-Hollande. Genre XIV. — Soldanie , Soldania, Nob. Coquille libre , déprimée; spire régulière, également apparente de chaque côté; ouverture présumée margir- nale, ou à l'angle extérieur des loges. (Toutes d'après des figures de Soldani. ) 1. cARmATA,Nob.;Sotd. ,4,app.,p. ,46,tab. iS.fig.;,,^. iïaè... fossile de la Coroncine. 2. SPjnoKBis , NuIj. ; So!d. , 4 , app. . lab. 4 , fig. G, H, p. t/;^ Hab... fossile de la Coroncine. 3. MTiDA , Nob. ; Sold. , 2 , tiib. i35 , fig. /. /i«i... fosbilode la Coroncine. 4- LiMrA , Nob. ; Soid. , 2 , fab. 53 , %. G , p. 6.!, Uab. la Méditeirauéo. 5. orb;cular.s, Nob. ; S-.ld. , i, tab. 4, , fig. H, p. (io. Hab. la Mcditenai)ée. ( 282 ) 6. ANKUCATA , Nob, ; So!d. , T, tab. 47 , fig' C. — Hab. la MéiUterra- Bce, 3" section. Nautiloïdes , Nob. Test libre , loges assemblées sur un ou deux axes distincts . alternantes ou non 5 spire embrassante en tout ou en partie 5 point de tours visibles. f Loges assemblées sur deux axes ou alternantes ; ouverture rers k milieu de la loge. Genre XV. — Cassiduline, Cassi'dulina , Nob. l. LJEVicATA , Nob. , niotUles , n" 4' ) II* livraison , PI. vi , Fig. 4i 5i //aè... dans un sable de délestage. •}-f Loges non alternantes ou enfilées sur un seul axe. 1 Côtés inégaux , fun bombé et l'autre plat. Genre XVI. — Axomaliive, Anomalina, Nob. La même forme à tous les âges ; ouverture latérale en fente , placée contre l'avant-dernier tour de spire ; lest bombé. I. puKCTTJLATA , Nob. , PL vT, Fig. 1 , 2,3. — Hah. l'ile de France. a. ARiMiNENSis, Nob. — Hab. la mer Adriatique. 3. OREicoLABis , Nob. — Uab. la mer Adriatique, près Rimini. À 4. ELEGAKS , Nob. , Modèles , n° 4^ > "* livraison. '*! Hah. .. fossile aux environs de Bordeaux. 5. Nautiloïdes, Nob. — Hab... fossile sur les bords de l'étang de Tau. Genre XVII. -^ Vertébraline, J^ertebralina ,l^o\i. : Test très - déprimé ; spire se projetant à un certain âge en ligne droite j ouverture en fente , occupant toute la partie supérieure de la dernière loge. (283 ) I. STBTJiTA , Nob. , Modèles, n° 8i,iv» livrawon; Sold. , i, p. 76, tab. 67 , fig. uii, XX, yy, zz. Hab. la Méditerranée, la mer Rouge, et la raer du Sud.it Rawack. a Côtés égaux. i) Plusieurs ouvertures. Genre XVIII. — Poltstomelle , Polyslomella, Lam. Genre Polystomelle ef J^orticiale , Lam. , de Blainv. ; genres -i4ndio-' mède , Ccllulie , Sporulie , Théméone , Pélore , Géopone , et Elphide, MOKTFORT. Ouvertures rondes, disposées sur deux lignes formant un triangle ou éparses sur la cloison -, coquille dépri- mée , régulière , ne variant pas dans sa forme et non ombiliquée ; le plus souvent un disque ombilical. I. CRISPA, Linné; Nob., Modèles, n» 45, ii" livraison. ZVautilus crispus , Lia. , xii, p. 116-2; Gmel. , p. 3370; Plancus, Conch. , p. 10 , tab. i, f. 2 ; Gualt. , Ind. Test. , tab. 19, f, ^, D; Ginanni , u4driat. , tab. 1 4 , fSg. lia; LeJermuUer, Microsc. , tab. 8 , fig B ; Martini , Conch. Cab. , i, tab. ao, f. 17a , 173 ( ex Gualt.) et 174 (earLederm.). Schrotter, Einleit. , i , p. 10 ; Schreibers , Conch. Kenntn , i, p. 3. Fichtel etMoll. , p. 4o, tab. 4, fig. . Gaimardii, Nob. Hiih. les îles Mariants et Ruwack. 6. Lessonii . Nob. Uah les îles Malouines. 7. SEMI-STRIATA , Nob. Hah... fossile à Castcl-Arqiiato. (^85) B. OCEANENSIS, Nob. Ilab. I'0cé3n , sur les côtes de France, g. UMBiLicATA , Nob. Hab. 10. AMBiGUA, Fichtel et Moll , Naulilus amhiguus , p. 62 , tab. 9, fig. d, e ,f. Pelorus anibiguus , Montf. , genre 6 , p. 22. Polysto- mella ainbigua , Lam. , Anim. sans vert. , vu, p. GaS , n» 4 J id. , de Blainv. , Malac. , p. 388 , deuxième groupe. //aZ). le golfe AraLinue, Genre XIX. — Dendritine , Dendritiua , Nob. Ouverlures ramifiées , le pins souvent réunies pd forme de dendrilês 5 coquilles régulières , ne variant pas de forme et ombiliquées. I. ARBOscuLA, Nob. , Modèles , n° 21 , ire livraison j PI. vi , Fig. 6- j. Hab... fossile aux environs de Bordeaux. a. Rangu , Nob. — Hab. la Méditerranée, près Toulon. 3. ANTiLLARUM, Nob. — Hab. les Antilles. Genre XX. — Penerople , Peneroplis , Mo;iîtf . ; Nautihis, Ficlit. ; Penerople et Argonaute , Montf. Genres Pénérople et Hénuline , Blainv. ; genre Cristellaire et Méimline , Lam.; Placentide , Blainville. Ouvertures disposées sur une ou plusieurs lignes lon- giludînaîes ; coquilles très - déprimé.îs , irrégulières, ombiliquées , variant de forme selon Tàge. 1. PLANATUS , Ficlit. ; Nob. , Modèles , n' 16 , i« livraison , et n° 45 , ne livraison; Schrottcr, A", lilteiat., 1, p. 3i4, tab. i, fig. 7? Sold. , 1 , p. 7 j , tab. 64 , fig. i , k. Nautdus planalus, Fichtel et Moll , p. 91 , tab. 16, fig. a-i, Peneroplis planatiis , Montf., Conch., genre 65 , p. 258; id... Baffnn de Soniiiiù , Moll., vol. 4> P- i, ?'• 4'^> -argonautes uii- crobcopiijues. Crislcllaria i<]uammula ,\jara. , Anini. sans vert, ,yu, p.6o7,u° i; ( 286 ) id. , C. planata , Eneyxl. méth., tah. ^6"] , fig- i, a, b, c {ex Ficht. ) ; id. , G. dUniain, E;;. "i, a, b , c (ex Ficht.). Peaerop/U ditatatn , Blainv. , Malac, p. 3^2, deuxième groupe» Hab- la Méclitcrrynéc , et lu Nouvelle- Hollande , à Kawack. a. EiLiPTicA , Nob. iinh. les îles Saudwich , l'île deRawack., la baie des Chiens- Marins. 3. LacvioATA, Nob. Hab. rile Sainte-Hélène. 4. Fleckiacsii , Nob. Hab... (ossile dans le calcaire jurassique du département de la Charente- Iiilérieure. 5. ORBicrLARis , Nob. Hab... fossile aux enviions de Dax. 6. 0PEBCCLAH1S, Lam. , Renul'ues opercularis , Anim. sans vert., vu, p. 606, n'' i; id., Encycl. méth., tab. 4^5, fig. 8. Renulina opetcularia , de Blainv. , Malac. , p 87 1 , premier groupe , sp. i ; Bionn , Syst. cunch, , lab. i , fig. 9 , ex Lam. ; Parkinsou , tab. xi , fig. 21, ej Lnm. Hab... i'cssile aux environs de Paris. Genre XXI. — Spiroline, Spirolina , Lam. Genres Spiroline et Liluile , Lam. , Blaikv. , Defrakce. Coquille en forme de crosse ; la ,=;pire plus ou moins marquée, se projetant à un cerlaiii âge en ligne droite , et formant alors un tul)c cylindrique -, dans le jeune âge, }a cloison est munie de plusieurs ouvertures, et dans VhJjO. adulte d'une seule. T. CYtiNDRACEA, Lam. ; Nob. , Modèles , n^ ^ , 1" lirraison. SjiiroUnitcs cylindracea, Lam., ^-iniin. sans vert., VU, p. 6o3, n" 2 -y id., Encycl. méth., tab. 4^5, fig. 7. Spirula cylindra^ea, de Blainv. , Malac. , p. 3fra , troisième groupe. Spirolina cyliii- drica, Bronn, Sysl. conch., tab. i, fig. i5 , a; Parkjiîson y tab. xs , Hab... fossile aux euviroûs de Piiri^. i (^87 ) 2. STKIATA, Nob, Hab... fossile aux environs de Paris. 3, BEPBESSÀ , Lam. , Spirolina depressa , ^nini. sans vert., Tli, p. 6oa , n° I ; Defrauce , Dict. des Sciences nat. , tab. a, fig. a j Parkinson , tab. xi, fig. 8 , ex Lam. Hab,., fossile aux environs de Paris. 4- L^VIGATA , Nob. Hab... foshile aux environs de Paris. 5. Pedom . Nob. Hab.,, fossile aux environs de Paris. 6. NACTiLOÏDES , Lam., Lituoluites nautiloïdes , Aniin. sans vert., VII. p. 6o4 ; id., Encycl, méth., fig. 6, tab. 465 ; biainville, Malac, p. 38i ; Broun , Sysi. conch., tab. i, fig. ^ , a, ex Lam. Parkinson , tab. XI , fig. 5 , ex Lam. Hab.., fossile aux environs de Paris. Une seule ouverture. Genre XXII. — Robuline , Robulina , Nob. Genre Nautitus, Ficht. et Moll ; genres Polystomella et Lenticulina, de Blainv. ; genres Phonème, Pharame, Hérione , Clisiphonte , Patrocle , Lampadie , jintenore , Robule , Rhinocure et Spincté- rule, MoHTF. Ouverture marginale ou à l'angle carénai , en fente triangulaire 3 coquille bombée , un disque central. I. CULTRATA. Montf. ; Nob., Modèles, n» 82, iv' livraison. JYauti/us cidcar, Linné , xii, p. 1 162 j Goiel. , p. 33^0 ; Scbreibers , Conch. henntn , i, p. 2, 11; Schrotter, Einleit. , i, p. 9, 11; Fichtel et Mol! , p, 69. Lenticulina marginata, Sold. , i, p. ^^, tab. 33, fig. E, etc. ; Gualt. , Ind. Test,, tab. 19, fig. B; Martini, Conch. cab., i, tab. 19, fig. 168 (ea Gualt.). Fichtel et Moil, N. calcar , var. yS , p. ^2, tab. 11, fig- d, e , f; Plancus, Conch., i» édit., p. 86, tab. 1, fig. 12, S , T, V, et fig. l3 , z, Z; Martini, Conch. cab., i, tab. 20, fig. 180, i8i (a« Plancus); Razoumovsky , Obs. min. sur les eni', de F'ienne , tab. I, fig. i, 3. ( 288 ) Ficlitel et Moll , N. calcar , var. ij, p. 75, tab. 12 , Cg. rf, e, Jî Lampas Tiilliemus, IMoiilf. , Conch. , geisre 61, p. 242. Lenticu'ina Trithernus , B'iiinv. , Ma/ac, , p. Sgo , sixiùaie groupe. Fichtel et Moll, iV^. calcar, var. », p. 76, tab. la, fig. g-, h; Plaucus, Conch., p. 12, tab. i , fig. 3; LedermuUer, Microsc^ , tab, 8, fig-<"; Martiui, Conch. cab. , i, lab. 19, fig. 171 (ex Le- dertDullerJ. Palrocla queidans, Montf. , Conch., gtnre 55, p. 218. LenLiculana (/uere.'ans , Blaiuv. , Malac. , p. 889, deuxième groupe. Fichtel et Moll, IV. catciir , var. x, p. 78, lal>. i3 , fig. e , f, g. Rohiilus cjUiatiis , Montf. , Cnnch. , genre 54 , p- 2 14- Lentlcidina cultrata , Blaiiiv. , D'intnc. , p. 890 , ciiKjuièDae groupe. Uah. la mer Adriatique , et fossile dans les euvirous de Vienne» 1. oKBicuLARis , Nol'. , j)l. VI , n° 8 , 9. • Sold. , app. , p. ! 38 , tah. I, fig. P. Hab... fossile aux environs de Sienne. 3. COSTATA , Nob. hab. la mer Adriatique, près Rimiui. 4. yov.Tzyi, Nautdns voriex , Fichtel et Moll , p. 33, tab. a, fig. d-i. Phonemus ciillratits , Montf., genre 3 , p. 10. JYautilus globulus, Sold., i, p- C6, lab. Sg , fig. TT; id., Lenti-' cula /ceuis , p. 55 , tab. 33 , fig. 00 ; id. , Nautilus slriatus , p. 54 > tab. 34 I fig- dd. PolfstomeUa xorlex , Blainv. , Malac. , p. 889, quatrième groupe. Hah. la CorGUcine. 5. SoiDANii , Nob. Nautilus globulus, Sold., i, p. 69, tab. Sg , fig. itu. Hab. la Coroncine. 6. MA.RGiî(ATA. Lentlcula marginata , Sold. , i , p. 5i} , tab. Z^ , fig. L; id. , Leinicula lœvis , p. 54 , t;ib. 33 , fig. mm? flai. la mer Adriatique, près Rimini. 7. RADIATA, Sold., Lenticula radiata, i , p. 54, tab. 33 , fig. BB. Hah. la Méditerranée, 8. PDLCHFLLA , Noh. , Lcnticula radiata, Sold., i , P. 54, ta!'. 33, fig.-flrt. Hab^ la Méditerranée, 9. L£viGATA, Nob., Nautilus integer, EoIJ. , r , p. Sg , t.-\l-. 4:. fig. E. Hnb. la Méditerranée. ( 289 ) 10. srLCATA., Nob.; SoW. , i,p. 54, tab. 34, fig- ee. Uah. la McdiUirtinée. 1 1 . ROSACEA , Nob Lenlicula lœi'is, Sold. , l , p. 54 , tab. 33 , fig. nn. Hiih. la Médilerrauéi;. 12. Calcap, , L!nué , sn , p. 1162; id. , Gmcl. , p. 8370 ; Scbreibers, Conch. kenntn , 1, p. a, 11; Schrotter, Einleil. , 1, p. g, 11 j Soldaui, I , tab. 69, fig. q^, n ; Fichk-l et Moll, p. 69; Gualt. , Ind. Test., tab. 19, fig. C; Martini, Conch. cab. , i, tab. 19, fig. itig {^ex Gualt. >. Fichtel et Moll , IV. calcar, var. > , p. 78 , tab. 11, fig. g, h. Id.,\av. cT, p. ;3, tab. 11, fig. i, A. Pharame perlé , 'M.oiiifort , genre 9, p. 34- Lenticidinaniargaritacea, Blainv. , Malacol. , p. 390 , septième groupe. Id. , vai . < , p. 77, tab. i3 , fig. a , b. v^nleiior diaphûneiis , Montf. , gKnre 18, p. 70. Lenûculina dia- plianea , Blaiiiv. , Jlfalac. , p. Sgo , liuitiètne groupe. Rhinoiorus aianeosus , Montfort , genre 59, p. 234- Lenticulina araneosa , Blainv. , Blalac. , p, 3go , dixième groupe. CUsiphontes Calcar , Montfort, genre 57, p. 226; id. , Biiffon de Sonnini , Moll. , vol. 4, p. 47; £§• 4- Lenûculina Calcar, Blainv. , Iflalac. , p. 3go , Ilcu^ièlne groupe. JJab. la mer Adriatique , près Kiuaiui , et fossile aux environs de Sienne. i3. cosTATA , Ficblei et Moll , p. 47, tab. 4 , fig- g, h, î. Spincterulcs costalus , Montf., geure 56 , p. 222. Lenticulina cos- tiita , Blainv. , 3/alac. , p. Sgo , douzième groupe. Ntmtilus Calcar, Fichtel et Moll, var. e , p. 74 , tab. 12 ,fig. a, b, c. Jlciion rostratus , Montfort , genre 58, p. 23o. Lenticulina ros- Irata , Blainv. , Malac. , p. Sgo, deuxième groupe. Hab. la mer Adriatique , près Rimiui. 14. ACULEATA, Nob. JVautilus Calcar, Ficht. , tab. 11, fig. a, b, r ; tab. lî , fi^. i, A, et tab. i3 , fig. c , d, h, i. Lenticula, Sold. , i, p. 54 , tab. 58 , fig. hh, mm. Hab. la mer Atiriatique , près Rimini. i5. ABiMiKENSis , Nob. Uah. la mer Adriatique , près Bimini. jC. LSVIGATA , Nob. Hah. la mer Adriatique , près Rimini- ( 39« ) 17. viRGATA, THoh. , MotUles , n" 1 j , i'* livraison. Hab. la mer Adriatique , près Rimiiii. 18. DISCOÏDES , Nob. Ilab. la mer Adriatique , près Rimini. 10. MAUGINATA, Nob. Hab. les Antilles , et fossile aux envii ons de Bordeaux, ao. Planciara , Nob. Lenlkula , Sold. , 2 , p. i 10 , tal). -26, fig. O- liab... fossile des environs de Sienne. ai. BUGOSA, Nob. Lenticula, Sokl. , 2 , p. 1 10 , (al., y. , li,;;. JY. /iaZi... fossile des environs de Sienne, aa. KiTiDA.Nob. ; Sold., 4 , app., p. 141, lab. 7, lig. zt. Hab... fossile de la Corouciue. ' a3. PLicATA, Nob ; Sold., i,tab. 5o, fig. ce. Hab... fossile de la Coroncine. a4. hOTCNDA , Nob. NautUus lenticulus , Sold., i, p. 66, tab. 55, Hab. la mer Adriatique. Genre XXIII. — Cristellaire , Cristellaria , Lam. - Genres Lintlmrie , Oreas et Saracenaria ,^i.ktm. ; genres Cristellaire, Saracenaire , Def. ; genres Linlhurie , Oréade et Scorlime , MosTF.j JYaulilus et Liluus , Sold. Ouverture ronde , le plus souvent entourée d'un bourrelet , placée à angle carénai des loges ; coquille déprimée. i" sous-genre. Les Çristellaires . Coquille déprimée. I. coNSECTA, Nob. Nautilus lituitalus, Sold., i, p. 64, tab. 57, fig. X ; id. , Lituus crispatus , p. 63 , tab. 55, lig. A, C, E, G. Hab... fossile de la Coroncine. a. BAVicuLABis , Nob. Lituus crispatus, Sold., i, p. 63, tab. 55, fig. B, D. Scortinius nai'icutaris , Montf. , genre 63 , p. aSo ; ex Sold. Hab... fossile de la Coroncine. î. Cassis , Ficht. ; Nob. , Modèles , n" 44 » "" ''Vr. , et n» 83 , iv* livr. ( 291 ) ifautilus Calcar, Linné, xii , p. 1162; Gmeliû, p. 33^0. IVau- tilus lituitatiis; JY. semilunaris ; Lituus crispalus; Littius rarus Sold., Test. , I , tab. 56, fig. /, /f , etc. , etc. Naulilus Cassis , Fichtel et Moll, p. gS ; Martini, Conch. cab. . 1 , tab. 20, fig. 182, i83. Fichtel et Moll, var. a., p. gS, tab. 17, fig. a, b, c , ,1 ; Plancus, Conch., p. i3 , fab. i, fig. iv ; id. , 2' édit. , p. 120 , tab. i, fig. h. Cristellaiia papillosa , Lam. , Anim. sans vert. , vu , p. 60-, n» a- id. , Encycl. nicth. , Crlsl. Cassis , pi 467 , fig. 3 , a , Z. , c , J ( ci Ficht.). Linthtiris Cassis ,h\aiav. , Malac. , p. 384. Fichtfl et Moll, var. ^, p. 97, tab. 17, fig. e , f, g. Linihuris cassidatus , Montf. , Conch. , genre 64 , p. 254. Cristellarin papil- losa , Lam., Anim. sans vert., foc. cit.; id. , Encycl. ruélh. , pi. 467, fig 3,e,f, g (ex Ficb!.). Cr. producla. Fichtel et Moll, var. y, tab. 17, fig. /i, i. Crist. papillosa, Lam., Anim. sans vert. , loc. cif. j id. , Encycl. méth. , pi. 467, fig . 4, a, Z.. Crist. serrata. Fichtel et Moll, var. ., p. 99, tab. 17, fig. A, /. Crist. lœuis , Lam , Anim. sans vert. , vu , p. 608 ; id. , Encycl. méû,. , pi. 4G7, fig. 4 , c, d. Crist. papUlonacea. Fichtel et Moll, var. t, p. 99, tab. 18, fig. a, h, c. Crist. pa- pillosa , Lam. , Anim. sans vert. , p. 607 ; id. , Encycl. mélhod. , pi. 467, fig. 5 , a, /!.. Crist. undata. Parkiuson , Org. nem. , to. 2^ tab. II, fig. 3o. Hab. la mer Adriatique , près Rîminî , et fossilo à SioBne. 4. SoLDANii, Nob. , IVauldus crispalus, Sold., i, p 61 tab 5G H- H. ' ■ ' Hab... fossile de la Coroncine. 5. KiTiDA, Nob., IVautilus lituilalus, Scîd. , i, p. G', tyb 5S H-o,p. Hab... fossile de la Coroncine. 6. Galea , Fichtel et Moll, JYaatHus G aléa , p. 100, tab. 18, %• <^> e,/. Criste'laria Galea, Lam., Encycl. riéth. , l,,!j. 467, fig. 6, a,b, c; id. , Crislellaria Ucfis , i^am. , Anim. sans vert., VII, p. 608, n" 3. Hab... fossile de la Coroncine. 7. MARGiNATA , Sold. Nautilus marglnotus , Sold., i p. 64 ta", 5- Hab... fossile delà Coroncine. ( 292 ) 8. DEPnEssA , Kob. Uab. la mer Adriatique , près Riinini. 9. EOSTRATA, Nob. tiiib... fossile des environs de Sienne. 10. cosTATA , Nob. , Modèles , n" 8.^ , ive livraison. Hab. la mor Adriatique, près Riraiui. 11. ELOMC.VTA, Nob. jWiulUus /iuiiUitus , Soid, , I, p. 64 , tiil) ,' $3 , fig. aa,bb , ce. Uab... fossile de la Corouciuc. 12. BiLOBATA. , Nob. JVauUlus liiuilacus, Sold. , i, p. 6\, Uh. C;, Uab... fossile de la Coronciue. 13. TBBEECULATA, Nob. ' • Uab. la mer Adriatique, près Rimini, et fossile à Castel-Ar- quato. 14..ACUIEATA , Nob. ; Sold. , 1, p. 64 , t. 57, fig. tt. Uab... fossile de la Coroncine. 15. TRANSLUCIDA, Nob. Uab. la mer Adriatique , près Rimiui. 16. LAMELLOSA , Nob. Hab... fossile dans le calcaire de Caen. 17. GiBBA, Nob. - Uab... les Antilles ; la Méditerranée , k )'île de Corse. 18. CADONEKSIS, Nob. . ■ ■*" Uab... fossile d-jis le calcaire de Caen. 19. lÊViGATA , Nob. , Modèles , n" 47, ii= livraison. Uab... fossile dans le calcaire de Caen. 30. LiTWDs, Nob. Uab... fossile dans !e calcaire de Caen. il. TDBERCCLVTA, moh. NaiitUus lituiiatus , Sold. ,4, p. 23; tab. i, Hab. la mer Adri;.ti-9\ ) -1. citAssui.A , W«lker, Tenf. min. , tab. 3 , flj{. 70. NaxUilnx crassulus; Acla;us, Alicroic. , p. 6^1, tab. 14, f'g- -i^» !^^orttagu, Zeït. Brit.y p. 191 , «£ S'iipp/.^ p. 71), tub. 18, %. -i ; IMatou el Racket, i« Lui. Trans. , viii, p. 1 17 ; Dillwyu , Dcscript^ ctHal. , p. 343. u) Nautilus itmbilicatus , Walker, Test, mm., tab. 3, fig. Ggj Adams, 3Iicrosc. , p. 641, tub. i4 , £?!• 34i Moutagu , p. 191 , et Suppl., p. 78 , tab. 18, fig. I ; Matou et Racket , iit Lin. Trans. ,. VIII, p. ii5 ; Dillwyn , Descripi. cutaL , p. 343. Hab. l'Océaa eui-opéen. 8. CRANOSA, Nob. — Hab... fossile à Caslel-Arquato. 9. SEMi-STRiATA, Nob. — Hab... fossile aux environs de Bordeniix. 10. ELEGAKS, Nob. — Hab. le banc de Terre-Neuve. 1 I . L«vis , Nob. , 3Iodètes , n» 4^ , "' livraison. Hab... fossile au.\ environs de Pa'ris. 12. POLiTA , Nob. — Hab. la mer Adriatii^ue , près Rimiui. i3. Lamakck.ii, Nob. — Hab... fossile aux environs de Dax. 14. LiMBA, Nob. , Modèles , n" 11, i« livraison. Hab. la oaer Adriatique , près Rimini. i5. poMPiLioiDES. IVautilus pompilioides , Ficbt. et Moll, p. 3i , tab. 2, fig. a, b, c. Melonis cfrw5cu5 , Montf. , genre 17,^.66. Po'ljrsib~ mella etrusca , de Blaiftv. , 3'Ialac. ,p. 389, sixième groupe. Hab, la Méditerranée. 16. ELYPTicA, Nob. — Hab. Madagascar. 17. hdcosa , Nob. Hab... fossile dans les pierres des bords de ta Gironde , près Pauliac. 18. ELONGATA , Nob. — Hab... fossilc sux cnvirons de Dax. ig. Grateloupi, Nob. — Hab... fossile aux environs de Dax. 20. coMMUKis , Nob. Hab. à Madagascar, aux Antilles; dans l'Adriatique , •jirès Ri- mini, la Méditerranée, et fossile aux environs de Bordeaux, et à Castel-Ar(ju»lo. 21. sfEiATo - PUNCTATA. Nautilus slfialo - puiiclalus , FiclU. et Moll , p. 6i, tab. 9, fig. a , b , c. Hab. le golfe Arabique. 22. asterisaks , Ficbt, et Mo\l , JS'muUIus ., p. 3.7, tab. 3 , fig. e, f, g. Florilus slellatus , Montfort, genre 3/) , p. i34. Placentida asteriz-ans , Lam. , Anim. sans veit. , VU, p. 6îi ; iW. , Blainv. , 3/alac. , p. 374 j deuxième giKMqîe. ( 295) Puh'inidus asteiisans , Laïu. , Encyct. mcih. , pi. ^66 , fig. 10. Hab, laMéciiterraaée. ^ 23- Faba. lYauiilus Fala, Fichtel et Moll, p. io3 , tab. 19, fig. tf, b, c. dfiiysoîe perlé , Moiitfoit , genre 7, p. 26. Nautilus scapha , Fichtel et Mc^ ,ç. io5 , tali. 19 , lig. d , e , f. Rab. la mer Adriatique , près Rimiai. ' ' •24. AuKicDLA , fichtel et Moll , lyaiuilus auricufa , p. io8, tab. '20 , %• Ojf. Canciis auriculalus , Montfort , genre 67, p. 2G6. Cristellaria auricul-a , Lam. , Anmi. satts •vert. , ■yii , p. 608. Crepidulina auricvla , Blaiav. , Maine. , p. 383. Hab. les côtes de TEtrurie. Geni'e XXV. — Ni&flimunNE, NumTnuUnu{i), Numrmiïites des auteure. Genres Lenticulile J™" J » i«e;s , peloton , et de Tty» , étage. ( ^fts ) 3., AuDLExTA , Noh. , Madèlcs-f W> 3», ji* livr. Hab... fossile clans les pierres d»Panliac ( Giroiiile). 4. £ 1)0 K GATA, '^oh. Frujueiitfu-uk owvla f SoM. ^ ^> P- ^^> t^^)^- iS3, Hah... fossile à Pautiac ( Gironde). 5. LONoiROSTr.A , Nob. Hah. la mer Adriâticjuc , près Rioiiui , et lossU* à Cusiel - Ac- quato et à Pauliac. 6. ALATA , Nob. Hah... fossile auxeuvirous de Dax. 9. DEPEESSA , Nob. , Modèles , n» 91, iV livraison. SQl 8-. tiE.vis. Pyrgo lœvis , Defr. , Dict. dçs Sciences nat. , tab. , fig. a ; id. , de Blainv. ,. Malac. , p. 482 ( Ptéropodes). Hab... Genre II. — SpIEOLOCt]Lf^fE, Spirolocnlina, Nob. Loges non embrassantes , opposées sur iiu seulplnn, toutes à découvert. I. DEPRES9A, Nob. Frumentarla Sigma, Sold. , 3 , p. aag , tab. i55, fig. KK ? Hab. la Méditerranée, et fossile à Castcl-Arquato. 3. PERFORATA , 'Noh/Modèles , u° 92, IV» livrafaons. Hab... fossile à Montmirail et avix environs de Paris. 3. Gbatelocpi , Nob. -^ Hab... fossile aux environs de Dax. 4. NiTiDA, Nob. Fiumentaria Sigma, Sold., 3 » p. 229, tab. i55, fig. Il , mm ? Hab, les côtes de France , sur l'Océan. 5. TRiCARiNATA, Nob. — ^ûi. .. fossile aux enviroas dc Dax. 6. BiCARiirATA , Nob. — Hab,.. fossile aux environs, de Paris., 7. Lyba, Nob. — Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 8. ORBicnLAEis, Nob. — Hab... fossile à Castel-Arqualo. 9. AKGCLOSA, Nob. — Hab. la Méditerranée. 10. STRiATA , Nob. — Hab. la mer du Sud, à Kawack. H. ELOKGATA, Nob. — ,HaZf... fossile à Castel-Arquato. ( 399 ) la. i/iMBATA , Nob. Frnmeiuaria Sigma , Sold. , 3, p. 5j, tab. 19, fig. m. Hab... fossile à Casfel-Arquato. t3. polchella, Nob. — Hab... fossile à Auvert (Oise). 14. EOTUKDA, Nob. Frumentaria Sigma, Sold. , 4 , P> 229, tab. i5^',, fig. hh, ii. JJab. la Méditerranée. 15. PLicATA , Nob. Frumentaria Sigma ,So[â. , 3, p. 229, lab. )55 j fig. nn. Hab. la Méditerranée. Genre III. — Triloculine, Triloculina , Nob. Loges opposées sur trois côtés ; la même forme à tous les âges 5 trois loges apparentes. I. TRiGOMDLA , Lam. ; Nob. , 3/odè/es , 11° gS , iv= livraison, PI. 16 , Fig. 5 à g. Miliolites trigonula, Lam., j4nim. sans vert., vu, p. 612 , n" 3 ; id. , Encycl. niélh. , tab. 469 , fig. 2 ; id. , Ann. du Mus. , vol. 5, p. 35 1, no 3; Eronn, tab. i, fig. 5, p. 7, ex Lam.; Parkinson , tab. 11 , fig. 17 à 19, ex Lam. Miliola trigonula , de Blainv. , Malac. , p. 369 , premier groupe. Hab... fossile aux environs de Paris, de Soissons cl de Va- lognes. a. AFriMis , Nob. Hab... fossile à Dax ; peut-être une variété de la précédente. 3. GiBBA, Nob. Frumentaria tricostata, Sold. , 3 , p. 232 , tab. i5% fig. /, K. Hab. la mer Adriatique , près Rimini ; la mer du Sud, h Rawack,, et fossile à Castel-Arquato. 4. ROTUHDA , Nob. — Hab. la mer Adriatique , près Rimini. 5. UNiDENTATA, Nob. — Hab. la mer Méditerranée. 6. AKCCLARis , Nob. Hab... fossile dans les pierres de Pauliac (Gironde). •j. TRiCARiNATA , Nob. , Modèles , n» 94 , IV livraison. Hab. la mer Rouge. 8. RUGOSA , Nob. — Hab. l'ilc Sainte-Hélène. 9. RETicuLATA. Friinicntai in tcliculaln , Solil., l , p. 2.)3 , lab. i5<), ( 3.)o ) . Hah. la Mcjilcrrauée , l'île Sainte -Hélène et la baie des Cliieus- Marins , NouvcUc-HoUaudc. 10. lA'FLATA , Nob. ; Fiumentana , SoUl. , 3 , p. a33 , tab. iSg, fig. aa ? Uah. la Méditerranée, et fossile aux environs de Dax , de Bor- deaux , de Soissons , et à Castel-Arquato- 11. FtAVESCEKS , Nob. — ^a&. les côtes de France. la. suBORBicuLAKis , Nob. — Hah. les Antilles. i3. STRiGiLLA , Nob. — ^at.. . i'ossile à Valognes. l;}. EcniNATA , Nob. — Uah. Tlle Sainte-Hélène. i5. LiEViGATA, Nob. — Hah. la Méditerranée. i6. OBLOKGA , Monlagu ; Nob. , Modèles , n"> gS , iv« livraison. fermiçuli^m ohlongum , Mcntagu , Test. brit. , p. 5i-i , tab. Kj , lig. g; Flemming, in Mem. of the ff^erner. Soc, iv , part, ii , p. 565 , tab. XV, fig. 4- Hah. la mer Adriatique , la Méditerranée ; l'Océan , sur les côtes de France et d'Angleterre ; les Antilles, et fossile aux environs de Bordeaux , de Soissons , de Da.\ , et à Caslel-Arquato. 17. ELONGATA , Nob. — Hah. la mer du Sud , k Rawack. 18. DEFORMis , Nob. — Hah... fossile aux environs de Paris, ig. CYLiMDRiCA , Nob. — Hah... fossile aux environs de Dax. *o. REVERSA , Nob. — Hah... fossilc aux environs de Dax. 31. TRicosTATA , Nob. ; Sold. , 3 , p. aag , tab. i54 , fig. y ^ Hah... fossile aux environs de Paris. 32. STRiATA , Nob. — Hah. la mer Adriatique et la Méditerranée. iZ. Brokgnartii , Nob. ; Sold. , 3 , p. 23g , tab. i54 , fig. hh ? ce ? Hah. aux Antilles , et fossile à Castel-Arquato. a4. DUBiA , Nob. — Hab. la Méditerranée. 35. Maurihii, Nob. — Hab. l'île Sainte Hélène. Genre IV. — Auticuline , Arliculina , Nob. Loges opposées sur trois côtés ^ laissant à un certaiu âge le mode de pelotonuement , et prpjçtant une ou deux loges cylindriques sur l'axe primitif. \, MTiDA, Nob. , Modèles, n" aa , i" livraison. Hab. . . fossile auX environs de Paris. ( 3oi ) Genre V. — • Quinqlelocumne, Quiiiqueloculina -, Nob. , peut-être Pollonlc? Montf. Logea opposées sur cinq côtés ; cinq loges apparentes. Obs. Presque toutes les espèces de ce genre, connues de M. de Lamarck, ont été confondues par lui dans sa Miliolites planulata. 1^' opposita de Varkmsou, tab. xi, Cg. 20 , n'est pas reconnaissable. I. SAXORUM , Lam. ; Nob., Modèles, u° 33, n» livraison, PI. i6, Fig. 10 à 14. Iflitiolites saxoium, Lam. , Ann. Mus. , v, p. 35i, n" 5 ; id.., Encycl. méth. , pi. 4^6 , fig. 3. Miliola Sàxorum , Blainv. , Malac. , p. 369 , deuxième groupe; Parkinson, Org.rent. , to. 3, tab. xi , lit;. la, i3. Uah... fossile les en>ironstle Paris. 3. BiKosTP.is , Lam. , Ann. Mus., v, p. 35a, no 7. Hab... fossile aux environs de Paris, 3. cosTATA, Nob. — Uah- la Méditerranée. ' 4- STRiATA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. 5. PARisiEKSis, Nob. — Z^aft... fossile aux environs de Paris. 6. La;viGATA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. 7. GLOMERATA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. 8. PLANA, Nob. Hab. la Méditerranée, et fossile aux environs de Paris. 9. ECLLOÏDES , Nob. Hab. le cap de Bonne-EspiTance , l'île Sainte-Hélène, baie des Chiens-Marins , et à Rawack. 10. srBCARiNATA , Nob. — Hab. l'Océan , sur les côtes de France. I I . ASPERA , Nob. Frumentaria semiluna , Sold, , 3 , p. 228 , tab. 1 52 , fig. B? Hab. la Méditerranée. la. ELEGAKS , Nob. — Hob. la mer Adriatique , près Rimini. i3. SEMisTRiATA , Nob. — Hab... fossilc aux environs de Paris. 14. CRASSA , Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. i5. vARiABiLis , Nob. — Hab. la mer du Sud , h Rawack. i6. ARiMiNE«s£s , Nob. — Hab. la mer Adriatique. 17. SULCATA , Nob. — Hab. la mer Rouge. 18. Fehussaci , Nob. , Modèles, n° 3^, ii" livraison. Hab... fossile aux environs de Paris. ( 302 ) j(). Rawacressis , Nob. — Uah. la mer du Sud , à Rawack. ao. LiMBATA , Nob. — Mal. la mer Rouge. 21. Di.spARiLis, Nob. — Itab. la Méditenanéc. 1%. putiCTULATA, Nob. — IJab,.. fossilc aux eDvirou.s de Paris. lZ. AKGOLARis, Nob. — £/rti. l'île Sainte-Hélcnc. u4. KUCOSA , Nob. — Hab... fossile à Casttl-Arquato. 25. iBREGCLARis , Nob. — Ilab . la MéditcrrBuée. a6. VARioLATA, Nob. » Hab. la Méditerranée, lesAutilles, et l'île Sainte-Hélène. 27. CMODLATA, Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimini, et fossile à Caslel - Ar- quato. 28. CiBiNATA , Nob. — Uab... fossile aux envirous de Paris. 29. sUBORBiccLARis , Nob. — Hab. la Méditerranée. 30. FLAVESCENS , Nob. — Hab. à Madagascar. 3i. OcuLDS, Nob. —Hab. la mer Adriaiiquc ,près Rimini. 32. PRiscA, Nob. — Hab... fossile aux environs de Paris. 33. vnLCARis , Nob. Frumentaria semiluna, Sold. , 3 , p. 228, tab. i Dî , fis- E? Hab. la Méditerranée, la mer Adriatique, prcs Rmnni , elles Antilles. 34. TRIANGULARIS,Nob. Hab. la mer Adriatique , l'île Saiufe - Hélène , et fossile aux en- virons de Dax et de Castel-Arqualo. 35. BlCARlNATA , Nob. Hab. la mer Adriatique , près Rimini , les îles Sandwich , et fossile à Castcl-Arquato. 36. suBFOTrKDA, Moutagu. yevmicalum subrntundum, Montagu , Test. bril. , p. 52 1 ; Fieua- raing, in Mem. ofthe JFern. Soc. , iv, part, n , p. 565 , tab. xv, lig. 5. Serpula, Walker, Test. min. , fab. i, tab. 4- Hab. rOcéan , sur les côtes de France , et à Tile Sainte-Hélène. 37. OREicuLABis , Nob. — Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 38. DEPRESSA , Nob. — Hab... fossile à Castel-Arquato. 39. LAMELLATA , Nob. - Hab... fossile aux envirous de Paris. 40. PUNCTATA , Nob. — Hab. la mer Rouge. 41. AFFIMS , Nob. Hab. la mer Adriatique, près Rimiui, et à Rawack. ( 3o3 ) 4a. PULCHELtA , Nob. Sphœruta hispida, SaU. , 4» P- 53, tab. i8, Hab. l'Océan , sur les côtes de France , el la Méditerranée. 43. SECANs, JNob., Modèles, rt" 96, tV^ HvraisQu. frumentaria senti- /u«a,Sol(l, , 3, p. aaS, tab. i5a, fig. C? Hab. la mer Adriatique et Méditerranée. 44* SAMiifULUH , Linné. Serpula seminuium , Linné , Srst. nal. , xti, p. [a64 ; O. Fabricius, Fauna GroenL , p. 3-6; Scbroetter, Eiideit. , ir, p. 5î5 ; Gmeliii , p. 3789 ; MatoJi et Racket , in Lin. Trans. , viii , p. ^45 ; Oorsct, Calai. , p. Go , tab. 19 , fig. 3i ; Dillvvyn , Descripu catal. , p. 1070. Gualtieri, Ind. Test. , lab. 10 , fig. S ? Walter, Test. min. , tab. i, fig. I ? Frumenlaria semiluna , Sokl. , 3 , p. 228 , tab. iSa , fig. .A ? Serpula ofalis , Adams , in Lin. Trans. , v, tab. i, fig. 28 à 3o. J^emiiculunt intortum , Montagu , Test. brit. , p. 520 ; Flemming , in Mem. nf the Jf^erneriam Soc. , iv, paît, u, p. 564, ^^^^- ^^> fig. 3. ■ Jlab. l'Océan , sur les côtes de France et d'Angleterre ; fa mer Adriatique et la Méditerranée , et fossile à Castel-Arquato. 45. Ltra , Nob. , 3Iodcles , n° 8 , ir« livraison. Hab. la mer Adriatique et la Méditerranée. 46. LOKGiKOSTr.A , Nob. Fiuntentoria semiluna, Scld. , 3, p. 228, tab. i52,fig. F, ^. Hab... fdssile à Castet-Arquato. 47. DUBtAjNob. — Hab... fossile aux environs de Bordeaux. 48. SoLDANii, Nob. Frumentaria semiluna, Sold. , 3 , p. 228 , lai). iSa, fig. Z>. Hab. la Méditerranée. Genre VI. — AorLOsiT^^E , y^delosifia, Nob. Coquille commençant par une grande loge an'ondie , ayant un prolougemeut an bout duquel est une ouver- ture munie d'un appendice ; sur celte première loge , viennent se placer des loges eu pelolonnement de ma- nière à former avec Tàgc un enroulemeut siu' cinq faces , comme dans les Quinquelocttlinies. ( 3o4 ) , t. LKMCKTÀ. , Nob, Fiumentaria phialiformia lievU , Sold. > 3 , p. 232 , tab. i58, Cg. .5'. T, U. Hab... fossile à Gastcl-Arquuto. 3. sTniATA , "^oh. , Modèles , li^ 1 8, i^^* livraison, et n" 97, iv* livr. /'VuTnentaria pliialifoniiia , \, p. 54, tab. ao, (ig. 7", etc. Hab... fossile à Gastel-Arquato. 3. SEMisTRiAT.v , Nob. Frumeiitarta phialiformia striatula , Soldi , p., aSa , tab. 1.58 , fjg. A'. Hab. la mer Adriatique , près Rimiui^ 4. SoLDAKii, Nob Frumentaria phialiformia striatula, Sold., 3, p, a3a, ' tab. i5:, Gg. J/. Hab. la mer Adriatique, près. Rimini. V® Famille. — Les Ekthomostègues (i), Nob. Logea divisées en plusieurs cavijlés par des cloisons ou par de petits tubes. •J* Côtés inégaux. Genre I". — Amphistegine, Amphislcgina, Nob. Divisions transversales aux loges , ne paraissant que d'un seul côté de la coquille , quelquefois des divisions parallèles aux loges , paraissant également de chaque côté 5 ouverture unique , semi-lunaire du côté le moins bombé , et contre le retour de la spire qui est embras- sante. 1 . Qnoii , Nob. — Hab la mer du Sud , à Rawack. 2. TRILO8ATA , Nob. — Hab. les îles Sandwich et Rawack. 3. Lessohii , Nob. , PI. 17, Fig. i, 3 , 3 , 4 ; Modèles , n» 98 , iV livr. Hab. l'Ile-de-France. 4. BiLOBATA, Nob. — Hab. l'île Sainte-Hélène. 5. Madagascar! ENSis , Nob. — Hab. l'île de Madagascar. 6. ciBBA, Nob. — Hab. les Antilles. 7. Fleuriausi, Nob. — ZToA... fossile de Maestricht. (1) D'«VTo//oj , coupé , et de t») ». ( 3o5 ) 8. vtJLCARls , Nol). , 3/odcles , u" 4° . "' livr;iison. Hah... fossile sur les bords de l\'taiig do Tau , et aux environs de Bordeaux. Genre II. — Heterostegine , Heterostegina , Nob. Divisions toutes transversales aux loges , visibles éga- îenaent sur cbaque côté de la coquille ; ouverture contre le retour de la spire. I. SUBOBBICCLABIS, Nob. Var. A. Hab. les îles Sandwich ; var. C les îles Mariannes et le port Jackson. a. dephessa , Nob. , Modèles , n" 99, ive livr. ; PI. 17, Fig. 5,6,7. JJab. l'île Sainte-Hélène. f f Côtés égaux. Genre III. — Oubiculuxe , Orbiculina, Lam. ; Orhiculine, Blainv. , Féruss. Genres Hélénide, Archidie et Ilote, Moktf. Loges partagées en un grand nombre de cavités par des cloisons perpendiculaires et transversales ; coquille discoïdale , déprimée dans le sens de l'axe de la spire 5 un grand nombre d'ouvertures sur des lignes longitu- dinales. I . NuMisMALis , Lam. ; Nob. , PI. 17, Fig. 8,9, 10 j Modèles , n» ao 1" livr. { Très-jeune.) IVautilus angulatus, Ficlit. et Moll , p. 1 13 , tab. 32 • Archaias spirans , Montf. , p. 190 , genre 48. Orbiculina angulala, Lam. , Anim. sans vert. , vu , p. 609 ; id. , Encycl. méth. pi. 468 , fig. 3 , a , 6 , o, J; id. , Blainv. , Malae. , p. 374 , deuxième groupe. (Jeune.) JYautilus orbiculus , Fichtel et Moll , p. na, tab.ai; Ilotes rolalitatus , Montf. , p. 198 , genre 5o ; Orbiculina Numismalis , Lam. , Anim. sans vert. , vu , p. 609 , n» i ; id. , Encycl. méth. pi. 468, fig. 1, a, b , c , d ; Orbiculina nummata; de blaiay., Ma- lac. , p. 373 , premier groupe , O. lYumismalis, ( 3.r, ) ( Adulte.) Nauldus uiluiiotn, Fiditcl et Moli , p. 1 15, lab. a3 ; f.tenis spMofua , Moiitf. , p. 194 1 iî^'^rc 49 5 Orbiculintinnoinata , Lain. , ^nim. sans vert., p. 610, n" 3; id., EncyiU méth. , pi, 468, fig 2 , a , i, c; O. aJunca , de Blainv. , Mulac. , p. 875 , deuxième g»>0«pe. O. nânnca. Hab. les Antilles , les îles Mariannes. GeiU'Ê lY. — Alvéoline , Alveolina ; Alvéolite de Bosc. Genre Mélonie , Lam. , BtAiNV. ; genre Orizaire, Def. ; genres Bo- rélie , Clausulie et 3JUioUte , Montf. ; Fascioliies de Parkiacoui. Loges partagées en un grand nombre de cavités par des cloisons ti'atisveisales ; coquille ovoïd»le allongée dans le sens de Taxe delà spire; beaucoup -d'ouvertures en ligues transversales. 1. BULLOÏBES, Nob. Hab... fossile aux environs de Dax. 2. MELO.richl. et MoU, Nautilus 3IeIo ,\^. ii8,tab. 24. Ficlitel , fig. a-f. Claasulm iiicticaùor, Montf., genre 45, p. 178. 3fe- loniLes sphœrtca , Lam., Anini. sans vert. , vu , p. 6i5, n» i; iJ. , Encycl. méth. , pi. 4^9) ^S- '> ^'J- ^lelonia spJierica, BJainv., Hifalac. , p. S'Gg , premier groupe. Fàciitel, fig. g-, h. Borelis jneLmoïdes , Montf. , ^n ne 43, p. 170. Melonites sphœroidea , 'Lata. , Anim. sans vtirl. ^niity p. 6i5,iio a; T.ncjcl. niélh. , pi. 4%; ^8- gj ^^ ! Blainv., H'/alac, p. 870, deuxième groupe. //■ah... fossile aux envii'ons -cJc Montnlkux , et, selon Fichtcl , à Steinfcld et a Grusback , Hongrie , dans une pierre calcaire , avec le« Niimmuliiûcs. .J. OVOT3JEA, N'ob. Hfd},., fossile à Montolieux , et an Bengale sdon Deluc, Jmirn. de Phfs. , an lo , vdI. 54 , p- « 79 , t-ab. i , fig. 1 1 et i a. 4. oBLOKGA, Nob. FascioUtes , Parkinson , tab. m, fig. 28 à Si. Hab... fossileauK environs âe Soissons. 5. fioKOii , Dofr.; Nob. , Modèles., n" 5o , n« tivr. Dduc , /OTir/t. ïfe Phys.,vK jo, vol, 54 , p. i79><»g- '3, 14. Al- l'éoiite ^r^in de fetusc/ue , Bosc, Builet. de la Soc. phH. , n° 61, fig. 3 , n , B ,C. Miitolites SMlmiatus , Moutf. , ffeore 44 P- ' 7'''' ( 3.07 ) Orlsaria Boscii, Dofr. , Dict, îles Se na(. , wn" lirr. , pi. , fig. 4- Huh... fossile aux envhoas de Paris. <>. ELONGATA , Nob. Hah... fossile aux en%'irons de Valognes. 7. Qco», Nob. ; PI. 17, Fig. 11 , 12, i3. Hab. la Nouvelle-HoUaixleàllaw-iick. Genre V. — Fabclaiue, Fahularia , Defv. Loges opposées pelotonnées éur le même plan et em- Lrassautes , partagées en un grand nonabie de tubes lon- gitudinaux dans le sens de la spire; ouvertures nom- breuses, placées alternativement tantôtà une extrémité , tantôt à l'autre. I. DiscoLiTHES, Deft. j NoI). , PI. 1 7 , ijg i4^ '7) Modèles, no loo, w" livraison. Fabularia âisvolitJies , Dcfr. , Dict. des Sciences nat. , tab. , fig. 5. Jdab... fossik ans environs de Paris, «t une Tariélié très» cJtpri- m«e à Valo^nes. Les genres Glandiole et Misile Montf. , paraissent ap- partenir à déjeunes coquilles de la famille des Poly- siègues. Ses genres Canthare et Aréthuse , sont des co- quilles indéterminables de la famille des Eajalloslègues , deuxième série , et le premier même est basé sur une coquille cassée en deux , figurée dans Soldani. Le genre Storile (Rotalites storillus , Blainv. , Malac~. , p. Sgi) e„st ua Hélicoslègtie de la section des Trocboïdes , dont le genre ne peut être déterminé. Le gei^.re Canope est aussi un Hélicostègue , maïs de la section des Nau- liloïcles , dont le genre ne peut êti'e déterminé 5 il en est de même du genre Périple {Crepidulina elongata , Blainv. , Mnlac. , p. S8.i). L'Eponide ( NaulUus repan- ( 3o8 ) dus, Fichlel et Moll ) osi îndeKujuiiiable ; le Macrodite (Lenticulina cucullata , Blaiuv. , Malac. , p. 889) est peut-être une Nonione 5 le Pollonte est vraisembla- blement une Quinqueloculine. Quant au Molosse , qui est V Orthoceratites gracilis de Blumenbach, c'est sans doute le noyau d'un SypVionifères. Le genre Nogrobe n'est pas ini Céplialopode. Les genres Charibde et Jésite , sont des Spirorbes (Anne- lides ) , copiés dans Soldaui , et donnés mal-à-propos comme des coquilles cloisonnées. Il en est de même du genre Eolide , qui n'est qu'un opercule de Gastéro- pode , décrit à tort comme cloisonné et comme étant perforé au centre, f^oj. la fig. de Soldani , t. clxvii , f. w , et surtout sa description. Les genres Lagenule et Discolite sont des Polypiers , ainsi que le genre Célibe , dont ou a fait depuis celui des Orbitolites. Il est inutile de parler du genre Gyrogone , depuis long-temps il est reconnu appartenir à la graine du genre Chara. EXPLICATION DES PLANCHES. Planche x. Fig. I. NoDOSARix LsvioATA ( Sous-genre Glanduline) grossie, vue de profil. Fig. 2. Id. coupée eu deux pour faire voir le recouvrement des loges et leur mode d'accroissement. a montre la supposition d'une loge de plus dans l'accroissement de la coquille ; b , l'ouverture supérieure ; c , point de suture des loges entre elles ; , sutures des loges à empilatkjns simples ; c , sutures des loges alternées. Planche xn. Fig. I. PoLTMORPnusA coMMCHis ( sous-gMire , Guttulines) grossie, vue de profil sur le côté bombé. Fig. 2. Id. grossie , vue de profil sur le côté aplati. Fig. 3. Id. grossie, vue en raccourci sur le dessus. Fig. 4. Id. Supposition pour le mode d'accroissement, montrant au centre une coquille dans la position de la figure 3 , sur laquelle viennent se placer, selon Tordre des numéros , les loges figurées par des points, pour montrer qu'à tous les âges la coquille con- serve la même forme. Les lettres abc indiquent la succession des loges en ordre in- vcrs de la suite de lettre , l'a marquant la dernière venue, e, ouverture supérieure ;/, grandeur naturelle de la coquille. Fig. 5. PoLYMORPUiKA GoTTA ( sous-gcure , PynUine) grossie, vue de profil, Fig. 6. Id. grossie , vue en raccourci sur la partie inférieure. abc indiquent la marche des loges dans l'ordre inverse de celui des lettres; d, l'ouverture; e, grandeur naturelle de la coquille. Fig. 7. Clavulina ahgularis grossie, vue dans sa longueur. a , loges spirales de sa base ; 6 , les loges à empilaliou simple ; c , les sutures des loges ; d , l'ouverture supérieure de l'âge adulte ; e, grandeur naturelle delà coquille. Fig. 8. UviGEBiKA PYGMEA grossie , vuB d'uu côté. Fig. 9. Id- grossie , vue i!e l'autre. a , ouverture ; b , grandeur naturelle de la coquille. Fig. 10. BuLiMiHA MABGiKATA grossic , vuc du côté de l'ouverture, Fig. II. Id. grossie , vue du côté opposé à Touvcrluve, Fig. 12. Id. Grandeur naturelle de la coquille, a , ouverture. (3ii ) Planche xili. Fig I . RosALiNA GLOBULARis giossie , vue eu dessus , et fixée sur une branche de coralline qu'elle embrasse. Fig. a. Le mêaie individu grossi, vu eu dessous et masqué en partie par la branche de coralline. Fig. 3. Un autre individu grossi , vu en dessous et détaché du corps sur lequel il était fixé. Fig. 4. RosALiNE GLOEULAiBE de grandeur naturelle, fixée sur un mor- ceau de coralline. a, l'ouverture. Fig. 5. Calcarika Defrancii grossie, vue en dessus. Fig. 6. Id. grossie , vue de profil. Fig. 7. Id. Variété grossie , vue en dessous , montrant l'ouverture. Fig. 7 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture; b, pointes des loges. Fig. 8. Tromcatijlika refulgens grossie, vue en dessus (par erreur citée PI. iv). Fig. 9. Id. grossie , vue de profil. Fig. 10. Id. grossie, vue en dessous do côté fixe, et adhérente aux difië- rens corps. Fig. 1 1 . Id. Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture qui se continue sur la face inférieure de la coquille. Planche xiv. Fig. 1. Planolika ARiMiNENsis grossie , vue en dessus (par erreur citée PI. v). Fig. a. Id. grossie , vue en dessous. Fig. 3. Id. grossie , vue de profil. a , l'ouverture latérale. Fig. 3 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. Fig. 4- Planorbulina mediterranensis grossie, vue en dessus (par erreur citée PI. v). Fig. 5. Id. vue en dessous sur la partie fixée aux difîérens corps, Fig. 6. Id. grossie , vue de profil. Fig 6 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture. Fig. 7. Operculina complanata grossie , vue de profil ( par erreur citée PI. iv). Fig. 8. Id. gro.ssie , coupi'i: pour montrer le rapprochement des loges. ( 3l2) FJg, g Operciilina.coMpla>ata grossie, vue en fuce. Fig. lo. IJ Graiideui nuturullc. a, l'ouverture. Planche \v. Fig. 1. Akomalika pukctdlata grossie, vue en dessus (par erreur cilc PI. Vl). Fig. 2. Id. grossie , vue en dessous. Fig. 3. Id. grossie , vue de profil. Fig. 3 bis, Id. Grandeur naturelle de la coquille. a, Fouverture semi-lunaire. Fig. 4. Cassidulina LiEViGATA grossie , vue de profil ( par eireur citée Pl.vi). Fig. 5. Id. vue en face. Fig. 5 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a l'ouverture virgulaire qui alterne dans l'accroissement des loges ; b la dernière loge venue, qui ne recouvre pas entièrement celle marquée c , qui est plus ancienne. Fig. 6. Demdbitina abboscula grossie , vue de profil ( par erreur citée PI. VI ). Fig. 7. Id. grossie , vue du côté de la bouche. Fig. 7 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a , ouverture divisée en rameaux. Fig. 8. RoBCLiHA oRBicULARis grossic, vue de profil ( par erreur citée Pl.vi). Fig. 9. Id. grossie, vue en face du côté de l'ouverture, Fig. 9 bis. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture. Fig. 10. Noniomina ombilicata grossie, vue de profil. Fig. n. Id. vue en face du côté de l'ouverture. Fig. iQ. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a, l'ouverture. Planche xvi. Fig. I. BiLOCULiNA EULL0ÏDE3 grossie , vue de profil; la loge, figurée avec des points , indique la supposition d'une loge de plus dans l'ac- croissement de la coquille , et l'ouverture , placée à la partie infé- rieure , qui devient supérieure. Fig. a. Id. grossie , vue de face. Fig. 3. Id, grossie, vue en raccourci sur le sommet, montrant son ou- ( 3i3 ) vertuie, et la supposition d'une loge de plus, marquée par des potutï, ddmoutrant le pclotonncment sur deux faces opposées. Fig. 4- BiLocuLiJVA BULLoÏDEs. Grandeur naturelle de la coquille. Fig. 5. Trilocdlina trigoni'la. grossie, vue de face. Fig. G. Id. grossie , vue de face , montrant par sa ligne de points la sup- position d'une loge de plus, et le changement de place de l'ouverture. Fig. 7. Id- grossie, vue en dessus, présentant l'ouverture, et une loge supposée par des points. Fig. 8. Id. grossie , coupée transversalement , dans laquelle on a réservé la coquille , telle qu'elle est dans la fig. 7, afin de montrer qu'à tous les âges elle conserve la même forme dans sou pelotonncmcnt sur trois faces distinctes. L'on voit facilement , par la progression de. la grandeur des loges , leur succession progressive. Fig. 9. Id. Grandeur naturelle de la coquille. Fig. 10. QuiKQUELOcuLiKA sAxoiiUM grossie, vue en dessous. Fig. 1 1. Id. grossie, vue en dessus. Fig. la. Id. vue en raccourci du coté de l'ouverture. Fig. i3. Id. Coupe transversale avec supposition de loges eu points , pour montrer l'ordre de leur enroulement autour de l'axe , sur cinq faces opposées. Fig. 14. Id. Grandeur naturelle de la coquille. Planche xvii. Fig. I. Amphistegima Quoii grossie, vue en dessous, avec ses divi- sions longitudinales partielles des loges. Fig. 2. Id. grossie , vue en dessus avec ses divisions longitudinales et transversales des loges. Fig. 3. Id. grossie , vue de profil du côté de l'ouvertuie. Fig. 4- Id- Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture. Fig. 5. Hetekostecina depeessa grossie, vue de profil , raoutiani ks divisions transversales des loges. Fig. 6. Id. grossie, vue en face du côté de l'ouverture. Fig. 7. Grandeur naturelle de la coquille. a , l'ouverture. Fig. 8. OcBicuLiivA fiUMisMALis grossie , vue de profil. Fig. ç). Id. grossie, vue do face, muntraut la uuillitude tronverlures qui coiresponduut aux putiles cloisons lraiisvcrbali.sde la deiuièrè loi^c. ( M ) Fig. 10. Orbiculina ncmismalis. Grandeur naturelle de la coquille. Fie. 1 1. Alveoliha Qcoh grossie , vue de face du côté des ouvertures. Fig. la. Id. grossie , vue eu raccourci. Fig. i3. Id. Gr;indeur naturelle de la coquille. Fig. 14. Fabularia discouthes grossie, vue de profil. Fi". i5. Id. grossie, vue en dessus , montrant ses petites ouvertures. Fig. 16. Id. grossie, coupée longitudinalement sur la face large, mon- trant ses divisions longitujiuales en tuyaux. Fig. 17. Id. Grandeur naturelle de la coquille. a ,]es ouvertures. Note sur les Changemens qu'ont subis les lois de la mortalité en Europe depuis un demi -siècle ' (1775-1825). Par M. BeNOISTON de CnATEAUTiEUF. ( Lue à l'Académie royale des Sciences , séance du 3o janvier 1826. ) I . Les accidcns physiques dont l'homme est environné, les passions qui l'animent , les révolutions politiques qui l'agitent , influent sur son organisation , l'altèrent , la modifient. L'habitant du nord, l'homme libre, heureux, ne nait pas , ne produit pas , ne meurt pas comme l'habi- tant du midi, comme l'homme souffrant, malheureux, asservi 5 et les calculs qui ont pour but de déterminer les chances de sa vie , ne donnent plus les mêmes résultats, selon qu'elle s'écoule dans l'aisance ou la pauvreté , dans l'esclavage ou dans l'indépendance. 'i.. Ces résultats numériques , toutes les fois qu'on peut les obtenir , deviennent donc l'expression la plus vraie du plus ou moins de Iwnhcur qu'il doit à ses institutions, u Ils fournissent , dit un célèbre écrivain anglais , M. Mal- ( 3i5 ) « llius, plus crinslruclioii sur l'économiti intcriL'urc d'uu. «peuple, que les observations du voyageur le plus « exact. )) 3. Dans le siècle dernier, plusicui's savans s'étaient occupés de rechercher les lois de la mortalité et les pro- babilités die la durée de la vie , à toutes les époques qui en partagent le cours : d'après leurs calculs , on regar- dait comme suffisamment prouvés les faits suivans. 4. Sur une génération naissante, la moitié périssait dans les dix premières années de l'âge , et même avant. 5. Les trois quarts n'existaient plus à cinquante ans , et les quatre cinquièmes avaient succombé à soixante , ou en d'autres termes ^ sur cent individus, quinze seulement arrivaient à cet âge. 6. De quatie-vingts à cent ans , il ne restait plus rien; toute une génération avait vécu. 7. On s'accordait encore à regarder le rapport général des morts aux vivans , comme étant d'un sur trente- deux (1), et celui des naissances d'un sur vingt-huit. 8. On comptait qu'il y avait un mariage sur cent dix à cent quinze individus, et que la fécondité humaine était assez exactement représentée par quatre enfans pour chaque couple, bien qu'elle fùl , ainsi que tous les au- tres rapports, sujette à varier selon les lieux. En Espa- (i) BI. Ci ôoie partage sous ce rapport les peuples eu trois cUisses. La mortalité est d'un sur 3o chez les nations riches et populeuses; d'un sur 32 chez celles qui le sont moins ; enfin d'un sur 36 chez les nations pauvres où la population languit ou décroît. Le chiliic 32 est précisé- uiont la moyenne exacte de ces trois rapports ; elh; a pour termes extrêm.s -22 eu Holiaiulf , et 58 en Russie, ( 3i6 ) gne, en Italie, elle donnait seulcnienl deux enfans par mariage; en France et en Russie, (jualie; de six à liuit en Allemagne; de huit à onze en Suède. 9. Tous ces faits étaient déduits des calculs de Necker , deMobeau , de Des Pommelles , sur la Fi-ance ; de ceux de Short et Price en Angleterre , de Snssmilch en Alle- magne , de Vargentin en Suède. 10. Telles étaient donc, vers 1780, les principales lois auxquelles un état social plus ou moins parfait , une industrie plus ou moins active , et des moyens d'exis- tence plus ou moins bornés , soumettaient en Europe le cours de la vie humaine. 11. Depuis ce temps les faits se sont multipliés; ils sont devenus plus exacts. De grands changcmens politi- ques ont eu lieu. La civilisation, l'industrie, ont fait des progrès rapides. La science demande que l'on examine quelle a pu être leur influence sur la vie humaine. 12. On vient de voir quelles en étaient les lois il y a un demi-siècle. A l'état ancien , opposons l'élat présent. Nous avons déjà dit que les recherches étaient aidées aujourd'hui par des documens plus nombreux , plus étendus. Nous les prendrons dans les pièces officielles insérées dans les dlfîerens recueils périodiques qui s'at- tachent depuis plusieurs années à les publier avec soin. Nous citerons surtout , parmi ces recueils , le Bullelin universel des sciences, par M. le baron do Férussac, les Annalesdes voyages el de la géo graphie, àc MM. Eyriès et Malte-Brun , etc. i3. Au moment où nous éciivons ( iSiS), sur un ( 3i7 ) nombre quelconque d'enfans qui naissent en Europe , il en meurt, dans les dix premières années , un peu phis du tiers (38,3 sur loo), au lieu de la moitié (49,f)) qui succombait autrefois. i4- De la naissance à cinquante ans, les trois quarts d'une génération (^4?^) se trouvaient éteints. A pré- sent la mort , dans le même espace de temps , n'en enlève que soixante-six , ou les trois vingtièmes. i5. EnGn vingt-trois personnes sur cent arrivent maintenant à soixante ans , au lieu de dix- huit qui attei- gnaient cet âge il y a un demi-siècle. i6. Ces rapports sont des ternies moyens. Pris isolé- ment, ils deviennent encore plus favorables. C'est ainsi qu'en France la proportion de ceux qui survivent à soixante ans est de ?.45 3 sur cent, tandis qu'elle ne pas- sait pas quinze autrefois ( i4î7)- Ces résultats déjà très-remarquables en déterminent d'autres qui ne le sont pas moins. 17. Depuis le 4o° degré de latitude jusqu'au 65®, c'est- à-dire sur une ligne qui s'élcnd de Lisbonne à Stockholm, en embrassant une étendue de mille lieues environ , et sur une population de soixante-cinq millions d'indivi- dus , que comprennent le Portugal , le royaume de Naples , la Fiance, l'Angleterre, la Prusse, le Dane- marck et la Suède, la proportion des décès est d'un sur 4^,3 Celle des naissances , de i sur 3o, i ; Celle des mariages, de i sur 1 '23,3 5 Et la fécondité , de. ... 4>" cnfans par mariage. ( 3,8 ) i8. En conipaïaut ces rapports avec ceux du slècic dernier , on est iVap^w de la ditlércncc qui existe dans la mortalité actuelle du pivîniiçr âge à ces deux époques , diUércnce qui n'est pas moindre que de trente-huit à. cinquante sur cent. 19. Cette diflérence suffirait seule pour attester les heureux effets de la vaccine à laquelle ils sont dus en partie 5 mais elle prouve encore une grande amélioration dans les soins donnés à l'enfance : et ces soins eux-mêmes révèlent une plus grande aisance , une meilleure condi- tion dans les familles. Si l'on réfléchit maintenant que c'est surtout dans les classes inférieures que la mor- talité des enfans était énorme, on en conclura que si elles en perdent moins aujourd'hui , c'est qu'elles sont plus en état de les mieux soigner, do les mieux éle- ver (i). 20. Il n'est pas moins évident aussi , que si ces mêmes causes et quelques autres encore n'étendaient pas leur influence au-delà du premier âge, elles n'auraient que le triste avantage de livrer un plus grand nomhre de victimes à la mort dans les âges suivans. Cependant le contraire a lieu, et il arrive aujourd'hui plus de ^xm- sonnes à cin(iuante et à soixante ans qu'autrefois. Il (i) M. Glcnny, qui s'est b-jaucoup occupe en Angleterre de la sta- tistique cousitléiéc dans ses rapports avec les sociétés (rassmanoe , pense que , depuis le temps du docteur Pi ice , la santé publirpie sVsl améliorée chez les enfans , et Uès - peu chez les adultes. 11 estime que dans le cours des vingt - cinq dernières années, le terme moyeu de la durée de la vie des enfans s'est augmenté d\in cinquantième, (/ici'. liiilanniq. , cahier de nov, i825 , p. 1G8. ) C 3i9 ) faul donc que raclion de ces mêmes causes conserva- trices de l'enfance s'étende encore sur l'homme fait, pen- dant le reste de sa carrière •, et ces causes préservatrices sont à nos yeux, pour les réunir en uue seule qui les renferme toutes , un meilleur état social , une civilisation plus répandue, d'uù résulte pour tous les citoyens, et partout , une existence plus heureuse , plus facile. 21. A côté de ce premier fait, l'abaissement de la mortalité, vient s'en placer un second, qui ressort éga- lement de la comparaison des deux époques, la diminu- tion des mariages. Ils étaient avec la population dans la proportion d'un sur cent dix individus (n° 8); ils sont maintenant dans celle d'un à cent vingt-trois. Ce terme, qui est une moyenne, est même encore trop élevé pour certains pays. En France , où , d'après les calculs de Necker , il y avait un mariage sur cent onze habitans, on n'en compte plus qu'un sur cent trente-cinq. 22. La suite naturelle de la diminution des mariages est celle des naissances. Toutefois cette diminution n'est que relative à l'accroissement de la population; car bien que le rapport des premiers avec elle soit descendu de cent dix à cent vingt-trois , et celui des seconds de vingt- huit à trente , on remarque cependant que les uns et les autres sont augmentés d'une certaine quantité. 23. Quant à la fécondité, elle semblerait être demeurée la même. Dans le siècle actuel , comme dans celui qui vient de finir, Texpression numérique (pii la représcjUe est toujours quatre enfans par mariage. Mais cette pro- portion n'est sans doute pas la véritable , puisque nous ( 320 ) sommes obligés de compiendre dans les naissances ccllo des enfans illégitimes^, faute de renseîgnemens qui les fassent connaître, surlout pour les pays étrangers. Eu France, le rapport exact des naissances aux mariages csfe de 3,9. 24' Les raai'iages ainsi que les naissances ont diminué, en Europe depuis cinquante ans, et cependant on voit la population augmenter partout dans cette même Europe. Un dernier fait explique cette contradiction apparente ; l'abaissement Irès-forl du rapport des décès aux vivans. Il était anciennement d'un sur ti'ente-deux; il est à présent d'un sur ^o,'i. Celle diminution de la mortalité porla surlout sur les premiers âges de la vie. Il y a d'une part plus de nouveaux nés qui survivent , il y a de l'autro plus d'hommes qui vieillissent. 25. Le résultat nécessaire de ce dernier étal de choses^^ est l'allongement de la vie moyenne , qui paraît s'étendre en effet au-delà des bornes dans lesquelles on la renfer- mait autrefois. 26, Au l'esté , la diminution simultanée des mariages et des décès en Europe aujourd'hui , confirme l'observa- tion de M. Malthus , que partout où les morts sont nom- breux , les mariages le sont aussi; car alors il faut rem- plir les vides , et il y a de la place pour tout le monde ; que là , au contraire , où il y a peu de morts , il y a aussi peu de mariages. C'est qu'en effet, du moment où l'aug- menlation des individus commence à remplir tous les chemins de la vie , à obstruer toutes les carrières , les moyens d'existence deviennent de plus en plus rares , in» ( 321 ) cérlaius. On doit être alors fort rcslrf^int dans le désir de se marier , d'avoir une famille , par la difficulté qu'on prévoit à l'élever. Ainsi , bien que cela paraisse un pa- radoxe, il n'en est pas moins vrai de dire qu'il vient un moment où la population fait obstacle à la population , où l'industrie ari'êle l'industrie. 27. De tout ce qui précède , il semble qu'on peut tirer les résultats suivans : 28. Les lois de la mortalité , telles qu'elles avaient été établies il y a cinquante ans par les savans qui s'en étaient occupés , paraissent , depuis celte époque , avoir subi les modifications suivantes : ÉTAT ANCIEN. ÉTAT NOUVEAU. Mortalité des dijférens âges. De la naissance à loaus.--- 5o, sur loo 38,3 à 5o ai>s. • ■ • ^4 j4- C6,o à 60 ans.' • ■ 82,0. ^T,o Riippoii (les décès aux vivans.. i:32,2 ï:4o,3 des naissances. 1^27,7 i,3o,i des mariages. 1:110,4 i,i33,3 Fécondité. 4;0 ^,0. '2Qf. Ce tableau contient sans doute des erreurs dues à l'inexactitude de plusieurs renseigneraens. 11 y au- rait un moyen d'y remédier. Ce serait que dans chaque pays où les lois de sa population et les nombres qui les expriment sont bien connus , tandis qu'on ne les sait ailleurs que parla voie de l'impression qui les altère trop souvent , quelque personne habituée à ces sortes de cal- culs ou même les sociétés savantes voulussent bien pu- ( 32C. ) Llior les incmcs r.ipporls èce de torréfaction , la substance colorante et volatile de la fécule s'était évaporée , tandis que cet effet restait encore à produire dans la fécule que Ton a fait éclater dans l'eau. On sait qu'on a expliqué ce phénomène de la torréfaction par une métamorphose de la fécule en gomme , quand la torréfaction a été très-complète ; mais depuis notre découverte cette explication devient non ad- missible , et toutes les difficultés disparaissent à ce sujet* a". J'ai dit que l'action des acides sur les grains de fécule ne devait être attribuée qu'au calorique qui se dégage toutes les fois qu'un corps capable de se com- biner avec eux y est versé , et non à une combinaison des acides ave la fécule. Cette assertion va acquérir un plus haut degré d'évidence et de clarté par les réflexions suivantes. Si l'on commence par verser l'acide dans dix fois son poids d'eau , qu'on attende que le refroidissement se soit produit , et qu'on y verse ensuite les grains de fécule , ces grains , ainsi que nous l'avons avancé dans le mé- moire , n'éclatent pas plus que dans l'eau pure à la tem- pérature ordinaire. Mais si on prend l'inverse et qu'on ne mêle la même proportion d'acide avec l'eau , qu'après avoir délayé la fécule dans cette eau même , les grains éclateront; on voit que cet effet ne peut être attribué qu'au dégagement de calorique provenant de la combi- naison de l'eau avec l'acide , dégagement auquel la fécule a assisté dans la seconde expérience. On ne man- quera pas de tirer de ces faits une conclusion qui me paraît très-naturelle , qui est , que dans un acide pur et très-concenti^é , les grains n'éclateront pas , tant que ^ ( 3:^7 ) ces acides ne trouvcrout pas des molécules d'eau h ab- sorber. Cette conclusion est rigoureuse, et si la ftk;ule se comportait autrement dans un acide concentré pur et sans combinaison actuelle , ma proposition tomberait d'elle- même. Il faut pourtant remarquer que pour tenter l'ex- périence sur un porte-objet , tous les acides ne pourront pas également servir ; et que plus ils auront la propriété de s'emparer de l'humidité de l'atmosphère, moins ils seront propres à ces essais ; il sera nécessaire alors d'o- pérer à l'abri du contact de l'air, ce qui n'est pas très- facile au microscope. J'avais même abandonné le projet de me servir à ce sujet de ce genre d'acides , faute d'ap- pareils nécessaires, pour y observer les grains do fécule; mais on verra bientôt que les moyens les plus simples ne se présentent pas toujours les premiers. Je plaçai sur mon porte-objet une goutte d'acide hydro- chlorique pur et très-concentré , cette goutte fumait beau- coup et les grains y éclatèrent subitement ; j'y plaçai une goutte d'acide nitrique pur à 4o degrés , cette goutte fumait de môme et les grains y cclalèient aussi. Après avoir long-temps et inutilement combiné les moyens à employer pour observer la fécule dans l'acide à l'abri de l'action de Thumidité dç l'air , je pensai qu'en jetant en une masse non considérable , la fécule dans un flacon d'acide très-concentré , bouché à l'émeri , il éclaterait à la vérité une grande quantité de grains de fécule dans le premier dégagement do calorique occasioné par le con- tact de l'air qui pénétrerait dans le flacon , mais que si après un certain laps de temps et lorsque Tenveloppe des grumeaux serait entièrement dissoute dans l'acide , ( 328 ) je pouvais apercevoir dos grains entiers floltanl dans l'a- cide , le fait serait entièrement prouvé. Or c'est ce qui est arrivé : j'ai pris trois flacons, l'un rempli d'eau ^ l'autre d'acide nitrique et le troisième d'acide hydro- chlorique ; api es avoir jeté dans les trois de la fécule en grumeau , je bouchai les deux flacons d'acide ; et quelques heures après je les observai tous trois à tra- -vei-s leurs parois à l'aide d'une lentille de deux ligues de foyer : j'examinais d'abord la fécule dans le flacon d'eau à travers ses parois pour me faire une idée de la modification que le pouvoir réfringent du liquide et du verre fesait subir à la fécule , et je portais aussitôt mes regards sur les deux flacons d'acide. Je voyais dans ceux- ci la substance soluble de la fécule se précipiter d'abord , mettre à nu des grains qui se précipitaient aussi en con- servant leur forme, quoiqu'en prenant un peu plus d'opa- cité que dans l'eau pure , à cause de la densité du mi- lieu. J'agitai plusieurs fois mes deux flacons d'acide, et j'y aperçus toujours des grains non éclatés avec beau- coup de légumens : il faut observer que la substance so- luble reste long -temps oléagineuse dans l'acide hydro- chlorique , et que l'acide nitrique le lendemain reprend sa transparence. Mais j'aurais punie passer de cette expérience , et l'a- cide sulfurique devait, sans tant d'apprcts, me fournir la solution que je cherchais. Je plaçai une goutte d'acide sulfurique très-concentré et pur sur mon porte-objet, la fécule n'y éclata pas. Mais à peine eus-je fait parvenir une goutte d'eau sur l'acide, que tous les grains éclatèrent. Il est donc vrai que la fécule n'éclate dans les acides, que par le calorique ( 329 ) qui se dégage en vertu de leur combiuaison soit avec l'eau , ainsi que je viens de le prouver , soit avec tout autre corps , la potasse , par exemple , qu'on pourrait mettre en contact avec un acide qui contient déjà de l'eau . D'un autre côté , il est donc vrai que l'acide sulfuriquo ne se combine pas avec l'amidon , pour faire un sulfate , ainsi que je le démontrerai plus lard d'une manière plus étendue. On sait que l'acide sulfurique chauffé avec de l'amidon, change cette dernière substance en sucre , et que l'acide nitrique la change en acide oxalique par la même élé- vation de température , métamorphose que cet acide fait subir à tous les tissus végétaux. J'ajouterai que dans l'un comme dans l'autre cas les tégumens subissent la même métamorphose , parce qu'ils ne sont autre chose que des tissus végétaux j il est donc évident que sans employer le calorique étranger du feu , si le dégagement de calorique qui se fait dans la combinaison de l'eau et de Tacide était assez considérable , les tégumens dis- paraîtraient dans l'un comme dans l'autre acide 5 or c'est ce qui arrive du jour au lendemain dans, l'acide nitrique à 4o deg. qu'on laisse exposé à l'air j tous les tégumens y disparaissent , tandis qu'ils se conservent dans un flacon bouché à L'émeri et plein de cet acide aiv même degré. 3°. Plus un acide est avide d'eau, et plus il dissout de la substance soluble de la fécule; ainsi l'acide hydro- chlorique en dissout plus vite une quantité donnée, que l'acide sulfurique; donc l'eau mêlée aux acides est le vé- ritable dissolvant de la fécule ; donc les acides concentrés coaguleront el précipiteront la fécule de sa solution ( 33o ) aqueuse , en s'emparant des molécules d'eau qui servaient à dissoudre cette substance. 4°. Nous avons indiqué la cause delà décoloration spon- tanée de la partie soluble et filtrée de la fécule qui avait été colorée préalablement avec la teinture d'iode, par l'évaporation de l'alcool de ce réactif dont la présence coa- gulait la fécule , réunissait ses molécules sous une forme membraneuse qui les plaçait dès lors dans la même con- dition que les tégumens eux-mêmes: il est vrai quela solu- tion aqueuse d'iode produit le même effet; mais la solu- tion aqueuse d'iode produit cet effet par le même méca- nisme, c'est-à-dire, qu'elle précipite et qu'elle colore en même temps ; ce qui vient à l'appui de ce que j'avance , c'est que la coloration de la substance soluble de la fécule par la solution aqueuse d'iode est moins intense, et qu'elle disparaît plus vile que la même coloration produite parla teinture d'iode. 5". Les personnes qui voudront répéter nos expé- riences sur le passage de la fécule du péricarpe dans les organes internes après la fécondation , doivent remarquer deux choses : i°. elles devront essayer l'emploi d'un acide dans le cas où l'iode ne colorerait rien, afin de saturer les alcalis qui pourraient se rencontrer dans les organes , et y former des iodates et hydriodates en s'emparant de l'iode : 2°. il ne faut pas attacher à la coloration par l'iode une trop grande importance,* car toutes nos expé- riences tendent à établir que cette coloration n'est qu'in- finiment accessoire, et que la fécule peut exister sans manifester ce phénomène. L'essentiel est que l'on ren- contre des grains. Koiis ajouterons que Tinulinc cl la dahlinc ne sont (33i ) que des grains de fécule non colorables, mais réduits à la plus petite dimension ; or , si ou veut y faire atten- tion, en employant le microscope, on trouvera l'i/iu/tVie dans tous les végétaux j peut-être même en multipliant les filtres , parviendrait-on à en recueillir les grains à froid et sans le secours de l'évaporation , et par consé- quent sans les altérer par l'ébullition ^ nous reviendrons sur ce sujet. 6'*. D'après une note communiquée par M. Payen à la société philomaliqne , il paraîtrait que M. L'herminier aurait fait passer à M. Pelletier de la fécule provenant des topinambours de la Guadeloupe , tubercules qui , cultivés en France , ne donnent que de Vinuline. Nous avons constaté que Vinuline n'est que la fécule elle- même non colorable, et dont les grains sont réduits à la plus petite dimension. Le fait n'aurait donc rien do surprenant, et se réduirait à dire que les topinambours donnent à la Guadeloupe une fécule colorable , tandis qu'en France leur fécule ne l'est pas , par une cause à peu près semblable à celle qui fait que les fleurs exotiques peixlent dans nos jardins la coloration qui dis- tinguait leurs pétales dans le pays natal. Nous avons eu d'ailleurs l'occasion de remarquer quelafécule provenant d'une farine de froment qui avait fermenté un an dans un peu d'eau offrait une foule de grains très-petits , qui ne se coloraient plus par un excès d'iode. Celte fécule de topinambour de la Guadeloupe a des grains plus gros que l'inuline des topinambours de France; c'est-à-dire, qu'il faudrait considérer les topi- nambours dcFr.iuce comme étant moins avances en ma- lurilé que les topinambours de la Guadeloupe-, car nous ( 332 ) avons prouvé dans notre mémoire que les propor- tions des grains de fécule augmentaient avec l'âge d'un organe. J'ai dit, p. 4^4 ^t 4*^^ ^^ "^O" méraoii'e , déc iSaS ; « M. Th. de Saussure a obtenu une fermentation spon- tanée avec de l'amidon de froment , » il faut lire : « avec de l'empois de froment ^ je doute qu'il l'eût obte- nue en aussi peu de temps avec de la fécule à froid , surtout avec de la fécule de pomme de terre. La même correction doit s'appliquer à une idée ana- logue p. 407? et je profiterai de cette circonstance pour faire connaître la cause de cette inadvertance. J'avais cru me souvenir que dans son expérience de deux années M. Th. de Saussure s'était servi non de l'amidon converti en empois par l'ébullilion , mais simplement de l'amidon délayé dans l'eau froide. J'expliquai la fermentation spon- tanée qu'il avait obtenue par la qualité de l'amidon de froment ; mais en recourant à la source originale , je me suis convaincu que dans cette expérience comme dans les autres il s'était servi d'empois fait au moyen de l'ébulli- lion. Dès ce moment l'explication se modifie en se sim- plifiant; car la gomme qu'il a obtenue au bout de deux ans comme au bout de deux mois , l'ébullilion l'a déga- gée des tégumens , et on peut l'obtenir le jour même de l'expérience. ï^amidine n'étant autre chose que la réu- nion des tégumens, il faut eu dire de même. "Le ligneux amilacé que l'iode colore en rouge et non en bleu , s'explique avec autant de facilité 5 car nous avons obser- vé que la substance soluble de la fécule exposée à l'air présentait tous les jours des phénomènes de coloration moins intense avec l'iode ; le premier jour elle se colore 1 ( 333 ) en bleu , huit jours après en bleu moins violet , un mois après en brun rougeâtre , puis en rouge , et enfin elle ne se colore plus , ce qui se conçoit , en établissant qu'à mesure que la substance colorable de la fécule, sub- stance que nous avons dit être volatile , s'évapore , les proportions de l'iode avec cette substance n'étant plus les mêmes , la coloration se modifie 5 nous renvoyons à ce sujet à l'explication que nous avons donnée de la coloration de la fécule par l'iode dans noti-e Mémoire. Bien des gens attribueront ces changemens progressifs de couleurs , à l'altération de la fécule. Mais l'expérience suivante, dont nous n'avons indiqué dans notre Mémoire que les principaux résultats , détruit toute idée d'alté- ration. Si l'on verse de l'iode dans la substance soluble de la fécule , nous avons dit qu'au bout de deux jours la co- loration a disparu. Mais nous avons oublié de dire qu'en disparaissant elle passait par toutes les nuances decouleur que nous avons indiquées plus haut. Si l'on verse de nou- veau de l'iode sur la substance décolorée au bout de deux jours , la couleur se manifeste aussi bleue que la première fois, et avant de disparaître elle passe comme la première fois par ces mêmes nuances. On peut répéter autant qu'on veut cette expérience, et les mêmes phénomènes se présen- teront toujours. Or dans cette seconde expérience , si le phénomène venait de l'altération successive de la fé- cule , à la seconde fois on ne pourrait plus produire la couleur bleue. 11 est donc évident que tous ces phéno- mènes de coloration ne viennent 1°. que de l'évaporation de la substance volatile qui prête à la fécule la faculté de se colorer par l'iode {expérience sur la fécule expo- ( 334 ) sée pendant un mois à l'air) -^ a*'. île révaporaliou de l'iode (expérience de coloration de la substance solublc de la fécule par Tiode, le jour où on a extrait la subs- tance soluble de la fécule^ de ses tégumens ). Car les proportions de l'iode et de la substance colorable une fois changées , on obtiendra les mêmes nuances que si on variait mécaniquement les proportions du carmin et du bleu végétal. Revenons maintenant au ligneux amilacé de M. Th^ de Saussure, dont je n'avais pas parlé dans mon Mémoi- re. Ce ligneux amilacé n'est autre que Yamidine se colorant en rouge par l'iode : Yamidine n'est autre que le tégument de la fécule. Or, si la substance soluble de la fécule diminue sa coloration par l'iode avec le temps, on doit admettre qu'avec le temps les tégumens subis- sent les mêmes changemens. En conséquence les tégu- mens qui occuperont la surface supérieure se prêteront à l'évaporatiou de leur substance colorable , plus vite que les tégumens plongés dans le fond du vase \ on con- çoit donc qu'à une certaine époque on trouvera des té- gumens qui se coloreront en rougeàtre ( ligneux ami- lacé Th. de S. ) et d'autres qui se coloreront en bleu ( amidine Th. de Sauss. ). J'ai cru devoir m'étcndre sur cette explication , parce que la matière est neuve et qu'a- lors on doit prévoir autant de difficultés qu'on le peut. J'ajouterai que la chose est plus facile à vérifier au mi- croscope qu'en grand j car avec la même goutte d'iode on colore les tégumens en bleu , en rouge , en car- min, etc. Il me reste maintenant à parler de la formation du sucre dans l'amidon que M. Th. de Saussure a laissé ( 335 ) exposé un mois, deux mois, deux ans à l'air libre ou clos dans une éprouvelte. On sait qu'une parcelle de Gluten , qu'un acide quelconque , mais principalement l'acide sulfurique peut transformer en un jour l'amidon en sucre. Or il est prouvé que l'amidon de froment re- tient toujours des parcelles de Gluten ^ d'un autre côté l'acide carbonique de l'air suffit , je pense, pour faire con- cevoir la possibilité de la transformation en sucre d'une partie de l'amidon ^ et ce n'est qu'une partie que M. Th. de Saussure a trouvée convertie en sucre. Ces idées une fois bien conçues , je ne crois pas qu'on puisse regarder l'ensemble de ces phénomènes comme le résultat d'une Jermentation spontanée ou saccharine ; au reste je n'ai pas l'habitude d'élever des questions sur les mots , une fois que la chose est expliquée. Mon Mémoire aura du moins prouvé qu'on ne doit plus compter parmi les produits de celte fermentation spontanée , ni là gomme, ni Vamidine , ni le ligneux amylacé , et qu'elle se ré- duira à la formation d'une certaine quantité de sucre , aux dépens de la gomme de la fécule. ( 336 ) Sur des Femelles de Faisans à plumage do mâles ; Observations Jaites chez le Faisan à collier , le Faisan argenté et le Faisan com- mun ; Par M. IsiDO|iE Geoffroy Saint-Hilaire. Les chasseurs connaissent sous le nom de Faisans ce quards (i), des faisans qui ressemblent par leurs cou- leurs à des mâles , dont le plumage serait terne et déco- loré. On a cru long-temps , et l'inspection de leurs cou- leurs conduisait naturellement à cette idée, que les faisans coquards sont des mâles malades ou en mauvais état de plu- mage : mais on saitdéjà depuis undemi-siècleenviron, que ce sont au contraire des femelles , comme l'ont remarqué d'une part ceux qui , élevant ces oiseaux , ont pu suivre leur développement, et de l'autre, comme l'anatomie l'a aussi à son tour reconnu et constaté par les dissections, Vicq-d'Azyr et Mauduit s'étant en effet procuré de ces co- quards ou coqs-faisans à plumage terne , ainsi qu'on les appelait avant eux , l'inspection des organes sexuels leur révéla le véritable sexe de ces prétendus mâles. Mauduit , auteur de la partie ornilhologique de l'En- cyclopédie méthodique , est jusqu'ici le seul qui nous ait fourni quelques documens sur ce fait intéressant : ils (i) Le nom Je coquards, et quekjuefois de J'iiisans coquards, csl aussi clouué , et même beaucoup plus généralement , aux produits métis de poule et de faisan j il est important de ne pas confondre ces métis avec les véritables faisans dont il est ici fjuestion. (337 ) sont consignés tlant cet ouvrage (partie ornilhologique , t. II , pag. 3 ) au mot faisan. « Un fait de leur histoire , dit ce savant , connu des chasseurs , et dont je ne sache pas que les naturalistes aient parlé , mérite cependant de n'être pas omis : les fe- melles qui vieillissent , et qui ont probablement atteint cinq à six ans, non-seulement cessent d'être fécondes, ou ne le sont que très-peu , ce qui est dans le cours oxdi- naire des choses^ mais elles prennent un plumage qui tient de celui du mâle , et qui en approche d'autant plus qu'elles sont plus vieilles , en sorte qu'elles ressemblent à un mâle dont le plumage serait terne et décoloré. » Il nous apprend ensuite qu'il a disséqué un coquard , vers 17705 que Vicq-d'Azyr en a depuis disséqué plu- sieurs , et que tous étaient des femelles , où presque tou- jours l'ovaire était , selon son expression , « si oblitéré qu'on n'a pu le découvi'ir. » Il ajoute qu'un inspecteur des chasses de la forêt de Saint-Germain a aussi reconnu que les vieilles poules faisanes qui ne pondaient plus , ou ne pondaient que très-peu, prenaient un plumage approchant de celui du mâle. « Ce fait , dit-il en termi- nant , a sans doute échappé dans les faisanderies , parce qu'on n'y conserve que de jeunes femelles , et on l'a de- puis vérifié par rapport à la femelle du faisan doré de la Chine , parce que l"on conserve ces animaux rares tout le temps de leur vie. » Telles sont les observations de Mauduit qui s'est , comme on le voit , borné à noter et à constater le chan- gement de plumage; et personne, depuis ce savant, n'a donné attention à cet intéressant phénomène physiolo- gique , qui même n'a été mentionné que dans un très- ( 338 ) pelit nombre d'ouvrages d'ornilhologie (i). Aussi ne me pai'aît-il pas sans quelque intérêt de faire connaître plusieurs faits analogues que j'ai eu occasion de recueillir récemment , et qui sont beaucoup plus complets , en ce que mon observation s'est étendue à un plus grand nombre d'années ; ce qui me permettra de donner , sur les circonstances du changement de plumage , des détails plus ou moins intéressans, et de montrer que le passage, que Mauduit n'a jamais vu s'opérer que partiellement , peut aussi s'effectuer de la manière la plus complète. (i) Voyez VHistoire naturelle des GalUnacés de M. Temminck , et le Dictionnaire d'Histoire naturelle , ouvrage où les articles d'ornithologie ont été faits par notre savant compatriote , M, Vieillot. Voyez aussi la Philosophie anatomique de mon père. Je citerai même ici un para- jçraphe de ce dernier ouvrage , qui renferme , non-seulement l'indica- tion , mais , de plus , l'exposé des causes et l'explication physiologique du phénomène qui fait le sujet de ce Mémoire. «,... Ces dévcloppcmi'us donnent la clef de bien d'autres phénomènes. La différence entre les sexes est d'autant plus forte que les femelles livrent une plus grande quantité de produits de génération. Et , en cflet , la surabondance de la nourriture, pour me servir d'une expres- sion de Bulïon qui reçoit ici une juste application , se répartit très-iné- galement entre les sexes , surtout chez les oiseaux ; la richesse et les vives couleurs du plumage chez ces derniers sont des signes extérieurs qui témoignent de toute l'énergie vitale des mâles , comme l'abondance des pontes témoigne de la puissance génératrice des femelles , laquelle pour se manifester, n'a pas même besoin des excitations de l'autre sexe. La tristesse du plumage chez les femelles d'oiseaux lient si mani- festement à une prédominance partielle et locale de saug artériel , à celle du saug , dont les afflux énergiques sont réservés aux organes de la génération , que , lorsqu'elles cesseut de pondre et qu'il n'est plus en elles d'organe , sous ce rapport , privilétjié , elles reprennent les formes et le plumage du mâle , non entièrement , il est vrai , mais tout autant que cela devient possible dans un âge qui touche à celui de la décrépi- tuJe. ( Phil. anat. , tom. il , p- 36o ) ( 339 ) Les observations que je vais rapporter , ont été faites sur des femelles de faisan argenté {phasianus njcthe- menis) , de faisan à collier (ph. torquatus) , et de fai- san commun {ph. colchicus ). Changement de plumage chez le faisan commun. Cette dernière femelle avait été élevée dans la faisan- derie du Muséum : elle cessa de pondre environ à l'âge de 5 ans , et le changement de plumage commença à de- venir apparent vers la même époque. Il se manifesta d'abord sur le ventre , qui prit une teinte plus jaune , et sur le col , qui se colora plus vivement , et bientôt tout le corps eut changé de couleur. L'année suivante , les teintes de ses plumes prirent encore beaucoup plus de l'éclat et de la vivacité de celles du mâle , et dès lors il fut possible de dire que la poule faisane était semblable à un mâle dont le plumage serait terne et décoloré. En- fin , l'année suivante , c'est-à-dire la troisième depuis que le changement de coloration avait commencé à se ma- nifester, son plumage ayant pris encore un nouvel éclat, il devint presque impossible de ne pas se méprendre sur son véritable sexe , d'après la seule inspection de ses cou- leurs , surtout lorsqu'on n'avait pas en même temps qu'elle un faisan mâle sous les yeux : car la ressem- blance était très-grande , mais non pas encore entièi-e- raent parfaite. Tel était l'état du plumage de celte femelle , vers Tâge de huit ans : elle mangeait bien , jouissait d'une bonne santé; et tout pouvait faille espérer de la voir l'année suivante revêtir le plumage parfait du mâle, lorsqu'un ( 34o ) accident la fil périr inopinément. Elle avait toujours vécu , comme les autres poules faisanes , avec des mâles j mais depuis que le changement de plumage avait ap- paru, elle n'était plus pour eux qu'un objet indifférent : elle-même , depuis la même époque , ne les cherchait ni ne les évitait plus, se confondant ainsi avec eux sous plusieurs rapports , autant par ses manières que par sou extérieur. Lors de sa mort ,son plumage ressemblait tellement à celui d'un mâle que des personnes habituées à voir et même à soigner des faisans, furent trompées par ses couleurs , et crurent que c'était un màlc qui venait de périr. Néanmoins , la ressemblance n'était pas encore complète , comme nous allons la voir dans le second fait que j'ai maintenant à rapporter. Changement de plumage chez le faisan argenté. Celui-ci nous présentera beaucoup plus d'intérêt , parce que l'observation est beaucoup plus complète, ayant été continuée pendant quatre ans et demi ; et , si j'ai fait connaître le premier, c'est principalement afin de pouvoir apprécier mieux et d'une manière plus gé- nérale les circonstances que présente le changement de plumage , et de connaître le laps de temps dont il a be- soin pour s'opérer. Cette femelle avait été élevée en société avec un mâle, dans la maison de campagne d'un ancien ami de ma famille, M. Montaud , notaire à Paris; mais dans sa vieillesse, elle fut donnée au Muséum. Celle-ci ne commença à passer au plumage du mâle qu'à l'âge de huit ou dix ans; beaucoup plus tard, pai J ( H^ ) conséquent, que l'autre poule faisane dont j'aî parlé. Une autre circonstance l'cmarquable , c'est qu elle avait déjà cessé de pondre depuis trois ou quatre ans , lorsque le changement commença à devenir apparent : pour l'autre poule faisane au contraire , le commencement de ce phénomène et la cessation des pontes avaient coïn- cidé. Des plumes blanches qui se mêlèrent aux plumes brunâtres de l'état normal , annoncèrent d'abord le pas- sage aux couleurs du mâle. Ce passage se prononça da- vantage l'année suivante; mais ce ne fut véritablement que la troisième année qu'on put dire le changement opéré. La quatrième année, la ressemblance devint com- plète, la huppe et la queue s'étant même allongées à l'égal de ce qui se voit chez les mâles , en même temps qu'elles se paraient des plus vives couleurs : et cette cir- constance doit être notée , puisque nous voyons changer, non plus seulement la coloration des plumes , mais même leurs proportions naturelles. La cinquième année , la res- semblance était identique , et la poule faisane représen- tait un mâle orné de la plus brillante parure. Le mâle vivait encore à l'époque où le changement avait commencé à paraître : sans doute à cause que cette poule faisane était son unique compagne , elle ne lui était pas encore devenue indifl'érente : celle-ci au contraire le fuyait , paraissant quelquefois importunée de sa présence. Cependant le mâle étant venu à mourir, elle parut s'ennuyer de son isolement, ce qui fut cause qu'on en fit bientôt don au Muséum , où ou la conserva quelque temps. Mais bientôt les infirmités de la vieillesse firent regarder sa mort comme prochaine; et dans le désir de conserver sa dépouille dans toute sa beauté , on se décida VII. aS ( H^ ) it la luer , avaiil que l'éclat de ses pliunes ne pùl dis|).t- raîlre par VefVel de quelque maladie. Lors de sa mort, dont l'époque , comme on le voit , a même été avancée , elle avait treize ou quatorze ans , et il y avait quatie ans et six mois environ que le plumage avait commencé à changer de couleur. Elle ressemblait alors exactement au mâle dans son plus beau plumage , comme on peut a'en convaincre en examinant sa dépouille aujourd'hui placée dans les galeries de zoologie du Muséum. On a aussi eu le soin de conserver les organes sexuels : leur dissection a montré à côté de l'ovaire, toujours sub- HStUHt, deux petites languettes paraissant les vestiges des derniers ovules échappés du sac ovarien, l'aduié- rum (i), de forme ovoïde, était très-distinct. La pré- sence de l'ovaire est importante à noter , à cause des observations à ce si;yet de Mauduit et de Vicq-d'Azyr. Les plumes tombées dans les années qui ont précédé la dernière mue, ont aussi été conservées par les soins des premiers possesseurs de l'oiseau ^ et c'est à cette cir- constance , ainsi qu'aux renseignemens qu'ils ont bien voulu me fournir, que je dois la connaissance d'une grande partie des détails que je viens de donner. duingement de plumage chez le faisan à collier. La femelle du faisan à collier dont il nous reste à parler, avait été, comme la précédente, élevée près de Paris chez un particulier -, et elle fut de même donnée au Muséum dans sa vieillesse. Les renseignemens fournis (i) Mon père a nommé adutérum ce qu'on appelait avant lui corner de la matrice.y oy. Phil. anal. , tom. n , p. SgS. ( •> p ) par le donaleur, apprirent qu'elle avait plusieurs fois pondu eliez lui. Néanmoins, comme le cliangemenl de plumage se trouvait déjà fort avancé, et qu'elle présentait dès-lors plutôt les caractères extérieurs d'un mâle que ceux d'une femelle, on crut devoir, lors de sa mort ar- rivée peu de temps après , constater son véritable sexe par la dissection des organes génitaux. Les couleurs étaient en effet fort semblables à celles du mâle , comme on peut le .vérifier en examinant sa dé- pouille dans les galeries du Muséum , où elle se trouve aujourd'hui placée. Cependant les couvertures supé- rieures de la queue et des ailes étaient rousses , comme le reste du corps , le collier moins marqué, et le ventre beaucoup moins noir que chez le mâle , en sorte qu'il n'y avait point encore à beaucoup près cette entière et complète ressemblance dont nous venons de donner ua exemple. Aussi n'aurions-nous pas parlé ici de celle fe- melle , que nous n'avons pas vue vivante , et dont nous n'avons pu par conséquent suivre le développe- ment, si elle ne nous présentait, sous un autre rapport , beaucoup d'intérêt. L'ergot , ce caractère propre au sexe mâle , se retrouve chez elle , et même presque aussi considérable qu'il l'est chez un mâle dans l'état normal. On voit donc que l'ergot lui-même n'est pas tellement le partage exclusif des mâles chez les faisans , qu'il ne puisse exister également des femelles éperomiées ; et qu'ainsi , une femelle de faisan peut , dans un certain laps de temps , non-Sfulement revêtir exactement, le plumage du mâle, mais même en prendre tous les carc^c- tères extérieurs, le peu de développement de la membrane ( 344 ) rouge ci rcum-orbi taire , restant le seul (i) indice de son véritable sexe. Nous devons cependant ici faire une remarque : on sait qu'il n'est pas très-rare de voir l'ergot se développer par anomalie chez des femelles , dans des espèces dont les mâles sont ordinairement seuls épei'onnés , et parti-; culièrement chez les poules : mais , dans ce cas , outre qu'il est le plus souvent de moindre volume que celui qui arme le tarse du mâle , il porte presque constam- ment les caractères d'un organe anomal et comme patho- logique. Ainsi le plus souvent les deux ergots présentent, chez les poules, un développement fort inégal; et quel- quefois môme , tandis qu'une patte est très-fortemftnt éperonnée , l'autre ne l'est pas du tout : et par là , il arrive qu'on peut souvent distinguer de son mâle, une femelle venant à lui ressembler par la formation anomale d'ergots, même en ne se fondant, pour arriver à cette distinction , que sur la considération de ces organes eiix- mêmes. Le faisan étant réduit en domesticité comme la poule, et se rapprochant beaucoup d'elle par son organisation , il était facile de prévoir qu'il en serait de même à son égard 5 et-c'est en effet ce que nous avons pu vérifier sur notre poule faisane à collier. Ses ergots diffèrent par leur (1 ) Eu eflet , la voix même d'une vieille femelle change aussi en même temps que les couleurs de son plumage , et devient alors, comme on l'a remarqué très-anciennement , semblable à celle du mâle. Ce fait est , du moins à l'égard des poules , très-bien connu dans les campagnes , où même le changement de vois est regardé comme un signe malheureux j opinion qui a sans doute son origine dans l'observation qu'on aura faite, que les poules qui prennent la voix du coq deviennent aussitôt stériles. ( 345 ) forme de ceux du mâle : le gauche est beaucoup plus dé- veloppé que le droit 5 mais il est éti^oit , et comme bosselé sur toute sa surface (1). Quoi qu'il en soit , la possibilité de la mutation com- plète de plumage dans une espèce , fait important et qui n'avait encore été observé ni par Mauduit ni par aucun autre ornithologiste , étant bien constatée , devons-nous en conclure qu'elle est également possible dans d'autres espèces , soit du genre phasianus , soit de tout autre genre? Ce serait, je crois, user d'une réserve bien exa.- gérée que de ne pas l'admettre pour les espèces du même genre ^ où l'on a vu le changement s'opérer en totalité ou même seulement en partie , comme sont le faisan commun , le faisan à collier et \c faisan doré. En pre- nant l'analogie pour guide, on serait môme tenté de donner à ces conclusions beaucoup plus de géuéralilé, et il y a réellement plusieurs faits qui pourraient ici venir à l'appui de l'analogie. Ainsi , plusieurs voyageurs ont fait des récits qui ne s'expliquent bien que par la suppo- sition qu'ils ont parlé de femelles à plumage de màl.-s plus ou moins complet. M. Dufresne , chef du labora- toire de zoologie du Muséum , m'a assuré que les fe- melles de cotingas deviennent, dans la vieillesse, sem- (t) Au reste, je n'aflirme pas que le développement Je l'ergot se soit fait , comme le changement de plumage , à la suite et à cause de. la cts- satiou des pontes. Ne connaissant la poule faisane dont je viens de parler que par sa dépouille et par les renseigueraeus for t imparfaits fournis au Muséum par son donateur, je n'ai rien pu savoir à cett'gard. On n'ignore pas , au contraire , que beaucoup de poules sont éperounées pendant toute la durée de leur vie, et non pas dans leur vieillesse seulement ; et ainsi le développement de l'ergot paraît tenir à des causes diflçreutes de celles qui produisent le clilingemeut de plumage. ( 346 ) blables à leurs mâles. M. Floreiil Prévost a vu lecliange- ment de plumage commencé chez plusieurs femelles de pinsons \ et la même observation a été faite aussi à l'é- gard de la femelle du rouge-queue , et de celle de notre étourneau. Enfin , je pourrais faire remarquer que des feits analogues s'observent même dans des animaux d'or- ganisation très-différente , et dans l'espèce humaine elle- même. Ainsi cliez beaucoup de femmes , après la cessa- tion des règles , le menton et la lèvre supérieure se gar- nissent d'une véritable barbe : phénomène dont on ne peut nier le rapport avec le développement du plumage de nos poules faisanes. Oa aurait tort cependant , malgré ces analogies re- marquables, de faire de ce phénomène un fait général : car il y a des espèces d'oiseaux où il paraît ne s'observer ja- mais. Ainsi , quelque considérable que soit le nombre de paons qui ont fait partie de la ménagerie du Muséum , et quoiqu'on y laisse toujours ces oiseaux périr de leur ratirt naturelle ; quoique , par conséquent , beaucoup de femelles aient dû y mourir de vieillesse, on n'a jamais remarqué pour aucune le même phénomène observé assez fréquemment d'une manière plus ou moins complète pour des poviles faisanes 5 car , outre les exemples que j'ai rapportes , je pourrais en citer plusieurs autres , comme celui d'un autre individu de l'espèce commune, chez le- quel le passage s'est opéré assez complètement au Mu- séum , il y a 12 ou i5 ans. J'ai même vu ce changement commencé chez plusieurs poules faisanes dorées (1). (i)On peut donc dire qu'il n'est point de genre qui présente aussi fréquejament que le genre faisan le phcnOTncne que nous venons dY'tu« ( 347 ) 11 est à noter que le paon et les faisans , quoique dil- férant beaucoup sous le point de vue qhi noua occupe), sont cependant tous deilx des galliriaccs , et mçm'e dos gallinacés de genres très -voisins : rapport qvii rend notre exemple encore plus frappant. i f> iui uu Remarquons encore que le jeaûe foisau mâle , et lu poUlo faisane lorsqu'elle commence à vieillir , sont dans les mêmes conditions , quant au point qui nous occupe. Tous deux ont le même plumage ^ tous deux auront ea- core dans untenips plus ou moins éloighé le mêmeplU- I dier ; remarque d'autant plus digne d'attention qu'il n'est point dt; geur^e où la différence entre les deux sexes soit plus prononcée. Au milieu de ces bombreuses et brillantes légions d'oiseaux , àumit-â- fclcs pi'oductiona des deux Indes , dans cette famille même , qui fournit au luxe «uropéen ses parures les plus magnifiques , et dont le noib mcme semble indiquer un éclat plus que terrestre , un bien petit nombre est cependant, pour la richesse de son plumage , comparable aux maies du genre faisan. La nature leur a généralement donné des Couleurs Si magnifiques , des teintes si éblouissantes , des nuances si vif es , que Ti- maginatioû ne saurait leur en prêter de plus belles. C'est un mélange harmonieux des couleurs que nous admirons dans les gemmes et dans les métaux les plus précieux ; c'est un éclat que la plume ne peut rendre et que le pinceau ne saurait imiter ! et toute cette incomparable richesse est encore rehaussée par des parures que l'oiseau agite avec grâce , et qui donnent à son plumage ce qui manque aux pierres précieuses , de la variété , du mouvement , et , si je puis m'esprimer ainsi , la vie. Mais , chose bien remarquable ! chez la femelle de cet oiseau si magnifique , l'œil étonné cherche eu vain quelques traces de son éclat ; choi clic , l'or, la pourpre et l'azur ont fait place aux couleurs les plus ternes, aux nuances les plus tristes; toute parure a disparu, rien ue rappelle plus ce mâle si richement orné ; et l'on croirait que la nature , eu associant deux oiseaux si dissemblables , a destiné l'uu à faire , par la tristesse et la monotonie de ses couleurs, ressortir la s^'lcndeur et la variété du plumage de l'autre. ( 348 ) inage , celui du mâle adulte : le même changement doit doue s'opérer chez l'un et chez l'autre 5 et il était natu- >lél de penser qu'il se ferait de la même manière , avec la seule différence de plus de promptitude dans un cas , et de moins dans l'autre ; en sorte que le jeune mâle ferait en lirt certain nombre de mois le même progrès qui aurait besoin d'un certain nombre d'années pour s'effectuer chez la femelle. C'est ce q^ni n'est pas -, et il sufEra de comparer ks descriptions déjeunes mâles données par les ornitho- logistes avec les détails que j'ai indiqués quant aux vieilles femelles , pour s'apercevoir que dans l'un et dans l'autre cas , le changement s'opère d'une manière diffé- rente ; et en effet , il n'est jamais possible de dire d'une vieille poule faisane chez laquelle ce changement a com- mencé , qu'elle a le plumage d'un jeune faisan de tel ou de tel âge. C'est une chose très-remarquable que cette diversité dç circonstances avec lesquelles le mèmç effet peut se produire. Quoi qu'il en soit, les observations de Mauduit avaient déjà montré , que les poules faisanes l'essemblent dans leur vieillesse â des mâles ; que le changement de plu- mage s'opère peu à peu, se prononçant toujours de plus en plus, à mesure que l'animal vieillit davantage; et que l'ovaire est si rudimentaire dans plusieurs de ces fe- melles à plumage de mâles, qu'on ne le retrouve plus. Il était présumable que celles dont l'ovaire a ainsi disparu, sont celles chez lesquelles le changement est le plus com- plet : ce qui n'est pas , puisque cet organe ne s'est pas trouvé chez des femelles qui ne ressemblaient qu'incom- plètement aux mâles , tandis que je l'ai retrouvé chez celle où nous avons vu la ressemblance absolument complète. I ( 349 ) A ces résultats les observations que j'ai rapportées ajoutent ces faits , que le changement de plumage com- mence beaucoup plus tôt chez des femelles que chez d'au- tres ; qu'il peut ne se manifester que plusieurs années après la cessation des pontes , quoiqu'il doive dépendre d'une manière plus ou moins directe de ce phénomène , avec lequel il peut aussi coïncider ; que c'est ordinaire- ment dans la quatrième année que le changement se complète; qu'alors la femelle n'a pas seulement les cou- leurs , mais qu'elle a aussi l'éclat du mâle, auquel elle ressemble même par les divers ornemens de son plu- mage ; qu'elle peut même être éperonnée comme lui ; que le passage des couleurs ternes au plumage brillant du mâle adulte , se fait d'une manière toute différente chez le jeune mâle et chez la vieille femelle , quoique fina- lement , chez l'un comme chez l'autre , le résultat soit exactement le même 5 enfin , que le changement Je plu- mage des vieilles femelles , chez les oiseaux , n'est pas un fait absolument général , et qu'on n'est même pas cer^ tain, parce qu'on l'a observé dans un genre, de le re- trouver dans les autres genres de la même famille , quoi- que d'un autre côté plusieurs groupes , même fort éloi- gnés , paraissent oll'rir des exemples de ce phénomène re- marquable. ( 35o ) Observations sur les familles des Jasminees et des Oleinées; Par M. Acii. Richako. ( Lues à la Société d'Histoire naturelle de Paris le aS novembre iSaS. ) ( Extrait.) L\ famille des Jasminees , établie par M. de Jussieii dans ses Gênera planiarum , fut seulctneni divisée par ce télèbre botaniste en deux seètions fondées sur la na- ture du fruit sec t>u charnu. A la première de ces sec- lîotis se rapportaient les getircs Nyctanthes , S y ring a et Fraxinui; dans la seconde on trouve les genres Olea, Chionanthui , Phyllirea , Mogùrium , Jastninum et 'Ligustrurn. Plus lard Ventenat érigea ces sections en familles sous lefe rtoïns de Lîîac^eâ et de Jasminees , mais le peu d'im- portance de la consistance du fruit, dans la classification naturelle , empocha les botanistes d'adopter ces divi- sions. Depuis MM. Link et Hoffmanscgg dans leur flore de Portugal , formèrent sous le nom à' Oleinées une famille particulière de l'Olivier et des genres qui ont avec lui le plus de rapport. Cette famille fut adoptée par M. R. Brown {Prodr. FI. Nov.-Holl. , I , p. 5-23), qui en traça le premier, avec soin , les caractères dislinctifs. Ces caractères consistent, d'après M. Brown, i°. dans la picfloraison , qui est valvaire dans les Oleinées, taudis ( 35i ) qu'elle est imbriquée et tordue dans les Jasmihées \ •2°. dans le nombre et la position des ovules dans les loges ^ les vraies Jasminées, composées des seuls genres Jasminum et Nyctanthes n'offrant , suivant lui ^ dans chaque loge, qu'un ovule dressé, tandis quedans les Olei- nées , qui cofnprennent tous les autres genres rapportés précédemment à la famille des Jasminées , il y a deux ovules suspendus et collatéraux ; "i^. l'absence ou la présence de l'endosperme qu'il indiijue dans les Oleinéés, et dont les Jasminées seraient dépourvues. De ces divers caractères le plus important est évidem- ment la position des ovules, et', s'il était exact, nul doute qu'on ne dût adopter ces deux familles ; mais M. Richard observe que le caraclèi^ donné aux Jasmi- nées est fondé sur l'observation de l'ovaire trop avancé. En effet , l'ovaire des Jasminum fruticans , odoratissi- miim, azoricum et grajidijlorum , examiné à l'époque de la fleiiraison , présente, comme celui des Oleinécs , deux loges dans chacune desquelles oti trouve deux ovules suspendus et attachés à la partie la plus supérieure de la cloison. Mais des changemens remarquables s'opèrent dans cet organe pendant son développement et sa matu- ration; ainsi dans le fruit mûr, les deux loges dont une avorte quelquefois , ne renferment plus qu'une seule graine qui semble être dressée , c'est - à - dire naître du bas de la cloison. L'avortement d'un des ovules , et même d'une des loges , est un fait qu'on observe dans la plupart des Oleinéés* Ainsi dans le Lilas chacune des loges du fruit ne renferme plus qu'une seule graine, et dans l'Olivier et le Frêne il n'existe à la maturité qu'une seule loge ( 352 ) cl une seule graiue , quoique l'ovaire ait conslamment deux loges, renfermant chacime deux ovules. Quant au changement de direction des graines , durant le déve- loppement de l'ovaire, il provient d'un accroissement inégal des diverses parties de cet organe. L'ovaire des Jasmins est plus ou moinS globuleux , divisé en deux loges par une cloison verticale ; peu de temps après la fécondation , on voit les parties latérales de l'ovaire s'accroître , s'arrondir et finir par former deux bosses d'autant plus saillantes que le sommet de cet or- gane, qui correspondait à la cloison, n'a pris aucune sorte de développement. Il en résulte que ce qui dans chaque lobe du fruit paraît être la hauteur n'est réelle- ment que la largeur, et que la cloison, qui est très-courte, étant placée au - dehors des loges , paraît en être la base. Le changement apparent de direction des graines est un résultat nécessaire de cette déformation de l'ovaire 5 en effet , les graines , s'insérant à la cloison , paraissent naître du fond des loges 5 mais , en examinant avec beau- coup de soin le point d'où elles partent , on voit qu'elles naissent plus vers la partie supérieure de cette cloison , et que leur insertion est par conséquent la même que dans les Oleinées. La direction de la radicule, indiquée comme supé- rieure dans les Oleinées, et inférieure dans les Jasmi- nées , est une suite de cette différence dans la direction apparente des graines. Le dernier caractère, indiqué comme propre à dis- tinguer les Jasminées , est l'absence de l'endospernie ; à cet égard M. Richard assure que l'endosperme existe J / T ,'- O \ ( .).>0 ) dans les Jasmins el dans les Nyclaulhes , il est seulement plus mince que dans la plupart des Oleinées. Il rcsulle de cet examen comparatif des Jasminées et des Oleinées , que la seule différence entre ces familles consiste dans la préfloraison; mais malgré l'importance de ce caractère il est évident que seul il ne peut servir à distinguer deux familles , quand tous les autres points d'organisation sont absolument les mêmes, et que par conséquent les Oleinées et les Jasminées doivent être de nouveau réunies. Note sur les habitudes naturelles des larves de Lampyres ; Par M. M.... , de Rouen. Avi commencement d'octobre iSaS, M. M recueil- lit un assez grand nombre de larves de lampyres , et les plaça dans un vase fermé , sur du terreau humide , en leur donnant pour alimens différentes espèces de feuilles auxquelles ces larves ne touclièrent pas. Elles prirent bientôt l'allure languissante qu'ont les larves des insec- tes qui sont prêtes à subir leur métamorphose , et res- tèrent ainsi jusqu'au mois de novembre , époque à la- quelle M. M , sur quelques indications qu'il avait recuillies , imagina de leur donner un limaçon qu'il avait tué préalablement. Le limaçon n'était pas depuis une heure dans le bocal que les larves s'en approchèrent , et se mirent à le déchiqueter avec leurs mandibules très-ar- quées et tres-aigués. Dès le lendemain , soit par l'affais- sement des parties charnues du limaçon, soit qu'elles en eussent déjà dévoré une portion considérable, elles s'é- taient tellement enfoncées dans la coquille qu'on ne voyait plus que la partie postérieure de leur corps -, de temps en temps elles quittaient leur proie, se promenaient sur la terre humide, et quelques heures après revenaient à la curée. ( 354 ) M. M , cuiieux de voir commciU elles se conipov- ici'aicmt avec un limaçon vivant, en jeta un bien gras et bien portant clans le bocal; cet animal , en rampant sur la terre , se trouva sur la route d'une larve de Lampyre qui , élevant de suite la partie antérieure de son corps , avança ses mandibules et le pinça au-dessous de la boucbo avec une telle force et une telle ténacité, qu'il rentra brusquement dans sa coquille , en entraînant avec lui sou ennemie. Elle se dégagea presqu'à l'instant, mais elle ne s'éloigna pas ; elle tournait autour du limaçon , montait sur sa coquille , avait l'air de l'assiéger, et, chaque fois qit'il montrait ses cornes, une morsure le faisait rentrer en lui-même. Bientôt une autre larve vint à l'aide de la première , et ensemble elles combattirent le limaçon peu - dant plusieurs heures. Le lendemain , cet animal était mort, et les larves le mangeaient comme elles avaient mangé son prédécesseur. M. M... répéta plusieurs fois ces expériences jusque vers le milieu du mois de décembre , époque à laquelle il quitta la campagne où il les avait faites , et , vers le commencement de janvier , il trouva que les limaçons qu'il avait laissés à ses larves étaient tous dévorés. Leur en ayant donné une nouvelle provision , il les abandonna jusqu'au 3 avril suivant. Alors il trouva ses larves en- gourdies , et n'ayant mangé que deux limaçons seule- ment. La chaleur du soleil ranima ces larves , et elles recommencèrent à marcher et à attaquer les limaçons qu'on leur donnait, comme précédemxnent , jusqu'au mois de juin. Alors elles éprouvèrent leur transforma- lion, qui dura qviinze jours; elles mirent sept jours à prendre la figure de nymphe , et restèrent en cet état huit jours pleins. La larve de lampyre étant déjà décrite, M. M... s'est abstenu d'en décrire toutes les formes -, mais il signale une partie servant au mouvement, qui n'avait pas en- core été signalée. « C'est, dit-il, une espèce de houppe nerveuse, composée de sept ou huit rayons blancs, que la larve fait à volonté sortir de l'anus pour s'en servir comme d'un point d'appui pour avancer sur le terrain , ou comme d'une main , pour débarrasser sa tète et les ( 355 ) difï'ércntes parûtes do son corps que celte houpe peut al- teindrc, des salelés dont elles se recouvrenl lorsque cetle larve est plongée dans la sanie putride qui s'écoule du corps des limaçons qu'elle a mis à mort. Les larves ne changèrent pas de peau depuis le temps où M. M... commença à les observer jusqu'au moment de leur transformation. La nymphe est plus courte ei plus grosse que la larve ; sa couleur est jaune clair, presque serin , avec deux LTchcs roses sur la partie postérieure et latérale de chaque anneau de l'abdomen , et aiissi deux taches de même cou- leur aux angles postérieurs du corselet; en un mot , elle a en jaune serin et en rose toutes les taches et marques qui se trouvent, en grisâtre et en ferrugineux, sur l'ia- secte parfait femelle 5 elle n'a point les énormes mandi- bules aiguës et arquées dont la larve est pourvue ; ses antennes, très - apparentes , sont formées de onze arti- cles; ses tarses sont distinctement formés de cinq arti- cles , quoiqu'un peu empâtés , et qu'on n'aperçoive pas la dilatation du pénultième. Les derniers anneaux de l'abdomen sont fort brillans , surtout lorsqu'on touche cette nymphe, et, ce qui parut remarquable à M. M..., c'est que son corps tout entier partageait , quoiqu'avec une moins grande intensité , la pliosphorescence de cette partie. Dans les huit jours que l'état de nymphe dure, les couleurs se rembrunissent progressivement jusqu'à ce qu'elles deviennent toul-à-fait semblables à celles de l'insecte parfait. Pendant tout le temps de la transformation , la larve , lorsqu'elle quitte sa peau, et la nymphe, restent couchées sur le dos , et cette dernière ne se retourne sur ses pattes que lorsqu'elle est arrivée au dernier état. M. M... a tenté vainement de nourrir des lampyres à l'état parfait avec des limaçons , et il s'est convaincu que ces insectes sont herbivores. Il en a gardé un qui mangea (pendant la nuit seulement) la partie tendre des feuilles d'une espèce de Hieracium^ sur laquelle il avait été trouvé. M. M... avait recueilli un grand nombre de larves de lampyres pour faire les expériences dont nous venons ( 356 ) de rendre compte -, maïs huit seulemcnl arrivèrent à l'état parfait dans la dernière moitié du mois de juin. Toutes les autres larves ou nymphes disparurent , parce que, ainsi que M. M... s'en est assuré, elles de- vinrent la proie de larves de Trichius qui existaient dans le terreau sur lequel il les avait placées. De nom- breuses larves de Taupins, placées dans le même terreau, subirent un semblable sort , et môme des corps de lima- çons abandonnés par les larves de lampyres furent aussi mangés par ces larves de Trichius. Cette dernière obser- vation prouve que ces larves , qui ont toujours été con- sidérées comme lignivores, et qui le sont en effet, vivent aussi de matières animales. La première démontre ce fait assez important , c'est quelles Lampyres qui ont une grande analogie avec les Driles par leurs formes exté- rieures et par leur organisation , en ont également avec ces insectes dans leurs habitudes naturelles (i). {Nouv. Bullet. des Sciences , février 1826. ) (i) Les observations intéressantes que cette note renferme complètent celles qui ont déjà été publiées dans ces annales sur le Drile flavescent (voyez , à cet égard, le Mémoire sur une Larwe qui dévore les Hélix nemoralis , par M. le comte Mielzinsky , tom. i , p. 67 ; le Mémoire sur une espèce (V Insecte dont lemdle et la femelle ont servi de type h deux senres dijjérens , par M. Dcsmarest, tom. ii , p. 129, et les Recherches anatomiques sur la femelle du Drile flavescent, et sur le mâle de cette espèce, par M. V. Audouin, tom 11, p. 44^) > et prouvent que le» mœurs singulitres , qui avaient attire l'attention sur cet iasecte , ne sont pas propres uniquement à cette espèce , mais se rencontrent également dans plusieurs autres insectes de la même famille. R. c 357 ) Description d'un Monstre humain né avant l'ère chrétienne , comparé à un pareil monstre de l'époque actuelle ; et Considérations zoo^ tomiques et physiologiques sur le Caractère de ces monstruosités , dites Anencéphales ; sur V Indépendance de formation de chaque sexe ; et sur V Existence de deux noyaux dans Vos hasilaire ; Par M, Geoffroy Saint-Hilairë. Je me plaisais à aller contempler d'abondantes et de nouvelles richesses en antiquités égyptiennes dont on vient de former nn caLiiiet rue des Filles Saint- Tliomas, à revoir, ce qui avait fait l'oocupation de ma jeunesse, d'éloquens débris d'un peuple en progrès de civilisation , à admirer enfin ce qui survit d'une nation , qui a disparu avant l'ère clirétienne et qui n'est pas moins cependant restée notre contemporaine, puisqu'elle se reproduit en quelque sorte parmi nous , au moyen de ses monumens , de ses ustensiles , de tout un matériel , nous expliquant ses besoins, ses goûts et jusqu'à ses plus secrètes pensées. Je réfléchissais aux efforts si différons que le même besoin de se perpétuer dans l'avenir, cette soif du génie pour la postérité, avait inspiré aux deu3t plus grands peuples de l'antiquité, ayant tous deux éga- lement voulu s'emparer de l'admiration des générations les plus reculées , l'un par le grandiose qu'il imprimait à des compositions du monde matériel, et l'autre par la sublimité de celles de l'esprit. Ce contraste m'occupait, VII. — Avril 1826. 24 ( 353 ) rtunndje fus fixé et bien vivement impressionné par une observation lout-à-fait inattendue. Je reconnus dans une des momies du nouveau cabinet une monstruosité bu- niaine. Elle avait clé conservée, embaumée, et renfer- mée dans des bypogces sacrées. On l'avait donc traitée à l'instar des animaux adorés comme divinités : on s'en était ainsi occupé comme d'un grand événement. Or , c'était la première fois que la physiologie mêlait ses faits à ceux de l'histoire, à la science des antiquités. Je vis dans cette singulière circonstance un motif d'intérêt : je désirai et j'obtins de pouvoir en informer l'Académie royale des Sciences. Cela donna lieu à la communication suivante, le neu- vième jour de janvier 1826. Annonce d'un Monstre à Tétat de Momie. H Je mets sous les yeux de l'Académie un monstre bu- J main que je viens de découvrir dans une collection d'a- nimaux conservés en momie : ces animaux , ainsi que beaucoup d'autres objets de tout genre, composent un riche cabinet d'antiquités récemment rapporté d'Egypte par l'habile artiste et savant antiquaire M. Passalacqua, de Trieste. On peut se rappeler que j'ai distribué et classé les monstres en groupes ou petites flvmilles (i), les ayant dé- terminés et rangés d'après un ordre d'affinité et de déve- loppement oi'ganique. Une de ces petites familles , que (i) Philosopliic anatomu/iie, 2 vol, in-S", aYcc Atlas in-l»- — Chez l'iiuteur, à Paris , au Jardin du Roi. ( 35j ) j'ai nommée yinencéphale , est principalement caracté- risée par la privation complète du cerveau et de la moelle épinière , modification qui s'est propagée dans le sys- tème osseux et qui s est étendue aux conditions ordinai- rement tul)ula!res, mais dans ce cas nou conservées, de la Loîle crânienne et du canal vertébral : ainsi , des seg- mens en anneaux fermés ne coîuposent plus répine dor- sale; mais à leur place sont des arcs très ouverts, des corps de vertèbres avec branches latérales. » «Voilà, ce que l'on voit très-distinciement dans la monstruosité humaine embaumée il y a deux à trois mille ans. Aucun des autres caractères qui font (IqV yJiiencé- phalie un ensemble organique parfiitemenl limité dans ses formes et rigoureusement déierminfible, ne manque non plus : la momie avait été établie assise, les pieds joints et les mains couchées sur les genoux. M. Passalacqua , qui ne l'avait point encore entièrement déshabillée, et qui naturellement en avait dû juger d'après le lieu où il en avait fait la découverte, l'avait considéiée comme un singe : il me la présenta comme telle, et pour en savoir le nom spécifique. » u Ou s'est plus occupé des ylnencéphalies que des autres cas de monstruosités : l'absence de tout le système médullaire cérébro-spinal a paru en elfet une singularité du plus haut intérêt ; d'ab )rd pendant le règ ,\e du carté- sianisme, comme fournissant un fait contraire à l'hypo- thèse que des esprits animaux s'engendi aient dans le cerveau; et tout récemment , depuis q\i'a paru la loi du développement excentrique des organes, loi reconnue et posée par le docteur Serres , comme cette absence étant opposée aux opinions reçues , que les nerfs naissent des ( 3Go ) pallies niéilullaitcs contenues dans l.s étuis crânien et vertébral. Mais qui se serait attendu que ces curieuses déviations organiques eussent autrefois et presque dès l'origine des sociétés Immaines , également fixé l'atten- tion î » « Au surplus , ce ne put être et ce ne fut pas d'après un même sentiment. La liaison humaine entraînée par un mouvement ascensionnel , ne peut être satisfaite que par un perfectionnement. Les monstruosités forment au- jourd'hui une riche mine à exploiter au profit des recher- ches philosophiques , quand elles donnaient lieu autre- fois à un stupide étonnement, ou plutôt qu'elles rem- plissaient de terreur l'enfance du genre humain. Ce que nous venons d'apprendre de V yï ne acéphale des cata- combes d'Hermopolis (i), et ce que nous savions con- cernant l'organisation de ce genre de monstruosités , nous mettent à même de comprendre enfin plusieurs témoi- gnages de l'histoire. » « Tile-Live , Yalère-Maxirae, Pline, etc. , parlent de femmes qui par des enfanlemens extraordinaires, don- naient lieu aux plus sinistres présages, obligeaient de recourir à des lusUations , à des purifications générales : c'éuùt quand elles accouchaient d'êtres caractérisés singe!, ou éléplians par des formes bizarres de leur tète. Ces prétendus tnatnniifères singes ou éléplians ne sont pour moi que des monstruosités humaines des genres que j'ai déterminés sous les noms à Anencéphales cl deJîhi- (i) On dirifîuait le plus grand nombre des singes morts et embaumt's sur la necrcpolis de celte ville , comme le plus grand iiomlire des ibis iur celle de Memphis. ( Obicrt'citioii de M. J. Passalacqua ) ( 36i ) ■nencéphales (ces derniers sont des monstres nos avec xnie trompe et un seul œil); mais c'était là une présomp- tion , une déduction de quelques faits , qu'il est sans doute intéressant de changer en certitude. » « Cet avantage nous est procuré par la momie possédée par M. Passalacqua. C'est beaucoup plus qu'un docu- ment hislorique fourni par celte sorte de mammifère- singe, que la circonstance de son exclusion des sépul- tures humaines : or, cet être d'une nature ambiguë a été découvert dans des catacombes réservées aux animaux , dans des caveaux où se trouvaient en particulici' des sin- ges. Et de plus, ce qui montre qu'il n'y avait là ni mé- prise , ni ignorance, mais qu'on observait en cela un rit religieux, c'est une amulette qu'avec un dessein mani- feste ou avait placée près de la momie. Cette amulette, faite en terre cuite ou en mauvaise poi'celaine , est une exacte copie du singe cynocéphale, du papion de Buffon : remai'cjuons en outre cjue la pose de cette figure est l'at- lilude même de la momie. La forme de ce symbole ex- prime-l-clle l'intention d'une comparaison entre l'infé- riorité organique accidentelle de la monstruosité embau- mée , et l'infériorité normale de l'être le plus dégradé parmi les animaux à face humaine? Ceci est luie conjec- ture; mais ce cpii n'en est pas une , c'est que les amu- lettes de ce genre étaient dans la vieille Egypte un attri- but réservé aux hommes. » u Enfin, en y réfléchissant, on revient de sa surprise à la vue d'un monstre presque honoré d'un culte. Eflec- livement, pour un peuple qui s'est fait de l'art des em- baumemens lui moyen d'éterniser la mort et de cette pra- tique l'accomplissement d'un devoir religieux, quel plus- ( 362 ) grave sujet de méditalion et d'enlrnînement mystique , que le speclncle d'nn ède en fig. i et 2. Ibidem , Mém. du Mas. , tom. xir , p. aSS. Dfaissance. Né à Paris, sur un bateau en rivière , le 3 mars 1831. 3. Anekcéphai e de Patare, Anencephalus icthjoïdes. Caract. spt'c. Tète abaissée sur la poitrine ; levomcr faisant partie de la fosse palatine. Syn. Geoff. S. -H., Anenc. de Patare, dans le Journal tini- yersel des Sciences médicales , tom. xïxvi, p. 139, avec une fig. oiigin. rt'prés. la position du fœtus dans le placenta. Ibidem , Mtm. du Mus. , tom. xii , p. l85, avec fig. origin. , 3 , 4, 5,6e( 7. JYaissance. Né à Paris , à l'hospice de la Maternité, le 36 septem- bre 1824» ( 3GS ) \. AnencéphAle de SAN^oIS, Anencephalus Sannen- sis. Carnet, spe'c. La tète renversée en arrière ; le voiner faisant partie de la fosse palatine. Sjn. Fbagonard , dans une note manuscrite déposée aux Ar- chives de la Faculté de Médecine. Geoff.S.-H. , Ment, du Mus. , toni. xii, p. 285. Naissance. Né à Sannois , près Paris , cocimunc du départ, de Seiue- et- Oise, le ag uivôse an 5 (janvier 1797). 5. Anenci^phale DE CoRNtÉviLLE , yinencephalus Mo- sensis. Caract. spéc. Flancs du crâne ployés et inclinés au-dessous des sphé- noïdes 5 les temporaux dans une situation entièrement inférieure. Syn. Geoff. S. -H. , dans le 2^ vol. de la PliiL. anat. , p. SaS. Ibidem , Bltm. du Mus. , tocc. xii , p. 285 , et tom. xiii , pi. i , fig. oiigin. I, 2,3, 4» 5. Naissance. Né à Corniéville , arrondissement de Commcrcy , dép. delà Meuse, le 2 septembre i8ai, 6. AnencépïiAle de Buas , yinencephalus occipitalis. Caract. spéc. Tcte considérablement renversée en arrière ; bouche béante ; l'occipital supérieur prolongé en dehors et descendu plus bas que l'articulation scapulo-humérale ; corps vertébraux beau- coup moins hauts que larges. Syn. Arladd, dans le Journal médico - chirurgical du J^ar, D°9,p, II. Roux , médecin de St.-Maximin , dans un Mémoire manuscrit (avec fig.) envoyé à la Société médicale d'Émulation. Geoff. S. -H. , Mcm. du Mus. , tom. xii , p. aS6 , fig. orig. 8 , 9, 10 et 1 1. .ZVûWSflrtce. Né au village de Bras, près St.-Maximin, département du Var, en novembre i8a3. 7. AhencéphAle-Momie , Anencephaltes-Mumia. Caract. spéc. Tête renversée en arrière ; bouche béante \ les sur-occt- ( 36.) ) ■ pitaux fort écarlés et maintenus à la hauteur de l'articulation sca- pulo-huraéralc ; les corps vertébraux autant hauts que larges. Syn. Geoff, s. -H. , (jaus les présentes Annales, t. vu, pi. iS, (ig. 1,2,3,4- 2\'^aissance. Enfanté en Egypte avant l'ère chrétienne; trouvé , à l'état de momie, par M. J. Passalacqua, dans les hypogées sacrées d'Her- liiopolis. ^. An ENCÉPHALE DE l'Hùtel-Dieu, Aneuceplialus pef- foratus (i). Caract. spéc. Bouche béanto ; les quinze premières vertèbres percées à leur centre et formant ensemble un anneau ayant reçu et cernant une partie de l'œsophage; le basila ire formé de deux pièces. Syn. Lalllmasd, Thèse inaugurale , i8i8, n° i65,avecfig. originales. Geoff. S. -H., Philos, anat., tom. ii, p. ti; annales des Sciences naturelles , tom. vu , pi. i8 , fig. 6 et 7. Ibidem, Mém. du Mus. , tom. xii , p. 286. Naissance. ]Xé à Paris, à l'Hôtel-Diou, eu février 1816. (i) On vient de se prononcer (dans les Ephémérides médicales de Montpellier, mars i^zQ) coiitie ce système de nomenclature, et d'abord contre l'essentiel de mes idées sur la monstruosité : j'aurais fait la faute de traduire Anencépliale do l'Hôtel-Dieu par A. perjoratus! Les droits qu'annonce l'auteur pour attaquer tout ce qui a paru sur la monstruo- sité avant sa dissertation , c'est d'être sur son terrain (celui des accou- chemens), d'y être avec plus d'avantages que beaucoup de médecins, surtout plus que des naturalistes. La conclusion de son écrit est que tout était a refaire, et que par conséquent il a dd détruire d'abord todt ce qui avait été trop tôt édijié. Il est fâcheux que l'auteur ne se soit pas borné à une critique vive et subtile : on se serait très- volontiers corrigé sur ses observations. Mais , comme par son premier coup de lance il a d'a- bord louT détruit, que resle-t-il pour la lutte ? Néanmoins, je crois qu'à de certains égards , son travail sera profitable à la science. La nomenclature attaquée est de Linné, et c'est peut-être le plus grand titre de ce législateur à nos hommages. Le premier, j'ai cherché à au ialioduirc les formes Jr.us l'auatomie pathologique , voilà seulecueut ( 370 ) g. AnencépiUlf. cotyle . AnencephaJus coljla. Caract. spéc. Crâne plissé e( infléchi en dessous ; quelques vertèbres dorsales percéis au ceutre, luuis uou les vertèbres cervicales; le basilairc l'ormé de deux jjières. Syn. Geoff. s.- II. , JMnn. îlu 3Ius. , tom. xni, p. 124, avec Cg. origii). , pi. I, iig- (3, 7 et 8. JYalssance. Lii;u et jour iucouiius. 10. AuENcÉPHALE tvîîr^TnÉ , Aiiciiceplmlus eviscera- tus. Caract. spéc. La tctc haute et dégagée; le cœur et les viscères des fonctions digestiveshors de leur cavité propre. Syn. PuocHASKA , ./4nal. acad. , fasc. 3 , p. 127, pi. a et 3. Geoff. S. -H. , Mtim. du Mus. , toia. xii, p. 2S6. ^{aissance. Lieu et jour iucouuus. de quoi je dois répoudre. Or, je me suis , je pense , expliqué suffisam- ment sur la nécessité de celte innovation. (Voyez Phil. anat. , tom. il, p. io3 , et Mém. du Mus. d'ilist. nat. , tom. xiii , p. 119.) Quand , traitant d'organi.^ations nouvelles , il m'a fallu recourir à des ' noms nouveaux pour les désigner, j'ai fait ce qui est ordinaire aux na- turalistes; j'ai consulté le génie dis duix langues dans lesquelles chacun est, par sa position , tenu de s'exprimer. Autant que cela est possible, on s'en tient à un seul nom , quand il est traduisible de la langue nationale dans la langue universelle des savans ; mais quand cette transformation n'est point aisément praticable , on ne se relusc pas à créer une double nomenclature ; l'une, principale, à l'us.ige i!e tons les savans , et l'antre, locale et de pure commodité , à l'usage de clntque enseignement natio- ~ ual. Ainsi j'ai regardé comme difficilement traduisibles lis mots suivans : Bras, nom de village; Patare, nom propre ; Hôtel- Dieu, qui aurait exigé une périphrase : j'y ai suppléé par les termes occipUalis, icthyoî- des et perforalus , qui sont liunéens , européens , et qui me paraissent assez bien tendre à leur tin ; laquelle est de rappeler le caractère émi- nemment distinct if de l'espèce , dont. femme Got, le 3o floréal de l'an xi (20 mai i8o3). » M. Marye li[s , qui suit aussi honorablement la même carrière que son père, vient é;4;ilemeiit de rencontrer un autre cas d'Anencéphale : il publiera lui- tuêtascetie ohsarvatioû- ( Syû ) tion : j'ai eu n coeur de produire ces piôces , *ussi bien que leur forme et leurs connexions : tel est l'objet des figures 8 et g : F est , dans chateune, Totospliénal , sur les côtes duquel s'arliculent les rochers, et G le basi- spbénal flanqué des sur-occipitaux yy. Auprès sont des parties correspondantes , comme elles existent dans Tétai normal et comme le montre en paiticulier l'exemple , fig. 10, liié de X Anencephalus ichthyoïdes. Les mêmes lettres expriment aussi bien que dans les fig, 7 , 8 et g , les pièces du même rang , qu'il convient par conséquent d'appeler du même nom. La petitesse de nos derniers Anencépbales avec double no3-au pour le basilaire, surtout de l'Anencépliale de Got , explique lindépendance ou la non-soudure de ces deux noyaux de l'occipital. Ces deux noyaux ou cycléaux, dont l'un est le corps spliénoïdal des rochers ou l'olo- sphénal , et l'autre , le corps sphénoïdal de la vertèbre oc- cipitale, se soudent ordinairement, dès qu'ils se forment, tant parce qu'ils apparaissent des premiers , que parce qu'ils sont une principale quille pour l'édifice crânien 5 ils sont , de plus , tenus à un autre service, à l'articulation crànio-cervicale. Mais les faits d'Anencéphalie venant à affeclei les embryons , avant qu ait eu lieu la transfor- inalion en cerveau des eaux contenues dans les enve- loppes méuiugiennes , les noyaux des vertèbres crâ- niennes, qui dans l'état normal portent tout le poids de l'encéphale, sont allégés quant à ce point : ils sont pour cela et par là arrêtés dans leur développement normal ; or ce primitif état des choses sera d'autant plus dans lo tas de persévérer, que les embryons, en naissant beau- coup plus jeunes , seront, quant à nous et à ce moment ( 377 ) àe les observer, plus lot soustraits au progrès nécessaire et inévitable de l'ossification. Cette discussion , que réclamaient les besoins de la science , m'a fait donner la préférence à V Anencephalus perforatus , quand j ai dû mettre un sujet de l'état mo- derne en regard d'un sujet du même genre , avant vécu à une époque qui fût un premier âge pour l'homme ci- vilisé. De VAnencépliale-Momle, Anencephalus-Mumia. L'Anencéphalie ne s'est encore rencontrée que dans l'es- pèce humaine : autant qu'on le peut savoir, elleparait pro- duite par une impression instantanée et très-fortement ressentie de frayeur. Si plus tard on n'y trouve pas d'autre cause, on sera peut-être porté à se l'expliquer, en songeant à ce qui peut survenir dans les effets d'un sentiment modifié par les alTéctions morales de la femme, en réfléchissant au degré d'exaltation , ou chez la femme seulement , il peut parvenir. De plus , celte action de la peur n'est susceptible de répandre son influence per- turbatrice chez un être en voie de formation qu'à une époque quelconque de la gestation et que dans des mo- mens très-courts. L'Anencéphalie est donc un phénomène fort rare : mais combien ne doit-il pas paraître singulièrement , infini- ment plus rare dans l'espèce qui nous occupe ? Quoi de plus merveilleux en effet que cet Anencéphale des catacombes d'Hermopolis ! Il appartenait à une généra- tion ensevelie il y a quelques milliers d'années : ayant vécu, peut-être par-delà les temps historiques, tout 0U moins avant l'ère chréiienne , que de couches ;, que *^ • •( 378 ) de lils de cadavres , il a dû soulever et percer poTir rriipparaître nu milipu de nous , pour y venir prendre sa plac e d.ms une cclleclion à l'usage d'une poslérilé à son égard si reculée, pour nous révéler enfin que les faits de déviation organique qui le caraclérisenl avaient été presque dès l'enfance du genre humain un grave sïijel de méditation. Il est certain que les liommes de son temps ont donné à cet Anencéphnlc une irès-grande ntlcnlion :, car d'une pari , ils l'uni considéré comme quelque chose d'humain , puisqu'ils mi phv é d;.ns se lombeau et à son intention , une antnleiîe qui formait l'altrihut de l'homme implo- ranl la mibéiicorde dixine; et d'autre part on l'a jugé un alïlig!>ant résnllal de r< -j.robtUion et de colère , un sujet rejeté bien li/in au-dessous des hommes et sans donlenneiiiforme monstruosité, dont les condilions d'a- nimiiliié étoicnt restreintes et lavalées au moins à celles des l)èics à visage humain , quand on se fut décidé à l'ex- clu le de la sépulture des hommes et qu'on l'eut re- légué dans des tombeaux de singes. Cependant il faut que les anciens Fgvpliens, atten- , tifs àce monstre, n'aient point su reconnaître d'où pro- VL'riait la dt'gradalion de ce sujet de sinistre présage; ou du moins iUne l'auront appris qu'après un désappoinle- ment qui les aura sans doute ren)plis d'autant de stu- peur que de surprise ; car le morceau d'antiquité de M. Passalacqua montre qu'ils lui ont appliqué les pro- cédés en usage pour toutes les momies , qu'ils se sont mis en r cherche de son cerveau et qu'ils ont essayé de l'extraire par les narines : ils firent à cet efl'et une sec- tion de la peau et d'une partie des os du nez , coupant ( -79 ) Yers le milieu et un peu plus à droite. Cette coupe avait été faite avec un instrument tranchant et de bas en haut. Il faut convenir que rien ne pouvait garantir les tra- vailleurs d'un pareil mécompte , si c'était leur coup d'es- sai à l'égard de la monstruosité , dès que , quelque des- cendus dans l'échelle que soient les animaux vertébrés ^ on rencontre chez tous un cerveau qu'il devient alors possible d'atteindre et d'extraire. Il est à présumer qu'a- près s'être assurés que cet organe manquait dans l'arrière- crâne, les travailleurs auront tenté une nouvelle explo- ration par devant et en perçant la face. Il y a à dos des Anencéphales une poche qui est éga- lement étendue du côfé de la tête : l'eau qui la remplit ordinairement et qui lui donne l'apparence d'un ballon gonflé , y tient lieu , sous un volume plus considérable, du cerveau et de la moelle épinière. L'accouchement ne s'opère qu'autant que cette poche se déchiré, se vide et s'affaisse : les enveloppes qui la composent, sorte de méninges extrêmement fines, sont réduites à des lam- beaux : une partie se perd pendant le travail de l'en- faulement. Ce qui en était resté chez notre Aneacé- phale fut rassemblé et couché en avant et par dessus les rochers. Les Anencéphales naissent avec des cheveux qu'on aperçoit sur la peau qui s'élend des frontaux et qui finit subitement au point où commence la poche crànio-dor- sale. L'Anencéphale momie en avait conservé deux pe- tites touffes, l'une derrière l'œil di'oit , et l'autre du même côté en avant de l'oreille. Notre figure vue de face montre dans quel degré la bouche était ouverte et bcaulc : !c ùrailleaienl des par- ( 38o ) lies fut si fort que les coins de la bouche ont formé un coude droit et que l'ensemble paraît un orifice (juadri- lalère. Si rarrangement des bandes servant à envelopper le sujet est pour quelque chose dans cette disposition , son organisation congéuiale y est pour beaucoup plus. Sa tète est presqu'aussi renversée en arrière que chez rAnencéphalcde Bras, d'après les mêmes causes, d'après l'action de tirage des muscles dorsaux et la courbure des verlèbres cervicales 5 et la mâchoire inférieure est ramenée vers la poitrine à-peu-près comme je l'ai vu et décrit chez l'Anencéphale de Patare. Ces tirages se con- trariant, la bouche devait rester ouverte : c'est ce que montrent les espèces , A. de Bras et A. de Dreux. L'oeil, resté ouvert , a dû être aussi saillant que chez ce dernier : mais î'évaporation des fluides et les enveloppes l'auront affaissé. L'oreille n'était qu'à demi renversée : comme elle s'est maintenue, elle semble former une bor- dure extérieure pour l'os temporal. Je ne doute pas que le sous-occipital ou le basilaire ne soit d'une seule pièce. Les deux rochers formaient deux saillies assez vivement prononcées , d'où , par delà et en arrière des frontaux , existait en travers une gorge profonde. L'arrangement des vertèbres donnait à notre espèce une apparence de plus de force et de développement que chez aucun autre Anencéphale : on comptait jusqu'à dix verlèbres , qui toutes appartenaient à l'échiné. Les corps vertébraux ont une masse carrée, assez écartés les uns des autres , et les bandes à droite et à gauche, qui , sans leur rejet sur les flancs, eussent composé les apo- physes monlantes de la ligne médiane , étaient larges et à bords sinueux en dessus et au bout : on apercevait à ( 33i ) gauche trois de ces bandes dépendant des vertèbres cer- , vicales : celle du milieu était plus visible , comme aussi la plus longue. Enfin le sexe de notre sujet était masculin : le3 di- ruensîons en étaient même assez fortes. De l'opinion que le sexe ?nasculin ne serait quiin plus grand développement du sexe féminin. Je viens de déclarer le sexe de \ Anenceplialus mu- mia \ j'en prends occasion de traiter une question qui occupe les physiologistes : voilà un mâle dephis parmi les monstres, et j'en ai aussi plus haut cilé un second , l(;quel était également inconnu. Ce second exemple est même plus concluant que le premier : je veux parler de l'A- nencéphale deGot, que possède M. Marye. Les souve- nirs de ce praticien le présentent comme ayant seule- ment existé cjualre mois dans le sein maternel, et la petitesse du sujet ne permet pas d'en porter un auire jugement. Ces exemples chez des monstres humains, qui appa- raissent, au plus tard, vers le huitième mois de gros- sesse , ne sont pas favorables à l'opinion , que le sexe masculin soit un sur-développcmcut du sexe féminin , déjà à-peu-près établi et produit. On l'a cru et l'on s'est fondé pour le croire, sur ce que les êtres de la mons- truosité , qui reçoivent leurs conditions essentielles d'un arrêt dans le développement , se montrent du sexe fé- minin dans le rapport de 2 à i. Mais jusqu'ici , je n'a- vais regardé celte proposition que comme une opinion née en Allemagne, qui, quoiqu'elle eut été accrédiléu • ( :80 dans quelques écrils français, ni'avail pai'U décidé me tut plutôt écartée qu'adoptée. CepcnJantjc n'en puis plus penser ainsi, maintenant qu'elle vient d'èlre renouvelée dans tin ouvi'age bien digue de faire autorité dans la science. On lit dans l'ar- ticle MoKSTPuosiTÉ du Dicliojuiairc de Médecine, t. XIV , p. 446 , ce qui suit. « La proportion beaucoup )) plus grande des monstres femelles semble dépendre » de ce que dans les premiers temps de la foi^mation » du fœtus, de même que dans les derniers de:;rés de » Téclielle animale, il n'y a cju'un sexe, le féminin^ » Dire que la plus grande partie des individus nions » trueux sont du sexe féminin , c'est dire en d'autres » termes que dans le plus grand nombre de mons- •» truosités, quels que soient leur siège et leur nature, » les organes génitaux sont arrêtés dans leur évolu- » tion ^ » Pour que ces vues soient fondées et que celte théorie puisse être arcep;ée, il faudrait, ce me semble, d'abord, que l'organe féminin fût \\\\ système essentiellement et absolument fini dès sa formatioii, distinct comme tel à son origine-, et seco?ideine7it , qu'un organe ainsi réglé à son premier développement pût être de toutes pièces transformable en un autre. Or l'observation attentive des faits donne au contraire pour résultat cjue l'orgaïKi femelle arrive à ses fins , à son dernier terme d'accrois- ;Semenl, eu exigeant pour le moins , tovU autant que 1 or- gane n;àle, d'eflbrts, de matériaux et de richesse de dévcloppemeus; même beaucoup plus, si l'on doit s eu rapporter aux principes d'une autre théorie , venant à considérer que « la nature des organes génitaux est es- ( 383 ) » sentiellement femelle et que le sexe mâle n'en est » plus qu'un simple accessoire » ; vojez Bulletin des Sciences, par la Société Philomali(|ue , octobre 1818. En écrivant un article exprofcsso , dans la Philoso- phie anatomique, pour y montrer que les organes sexuels mâle et femelle se ramènent très-facilement à Tunité de composition, je croyais aussi avoir établi que plusieurs parties de l'inleslin sexuel , étant diverse- ment iK^urries , passaient suceessiveniciU et respective- ment à d'autres volumes et par conséijueut à d'autres formes , et que, toujours incilépendantes durant leur évo- lution, elles ne constituaient pas plus, au terme de leur accroissement qu'à une autre époque aniérieure, de différens élémens pour un sexe ou pour l'autre : c'est une doctrine toute difTérenle qui est exposée dans le pas- sage cité plus haut. Qui a causé une pareille dissi- dence? j'ai souhaité me l'expliquer. Cette difficulté pour mon esprit futd'autant plus grande , que le savant aulcur du Dictionnaire de médecine qui a enrichi cet ouvrage du mot Monstruosité , ]oml^ iewue encore, ajuste titre de la réputation d'un physiologiste pr. fondement versé dans les questions d'anatoniie pathologique, et que j'au- rais dû. prendre confiance dans la sagesse de ses vues. îl faut donc que j'admette que pressé par le peu de temps accordé aux rédacteurs des graiids articles pour les dic- tionnaires, il ait cru pouvoir s'en rapporter au jugement de quelques maîtres, ou bien, qu'avant consulté lui- même les faits, il s'en soit laissé imposer par une appa- rence, bien susceptible au surplus de faire illusion. Ce dernier point est traité fort at'er'ivemeut dans rexcellem ouvrage qu'a publié Al. le docLear Lisfrauc , ( 384 ) quand il a été promu au titre de professeur aggrégé de la Faculté de médecine , et qu'à cet effet il a soutenu une thèse intitulée : Competitio ad aggregationem, etc., 2 février 1824. Dans le paragraphe , page i3, de ses re- cherches sur le développement de l'urèlre , qui lui sont communes avec M, Serres, M. Lisfranc rapporte qu'il a observé chez l'embryon de 10 à 12 jours, la vésicule ombilicale , laquelle précède V tipparition de l'ouraque, de la vessie et de l'urètre. Il existe alors deux lames inem,braneuses étendues de la partie inférieure du pu- bis au cordon ombilical s' épanouissant dans Vahdo- m,en; puis, ces lames , venant à grandir, s'engrènent l une dans l'autre pour former deux sutures, V une an- térieure et Vautre postérieure : par leur jonction , ces lames deviennent un intestin : etc. Telles sont des formes anatomiqiies , qui , à un moment donné des dé- Veloppemens, sont le propre tout autant d'un sexe que de l'autre, qui cependant simulent un état de choses comme dans les femelles et qui peiwent par conséquent en imposer, si l'on ne se tient point sur la réserve et qu'on se contente d'observer superficiellement. Il n'y a fondamentalement qu'un sexe dans les êtres du premier embranchement , dans les animaux verté- brés : on est d'accord sur ce point. Cependant il est plus exact de dire que l'appareil est double en tout ou partie. En effet , dans les animaux chez qui l'organe sexuel exister au maximum de composition , il y a deux organes sem- blables , l'un à droite et l'autre à gauche , deux intestins: sexuels indépendans l'un de l'antre : ce n'est que dan? des cas de médium de développement que les deux iu- lesiins sont pour une partie d'eux-mêmes seulement se- ( 385 ) parés , portion à droite et portion â gauche , et pour l'autre partie ramenés au contraire sur la ligne médiane et sur cette ligne , soudés et confondus ensemble. Cela posé, pour la solution de la question qui nous 0(xupe dans ce paragraphe, nous ne nous occuperous que de Fuu de ces intestins sexuels , comme on le trouve chez les animaux où il existe au maximum du dévelop- pement : et dans ce cas , il est toujours formé de six com- partimens ou tionçons , qu'on nomme chez la femelle , ovaire, tube de Fallope, adutérum, utérus, vagin et canal wètro -sexuel. Nous avons prouvé ailleurs qu'à chacune de ces par- lies en correspondent d'analogues chez le mâle , et qu'elles y sont seulement entr'elles dans un ordre diffé- rentde volume et par conséquent de forme et de fonction. Ce n'est pas sur ce point de la question générale que je veux et que je puis ici revenir ; je me restreins à ce qui est particulier à cet article. Pour exprimer ma pensée dans toute sa généralité, je vais recourir à une forme abstraite et même aux formules algébriques. Ainsi, je désigne les six tronçons de l'in- Icslin sexuel par les lettres A,B,C,D,E,F, c'est-à- dire que tout ce qui en forme l'essence et ce qui eu est ramené à l'unité, tant dans un sexe que dans l'autre, se caractérise pareillement. Mais les fluides nourriciers en se distribuant autrement dans l'un que dans l'autre des deux sexes les modifient au contraire et les changent dans leurs rapports respectifs. Employons la méthode des exposans pour exprimer le caractère de ces différentes valeurs, et nous pourrons concevoir applicable d'un côté au sexe TOasculin, je suppose, l'ordre suivant. A', B' , C, D' , E', ( 386 ) F' , et d'un autre côté au sexe féminin celte autre sédtf ^ A' , B', C , D', E' , F'. Un arrangement analogue est tel eu « Hél à tontes les époques de l'évolution de for- mation lie riniejlin sexuel , tout aussi bien au commen- cenieiil (|u'à la (iu des développeraens : chaque intestin, dès qu'il commence à poindre, contient déjà la raison de son nliéricur développement; il est toujours femelle ou toujoiiis Uiâle, d'abord hès-faiblemcnt l'un ou l'au- tre , puis d'une façon un peu plus prononcée, puis tout- à-fail; ettonj» iirs l'iui à l'exclusion de l'autre. L'un n'est pas non pins uiie hyperlropbie à l'égard de l'autre , ni celui-ci une sorte d'airop.iie par rapporta celui-là. Cha- cun arrive à sa lin dernière, en vertu des premières pré- dispositions et pour des causes qui sont peut-être sus- ceptibles d'èlre connues par une observation directe : du moins je m'occupe de recherches à cet égard dans vui établissement d'incubations ariificielles poursuivies .-ivoc succès au village d'Auteuil, près Paris. J'ai dit l'Anencéphale de Got un exemple encore plus concluant pour le soutien de cette tbèse que celui fourni par l'Anencéphale - momie : en elî'ct celui-là était de beaucoup plus jeune. Or l'Anencéphalie est déjà lui fait dcretardementdans le développement : que cette ciixon- slan( e se réunisse à celle qui, dans l'Anencéphale de Got, résuhe delà précocité de sa naissance, il suit que notre observation n'embrasserait qu'une ébauche informe. Suivant la doctrine que je combats, tous ces précédens devaient etieclivement donner à penser que rAnencé- piiaie de (iot se serait arrêté dans son évolution res- ticinieà la condition sexuelle des femelles. Cependant céiail r.n mâle. ( 3S7 ) EXPLICATION DE LA PLANCHE XVIII. Fig. I, 2, 3, 4- jlnencephalus-Mumia. Fig. 1. Le sujet vu de face et assis On lui avait clont)c l'ntlihidc qn a l'amulette n° 5. On le voit louche béante , les niaiiis raraenéos Sur les cuisses , et les pieds joints. L'ouverture , vers le haut du nez , fat pratiquée daus le dessein de péuétrcr dans la boîte crânienne et d'en extraire le cerveau; l'ouverture appuie réellement un peu plus sur !a droite. L'œil droit était resté ouvert : le gauche avait la paupiirc- abaissée. Mai s la figure , qui n'a point été faite au miroir, moutre ces circonstances Je position autreinei't. Fig. 1. Le sujet vu par le dos. L'axe médian paraît canaliculé ; les corps vertébraux ne sont point apparens en raison des tégumens qui les re- > couvrent , mais tes apophyses latérales qui y correspondent se voient au contraire très-distinctement. En comparant ce qui est là avec les mêmes parties découvertes, fig. 7, on juge du rapport de ces pièces : toutefois , l'ouverture. Ce , entre les corps vertél raiix , fig. 7, est une particularité exclusive à VA. perjoralus , et necaracteri.se point l'y/. miimia. Les replis dt s parties inférieures tiennent aux enveloppas dans lesquelles le sujet a été enfermé et serré. Des cheveux se voient en ce. L lig. 3. Le sujet vu de profil. La partie qui suit l'oreille et qui semble l'encadrer, est foi-mée du sur - occipital qui, chc2 les Auencéphalcs , est touiours renversé et écarté sur les côtés. La mâchoire inférieiue lut abaissée et s'est maintenue dans cette position par des adhérences avec le pharynx : la bouche en est restée béante, ^''o 4- Derrière de la ièle.JJ, région fiontale; ce , quelquiéiuoire ( Cochlearia saxaûlis et Hut- chinsia alpina). Parmi ceux qui n'y sont pas menliou- iiés , je puis citer encore VAlyssum maritimum. Celte plante appartient certainement, comme tous les --4lrs- siim , au sous-ordre des Pleurorhizées. Cependant j'ai cru long-temps qu'elle devait en être détachée , parce que la première et la seule graine que j'examinai d'abord m'otirit un embryon très-distinctement notorbizé. Le Petrocallis pyrenaica paraît aussi avoir été , pour jM. Decandolle lui-même, le sujet de quelqu'hésitalion : Cotyledones obliqué accumbentes , dit-il en décrivant cette plante, et, un peu plus bas , situs cotyledonum paulb dubiiis, etc. Seize graines , ouvertes par M. Gav, lui ont appris que le doute de M. Decandolle tenait^ lion à l'imperfeclion des graines que l'observateur pou- ( ^^2 ) vak avoir eues à sa disposilion , njais à une forme dV-m- L'iyon teîleoîcnt inctîrlaîne cpi'il est difficile de dire si la plante est pleurorliizce ounotorlnzéc. M. Gay a vu quel- que cliosc d'analogue dans son Erysimum maclovia- iiuni ( I ) Le Sisj nihriuin supinum cl V AlUaria ofjï- (i) Je crois devoir en donner ici la synonymie et la description. EnysiMDM MACLoviANUM , globrum , f;laucescens, foliis lanceolaliSj denticulatis , apice barbntis , putalis lineari - cuneutis , seriùs deciduis , filiquis brevitcr pcdicellatis, unilateralibus , in stylum rdiformem lon- ginsculum alteniiatis , stigmate indivise, cnpitato N. Brassica niagetlanica ! Gaudich. in Ann. Se. nat. v, p, io5 (aprili iSaS) non Juss. uec Dt:caiid. B. maclûvlana '. D'Drv. , l'I. îles j}Ial. (januar. 1826) p. 5i, n» lOj . Habitat in arenosis prîesertiin maritimls iusulce Solidad , quae est una è iVlacloviauis seu Falklandicis. l'"loret pcr lolam aestalcm quœ cadit in inenses octobr. - niart. O. — Dcscripsi ad specimiua à Cl. Gaudichaud , D'Urville etLesson collecta. Tota piaula glaberrima, glaucesccns. — Gaules ex eadem radiée i-3, erccti , semipedales , simplicissinii , foliosi. — Fulia radicalia et cauliua inferiora lanceolala , in petiolum graciletn , limbo duplo triplove longio- rem aitenuata; superiora sparsa , saepè approxitnata , sessilia , lineari- lanceolata, basi angustiora ; omnia uuinervia , obtusiuscula , denticu- léita , opice interdùm obsolète eraargiuata , ibidem pib's nonnullis lou- giusculis, simplicibus futcalisque , semper quasi barbata. — Flores lo-iS, coryuibosi , corymbo in rucemiim 2-3 uuciaiem dcmùm elou- î^.ito. l*ediculli if-2 lineas longi , graciles, fructifcri vix elongati, non- nulli iuferiorcs è foliorum axillis nascentes. — Calix deciduus , scpalis erecto-patulis ovato-oblongis , obtusis, pallidis, basi truucatis , mar- gine menibranaceis, dorso pilosiusculis , neutris saccatis, pilis simpli- cibus furcatisque. — Petala erecta, calyce dimidi6 longiora , cunealo- linearia , integerrima , obtusa , alba , scriîis decidua , quia et ipsura tïuctum quandoque stipautia , venosa , venis non coloratis. — Filameuta 6 , calyceui a;quantia , complanata , basi latiora , omnia edentula. — Anlhera; liueares , Ilavae , demùm subfulcutae. — Torus eglaudulosus. — Siliqiiu; tôt quot llores , racemosae, secuudae , rectse , ereclae, breritcr ( 3i)3 ) cinalis oui aussi été paur M. Gay et pour moi Tubjet de quelque doute, au poiut que le Sisymbriuni supi- num me parut , pendant quelque temps , appartenir aux Orlhoplocécs. Cela vient de ce que , dans ces deux plan- peJicellatae , stipite proprio carciilfS , 9-1 3 liueas longœ , lineam latic , liueares , compresso-letragonae , t^laberiimee , abrupte atténuât» iu stylutn (ilil'ormem, lineam lonj^tim , stigmate îiiiliviso , truncafo, dis- coideo ; valvœ dchiscenfiam basi iueuntcs , convt'xiuscula! , nervo lon- t;itudinali valido ii).scn[)la; et idco ferè cariiiatœ , itittT car'nam et niurgincm nigosa;, forte veuosac. — Scptura nierabianaceum. — Scniina iu singula placenta i5-i6, confcrta , obscure biscViata , pendula , ©voidea , acula, fusca , scciiudùm longitudinem teuuiter striata ; funi- oulis liberis, fdiformibus. Intpgumcntum propriura tenue. Colyledoiics ex 20 scrutatis scmiiiibus oblongae , oblusœ , sa;pè iionuihil distorlae , tioi'so couvexiusculsB , basi vîildè attenuatac. Radicula semper quidem dorsalis, vix tamen unquam in médium dorsum prona , longé plet'uui- qiie alteri margiiii contigua , imo nonnunquara iuipsum marginem dç- ficxa , et infcriore sua pnrte doisnlis , superiore lateralis. ( D. S.) I.a classification de cette plante m'a présenté beaucoup de difficulté, l'ar ses siiiuues à valves nerveuses, elle a de grands rapports avec l'./- labis, mais elle en diffère par sou style allongé , et par sou embryon , nui la porte dans un autre sous-ordre. Parmi les Notoiliizées , elle n'a (i'autres analogues que le Sysimlirium et VErysimum , deux genres très-voisins, et qui ne sont pas suffisamment distingués par la forme de la silique. En me décidant pour VErysinium , j'ai été déterminé par deux considérations ; l'Erysinium est le seul des deux genres qui renferme des espèces à style allongé; ma plante est semblable, pour la forme et la nervation de la silic|ue , à V Erysimum ochroleucitni ( Cheiranlhus oihroleucus Dccand. Sysl.) , et, pour le style, a VEiysimum cuspi- (liituin. Il est vrai que tous les Erysiiuuin de M. DecacdoUe ont la fleur jaune, avec un stigmate liilobé, tandis que les pétales sont blancs et le stigmate entier dans mon Erysitiium inaclcn>ianum ; mais la première " de ces différences me parait moins importante qu'à M. Decandolle, et la seconde n'est pas toujours très-distincte dans la nature. Je ne crois pas d'ailleurs qu'elle doive suffire pour motiver la création d'un nouveau g: are. ( Note de M. Gay) I ( -oi ) tes i qui sont classées parmi les Noloihizées , l'embrj'on a réellement et constamment une forme intermédiaire entre les Ortlioplocées et les Notorhizées. Dans ce der- nier sous-ordre, les deux cotylédons sont aplatis à-peu- prcs également des deux côtés et dépourvus de tonle espèce de cannelure. Au contraire, dans les deux plan- tes dont il s'agit, et , vraisemblablement, dans plusieurs autres , l'un des cotylédons est creusé sur le milieu du dos, dans le sens de sa longueur, d'un profond sillon qui reçoit la radicule , et l'autre colylédon , plus épais que le premier, présente deux faces bien distinctes , l'intérieure plane , l'extérieure très-convexe et analogue à la courbure des Orthoplocées , quoique non caré- née. Quelqu'instructifs que puissent paroîlre ces exemples, ils sont jusqu'ici en trop petit nombre pour qu'ils doi- vent altérer la confiance que les savans se sont plu à ac- corder, dans cette partie , au vaste travail de M. Dccan- dolle. Quelle est d'ailleurs la méthode qui n'a pas ses exceptions , ses incertitudes ? La meilleure a toujours quelqxie côté foible , et il faudrait cire injuste ou aveu- gle pour ne pas reconnaître que celle do M. Decandolle a , ouant à l'exactitude résultant des caractères employés, d'immenses avantages sur la précédente. D'après ce que je viens de dire, on sentira facilement à quel point il importe d'ouvrir un grand nombre do graines lorsqu'on veut déterminer avec sûreté , dans les Crucifères, la position respective des cotylédons et de la radicule. C'est avec cette précaution qu'ont été faites , en ce qui me concerne, les observations qu'on va lire. Elles seront exposées dans l'ordre que M. Decandolle ( h^ ) a suivi pour les piaules auxquelles elles se rapportent. I. Cheiranthusochuoleucus Hall. fil. 5 Decaud. Sjst. II , p. i8i; Prodr. p. i36. — Celte plante croît dans mon voisinage , j'ai souvent examiné ses graines, et j'ai tou- jours trouvé la radicule appliquée sur le dos des coty- lédons. J'ai l'avantage de pouvoir m'appuyer ici du té- moignage de M. Gay, qui , en répétant mou observation, l'a jugée parfaitement fondée. Le CheirantJius Gchro- leucus n'est donc point un Cheivajitlius , puisque l'em- ])ryon est pleurorhizé dans ce dernier genre. Ses carac- tères l'appellent évidemment dans le genre Erysiiniim, et il doit conserver le nom à'Erjsimum ochroleucum , sous lequel M. Decandollc l'avait précédemment décrit (dans la FI. fr.). 1. Cheiranthus collinus m. B. ; Decand. , S) st. ii, p. 182. — D'après M. Andrzeiowski, cette plante est no- torliizée , et appartient, comme la précédente , au genre Erjsimum. C'est VErjs. collinum Andrz. in Decand. Prodr. I, p. igS, sp. 23. 3. Cheiraijthl's lEPTOPHYLLus M.B. 5 Dccaiid. Syst. u , p. 182. — Autre Erjsimum, d'après l'observation du même savant. jE'rjiimum/epfop/jjZZu/n Andrz. in Decand. Prodr. I , p. 198 , sp. 24. 4. Cheirantbus versi€Olor M.B. : Decand. Sjst. 11,^ p. 182. — Encore un Erjsimum , dans l'opinion de M. Andrzeiowski : Erjs. versicolor Andrz. in Dorand. Prodr. I, p. ig8,sp. i5. 5. « Braya ALPiNA Sternb. et Hopp.^ Decand. Syst. a, » p. 211 ; Deless. Icon. 11 , tab. 22 ; Decand. Prodr. i , » p. i4i • — Le genre Braya fut établi , par MM. Hoppe 1 et Slernberg, dans le premier volume des Denhsclviftcn V ■'^/" J ■ » der Kceniglich - Baiei iscJicn Eola/uscJirn Gemll'- » chnfi in Regenslmrg (p. G5 ) , qui porlc la dale de )) iSiT), sur iiiK' plautc que INÎ. lîoppe vcunlt declécouvrir ■» dans les 'uaïUos alpes de îa Carinthio supérieure. A )) cette époque, on ne soupçonnait, ni en Allemagne, m » ailleurs, sur le cnuliucnt, q;;e l'eiTibryon des Cruci- )) féres put oiVrir des caractères importans. Aussi les )) auteurs du Lraya ne clierclièieiil-ils point à fixer M d'après celle considération les iifanilés de leur nouveau » genre. Il n'est pas question de l'embryon dans leur ■» description , et leur figure (tab. i du même volume) » ne supplée pointa cette omission , quoiqu'elle soit ex- )) cellente à plusieurs égards et que rarlisle (Sturm) y M ait représenté^ à part , une graine grossie. MM. Hoppe » et Sternberg s'assurèrent seulement que la plante )) qu'ils avaient sous les yeux ne rentrait dans aucun )) des genres connus de Siliqueuses , et ils décrivirent -n leur Eraya sans indiquer à côté de quel genre établi y) il devait être placé. Lorsque M. Dccandolle , en 1821, î) publia le second volume de son S) stcina naturaîe , •Si il V introduisît le Biaja al pin a , mais il n'avait point » vu ses graines , et , en conséquence , il ne pouvait le )) classer que d'après les caractères extérieurs. Ces carac- )) lères engagèrent M. Decandolle àpl.icer le Brcry^a au- )) près de r^/^ra^Ji' , entre les genres Stei'enia et 7uni- •» tïs, c'est-à-dire dans les Pleurorhizées siliqueuses, et )) c'est encore là qu'on trouve le Braya dans le i*""". » volume du Prodromus , publié en 189,4. Le second vo- î) lume des Iconés de M. Delesscrt avait paru l'année M précédente, elle Braya y était figuré (lab. 22) sur » les mêmes écbanlillons qvii avaient servi à IsL Decan- . ■( 3.)7 ) ■» (lolle pour la description du genre dans ses deux ou- » vrages. Cette planche ne pouvait donc fournir aucun » document nouveau sur la structure de la graine, et, » eu effet, l'embryon n'y est point représenté. Telles M étaient nos connaissances sur le Braya , lorsque )• M. R. Brown publia, en 1824, son Chloiis Melvil- ^ liana, où l'auteur décrit , enlr'autres nouvelles Cruci- » fères , un genre Platypetalam sur l'affinité duquel le » célèbre observateur anglais s'explique en disant : )) Habilus ferc Brnyœ quncum structura floris coty- 1) leclonibusque incumbentibus cojwenit, etc. Les co- » tylédons du Braya éuient donc notorhizés , d'après » l'observation de M. Robert Brown. Peu de temps » après, M. Hooker exprima la même opinion, et il » l'appuya d'une excellente figure (Exot. FI. tab. 121) » dont tous les détails avaient été dessinés sur la plante » vivante , cultivée au jardin de Glascow. L'embryon , » dépouillé de ses enveloppes, y est jeprésenté deux » fois de face et de profil , et toujours avec une radicule M dorsale. Tous les doutes semblaient donc être levés sur » la structure de l'embryon du Braya, lorsqu'on mars » 1824 , M. Hoppe m'envoya plusieurs beaux échan- » tiilons de cette plante , avec une figure, dessinée par » Reichcnbach et gravée par Sturm , que je suppose » avoir été préparée pour le 43'^. cahier de la première « section du Dcutsclilnnds Flora in ylbbildungen iiach » der Natur , ouvrage dont le texte est en grande par- » tie rédigé par M. Hoppe. Cette figure n'est point )) copiée sur celle que MM. Hoppe et Sternberg avaient » originairement publiée dans les Mémoires de la .so- » ciélé de Ratisbonnc. Au contraire, plusieitrs inexac- ( 393 ) » titudes delà première y sont redressées et le dessina - )) leur y a représenté trois fois la graine , une fois entière, » une fois dépouillée de son enveloppe et vue de proGl , » une fois coupée transversalement. La position de la 1) radicule est visible dans ces deux dernières , mais l'une » indique évidemment une radicule dorsale, et l'autre » manifestement une radicule latérale. Je devais donc » supposer que le Braj a alpina était du nombre des » Crucifères dont la radicule varie. Pour m'en assurer, » j'ai ouvert quarante-sept graines de cette plante , prises » sur les échantillons que M. Hoppe avait cueillis sur » la montagne dite Garnsgrube , au dessus du glacier » connu sous le nom de Pasterze , dans la Haute-Carin- » thie , et, à ma grande satisfaction, je les ai toutes » trouvé noiorhizées, sans une seule exception, h^xine » des graines dessinées par Reichenbach paraît donc » être le résultat d'une observation superGcielle. Donc » MM. R. Brown et Hooker ont vu le Braja alpina » tel qu'il est; donc ce genre doit cire transféré du sous- » ordre des Pleurorliizées dans celui des Notorliizées et 1) dans la tribu des Sisymbrées où sa place reste à dé- )) terminer. Je ferai seulement observer que M. Hooker » laisse quelque cliose à désirer quant à la forme qu'il » a donnée aux cotylédons de cette plante. Dans la figure 1) du savant professeur , les cotylédons sont oblongs et » à-peu-près quatre fois plus larges que la radicule , ce M qui n'est point exact , car je les ai toujours vuslinéai- )) res et précisément delà largeur de laradicide; or j'ai » examiné quarante-sept graines, et aucune ne m'a offert « la moindre variation à cet égard. » Cet article m'a été communiqué par M. Gny, et je l'insère textuellement. C ho ) 6. Akabis ThAliana L. 5 Decnnd. Sjst. ii, p. 22G. Prodr. 1 , p. i445 sp. 24. — Cette plante me paraissait devoir être détachée du genre Arabis , dont la radicule est latérale, pour être transportée dans le sous-ordre des Crucifères à radicule incombante. Mais , à cause de lex- trème petitesse de ses graines , elle m'avait toujours laissé quelque doute. M. Gay s'est assuré de la vérilé de ma supposition. Huit graines ont été successivement dépouil- lées par lui , et toutes lui ont offert une radicule incom- bante. Il faudra , dit-il , chercher les rapports de celle plante du côté des Sisymbrium , et probablement la réu- nir à ce genre (x). 7. CocHLÉARiA sAxATiLis Lam. 5 Decand. iSj 5f. nat. Il, p. 359-, Prodr. I, p. 172, sp. i. — Cette plante m'a long-temps embarrassé 5 mais après avoir examiné ses (1) De nouvelles observations m'ont appris que je ne m'étais point trompé , car V Arabis Thaliaiia ne peut être comparé qu'aux Sysim- briuin et aux Eiysimum , et sa silique cyiindracée ne permet pas de le rapporter au second de ces genres. A la vérité , les valves de la silique sont marquées d'une nervure longitudinale et offrent ainsi un passage entre la forme cylindrique , propre à un grand nombre de Sisymbres , et la forme tétragone qui appartient essentiellement aux Erysimiim; mais cette forme intermédiaire se trouve également dans les Sisymbrium sCricliisintum , acutcingultim, tanucel ifnUiim , sitpinum , etc. , qui sont regardés comme de vrais Sisymbres. Je propose donc de classer VA- rabis Thaliana auprès du S. bursijblium , sous le nom de S- Thalia- num. — L'affiuité que M. DcrandoUe a trouvée entre cette piaule et IV/- rabis serpyllijolia {Syst. n, p. 227) est plus apparente que réelle, car V Arabis serpyllifolia est un vrai Arabis , ainsi que je m'en suis con- vaincu eu ouvrant douze de ses graines : toutes avaient la radicule ac- combaute ou latérale. U'Arabis auriculata Lam. est dans le même cas , quoiqu'il ail aussi des rapports extérieurs avec le Sisymbrium Tha- liaiium. (Note de M. Gay.) ( 4^'0 ) graines dans l'élal parfait de maturité , je me suis assu- ré qu'elles avaient la radicule dorsale. Le Cochlean'a saxatilis ne peut donc appartenir au genre Coclilearin, et sa siliculc qui s'ouvre en décliii'ant le style, longitu- dinalement, en deux pièces, ne me permet guères do douter qu'il ne doive être porté dans le genre Cainelina. Je dois dire, cependant, que l'embryon du C. saxatilis m'a offert des anomalies , et que j'y ai vu la radicule latérale,- mais cela m'a paru provenir de ce que, dans les graines moins mûres , l'embryon ne remplissant pas parfaitement la cavité de la membrane propre , la radicule , en se dessécbant , s'est contournée et déran- gée de sa position naturelle, ce qui ne peut arriver dans l'état de maturité complète ( i ). (i) Ici j'^Ie regret de ne pas partager l'opinion de M. Monn.ird. L'oLservalion^^e je combats a été faite sur le C. saxatilis, tel qu'il croît dans le Jura , notamment à la Dole. Les échantillons que j'ai cueillis dans celte localité n'ayant pas le degré de maturité sufîisuut , j'ai dû me contenter de ceux que j'avais rapportés , en 1823 , de Gavar- nie , dans les Pyrénées. Extérieurement , ils étaient parfaitement serii- Llables aux précédens , ainsi qu'à tous ceux que j'ai reçus des alpes de Suisse , de Bavière et d'Autriche : or voici ce que j'ai trouvé dans les écîiantillous pyrénéens. Sur 29 embryons ramollis tt dépouilles de leur membraue propre, 16 m'ont offert une radicule aussi rigoureusement latérale qu'elle peut l'être dans les vraies Pleurorhizees ; g autres m'ont présenté cette même forme, mais avec une déviation appréciable. Au lieu de couvrir également les bords des deux cotylédons , comme cela a Jieu dans les vraies Pleurorlnzées , la radicule de ces neuf embryons était appliquée sur le dos de l'un d'eux , de manière à en loucher le bord ou à se rapprocher de ce bord après en avoir été plus ou moins écartée à sa base. Cette position était évidemment un passage de la forme pleu- rorhizée à la forme notorhizée , et , eu effet , les quatre embryons res- laus m'ont offert cette dernière forme dans toute sa pureté ; leur radi- cule était évideunueut dorsale et ajiiniquéc sur le milieu du dos. Mai» ( 4-1 ) 8. CapsellaBi RSA PASTOîiis Mœnch. ; Decaiid. Sjsl. nat. II, p. 38J5 Prudr. 1, p. 17^. — M. Dccandolle attribue à celle plante uue radicule accombante , et, eu conséquence , il la place dans la tribu des Tlilaspidces , immédialement à la suite du genre Thlaspi , dout il ne la dislingue que par sa silicule à valves non ailées sur le dos. M. Scndel a fait voir {Anii. Se. nat. m, p. ii-jt) quccctle affinité n'avait rien de réel^ puisqu'au lieu d'être latérale , la radicule du Capsella était coustammeut dor- sale. D'après cette observation , le genre dont il s'agit doit passer dans la tribu des Lépidinées où il prendra place entre les genres Lepidimn elBivonea. M. Sendel pense même qu'il devra peut-être être réuni à ce der- nier (i). 9. Hltchiksia alpina Brown. -, Decand. Syst. nat. If , p. 389; Prodr. 1, p. ir8 , sp. 9. — Sa radicule affecte en comparant les nombres , on voit que le C. saxatiUs est plus souvent pleurorhizé que uotorhizô , et que , par conséquent , il peut rester sans inconvéuient dans le genre Cochlearia. Il résulte seulement des faits exposés que les caractères sur lesquels M. Decandolle a établi sa classi- ficalion ne sont piis exempts de toute vacillation. Je termine en ajou- t:int que le C. auricu/ata Lam. , tel qu'il se trouve dans les Céveiinej tt les Pyrénées, ne m'a point offert les variations du C. saxaliUs , et que je l'ai toujours vu rigoureusement pleurorliizé. (Note de M. Gay.) (i) Le Capsella diffère du Seneliera , du Lepuliiim et de VEunnmia par SCS loges 8-10 non 1-2 spermes j du jS/\^o«en par ses fleurs blau- ches non jauues , par son stigmate tout-à-fait sessile , par sa silicule à valves non ailées , par ses graines deux fois plus nombreuses dans ^h ique loge , et par ses funicules entièrement libres; enlin , de WElhio- neina par ses iilamens tous libres et entiers , et par sa silicule à valves non ailéifdlia{ récoltée par MAI. Petit et Tsclierniaëif dans les alpes deBarcelou- nelte ) , et il lui a trouvé une radicule incombante , mais avec des circonstances qui , dit - il , justifient mon o'îservation , en même temps qu'elles expliquent le juge- ment que M. Decandolle a porté sur cette espèce (ij. Malgré ces variations , ajoute- t-il , je ne doute point que Y Jluichinsia aîpiiia ne doive être classé avec les Notho- rliizées , et par conséquent distrait de la tribu des Tblas- j. idées, à laquelle appartiennentla plupart des Hutchinsia • le Brovvn et de Decandolle. Cette plante rentre évidem- ment dans les Lépidinées, et ne diffère peut- être pas (i) Deux «les graines observées avaient la radicule placée de manière qu'elle jx)uvail, passer pour latérale ou accombante ; les autres étaient toutes incombantes ou dorsales , avec les modifications suivantes. Tan- tôt la radicule était droite et appliquée sur le milieu du cotylédon ; tan- tôt, étant appliquée de même , elle changeait de direction vers le milieu de sa longueur et se courbait plus ou moins brusquement vers un des bords du cotylédon , en le dépassant ; tantôt , enfin , elle était droite et plus rapprochée d'un des bords du cotylédon que de l'autre , sans ce- pendant être jamais engagée dans l'intervalle des cotylédons. (Note de M. Gay.) ( 4''3 ) siifBsammenl du genre Lepidium par ses loges di-noo nionospennécs (i). 10. HuTCHiwsiA pRocuMBENs Dcsv. 5 Dccand. Syst.ii, p. 390. Prodr. I , p. 173 , p. II. — M. Gay a aussi éui- rlié celle espèce, elya Irouvéreaibryon conformé comme (lins le Lepidium alpi/ium. Seulement , la position de la radicule lui a paru plus consi.anle (2). \S Hutchinsia prucuinbens devra donc èlre transféré dans la tribu des Lépidinées , et proLablement suivre le sort de VHutch. alpina (3). (1) Un nouvel exaiaeii m'a confirmé dans cette opinion. U'Hutchinsia nl^nitu Brown et Decand. doit reprendre son ancien nom de Lepidium aljiinum, elles caractères de sa silicule lui assignent une place dans la septième seelion de M. Decandolle ( Lepidiastrum). (NotedeM.Gay.) (2) J'ai dépouillé quinze graines de cette plante, et toujours j'y ai vU la radicule paifailenient incombante ou dorsale, sans aucune des tran- sitions remarquées dans VHutchinsia alpina. (Note de M. Gay.) (3; Les vrais Lepidium n'ont qu'une seule graine dans chaque loge, et il y eu a 6-8 dans Vllutthinsia procunibens ; mais cette difTérence (et je n'en ai point trouvé d'autre) est loin de me paraître suffisante pour moli- \cr la création d'un nouveau genre. Le nombre des graines varie de a à 8 dans le genre Hulrhiiisin. Pourquoi n'en serait-il pas de même dans le genre Lepidium ? Je crois donc que VIJulchinsia procumbens doit être réf.ibli sous le nom de Lepidium procu?nbens. U'Hulchiiuia petrœea Brown , Desv. et Decand. est si intimement lié avec les Htilch. alpina et procumbens que , dans toute espèce de clas- silication , il semblait devoir être placé entre ces deux espèces , et c'est là, en cdet , qu'il a été rangé par M. Decandolle. J'ai donc été extrê- mement surpris, lorsque des observations répétées m'ont appris que cette plante avait toujours la radicule accombante , et que , par conséquent, elle n'appartenait ni au même genre, ni au même sous-ordre que les deux autres. Ce fait est un do ceux qui prouvent que les caractères les plus importans de la structure végétale ne sont pas toujours accompagnés de ta air de famille qui cousiitiie les afliuités. (Note de M. Gay,} ( 4^4 ) II. « Ibehis Linn.^Decaud. iSji^ it, p. ogS. Prodr. i^ » p. I yH. — Ce genre a été placé par M. DecandoUe dans » la iribu des Tlilaspidées , une de culles que compr(;nd » le sous-ordre des Pleurorliizées , el il doit y lesler , » puisque sa radicule est latérale et que les deux loges » de son fruit sont séparées par une cloison très-étroite. » Mais quelle est, dans ce genre, la direction des parties » deTembryon, relativement an péricarpe, et quelle » est, par conséqvuuit, la véritable aiîinité de Vlberls? » M. DecandoUe ne me paraît pas avoir résolu cette » question d'une manière satisfaisante. » Les caractères génériques du Bisculella sont tracés, 5) dans le Sjstema (p. 4^^) 5 ^^^^ ^^^^ exactitude qui » «e laisse rien à désirer. L'auteur dit, avec toute véi^lé, 1) que , dans ce genre et dans ce genre seulement , au 1) moins parmi ceux à graines non dressées , la radicule « regarde le fond de la loge , au lieu d'être tournée vers » le haut. C'est ce que i\L DecandoUe nomme einbryo >» inversus. Il ajouLe que , dans le Biscutella , comme » dans le Seiiebiera , la radicule est intérieure, c'est-à- » dire coucliée sur le côté de l'embryon qui regarde la » cloison. » Comment s'exprime M. DecandoUe à l'égard de » VIberis ? Je citerai ses propres expressions : Radicula » ad latus embijonis exterius. Colyledoiies interius » adscendentes . Et plus bas : DisLinguitur à Biscu- V tella embryoîiis jadiculd exteriure iiec superioie » aut desccndente. En lisant ces mots, qui ne croirait )) que M. DecandoUe a bien connu le genre Jberis , puis- 1) qu'il lui attribue des cotylédons ascendans et une ra^ » dicule extérieure, caractères (|ui , eu eliet, distinguent (4o5) » parfaitement Y Iberis du Biscutella. Telle n'a poîiif » été, cependant, la pensée de l'auteur, s'il faut en » juger par tous les autres passages de ses derniers ou- » vrages , où il est question de V Iberis. » Dans son Mémoire sur les Crucifères , publié en M même temps que le second volume du Syciema, ■n M. Decandolle dit seulement (p. i/j^) que, par sa » structure , V embryon de ï Iberis a beaucoup de rap" » poit avec celui du Biscutella. )) Ces mots trovivent leur explication dans le Systema, » à l'article du Biscutella (p. 4^7) ■> où il est dit : Bis- •)} cutellœ éx embryone inverso et etiani ex vera sili- » culœ structura accedunt ad Iberides , sed facile ab » iis distinguuntur , non tantum habitu et Jlorihus cons- )) tantissimè favis , sed etiam siliculœ loculis orbicu- )) latis nec oblongis aut apice truncatis. Ici M. Decan- » dolle ne reconnaît plus de difléi'ence, pour ce qui » concerne l'embryon et la structure de la silicule , entre » le Biscutella et V Iberis. Ce dernier genre a l'embryon » renversé, c'est-à-dire la radicule descendante, comme )» le premirr, et s'il en diffère, c'est uniquement par •» son port, par ses fleurs blanches ou rouges , et par » ses silicuies à valves oblongues et tronquées au sommet. » Le texte du Prodromus est bien plus positif encore, » car ce que M. Decandolle avait dit de Y Iberis , à l'oc- » casion du Biscutella , se trouve rapporté ici , pour la )) première fois , sous la rubrique même de Y Iberis. » Dans cette nouvelle rédaction du travail de M. Decan- )) dolle (tom. i, p. 179), le genre Iberis est divisé en » deux sections ^ l'une qui renferme toutes les espèces » décrites dans le iSj.vfema , à l'exceplion d'une seule, VU. 27 ( 4oG ) » el qui est caractérisée, eu grande partie , par sa radi- )) cule descendante; l'autre spécialement destinée à re- » cevoir VIberis semperflorens L. , auquel M. Decan- )) dolle attribue, d'après M. Audrzeiowski , une radi- )) cule horizontale. » Ainsi M. DccandoUe parait avoir eu deux opinions y> stu- VIberis , el il s'est arrêté à celle cjue ce genre (con- » sidéré dans la masse de ses espèces, sauf l'exception) » partageait avec le Biscutella un des caractères les plus » remarquables qui aient été signalés dans la famille des » Crucifères, celui d'avoir la radicule descendante. Mais )) si je dois méfier aux observations que j'ai faites, avec » tout le soin possible , sur plusieurs espèces d'Iberis » appartenant à la première section (Iberis umbellatti , » inteiinedia , amaia, Garrexiana , saxntilif oi spci~ » thuldla) , ce caractère n'a pu être attribué que par » erreur au genre dont elles font partie. Toutes ces cs- )) pèces m'ont olîérl une graine deux ou trois fois plus » longue que large, un peu aplatie, suspendue à un court » funicule, au sommet de la loge ; un tégument propre » cartilagineux ; un embryon semblable à celui des vraies » pleurorliizées , c'est-à-dire à cotylédons asceiidans ou )> regardant le sommet de la loge, et à radicule appli- » quée sur le bord extérieur des cotylédons, h' Jberis csl » donc très-distinct du Biscutella, puisque ce dernier » a la radicule intérieure el descendaT»le. Pour rendra » plus sensible la ditlérence de ces deux genres , je tra- » ceraiici leurs caractères, tels qu'ils peuvent être déduits » de l'examen de la graine. « BiscuTKLLA : Senien compressutn , ovaluni v.nl ob- » longum, pcritropiurn y iiiedio dissrpiintnto aj/ixinn. ( 4o7 ) M înteguwenLum projiriuin tenue, msinbranaceum.' » Emhryo inversas , radiculd nempè et cotyledonibus » descendentibus ( deorsiiin spectantibus ). Radicula » cotyledonibus diniidio brevior, in cotyledonuin mar- )) gineni interioreni (^dissepinientuni spectanteni) prona. » Iberis : Semen conipressuni, oblongum, exapice la- y> culawenti pendulum. InLegumentuni pj'opriani cras- » siusculuni , cartilugineum. Radicula et cotyledones » ascendentes (apice suo locul anienti apicem spectan-^ » tes ). Radicula. cotyledones œquans aut superans, in )) cotylédon uni niargineni exteriorem ( valvœ carinam » spectanteni ) prona. » IJ Iberis est donc bien plus voisin du Thlar.pi qvie y> du Biscutella , car il diilère du dernier par les caractè- )) res les plus importans de l'organisation séminale, et, » pour le distinguer du premier, il faut avoir recours » à des caractères secondaires, tels que rine'galité des « pétales et le nombre des graines dans chaque loge , » nombre qui descend même jusqu'à deux dans cciLniues » espèces de Thlaspi. « Ce que je viens de dire s'applique exclusivement » aux espèces ajberis (jue INi. Decaudolle a comprises » dans sa pi'emière section. Si Ylbciis sempei'Jlorens » est autrement constitué , si la radicule de celte plante » est liorizoutale , comme M. Decandolle Tannonceda- « près M. Andrzeiowski, cette direction semble indiquer » une autre forme de graine. Dès lors il serait très )) possible que V Iberis scmpcrJJorens , quoifjne très- » semblable par le port aux espèces de la première ^c- » lion , pût devenir le type d'un genre particulier, carac- '» térisé par la position de sa radicule, par ses graines (4o8 ) » lin peu ailées, et par sa cloison presque double (voy. » Prodr. 1, p. i8i ). J'aurais essayé de résoudre celle » question , si j'en avais eu les moyens : mallieureusc- » ment , Y Iberis semperjlorens , qui est si commun M dans nos jardins , n'y produit que très-rarement des » fruits , et il m'a été impossible d'en obtenir des graines. » Je me suis seulement assuré que dans l'ovaire de celte » plante, comme dans celui de tous les autres Iberis , » l'ovule est solitaire et suspendu au sommet de la loge. » Cet article m'a été communiqué par M. Gay ; je l'insère ici tel que je l'ai reçu de lui. 12. Rapistrum Boerh.-, Decand. Syst> i, p. 43o. — Persuadé que ce genre avait la radicule accombanle ou latérale , M. Decandolle l'avait placé dans la tribu des Cakilinées. Mais cette supposition était une erreur. MM. Andrzeiow^ski et Gay l'ont reconnue , chacun de leur côté, avant la publication du i*"^. volume du Pro- dromus. D'après leur observation (faite par M. Gay sur les R. perenne et i-ugosum , et par M. Andrzeiowski je ne sais sur laquelle des deux espèces ) , le Rapistrum a les cotylédons condupliqués et la radicule dorsale. Ce genre appartient donc au sous-ordre des OrtJwpIocéas et à la tribu des Raphanées , à laquelle M. Decandolle l'a , en efl'et, rapporté dans le Prodromus , tom. i, p. 227. Mais le célèbre professeur me semble avoir laissé quel- que chose à désirer dans l'exposé des caractères qui dis- tinguent le Rapistrum du Crambc auprès duquel il l'a placé et qui en est véritablement très-voisin. De la comparaison des caractères génériques , tels qu'ils sont présentés dans le Prodromus (p. 225 et 227) , il rc'sulle seulement que le fruit du Rapistrum est à deux loges , (4o9) avec (les cotylédons entiers , taudis que celui du Crambs est uniloculaire (par avortement de la loge inférieure) , avec des cotylédons profondément échancrés. Or on sait une graine de Crucifère ne préseule intérieurement y> aucun corps étranger , lorsqu'on en a retiré l'em- » bryon. Au contraire , dans le B. oler^acea, le tégu- » ment propre est traversé par une membrane que sa » forme et sa transparence font distinguer au premier » coup-d'oeil de toutes lesautres parties de la graine. Cette w membrane , libre au sommet ainsi que sur les côtés , » adhère à la paroi intérieure du tégument par le point M le plus rapproché du bjle , et pénètre dans la cavité , M jusqu'au-delà du milieu , en s'introduisant dans le » pli du cotylédon intérieur, entre îa radicule et le dos )) du cotylédon. Long-temps j'ai vvi dans cette mem- ■» brane une substance analogue au périsperme. Mais t) comment admettre un périsperme dans les Crucifères , )) sans y être forcé par l'évidence? Il est bien rare , d'ail- » leurs , que le périsperme ne soit pas appliqué égale- » ment sur toute la surface intérieure du tégument )) propre, et lorsqu'il occupe le centre de la cavité (Che- « nopodées), il semble n'avoir aucune connexion avec (i) La question que M. Monnard tlève dans cet article ne peut con- cerner que le Lepidium Iberis de Schkulir. Le L. Iberis de Linné et de Pecandolle ( Syst. ii , p. 55o ; Prodr. i , p. 207 , sp. 46 ) a bien cer- tainement la radicule dorsale , comme elle doit l'être dans le genre Le- pidium. (NotcdeM.Gay.) I . (4i3) »» le lëgumenl. Je crois donc , aujourd'hui , que la M membrane dont il est ici question doit être considérée « comme un simple appendice du tégument propre, » semblable à ceux qu'offrent un grand nombre de M graines, telles que la châtaigne, la noix, plusieurs » légumineuses , etc. » Je rapporte au B. oleracea une plante qui croît sur j) le rocher de Baus-Rous, entre Villefranche et Monaco. » Elle m'a été envoyée de Nice par M. Risso , et je l'ai » vue dans l'herbier de M. Jacquemont. Sa synonymie » m'oblige à en dire quelques mois. » Je dois à l'amitié de M. Cambessèdes plusieurs » échantillons florifères du B. halearica Pers. Lorsque » M. Decandolle publia le second volume du Systcma » naturale , cette plante n'existait dans aucun autre )) hei'bier que celui de feu Richard. Les échantillons M qui y sont conservés sont fidèlement représentés dans » les Icônes selectœ de M. Delessert (tom. ii , tab. 86 ). t) On n'y trouve pas la moindre trace de fleurs , et ils )) sont tellement avancés que les valves môme des si- » liques ont disparu avec les graines. Cependant M. De- M candolle , en décrivant le B. balearica ( Sjst. ii , » p. 596) , donne quelques détails sur le calyce , sur les )j pétales et sur d'autres parties que l'on chercherait vai- » nement dans les échantillons de Richard. D'où pro- » viennent ces détails '? Diverses circonstances me por- » tent à croire qu'ils ont été empruntés à la plante dont » je viens de parler , c'est-à-dire au B. oleracea. En » effet, M. Decandolle ne regarde point le B. balea- )) rica comme exclusivement propre aux iles Baléares : « il le cite encore à Nice , in rupe riibra. Or ces mois (4i4) » sont la traduction latine Baus-Rous (i) , nom par le- » quel les lial>itans de Villefrnnche et de Monaco dé- 91 signent le rocher sur lequel ont été cueillis les échan- « lillons que j'ai sous les yeux. De plus , M. Decandolle )) a vu la plante de celte localité, ainsi que l'indique le )) nom de M. Leukens , placé à la suite de rupe rubra, M et imprimé eu lettres italiques. Enfin tous les carac- » tères qui manquent aux échantillons deRichard et que )) M. Decandolle attribue a.nB. balearica, s'appliquent » exactement à la plante des environs de Nice. Mais le M vrai B. balearica , tel qu'il croit à Majorque , diffère » de cette dernière par ses tiges réellement vivaces et li- » gueuses , non bisannuelles ou trisannuelles ; par ses » feuilles toutes dépourvues d'oreillettes 5 par ses fo- )) lioles callciuales d'abord dressées, puis réiléchies, non » dressées en tout temps, très-obtuses-, non plus ou moins » amincies au sommet, ni prolongées en forme de sacàla )) base; par ses pétales d'un jaune doré , non blancliàtres , « à limbe obovale-arrondi et brusquement aminci en » onglet, non oblonget insensiblement rétréci par le bas ; » parsespédicelles beaucoup plus grêles et plusllexibles, )) dressés, nonétaîés -, parsestleurs ramassées en corymbe, » non disposées en longues grappes ; enfin par ses si- » liques au moins d'un tiers plus courtes et plus étroites , » à stigmate presque sessile, non supporté par un bec M seminifère, cylindracé , de quatre à six ligues de lon- (1) Le mot Baus paraît appartenir à la langue Romande et dcsif^ncr un précipice. Il y a nn Baus-de-l'yJze (précipice de l'âiK:) à Prats de Mollo, département des Pyrénées -Orientales. C'est à tort que M. de Lapeyiouse ( y4br. II. Pyr. p. Gf)!)) écrit Bancs-de-l\'lz> gueur et souvent plus large que la silique elle-même. » Il est donc Irès-probable que le B. halearica ne croît » point à Nice et que M. Decandolle a réuni sous ce » nom deux e.'^pèccs très-distinctes. Tout ce que l'au- )) leur dit de la consistance de la tige, des feuilles cau- y> îiïîaires , du calice et des pétales , s'applique à la seule )) plaïUo de Nice, c'est-à-dire au B. oleracea. Il en est » de même de la longueur attribuée à la silique, relati- )) vemont à son bec, dans la plirase spécifique qui pré- » cède la description-. Mais lorsque , dans la description , )) M. Decandolle parle de pédicellcs filiformes et dressés , » et d'un bec à peine distinct de la silique, on ne sau- )) rait douter qu'il n'ait eu sous les yeux la plante des )) îles Baléares. Celte confusious'expliquetrès-facilemeiit » par les circonstances dans lesquelles M. Decandolle a » écrit et que j'ai rapportées plus haut. Personne n'eût « élé moins que moi en état de la signaler, si le voyage » récent de M. Cambessèdes aux îles Baléares n'avait mis )) à ma disposition les meilleurs matériaux que je pusse )) désirer pour étudier comparativement les deux plantes. » Une troisième forme dé Brassica se trouve près de )) Toulon , au sommet de la petite montagne de Coudom )) où elle a été découverte par M. Ixobert qui m'en a » communiqué des échantillons. MM. Petit et Tscher- » niaëtï l'ont cueillie dans la même localité , et c'est à >) eux que je dois la connaissance de ses fruits. Cette 1) plante n'a que des rspports très-éloignés avec le B. bâ- ti learica, mais elle est tellement voisine du B. olc~ )) racea de Nice , que j'ai long-temps hésité à la proposer « comme espèce distincte. Je m'y détermine cependant, » en considérant qu'elle diffère du 2?. oleracea tel qu'il (4it3) w se li'Otivc à Saus-Rous , i**. par ses pédicelles beau- / ») coup plus ouverts et rigoureusement étalés à angle » droit, même à l'époque de la fleuraison ,• 2". par ses » pétales jaunes , non blanchâtres ; 3". par ses siliques » plus longues, plus épaisses, beaucoup moins bosselées, w chargées de nervures moins saillantes , droites , non » plus ou moins flexueuses, à bec subulé, non cylin- » dracé, et vide intérieurement, non 1-2 sperme. Je » n'ignore point que M. Decandolle place le B. oleracea •n à la tète d'une section qui est principalement carac- •» térisée par des siliques sans bec ou à bec conique et » dépourvu de graines. D'après cette donnée, la plante » de Coudom appartiendrait au B. oleracea , plutôt que » celle de Baus-Rous. Mais j'ai lieu de croire que » M. Decandolle a été induit en erreur, car le B. ole- \> racea des jardins m'a toujours offert un bec à deux » ou , plvis rarement , une graine , et bosselé comme la }) silique elle-même. Je pense donc que la plante de » Baus-Rous rentre dans le viai B. oleracea , et que » celle de Coudom doit être regardée comme une es- » pèce nouvelle. Ces deux espèces peuvent être définies » ainsi qu'il suit : « B. (oleracea) siliquis erecto-patentihus subflexuo- î) sis , torulosis , rostro cylindraceo , 2-1 sperme. — Pe- » lala albida seu pallidè fia va. — > Habitat in rupe Baus- » Rous, inter Villam francam et Monachium. M B. ( Robertiana) siliquis patentissiniis l'cctis , non Y aut vix torulosis , rostro subulato , aspermo. — Pc- » tala flava. — Habitat in summo monticuîo Coudom » propèTelouem Marti um. » Cet article m'a été communiqué par M. Gay. (4i7 ) Je termine ces obscrvalious en donnant ici la liste des 97 Crucifères décrites dans le Systema de M. Decandollc, qui ont été examinées , sous le rapport de l'embryon , par MM. Andrzeiowski, R. Brown , Hooker, Gay et moi. La lettre G indique les observations de M. Gay ; celles qui me sont personnelles sont marquées de la lettre M. Pîeurorhizées ( o = ) . Mathiola annua ( M.). Tiirritis glabra ( M. G.). Cheiranthus ocliroleucus ( o || Arabis aiiriculata ( BI. G.). M. G.). Id. Thaliana (o || M. G-)- Id. coUinus ( o || Andiz). IJ. serpyllifolia ( G. ). Id. leptophyllus ( o || Andrz. ). Id. Turrita ( M.) Id, versicolor (o ]| Anilrz.). Id. cœruloa ( M.). Nasturtium officinale ( M.). Cardamiiie Impatiens (M.). Id. pyrenaicum (31.). /(/. glauca(G.)- Barbarea prœcox (M.). Ptcroneuruna grœcum (G.). Braya alpina (o 1| Brown, Hook , Farsetia clypcata (G.) (i), Gay). Alyssum calycinum (M. G.). (i) Le Farsetia cljpeata 9 été indiqué àMaguelone, près Montpel- lier, par Gouan ( Hort. Monsp. p. 32i ) , et aux environs de Nice par Allioni ( FU Pedem. i , p. 245 ) ; mais il parait n'avoir cté retrouvé ni dans l'une ni dans l'autre de ces localités, les seules qui aient él é citées pour la France. M. Decandolle , qui a long-temps habité Montpellier, ne les rapporte qu'avec le signe du doute ( Systema , 71 , p. 389 ). Il était donc plus que douteux que le F. clypeata crût spontanément sur Je sol de France ; mais son indigi'nat n'est plus une question , depuis que je l'ai moi-même cueilli , le 19 juillet iSviS, près de Saint -Amand , département du Cher, sur la colline qui porte les ruines du château de Montrond. Le F, dypeala se trouve en grande quantité au pied d'une haie qui couronne la colline et embrasse une partie des décombres du côté de la ville. Au printemps de iSi4, j'en avais déjà reçu plusieurs exemplaires vivans, provenant du même lieu , et M. Blondeau , profes- seur au collège royal de Bourges , de qui je les teuiiis , m'assurnit (ce qu'il m'a répété depuis, et tout récemment) que la plante dont il est (/,i8 ) Alys?uni mai ilinmm ( M.). Clypeola jontliliis^); ( M. G ). Petrocallis pvroiir.iVa (G.). Eiopliila vulgniis (M.). Coclilearia saxatilis (M. G.). /(/. auriculata (G.). Thlaspi arvensc (M.). Id. perfoliatum ( M.). Lh alpestre (G.)- Capsella biir&a - pastoris ( Senil. G. M. ). Hutcliinsia alpina (o|l M. G.). Id. paetrea (M. G.)- Id. procumbens ( G.j. Tecsdalia Ibciis (M.)- Ilieiis saxatilis ( G.). Id. Garrexiana (G.). Id. amara(M.G.)- Iberis iiilcrmcilia ( G.)* i(7. umbeliala (M. G.). Id. spalluiIalafG.). Biscutclla auriciilala (G ). /(/. luspicia ( G.). Id. cichoriilbiia ( G.). Id. lyrata ;G.). Id. rapliaiiil'olia ( G .). /(/. maritima (G.). /(/. c.i!iata(G.). /(Z. Column£c(G.). /(/. apala (G.)- Id. laîvigata (G.). /(/. coronopifolia ( G.). Jd. ambigua (G.). Id. saxatilis (G.). Rapistrum pcroiiiic ( Amlrz. G.). /tZ. rugosum (Audiz. G). Nolorhizées (o\\ ). Malconaia maritima (M.). Sysimbiiiini tanacctifolium ( G. ). Hespcris scapigera (o=Andrz.). / Gay , /(/. Iai)ceolatiiin/3 tniiuis (G.). Cust., Moun.). id. alpiiuim ( o = G. M. Roi- /d. aculangulum (G.). clienb.). Id. austriacum y ( G.). Id. peifoliatum ( G. M.). Id. pannonicura ( M.). Cainelina saliva ( M.) Id. Sopliia (M.). Id. dcntata ( M.) question existait dans cette localité depuis plus de vingt ans. Ce tcniui- gnage , auquel il m'est impossible de ne pas accorder toute confiance , prouve que si le F. clypeata n'est pas une production naturelle du terri- toire de Saint -Amand, il y est au moins naturalisé depuis plus de trente ans. L'aspect du terrain repousse l'idée de toute culture jardinière qui D«j remonterait pas à plusictii s siècles. ( ^'otc de IM. G-iy ) ( 4^^ ) Neslia paDÏnilata (]M. G.). Li'pidiuui Siitiviim (G./» Senebiera Coronopiis ( M.). Id. ILeris ( M. G.). OrtJwplocées ( n$> ) . Brassica oleracea A sylveslris (G.) . Siiiapis incana ( M. G.). Ifl C. bull.ta (G.)' Moricanilia arvensis/2 (G.). Jd. icpanda (G.). Dipiotaxis erucoides (G.). Id. Riclierii ( G.)- Id. teuuifoUa ( M.-,. Id. Moiieiisis ( G ). Id. muruHs (M.]. /(/. Cbeiraiitlios ( M. G.)- Zilla myafjroides ( G.)- Id. (ruHculosa (G.). Calepina Côrvini ( M.). Sinapis nigra ( M. G.), Crarabe bispanica ( G.)- Id. pubesccns (G.)- Raphanus sativus ( M.)- Id. arvensis (iM.). Id. Rapbanistrum (M.). Id. orientalis (M.). Rapport sur un Mémoire de M. Adrien de Jussieu ayant pour objet la famille des Rutacées. Par M. Desfoxtaines. (Lu à r Académie royale, des Sciences , séance du Ta septembre iSsS. ) Le Mémoire de ?.I. Adrien de Jussieu sur la famille des Rutacées dont l'Académie nous a cliargés, M. de La Billar- dière et moi , de lui rendre compte, est divisé en deux parties. Dans la première, rautenr examine les travaux des Lotanisics qui ont traité avant lui des Rutacées; il expose les principes d'après lesquels il a formé et sous- divisé cette famille, les caractères qui la distinguent, ses rapports et sa distribution géographique. La seconde partie du Mémoire renferme la descripiio» ( 4^0 ) des genres avec des oLservaiious sur les espèces , toutes les fois que leur organisation offre quelque fait qui mé- rite d'être connu ou éclairci. Tel est le plan du travail soumis à notie examen. Bernard de Jussieu , dans le catalogue des plantes du jardin de Trianon de lySg , avait réuni dans un même groupe des genres dont plusieurs appartiennent aux Ru- lacées , mais dont quelques autres doivent en èirc séparés. Aucune des familles d'Adanson ne porte le nom de P;.ues ou Rutacées , et ces plantes y sont disséminées confu- sément parmi les jujubiers et les pistachiers. M. Antoine Laurent de Jussieu , dans son gênera plantarum puhhé en 1789, a le premier fixé les véritables limites des Rutacées, et l'ordre qu'il a établi dans celte famille a été généralement suivi pendant une longue suite d'années. M. Robert Browu , dans ses Remamjues générales sur la végétation desTeiTcs australes (i8i4), divise les Ruta- cées en deux ordres, les Zygopiiyilécs et les Diosmées , auxquels il réunit plusieurs genres qui avaient été placés dans la famille des Térébinthes, tels que le Zanthoxylum et le Fagai'a , avec quelques autres à corolle monopélale, dont on n'avoit pas connu avant lui les véritables i-ap- ports . et dont M. Decandolle a formé une tribu parti- culière sous le nom de Cusparices. MM. Nées et Martius ont publié , il y a quelques an- nées 5 un grand travail sur les Rutacées , qu'ils partagent en trois ordres , les Fraxinellées , les Diosmées et les Zanlhoxylées ; ils exposent les caractères de la famille , des ordres, des genres, et fout counaîlie, par des descrip- tions très-délaillées , un giand nombie d'espèces nou- velles (ju'ils ont décoiivcnes au Brésil. ( 4^1 ) Vers la même époque, M. Auguste de Saint-Hilairea traité le même sujet dans un Mémoire imprimé parmi ceux du Muséum d'histoire naturelle. L'auteur décrit plusieurs espèces également indigènes du Brésil , lectifîe des erreurs et indique l'affinité des Rulacées avec les Simaroubées. Dans un second Mémoire fesant suite au premier, il examine le travail de MM. Nées et Martius , avec lesquels il ne s'accorde pas sur plusieurs points. Enfin M. Decandolle, dans son Prodromus , publié tout récemment , s'est aidé des travaux de ses prédécesseurs, et ses vues sont assez conformes à celles de M. Auguste de Saint-Hilaire. Tels sont les travaux généraux des Botanistes sur les Rutacées, qui, d'après les observations les plus récentes et les plus universellement admises , ont été divisées en trois ordres ou groupes qu'on a nommés Zygophyllées , Rutacées et Simaroubées. M. Adrien de Jussieu adopte le i^'. et le 3''. de ces groupes ; mais il pense que le se- cond doit être sous-divisé 5 ainsi le genre Rue , avec quel- ques atitres qui s'en rapprochent, formera un groupe particulier sous le nom de Rutées. La plupart des Diosmées de M. Brovvn seront réunies sous ce même nom , dans un second groupe , qui sera partagé en plusieurs sections. Les Zanlhoxylum , anciennement réunis aux Téré- binthes avec quelques autres genres analogues , dont les rapports avec les Rutacées sont aujourd'hui bien cons- tatés, formeront le 3* groupe , celui des Zanlboxylées ; mais ce qui est très-remarquable , c'est que toutes cm divisions et sous-divisions établies sur des caractères bo- taniques se trouvent en rapport avec la dislribuiion géo- VU. 28 ( 4^^2 ) graphique des plantes dont elles se composotil. Lo grou^io nombreux des Diosmées , par exemple , esl formé , comme on l'a dit , de plusieurs scclions naturelles , qui se dis- tinguent les unes des autres par Tinsertion des étamines , par leur slrueture et surtout par celle de la graine ; or l'une de ces sections habile exclusivement rAméri([i;c équatoriale; une seconde est indigène de la Nouvelle- Hollande; une troisième est confinée aux environs du cap de Bonne Espérance ; une quatrième dans le midi de l'Europe. Cette dernière est celle qui a le plus de rap- port avec les Rutées, et la plupart des Rutées habitent également le midi de l'Europe. Les Simaroubées sont indigènes de l'Amérique équatoriale , et c'esX de la di- vision des Diosmées américaines qu'elles se rapprochent le plus. Les Zygophyllées qui forment un groupe séparé des autres par des caractères très-distincts, sontdispersées soiis divers climats •, mais comme leurs habitations sont à peu- près les mêmes que celles des Rutées, c'est aussi avec ces dernières qu'elles ont le plus d'affinité. Enfin les Zan- thoxylées disséminées dans les diiiérens pays où croissent les autres Rulacées, sont une sorte de lien commun entre les groupes de cette nombreuse fiimille. Ces faits généraux que l'auteur avance sont confinnés dans l'ex- position détaillée de chacun des groupes et dans l'énumé- ration des genres. On peut remarquer d'après ce qui vient d'être dit, que les genres des Rutacées ne peuvent être rangés naturel- lement les unsà la suite des autres dans une série linéaire; c'est ce qui a déterminé l'auteur à tracer une sorte de carie g,éographiquG , sur laquelle autour du principal ( 4^3 ) . ■ gienre de chaque division générale, ceux qui ont avec lui le plus d'afliuité se trouvent placés dans l'ordre de leurs rapports , et où d'autres familles avec lesquelles ces mêmes divisions ont aussi quelques affinités , sont égale- ment indiquées. Après ces considérations générales, M. Adrien de Jussieu examine successivement les cinq groupes ou di- visions générales qu'il a formées dans les Rutacées ; savoir les Zygophyllées , Kutées , Diosmées , Zanthoxylées et Simaroubées. Le groupe des Zygophyllées (i) est composé d'arbres, d'arbrisseaux et de plantes herbacées à feuilles composées et accompagnées de stipules. Les fleurs , toutes herma- phrodites, ont un calice à quatre ou cinq divisions, autant de pétales , des étamiues hypogynes , en nombre double des pétf«les ; un ovaire à deux ou cinq loges renfermant deux ou un plus grand nombre d'ovules 5 une capsule également à deux ou cinq loges, autant de valves-, une ou plusieurs graines dans chaque loge^ l'embryon vert, environné d'un périspermc blanc corné ; les cotylédons foliacés , la radicule supérieure. Les Rutées(2) se distinguent particulièrement des Zy- (i) Ce premier groupe renferme les genres suivons : § I""'. Loges de l'ovaire monospermes. — Tiibulus. § II. Loges de Tovaire polyspermes. Fagonia, L. ; Rcepera, Ad. Juss. j ZygoplijUum , L. ; Larrea , Cav. ; Porlieria , R. et P. ; Guaiacum, L. Gênera affiuia. — Biebersteinia , DC; Melianlhus , L, (a) Dans cette tribu se rangent les genres Pegamuin , L.; Jiuta , Ad. Jnss. ; ylplophyllum , Ad. Jcss, ( Ca genre renferme les espèces de Rues à feuilles sirapUs.) Genus affine. — Cyminosma, Goertn. ( 4^4 ) gophyllées avec lesquelles elles ont de TaffiBité par leurs fruits divises en lobes , par l'embryon entouré d'un pé- risperme charnu , par leurs feuilles alternes sans stipules et parsemées de glandes , si l'on excepte cependant le Pegamum , dont le fruit est entier, et dont les feuilles non glanduleuses sont accompagnées de stipules. Ce genre , intermédiaire entre les deux groupes , établit le passage presque insensible de l'un à l'autre. Celui des Diosmées (i) , le plus nombreux en genres et en espèces , réunit des arbres et des arbrisseaux. Leurs fleurs hermaphrodites régulières ou irrégulières ont un calice à quatre ou cinq divisions , quatre ou cinq pétales (i) Les Diosniées , divisées en quatre sections, d'après leur dfstri- bation géographique , comprennent les genres suivans : * Diosmées européennes. Dictamnus , L. ** Diosmées du cap de Bonne- Espérance. Calodendron , Thunb. ; Adenandra , Willo. ; Coleonema , Baetl. et Wendl. ; Diosma , Willd. ; Eucltœtis , Bartl. et Wendl. ; Acmadenia, Baktl. et Wendl. ; Barosma , Willd. ; Agathosma , WiiLU. ; Macrostylts , Bartl. et Wekdl. ; Empletrum , Lamk. *** Diosmées de l'Australasie. Correa , Smith; Diplolœna, R. Browk ; Phehalium , Vewt.; Plu-- lotheca, Ruoge ; Crowea, Smith; Boronia , S»iiTii ; Zierui , Smith. **** Diosmées américaines. § \". Melicope , For st. ; Et'odia , Foust. ; Esenbcchia, Kcmtii; Metrodorea , Saikt-Hil. ; Pilocarpus , Vahl; Hortia , Vano. ; Choisya, Kcbth. § H. ( Cuspariées.) Spiranlhera, Saint-Hil.; Almeidea, Sairi- "HiL. ; Galipea , Aubl. ; Diglotlis , Nées et Mart. ; Erftrorhylo/i, Nées et Mart. ; Ticorea , Aubl. ; Moniera , Adbl. { 42^ ) libres ou soudés , les élamiues liypcgynes , eu nombre égal ou double de celui des pétales , quelquefois moiu- dre-, uu ou cinq ovaires , deux ovules dans cliaque loge -, la capsule composée de coques réunies ou disliuctes , l'endocarpe cartilagineux , bivalve , se séparant du sar- cocarpe à la maturité; deux graines dans cbaquo loge; les feuilles parsemées de glandes. M. de Jussieu divise les Diosmées en quatre sections dont les caractères d'or- ganisation sont en rapport , comme ou Ta dit, avec les climats qu'elles iiabilent. Les Zautboxylées (i) qui forment le 4*^ groupe sont des arbres et arbi-isseaux à feuilles alternes ou opposées, simples ou composées souvent parsemées de points glan- duleux. Leurs Heurs régulières et unisexuelles ont un calice à trois, quatre ou cinq divisions, des pétales en pai^eil nombre , quelquefois nuls ; quatre à cinq étamines dans cbaque fleur mâle, avec un rudiment de pistil. Les fleurs femelles ont souvent des étamines stériles. L'ovaire est simple , à deux ou cinq loges , surmonté d'un style , ou bien multiple, avec autant de styles que d'ovaires. Chaque loge renferme deux ovules , dont un avorte sou- vent. Le fruit est capsulaire ou charnu. La graine, entou- rée d'une enveloppe cassante, présente un périsperme et un embryon dont la radicule est supérieure. (i) Dans le groupe des Zanthoxylées , M.. Adrien de Jussieu range les genres suivans : Dutjoloma , DC. ; Galfezia, R. et P. ; Brucea , Mill. : Brunellia , K. et P. ; Zanlhoxylum , Kukth ; Boymia , Ad. Jcss. ; Toddalui, Jnss. ; Vepris , An. Juss. ; Plelea , L, t Qenus affine. — Ailanthus , Dssf. (4^6 ) Le cinquième groupe, celui des Sima roubées ( i ) , a pour caractères , des fleurs liermapliroditos , rarement uni- sexuelles, des calices à quatre ou cinq divisions , autant de pétales et d'étamines , dont la base de chaque filet s'é- largit en forme d'écaillé, quatre à rin([ ovaires contenant chacun un ovule, la graine recouverte d'une enveloppe membraneuse, les cotylédons épais, la radicule supérieure, point de périsperme. Leurs liges sont ligneuses , leurs feuilles le plus ordinairement composées et non ponc- tuées. L'auteur rappelle quelques genres dont l'affinité avec les Rutacées lui paraît encore douteuse et qui doi- vent être soumis à un nouvel examen. Puis il l'éunît dans un même tableau les caractères généraux de toute la famille -, tels que le calice à quatre où cinq divisions , quatre ou cinq pétales alternes , libres ou soudés , quel- quefois nuls. Les éta mines en nombre égal ou double des pétales, avortées dans plusieurs genres, les anthères à deux loges s'ouvrantlongiludinalement du côté du cen- tre delà fleur, les blets portés sur un gynobase ou sur im disque. Les loges du pistil verticillées , ordinairement (i) Le groupe des Siuiaroubées comprend les qenres Quassia, Dec; Simaruba , Aubl. ; Siinaba, Aubl.; Samculera , GoERT>. Gênera affinia. — JVinia , Haiiilt. ; llarrisoniu , Buows. Outre les genres déjà cités comme faisant partie des cinq groupes établis par M. de Jussieu dans la famille des Rutacé;;s , il en est quel- ques-uns qui , malgré leur analogie avec cette faïuille , ne peuvent ren- U'cr exacteineul dans aucune des sections prccéJeutes, ou qui ne sont encore qu'imparfaitement connus. Ce sont les genr^s Chitonia , DC. ; Polcrubrytiitt , Au de Joss. ; Pieudiosrna , DC. ; 'I\jsa:tas, Loun. ; Teùadium , LouR. ; P'ii.la^on'ui, Î^Lt'ii. y Bas- fia , TuL'iB. ( -^27 ) €11 nomhre t?gal aux pétales, distinctes ou soudées par leur centre, deux ovules ou un plus grand nombre dans chafjueloge, raremeîit un seul , attachés à l'angle interne de la loge. Le fruit rapsulaire, quel([ucfois charnu et in- déhiscent, simple ou multiple. I-es loges des capsules s'ou- vrant en deux valves , l'enveloppe dé la graine membra- neuse ou tcstacée, les formes de l'embryon irès-diftércn- tes. Le périspcrme nul , corné ou charnu , la radicule supérieure, quelquefois transversale. Des tiges ligneuses et herbacées , des feuilles opposées et alternes , simples ou composées, accompagnées ou dépourvues de stipules. On voit , d'après ce qui vient d'être exposé, que la fa- mille des Rutacées , formée d'un grand nombre de divi- sions et de sous-divislous liées les unes aux autres par des affinités réciproques , a peu dh caractères communs à tous les geni-es dont elle se compose et qu'on ne peut conséquemmentla définir avec une grande précision. Plusieurs plantes médicinales, mais dont les propriétés sont très-variables , lui appartiennent , telles que le Gayac, la Rue, leZanlhoxylum , le Cu.ymriafebrifuga, dont l'écorce est connue dans les pharmacies sous le nom d'y^ngustura, le Simarouba, le Quassia amaia, etc. Elle réunitaussi des plantes d'agrément, comme la Fraxi- nclle et plusieurs Diosma du Cap , remarquables par l'é- légance de leurs formes et de leurs fleurs. M. Adrien de Jussieu a exposé avec une grande exac- titude les caractères généraux des Rutacées et ceux des divisions qu'il a adoptées ou formées dans celte famille. Les genres sont au nombre de soixante-neuf, dont sept nouveaux. Plusieurs de ceux cpii étaient co:inns précé- demment , ont été rcclitiés et mieux décrits. Enfin dus ( 4^8 ) dessins très-correcls faits par l'auteur, représentent les organes de la frucliiication de tous les genres et en faci- litent l'intelligence. Nous pensons que ce Mémoire de M. Adrien de Jus- sieu , qui renferme un très-grand nombre d'observations nouvelles , n'est pas moius important que celui qu'il présenta l'année dernière à l'Académie sur la famille des Euphorbes , et qu'il mérite également d'être imprimé dans les Mémoires des savans étrangers. L'Académie adopte les conclusions de ce Rapport. Mémoire sur les Bolemiiites ; Par M. H. DE Blaiinville. Dans ce Mémoire M. de Blain ville ne s'arrête pas à compiler tout ce qui a été fait , depuis Théopliraste jus- qu'à nos jours, sur ce genre de corps organisés ^ il se borne à renvoyer au cliapitre que Walch leur a consacré dans I ou^rage de Knor , et qui est' bien suflisant pour mon- trer que toutes les bypollièses les plus absurdes ont été proposées. Il préfère en donner de suite une description complète extérieure et intérieure. Une Bélemnite est, dit- il, ini corps crétacé, solide, symétrique, c'est-à-dire pou- vant Être partagé en deux moitiés seuib'.ables par un plan mené dans la direction de son axe longitudit.al , de forme ordinaijement conique, plus ou moins allongée, à coupe circulaire ou ovale , et dans lequel on peut distinguer un sommet , un corps, une base avec une cavité plus ou moins profonde , souvent partagée en plusieurs loges ( 430 ) par des cloisons en nombre variable , percées par un siplion latéral. La surface d'une Bélemnite est souvent parfaitement lisse; mais quelquefois elle est labourée par des espèces de sillons ramifiés comme vasculaires , ou par des fis- sures ou des cannelures plus ou moins profondes. La forme générale des Bélemuites est plus ou moins allongée et conique-, mais quelquefois elle est à-peu-près cylindrique ou d'un diamètre égal dans presque toute la longueur; d'autres fois elle est fusiforme ou en massue; mais le plus ordinairement elle se renfle à partir du som- met , diminue ensuite peu à peu et se termine en se di- latant à sa base. La coupe d'une Bélemnite n'est pas moins variable que sa forme; ordinairement circulaire, elle est quel- quefois ovale, le grand diamètre pouvant être vertical ou transversal ; d'autres fois elle est subtrigone , ou même subtétragoîie ; mais il faut de plus observer que la forme n'est pas toujours la même dans toute la longueur de la coquille. Le sommet par où elle a commen<-é à se former pré- sente aussi des différences dans sa forme et dans sa po- sition; ainsi, aigu, mucroué , effilé, obtus ou même ombiliqué , il peut être complètement médian , c'pst-à- dire dans l'axe de la coquille ;, ou bien au-dessus ou au- dessous de cet axe. Le plus souvent il est lisse , mais il peut présenter de simples plis , peut-être subréguliers , qui s'iriadient à sa circonférence, ou deux sillons ;, l'uu dorsal, lautre ventral, ou l'un à droite etl'autre à gauche, SiC prolongeant plus ou moins en avant. , La Jjase de la Bélemnite ou sa termiijaison actuelle , (43o ) lorsque la coquille csl complète , et dont la forme est ordinairement circulaire, triquèlre, ou même quadran- gulaire, est presque toujours plus ou moins cxcavée par une. cavité conique qui se prolonge dans l'intérieur du corps. Cette cavité est toujours droite , comme la Bélem- liite elle-même, et parfaitement symétrique. Quelque- fois elle n'occupe pas la douzième partie de la longueur totale, tandis que dans le plus grand nombre des cas elle ■ s'enfonce souvent bien au-delà de la moitié. M. de Blaiu- ville fait encore remarquer que son sommet n'est pas toujours dans Taxe même de la coquille, quoique le centre de la base y soit. Les parois de cette cavité ne sont jamais lisses , on y voit souvent fort bien des stries circulaires très-fines , très-sen'ées, im peu irrégulières, et en outre . d'espace en espace , des espèces de canne- lures plus profondes , indices de l'endroit où les cloisons , dont il va être question , étaient attachées. Dans quelques espèces de Bélemnites on remarque en outre que la ligne dorsale et la ligue ventrale de cette cavité sont creusées d'un sillon qui va jusqu'à son sommet. La cavité des Bélemnites les plus communes est par- tagée, surtout dans &« partie postérieure ou supérieure , en plusieurs loges plus ou moins serrées par des cloisons excessivement minces en forme de verre de montre, convexes en arrière , concaves en avant , et correspon- dant aux cannelures transverses de la cavité. Toutes sont percées par un trou , ou mieux peiit-êtrepar une échan- crure marginale, inférieure ou ventrale, ce qui constitue le siphon. S'il n'est pas certain que la distance des cloi- sons ou les loges aillent un peu en augmentant de la première à la dernière , il l'est du moins que la dernière ( 43i ) est infiniment plus grande que toutes >Ies autres. C'est celle dans laquelle est l'ouverture. Cette ouverture que l'on trouve très-rai'ement com- plète , tant les bords qui la forment sont minces , a pres- que toujours la forme de la coupe de la coquille. Son bord ou péristome , ordinairement entier et traucliant , est quelquefois entaillé par une scissure qui bientôt se change en une rigole extérieure et intérieure. Mais d'au- tres fois il n'y a qu'une cannelure extérieure qui n'est pas même toujours aussi sensible à l'ouverlure que dans le reste de son étendue. En étudiant ensuite la structure des Bélemnites, M. de Blainville montre qu'elles sont composées , comme toutes les autres véritables coquilles, d'une très-grande quantité de cônes ou de cornets excessivement minces et emboî- tés les uns dans les autres depuis le sommet jusqu'à la base. Mais la différence capitale avec ce qui existe dans les coquilles ordinaires, c'est que dans les Bélemnites c est le plus grand , le plus nouveau de ces cônes qui est le plus extérieur , et le plus petit, le plus ancien qui est le plus interne, d'où il lésulte que les stries d'ac- croissement, au lieu d'être visibles à l'extérieur, le so.'ît à l'intérieur de la cavité quand il y en a , ou seulemenL à la base dans le cas contraire. D'après cela , M. de Blainville conclut que cette co- quilleappartenait à un animal pair ou symétrique, qu'elle était tout-à-f,iit intérieure comme l'os de la Sèche, et que, comme lui, "elle était contenvie dans une loge do l'enveloppe dermoïde ; qu'elle était dorsale et terminale, et que lorsqu'elle était complète , c'est-à-dire pourvue d'uue cavité , lextrémiié postérieure des viscères de ( 432 ) 1 animal , c'est-à-dire, Irès-probablement , l'organe sé- créteur de la génération , et une partie du foie , étaient contenues , du moins en partie , dans cette cavité. Avant cela il ne devait y avoir qu'une simple adhérence à l'axe, mais sans pénétration. Après que la première partie de la cavité a été formée , l'animal s'accroissant s'est suc- cessivement détaché , et a produit un nombre plus ou moins considérable de cloisons , en même temps qu'il diminuait de pesanteur spécifique par le vide formé entre elles , absolument comme le fait l'animal de la Spirule et celui de l'Argonaute. De cette manière, M. de Blainville conçoit dans la même espèce de Bélemnites , trois formes particulières de la coquille qui dépendraient de l'âge. Dans la pre- mière il n'y a pas encore de cavité , et les cônes compo- sans montrent leur tranche h la base de la coquille ; dans la seconde il y a une cavité plus ou moins profonde , et les slries d'accroissement sont visibles à l'intérieur^ et enfin dans la troisième, outre l'augmentation de la cavité , elle se partage dans son fond par des cloisons plus ou moins nombreuses. On peut même concevoir une quatrième forme qui serait l'état complet, celui où la dernière grande loge serait formée. Cherchant ensuite avec quel animal actuellement vi- vant celui des Bélemnites devait avoir le plus de rapports, et par conséquent sa place dans la série , il lui est aisé de faire voir, par une comparaison de la pointe de l'os de la Sèche , et surtout de deux corps fossiles dont l'un a été justement rapproché par M. G. Cuvier des os de Sèche , et l'autre encore plus voisin des Bélemnites , puisqu'il a nue cavité plus profonde , avec d«s traces de ( 433 ) cloisons, el d'nn siphon on d'une gouuière, a pn être considéré comme un genre dislinct , nommé Béloptère par M. Deshaies, que les animaux des Bélemnites vien- nent encore remplir une lacune de la série animale, entre ces Béloptères si voisines des Sèches et les véritables Orthocères si voisines des Bacculiles et des Ammouiles. Avant de s'occuper de la distinction des espèces de Bélemnites , M. de Blainville recherche encore quelles altérations ces corps ont reçues dans le sein delà lerie où ils sont depuis si long-temps , afin de mieux voir sur quelles parties doivent reposer les caractères distin - tifs. Il lui semble d'abord que la structure fibreuse que l'on remarque si constamment dans les Bélemnites, qui est le caractère le plus généralement admis pour recon- naître ce genre de corps , est due à la spalhificalion ana- logue à ce que présente le tèt des Oursins fossiles. Celte partie de la Bélemnilc que les oryctographes ont désignée sous le nom d'alvéole , est encore plus évidemment un produit de l'état fossile ; en effet, c'est un corps tout-à-fait semblable aux articulations des Ammonites , et qui n'est autre chose que la matière étrangère moulée dans la cavité et dans les loges de la Bélemnite. Aussi peut-elle être formée de substances extrêmement différentes , suivant la nature de la couche dans laquelle celle-là a été ensevelie. Quelquefois on voit encore des traces des cloisons soit à l'extérieur seu- lement, soit même dans la masse de cette matière j d'au- tres fois il n'y en a plus du tout et l'alvéole est toute d'une pièce et composée de calottes empilées. M. de Blainville passe aussi en revue les autres alté- Wlious naflius importâmes que peuvent prcscutev li>s C434 ) Bi':lcmnites dans le sein de la terre, comme rapparetice des cônes composans à l'extérieur due au frottement , les pores irréguliers dont elles sont quelquefois creu- sées , qu'il pense être dus à l'action de quelque animal perforant, l'adhérence de corps marins, des genres Huîtres, Anomie ou Serpule , la compression de la base , les fractures dues sans doute à la pression des couches superposées. L'adhérence de ces coips dans les couches dont ils font partie lui parait en général élre en rapport direct avec l'ancienneté de celles-ci, et sans doute avec leur état pulvérulent ou cristallisé. Enûu , après avoir énuméré d'après les géologues les terrains dans lesquels ou a trouvé jusqu'ici des Bélem- nites , c'est-à-dire depuis la craie inclusivement jusque dans les couches les plus inférieures des terrains secon- daires , il fait l'observation que, sauf M. Defrancc qui depuis long-temps avait distingué la Bélemnite de \n craie de celle des terrains antérieurs, et surtout M. de Schlotteim qui a eu le premier l'idée de proposer plu- sieurs espèces et même de leur donner des nrmis , mal- heureusement sans les caractériser réellement , et sou- vent sans citer de figures , aucun zoologiste ne s'était occupé de ce sujet d'iuje manière un peu rationnelle , en sorte qu'il se voit forcé de considérer presque comme non avenu ce qui avait été fait avant lui sous ce rapport. Avant de donner la phrase caractéristique des espèces qu'il a pu obtenir dans les collections de Paris qui lui ont été ouvertes avec toute la générosité possible, M. de Blainville s'appesantit un peu sur les parties qui doi- vent fournir les caractères en les passant successivement en revue. Ce sont : i° la forme générale qu'il est loin ( 4'-^ ) de mcKrc eu promièie ligne , puisque la môme espèce peut être ryliudrique , subfusiforme , ou même un peu hastëe ; 2^ le sommet dans sa position au-dessus ou au- dessous de Taxe , ou dans l'axe lui-même ; 3° les can- nelures ou sillons normaux qui l'accompagnent; 4°l'on- verlure dans sa forme, dans rintégrité, ou dans la fis- sure plus ou moins profonde de son bord ; 5° la forme de la fissiire ou de la cannelure ; 6° la cavité dans sa forme générale et d;ins la direction do son axe , et même dans sa proportion relative , jusqu'à un certain point cepen- dant , car la surface du sommet est plus ou moins grande dans la même espèce*; 7° la forme des cloisons , celle du siplion , et même celle de l'alvéole, peuvent aussi être utilement envisagées; enfin, il n'est pas jusqu'à l'état minéralogique de la Bélemnite dont on ne puisse se servir pour caractériser les espèces avec quelque avan- tage. Quant à la position géologique , quoique ce ne puisse eue un caractère , on peut cependant s'en aider jusqu'à un certain point. L'ordre dans lequel M. de Blainville range les espèces qu il a pu caractéxiser jusqu'ici , est dans la direction du passage des Sèches aux Orlhocères , et par conséquent jans l'augmentr.tion successive de la cavité, au contraire de la partie pleine ou de la surcharge du sommet , qui diminue de plus en plus à mesure qu'on approche des Orthocères , qui ne sont réellement que des Béletnnilcs entièrement creuses et à parois partout excessivement minces. Nous allons nous borner à donner les divisions que M. de Blainville a proposées, elles noms des espèces qu'il a distinguées. ( 436 ) A. Espèce sans cavité. 1°. La B. pleine, B.plena. B. Espèces à cavité très-petite , fissurée sur son borJ , et sans cloi- sous. 2°. LaB. de Scanie, B. Scanice; 3°. laB. d'Osterfield, B. Osterfieldensis: 4°- la B. à ouverture tarrée , B. te- tvagostoma; 5". la B. granulée, B. granulata; 6°. la B. striée , B. striata. C. Espèces à cavité très - grande , fissurée sur son bord, sans cloi sons. 7°. La B. muci^onée , B. mitcronata ; 8**. la B. setni- canaliciilée , B. semi-canaliculata. D. Espèces à cavité très -grande , à cloisons siplionées, et avec un canal évident de la base au sommet. 9°. La B. d'Altdorf , B. Altdorfensis ; lo*'. la B. apicicone , B. apiciconica; ii°. la B. aiguë, B. actif a ; 12°. la B. hastée, B. haslata; iS*^. la B. semi-hastée, B. semi-hastata. E. Espèces à cavité très -grande, cloisonnées, siplionées, sans fissure ni cannelures à la base , mais avec deux sillons latéraux au sommet. 14**. La B. apicicourbe , B. apicicurva ^ i.5°. laB. bicanaliculée , B. bicaiialiculata ^ lô"^. la B. iriparlile, B. tripartita; ly**. laB. quinquésillonnée, B. quinque- sulcata ; i8°. la B. pieu , B.paotillosa ; ïO)^. la B. com- primée , B. compressa i ao**. laB. épée, B. gladiuni. F. Espèces à cavité très-grande , cloisonnées , siplionées , sans fis- sure ni cannelures à la base , ni sillons latéraux au sommet. 21°. La B. courte, B. brevis ; 22°. la B. largo, B. lata i 23°. laB. digiUile, B. digitalisa 24°- la B. ir- réguHère , B. irregvîaris ; a5°, laB. pénicillée , B. (-437 ) penicillain; iQP. ]a B. excentrique, B. excentrica; i']°, la B. gigantesque , B. gigantea ; 28°. B. cylindrique ^ B. cjliiidrica ; 29°. la B. ombiliquée , B. umbilicata ; 3o°, la B. subhastée , B. siihhastata ; 3i°. laB. en mas- sue", B. clavnta; 'iriP. la B. dilatée, B. dilatata; 33**. la B. spatule , B. spatula. G. Espèces h cavité très-grande proportionnellement avec IVpaia- seur du sommet , cloisouuée , siphouée , sans cannelures ni sil- lons. 34°. La B. fîstuleuse , B . fîstulosa ,• 35°. la B. obtuse, B. ohtusa. Enfin M. de Blainville termine son Mémoire par des conclusions que nous allons rapporter textuellement. Conclusions de ce Mémoire. Les conclusions zoologiques et géologiques de ce tra- vail sont les suivantes : 1". Les B. sont des coquilles intermédiaires aux os de Sèche et aux coquilles polythalames des Spirilles et des Argonautes ; comme les premiers elles étaient toiit-à- fait intérieures , comme le prouvent les impressions vas - culaires qu'on remarque sur certaines espèces et leur mode d'accroissement; comme dans les secondes, une partie de l'animal était contenue dans la cavité plus ou moins considérable et cloisonnée dont elles sont creusées. 2°. Elles sont composées découches en forme de cônes qui s'emboîtent les uns les autres , comme des cornets de papier extrêmement minces , mais la plus nouvelle et la plus grande en dehors , la plus petite et la plus ancienne eu dedans , de manière à ce que les stries d'ac croissement ne sont visibles qu'à l'intérieur, au con- traire de ce qui a lieu dans les autres coquilles. VU. 29 ( 438 ) 3*. Dans Tcfat où nous les connaissons , elles ont éi« altérées dans leur slruclurc rainéralogicjue et sont évi- demment spatliifiées , mais la coquille elle-même tst restée. 4°. Ce qu'on nomme l'alvéole dans les Bélcmnites est au contraire un moule do suLslance minérale Ircs- variable , et qui s'est formé dans la cavité de la coquille dont il représente la forme et la disposition. 5°, En suivant l'augmentation de la cavité des Bélcm- nites , depuis les espèces où elle est à-pcu-près nulle jusqu'à celles où elle s'acroît tellement que l'épaisseur des couches dont le sommet est surchargé est à peine plus grande que dans la circonférence de la cavité, on passe in- sensiblement aux Ortbocératiles véritables dont le carac- tère principal est cette minceur des parois , l'étendue de la cavité du sommet à la base , et la position latérale du siphon. 6". Le nombre des espèces qu'il a été possible à M. de Blainville de caractériser est d'environ trente-six-, mais il est loin d'assurer qu'il n'en existe pas davantage , même dans notre Europe , à plus forte raison dans les autres parties du monde. 7". L'étude des espèces qu'il a pu spécifier l'a conduit à ce résultat, assez singulier, que plus leur cavité est grande , ou plus elles approchent de la forme des Or- thocératites , plus elles sont confondues avec la roche qui les renferme, et plus elles sont anciennes-, vù:e versa , plus la cavité diminue, plus le sommet est sur- chargé , plus la Bélemnite appartient à des terrains nou- veaux , plus elle est libre dans la roche qui la conlient , et plus elle ollie d'analogie avec les os de Sèche. ( 439 ) B**. La formation crayeuse est caractérisée par des es- pèces parliculières de Bélemnites , comme M. Defrance l'avait déjà observé ; peut-être même chaque partie de cette formation contient - elle des espèces distinctes. En eiret , celle de la craie cliîorilée n'est pas celle de la craie lufacée ; malheureusement les Bélemnites que M. de Blainville a observées dans les collections , n'y sont pas accompagnées de renseigneraens géologiques suffisans. 9". li n'ose encore assurer qu'il en soit de même pour les terrains de sédiment antérjeurs à la craie , c'est-à- dire que chaque membre bien distinct de ces terrains lenferme une espèce particulière de Bélemuite; mais cela est assez probable , d'après ce qui a été dit à l'article 7. 10°. On n'a pas encore observé , du moins qu'il sache , de Bélctniiile véritable au-dessus des terrains de craie , mais bien des Béloptères , c'est-à-dire des corps crétacés qui olirent déjà une plus grande analogie avec ce que nous connaissons d'existant aujourd'hui à la surface de la terre. 11°. Il ne croit pas qu'on en ait trouvé non plus dans les terrains de Iransilion , ni même dans ceux où existent les Ortliocéraliies. 19°. Quoiqu'on n'ait encore observé de Bélemnites que dans des formations européennes , il est pins que probable tju'il en existe dans beav.coup d'autres parties du monde , et surtout dans le versant orienial ue notre grand bassin de l'Océan septentrional , qui présente celle particularité d'oiîVir beaucoup d'espèces animales vivantes ou fossiles , à-peu-près analogues à ce que nous connaissons dans le versant opposé en Europe. 16°. De ce qu'on trouve les Bélemnites quelquefois ( 4'io ) de la même espèce en Irès-grande quanlilé dans un espace assez circonscrit , il en faut conclure que les animaux dont elles faisaient partie vivaient ensemble ou en trou- pes, un peu comme les Calmars et les Sèclies -, cepen- dant les altérations et les mutilations qu'on y remarque, prouvent qu'elles ont été Lalottées long-temps depuis leur mort. i4^. Les tels parasites qu'on remarque souvent adhé- rens à la surface des Bélemnites , ne sont pas nécessai- rement leurs contemporains : on conçoit en effet fort bien que les Bélemnites ayant pu se trouver long-temps au fond de la mer depuis leur mort , des animaux para- sites beaucoup plus nouveaux qu'elles onlpu s'y attacher; c'est ce dont on peut voir un exemple évident aux Yacbes- Noires en Normandie , où des coquilles vivantes s'atta- chent à des Bélemnites mises à découvert, dans le terrain qui forme le rivage de la mer. {Extr.duBull. delaSoc. phil.,nov. iS^S.) Note sur le Fesiuca myuros de Linné et sur quelques espèces voisines; Par M. SoYEZ-WiLLEMET, Il existe une confusion entre les espèces de FcsUica voisines du myuros, et cetle confusion a été produite originairement par une faute typographique qu'il s'agit de corriger, ainsi que les erreurs qui en ont été le résul- tat. C'est ce que je vais essayer. Linné, dans son Spccies phutUtrumÇHobniœ i7()2), décrit deux espèces de Fétuques qui sont assea voisines ; ( 44i ) i^AoF.myuros, a^'.le F. hrouioïJes. Il assigne au premier lapluase spéciflque siiivanle : panîcula spicatanulante, caljcibus minulissiniis inuticis , floribus scabris lon- gi'us aristalis ; et au second : paniciila secunda, spi~ culis erectis Icei^ibus , caljcis altéra "valyula intégra^ altéra aristata. On lit dans Willdenow ^ au lieu de ce dernier mol , acuniinat.a. Il paraît que c'est dans l'édiliou de Reichard que cette faute s'est glissée pour la première fois, et que Willdenow et les autres botanistes l'ont co- piée. Il faut d'aLord chercher à bien connaître ces deux es- pèces avant d'exanùner celles que les modernes ont dé- couvertes depuis et qu'ils en ont rapprochées. Ces deux espèces ditïèrent entre elles, en se bornant aux expressions de Limié, t". par la plus longue des valves delaglume qui est simplement acuminée dans le F. mjuros, et arislée dans le F. bromoïdes\ 2°. par l'absence de cils aux balles du bromoïdes (^differt a F. myiiro , glumis non ciliatis. Linn. 1. c. ) j ce qui prouve que le mjuros de Linné n'est pas la plante que les modernes appellent F. mjuros , mais bien leur F. ciliata (i); 3°. par la panicule qui est presque en épi dans le bromoïdes (panicula subspicata , Linn.) Le F. mjuros, Linn. est le Gramen festuceum myu- rum, minori spica heteromalla , Scheuchz. p. ?.o4 (2), (i) DecandoUe le soupçonne daui sa Flore française . Voyez tom. m, p, 55. (a) L'édition citée, publiée par Linné, porte Scheuchz., p. 194; mais c'est évidemment une faute , puisque cette pa^e appartient au Briza eragrostis Linn. , et cependant cette faute a été copiée dans les au- tres éditions , même par Wiildeuow. Elle a été corrigée par Lamarck. ( 442 ) seion la cîlalion de Limié lui-même. C'est Jonc, ainsi que je le disais tout-à-l'hevire , le F. ciliatn, Dec. Il se distingue par les ci!s de ses balles 5 par ses glumes dont la plus petiie valve est sétacée, à peine visible, tandis que l'autre a près d'une ligne et demie de longueur. Il n'a qu'une élaminc. L'échantillon que je possède vient du département de la Lozère. Le F. hromoïdes est, selon Linné, le Gramen pani- culatum hromoïdes minus, paniculis aristatis icnam parlem spectantibus. Sc\\enc\iz. p. 297. Il se distingue par ses balles non ciliées 5 par ses glumes dont la plus grande valve est aristée comme les balles , longue d'à- peu-pi-ès cinq lignes , et l'autre beaucoup plus petite (elle a jusqu'à une ligne) ^ membraneuse (car puisque Linné adopte la description de Sclieuclizer pour sa plante, je veux bien croire qu'ill'a vérifiée sur ses éclian- lillons , et qu'il n'a point , comme on le fait trop à^ pré- sent , cilé ses synonymes sans y voir) ; par ses pédoncules épaissis sous les épillcts ; par sa panicule dont les épil- lets sont presque tous unillores , excepté dans le bas. Il y a trois étamines. L'échantillon de mon heibier a été trouvé aux environs de Nancy. Enumérons maintenant quehpies espèces voisines de celles-ci : je veux parler des Festuca pseiido-myuros , et sciuroïdes, qui ont des rapports avec le F, mjuros de Linné , et du F. uniglumis , qui se rapproche de son F. hromoïdes. ( Dict.^ u , p. 461) , mais eu appliquant ce synonyme à son /". inpiros qui n'est pas celui de Liunc, et par DecandoUe ( Fi-Jr. , m , p. 5j}, qui l'applique convenablement au f, ciliala. (443) Le F. pseudo-myujvs y Nob. (mjurus, Dec.) est le Granien festuceuin niy urum elatius , spica heteronialla gracili. Sclieucliz. p. 298. On le distinguera fiicilement du F. myuros, Linn. (ciliata, Dec.) par ses balles non ciliées, par sa paniculc ordinairement plus longue cl plus penchée; du F. bT'orîioïdcs ^ar ses glumes iionaris- tées, par ses pédoncules non épaissis au sommet. Il n'a t|u'une élamine. Il croît abondamment aux environs de Nancy. ÏjcF. sciuroïdes, Roth. estle Gramen bromoïdes ,pani- cula lieteromallalongioribusaristis donata. Sclieucliz. p. 290. 11 difl'ère du m)"uro^ par ses balles non ciliées 5 du pseudo-myuros par sa paniculepîus courte non pen- cliée, fort éloignée de la feuille supérieure ^ tandis que cette feuille s'épanouit à la base de la panicule dans le F. pseudo-myuros (jnjurus , Dec); par ses épilletsplus grands 5 par les valves de ses glumes qui sont beaucoup moins inégales. EnGn , il diffère du bromoïdes" t^ax ses pédicelles non épaissis au sommet , par son élamine unique. Il croît aux environs de Nancy (1). Le F. uniglumis, Soland. est sans doute le Gramen festuceum pumilum , panicula heleromalla locustis ma- joribus longius aristatis. Scheucliz. p. 298. Il est fort rapproclié du F. bromoïdes . Il n'en diffère gncre que parce que la plus petite des valves de ses giames est presque nulle (d'où le nom uniglumis), tandis qu'elle a nne ligne dans le F. bromoïdes, dont les épillets sont ce- pendant plus petits-, el par son port: en effet, il est (i) Je Pai reçu des départemens de la Moselle, du Calvados, du Mor- bihan, de la Lozère , sous le nom de F. bromoïdes. i ( 444 ) moins élancé, plus nourri dans toutes ses parties 5 sa panicule est bien plus serrée. Peut-être, si Solantlereùt connu le véritable F. broinoïdes de Linné, n'eût -il regardé sa plante que comme une variété de cette espèce. Au reste, elle se distingue des F. mj^uros, pseudo-niyu- ros et sciuroïdes par ses glumes arislées^ par ses pédi- celles épaissis au sommet, par ses trois étamines. Mon échantillon a été recueilli dans le département du Mor- bihan. Résumons maintenant les observations qui précèdent. FESTUC^ MyUR^. a, Floribus monandris, caljcibus niuticis, pedicellis non incrassatis, plerisqiie muUiJloris {W vi^vik, Gmel.). I . Festuca myuros , Linn. Panicula racemosa secunda ^ spiculis sub 5- tloris; calycis val va majore acuta (i \ lin. longa), altéra brevissima ( \ lin.) setacea; valvis corolli- nis longe cilialis aristaiisque. SCHEUCHZ. , p. 294. Feslucaviyuros , Linn., Sji., pi. i , p. 109. Fesluca ciliata, Pers. , Eut h , i , p. 94 ; Dec. , Fl.fr. , m , p. 55 ; RoEM.etScHULT. , Sysl. veg., 11 , p. 728 (i) ; Spbeng, Sysi. veg., j , p. 353 (2). (i) Y a-t-il plusieurs plantes confondues avec le F. ciliata? On le soupçonnerait d'après les incertitudes de Roemer et Schultes (l. c. , et Mantiss. , n , p. 4oo ) ; incertitudes qui leur sont , au reste , très - fatni^ lieras. (ïj La ligule n'est point : acuta elongata, comme le dit Sprengel. Elle est, ainsi que dans toutes ces espèces , très- courte et tronquée, et le sommet de la gaîne porte , des deux côtés de la feuille , deux oreillettes ordinairement inégales. Les feuilles ne sont nas non plus parfaitement ( 44^^ ) f^ulpia pilosa , Gmel. , FI. Lad. , i , p. 8? tcoji. , ScHECCHz. , tab. 6 , fig. 12 ( mediocr.). •î. Festuca pseudo-myuros , Nob. Panicula longe race- mosa sub secunda nutante, vagina surami folii basi sub involula ; spiculissiib 5-lloris 5 calycis valva majore aca- ta (i ^ b'n. longa), altéra breviori (i lin.) setacea 5 vaîvis corollinis subscabris longe anstatis(i). ScHEncHz. , p. 293. Festucamyuros , Poll. , FI. pal. , i , p. 104 (excl. syn. Linn.); Laji., FI. je, m, p. 602 (idem); Lam. , Dict., n , p. 461 (excl, syn. SCHEUCIIZ. ). Festuca myurus , Leers. , Ilerb. , n° yj; Smith , Fl. bric. , 1 , p. 118 (excl. sya. Likn.) (3) ; Willd., Sp., pi. i, p. 4^2 (excl. syn. Likn. et ScHEUcHz.); Pers. , Ench., i, p. g3; Dec. , Fl.fr. , m, p. 54 (excl. syn. LtNN.)j Schrad., Fl. germ., i, p. 827; Mérat, Fl. par. , II, p. 21 (excl. syn. Likm.) ; Koeii. et Sch. Syst, veg. , 11, p. 726 ( idem). yulpia ntjurus , Gmel., Fl, bad. , i, p. S {idem). Festuca bromoïdes , var. Spreng. , Sysi. veg. , i , p. 354 (idem). Icon. , ScHEUCHz. , tab. 6, f. 11; Leers, /. c. , tab. 3 , f . 5. 3, Festuca sciuroides , Rotli. Panicula racemosa se- cunda a vagina summi folii longe remota ; spiculis sub 5 - floris; calycis valya majore acuta (3 lin. longa), altéra breviori (i^ lin.) setacea; valvis corollinis subscabris longe aristatis. glabres ; elles sont un peu scabres en dessus dans le F. myuros et dans lessuivans. (i) L'arête est vraiment terminale. Le n" i443 de Haller paraît ne pas appartenir à notre plante, [)uisqu'il dit : y^d Bromuin accedit, cum arista vere ex nervo glumce paulo sub apice oriatur, (3) Il est étonnant que Smith se soit trompé pour les deux plantes de Linné •, sou F. myuros étant notre pseudo • mruros, et son F. hronioi' des le F, sciuroides: ■ ( 44^ ) ^ ScHEUCHz. , p. ago et 291 . Festuca hromoïdcs, Smiïu , FL hrit, , i, p. 117 (excl. syn. LiMw.) (i) ; LiKKi., FI. fr. . m, p. 602 j Lam. , Dict. , 11, p. 461 (cxcl. syn. SciiEucHZ.) (2); Dec. , FI. fr. , m, p. 55 (excl. syn. Limn.); ScHHAD. , FI. germ. , i , p. 32$ (excl. syn. prim. Linn. , Will- DEN.) ; MÉBAT, Fi. par., n, p. 21 (excl. svn. Likn.) ; Rcem. et ScH. , Sjrst. veget., ii , p. 725 (excl. syu. L^^■^■., Willd. et Gmel.). Festuca sciuroïdes , AVilid. , Sp. , pi. i , p. 423. f^ulpia sciuroïdes , Gmel. , FI. Lad. , i, p. 8. Festuca hromoïdes , var. Spreng. , Syst, veg. , 1 , p. 354» Icoa. , ScHEDCHZ. , lab. 6 , f. 10. p. Floribus triandris., vah'a calycina majore, aristata, pedicellis ijicrcissatis , plerisque unijloris. 4- Festuca hrovioïdes ,\À\\\\. Panicula sulispicaîalaxa secnnda-, spioulis subo-iloris; calycis valva majore aris- tata ( 5-6 lin. longa), altéra brcvissiuia (i lin. ) mem- branacea; valvis corollinis glabris longe aristatis. , SCHECCHE. , p. 297. Festuca hromoïdes , Likn., Sp. , pi. i, p. tio; Willd.., S[>., pi. 1, p. 418; Pers. , Ench., l, p. 'j'i?GiiEL., FI. had. , 1, p. 21^ (excl. syn. Lam. , Dict. ). Festuca unigluinis, Mir.AT, FL par. , ii, p. 21 (excl. syn. Willd,)? et uonuulloru;ii ? Icon. , SciiEtiCHZ. , tab. G, f. 14 ; Pluk, Alm. , tab. 33, f. 10 (mediocr.). 5. Festuca uniglumis, Soland. inliort. Kew.Panicula subspicata densa secunda ; spiculis sub 6-lloris 5 calycis (i) Remarquez que Smith, tout en regardant sa plante comme celle de Liimé , ue cite pas Schcuchz. , p. 294, mais p. 290, ce qui est bien. (2) La figure des Illustrations (t. 46, f. 4 ) ne représente ni cette plante ni le véritable F. hromoïdes. C 4 Î7 ) va' va majore arislata (6-^ lin. longa), altei^a subnuUa; valvis corollinis glabris longe aiistatis. SCHEUCHZ. , p. 298. Festuca uniglumis , Smith. FI. brit., i, p. li8; Willd. , sp. , pi. r, p. 4^3 ; Peks. , Ench., i, p. 98 ; Dec, Fl.Jr., m , p. 55; RoEM. et Scii., Sfst. veg., ii, p. 7285 Spreng. , Syst. veg., \, p. 354. Icon. Anprioris varietas.'' De la génération chez la Moule de peintres ( Unfo Pictorum ). Par M. le docteur Pbévost. ( Lu à la Société cle Physique et d'Histoire naturelle de Genève le 17 mars i8a5. ) Dans les divers écrits que nous avons publiés, M. Du- ïnas et moi, sur la génération, nous nous sommes atta- chés à établir que chez les vertébrés le développement de l'embryon n'avait lieu qu'après le contact entre les cicatricules qu'émettent les ovaires des femelles et les animalcules sperma tiques (i). Les observations que ren- ferme ce Mémoire montrent que les Mollusques suivent la même loi 5 elles ont été faites sur la Moule des Pein- tres {Unio Pictorum). La facilité avec laquelle on la rencontre dans nos marais a déterminé mon choix. Si vers l'entrée du printemps nous examinons les ap- (0 Voyez la note à la tin de ce Mémoire. ( 4 is ) pareils gcnérnlcurs de qucl([ues sujets de celte espèce , nous serons , au premier coup-d'oeil, fr.ippés des ditlé- reuces qu'offrent les produits qu'ils t'nuHlent. Tandis que nous trouvons chez une partie des individus que nous ouvrons un véritable ovaire et di'.î œufs ;u abon- dance ; chez les autres, l'organe analogue et semblable- ment placé ne contient qu'un liquide épais , de couleur lactée , qui , sous le microscope , fourmille d'animal- cules en mouvement. Ces différences si tranchées ne sont ni l'effet du hasard, ni le résultat du passage d'un certaiii élat de l'ovaire à une condition subséquente. Les Moules où nous ren- controns les œufs ne donneni aucune Irace du liquide épais et lacté; celles où ce liquide se forme ne pondent point d 'œufs. En conséquence de celte division naturelle du sujet , nous nous occuperons d'abord des animalcules et de l'appareil qui les émet, puis de l'ovaire et de ses œufs. L'appareil qui renferme le liquide blanc se compose de deux grosses masses placées synsétriquement à droite et à gauche du corps de 1 animal et immédiatement au- dessous de la peau : ces lobes volumineux , au temps de la fécondaliou , se dépriment et perdent la plus grande partie de leur épaisseur après cette époque. Ils présen- tent une agglomération de très -petites cellules où se rassemble la sécrétion que leurs vaisseaux laissent échap- per. Celte sécrétion coule au dehors par deux conduits assez courts et passablement larges , placés l'un à droite , l'autre à gauche à la partie supérieure et antéiieure du corps de la Moule , près de l'insertion des branchies. Si, comme nous l'avons dit plus haut , l'on soumet au mi- ( 449 ) croscope le liquide que versent les canaux latéraux ^ sous la plus légère pression , on le trouve presque enliè- renienl composé cFanimalcules idejiliques entre eux , doués de ce mouvement oscillatoire vague, qui distingue tous les animalcules spermatiques que nous avons obser- vés jusqu'ici ; mais leur forme n'est plus la même; elle consiste en deux éminences arrondies, dont l'une anté- rieure , un peu plus grosse, s'unit à la postérieure par lin isthme assez étroit. Leur longueur totale est imm^S , vu avec un grossissement linéaire de 3oo ^ leur plus grande largeur est o™°i,8 ; ils sont rapplatis comme leurs analogue chez les vertébrés , mais un peu moins : comme eux aussi , poitr se mouvoir ils se placent sur le tran- chant, l^es acéphales avant jusqu'ici été tous regardés comme androgynes , j'ai cherché avec beaucoup de soin si l'organe qui nous occupe ne contiendrait pas aussi des œufs. J'ai fait celte recherche avec M. le docteur Mayor, heureux de profiler dans celte circouslance des lumières de ce savant anatomiste. Nous avons vu, à la vérité, des globules mélangés aux animalcules , mais ils étaient en petit nombre, ne ressemblaient point aux œufs , et leur diamètre ne dépassait pas 5""°», vus avec le grossis- sement de 3oo. Les ovaires sont aussi composés de deux masses consi- dérables , étendues symétriquement , à droite et à gauche, immédiatement au-dessous de la peau*, ces lobes, énor- mément volumineux au moment do la ponte, perdent aussi toute leur épaisseur après que celle-ci a eu lieu» et n'offrent plus qu'une lame mince de tissu cellulenv. Le pareiichyme des ovaires participe à l'orgiinisalion gé- nérale de ce viscère, telle que nous l'avons reconnue p a-- ( 45o ) tout : il se compose de deux feuillets celluleux , adliérèna l'un à l'autre , entre les surfaces de contact desquels les oeufs se trouvent placés et se développent ; les adliéiences, les plis infiniment nombreux de la memhranc qui con- stitue chaque ovaire, forment quantité de cellules où les œufs tombent après avoir atteint leur maturité, et s'en- tassent au nombi'e de vingt .î trente. A cette époque ils ont environ o^^jS de diamètre ; ils sont composés d'un jaune flottantdans une albumine claireet fort transpai'ente, qu'une enveloppe mince et facile à déchirer environne de toute part : une couche de mucus les enduit extérieure- ment et détermine l'adhérence qu'on observe entre eux. Les jaunes sont aussi de figure sphérique ; leur teinte varie du jaune pâle à la couleur brique foncée , et leur diamètx'e est on^^,o6j leur substance , examinée au mi- croscope , présente , comme le même corps dans tous les œufs, des gouttelettes d'une huile plus ou moins colorée et des globules jaunes de o'""i,ooi6 Je diamètre. A celte époque on ne saurait distinguer sur les jaunes la cicatricule ; mais lorsque, retenus par les feuillets de l'ovaire , ils sont encore fort iransparens , on distingue à leur surface un disque plus clair, environné d un bord obscur, tout-à-fait analogue à la partie que nous avons désignée sous le nom de cicatricule chez les vertébrés. C'est eu déchirant les parois des cellules que les œufs sont émis par deux canaux pareils en tout à ceux que nous avons décrits sur l'organe qui renferme les animal- cules. Les œufs , au sortir des ovaires , vont se loger dans les branchies; celles-ci, au nombre de quatre, et disposées par paires, n«- ressemblent pas mal à des rubans allongés , assez larges , juxtaposés l'un à l'autre , à droite I ( 4^i ) et à gauche du corps auquel ils se fixent par leur ûord supérieur, tandis que l'inférieur est libi^e et flottant dans la coquille. Chaque branchie forme une cavité divisée en locnles, dont l'entrée se remarque vers le Lord supérieur. C'est dans ces locules que doivent se développer les œufs ; l'ac- cès en est direct et facile pour la branchie externe; ime longue scissure vers le bord supérieur expose aux re- gards Imites h's ouvertures de ses subdivisions : il n'en est pas toul-à-fail de môme pour la branchie externe-, cependant on trouve sans pciue, à la partie postérieure , le large orifice de l'espèce de conduit par où les oeufs aboident à ses locules. Quelques joiifs après qu'ils ont été déposés dsns les branchies , l'on commence à aper- cevoir sur les œufs les premiers changemens que la fé- condation y apporte -, le jaune augmente de volume , et sa substance devient un peu plus fluide; à sa surface se marque un irait en ligne droite , plus foncé que le champ sur lequel il est placé; plus lard l'on voit se dessiner à droite et à gauche de ce trait deux courbes symétriques , qui , tournant à lui leur concavité, viennent aboulir à ses extrémités. Ces courbes latérales s'étendent, et lorsque les surfaces qu'elles circonscrivent ont pris quelque opa- «iîé, l'on reconnaît eu elles le limbe des valves de la co- quille; la ligne rnoycnne, qui paraît la première, cor- respond à la charnière. Cette dernière partie prend rapi- dement beaucovip de consistance, et si on considère le fœtus de profil , on la trouve droite ou mènie légèrement concavede très-convexe qu'elle était auparavant; l'espace situé immédiatement au-dessous de la charnière est fort transparent; il est environné d'une bande plus obscure, ( 4^^^ ) en forme do croissant. Si nous disposons la jeune Monte de manière à se prcsentcrcntièremen t ou verle sur le porle- ohjet, on voit cpie celte bande est formée d(; deux feuillets semblables, dont clincun correspond à la valve au-des- sous de laquelle il s'est développé. Ces feuillets sont les portions latérales des parois abdominales , leurs bords un peu plus épais , celles du pied. Ici , comme à la même époque chez les vertébrés , l'abdomen du nouvel animal est ouvert; il se fermera dans la suite, sur la ligne mé- diane , par l'adhérence entre elle des parties droite et gauche du pied, et, comme chez les vertébrés ovipares, il recevra dans sa cavité le jaime dont le volume est fort diminué. Encoi'e renfermées dans l'enveloppe externe de l'œuf, les petites Moules qui viennent de se former exé- cutent déjà des mouvemens fréquens et rapides qui con- trastent avec la lenteur de ceux des adultes ; ces mouve- mens ont aussi plus d'étendue : ceci lient à ce que la su- ture médiane de l'abdonn-n n'existant pas encore, l'é- carlement des valves ne rencontre aucune opposition. Je ne m'arrêterai pas davantage sur le développement de ces foetus ; plus de détails à cet égard m'éloignoraient dn but que je me suis proposé , etje passe aux deux conséquen- ces qu'il me semble permis de tirer des faits exposés dans ce travail. 1°. Jeremarquerai cpie le liquide blanc sécrété par les organes générateurs d'une moitié des individus chez les Moules des peintres, a trop d'analogie avec le sperme des vertébrés pour qu'on ne soit pas conduit à le regarder comme une substance semblable appelée à jouer le même rôle. 2°. Que , puisque nous ne trouvons pas les œufs et la C 453 ) liqueur séminale sur le même sujet, les sexes doivent être séparés , contre l opinion généralement admise que tous les acépliales sont androgynes. Les conclusions que j'énonce demandaient toutefois à être confirmées par des expériences directes, et j'ai fait les suivantes : J'ai mis dans un large baquet des Moules dont les œufs, prêts à être pondus , distendaient les ovaires. Je me suis assuré que c'était bien des œufs qu'elles por- taient, en en faisant sortir quelques-uns de leur flanc , au moyen d'une légère poncture. Dans un autre baquet j'ai placé des Moules que je regardais comme du sexe masculin , ayant, par le même moyen que dans le cas précédent , vérifié que leurs organes générateurs renfer- maient la semence et non pas des œufs. Les femelles, au bout d'un mois plus ou moins , ont pondu des œufs stériles , qui , après quelque temps , ont été rejelés des branchies, défiguiés et à moitié détruits. Les mâles présentent encore , à l'époque où j'écris , la semence dans le même état où elle était au commence- ment du printemps; elle gonlle fortement les lesliculee ; et il s'en émet de temps en temps au dehors. Dans un troisième baqiiel , où j'avais mélangé les sexes , les bran- chies des Moules femelles se sont trouvées distendues par déjeunes Moules nouvellement écloses , très -vives et bien développées. Les unes étaient encore renfermées dans les enveloppes de l'œuf; d'autres les avaient déchi- rées et ne se trouvaient retenues que par la couche de mucus extérieur. Je n'ai rien vu quant à la manière dont le mâle féconde la femelle; il y a toute apparence que , placé près d'elle, Vil. 3o ( 4H ) il répand sîmplenicul sa semence. Celle-ci est délayée dans l'eau qui baigne l'inlérieur de la coquille, puis re- jetée au dehors avec ce véhicule dans ce mouvement al- ternatif qui constitue la respiration de l'animal. L'eau spermatisée vient à son tour en contact avec les oeufs de la femelle , soit à leur passage de l'ovaire dans les bran- chies , soit lorsqu'ils sont arrivés dans celles-ci. NOTE. « J'ai désiré jusqu'à présent m'.absteuîr de toute discussion sur la théorie proprement dite de la génération , attendu que nous n'avons pas les données au moyen desquelles on peut éclaircir ce sujet d'une ma- nière complète. Comme il me paraît cependant qu'on ne se fait pas une juste idée de ma manière d'envisager ce phénomène , j'esquisserai briè- vement ici l'hypothèse qui me paraît la plus probable , en rappelant toutefois au lecteur que je n'y attache qu'une très-légère importance. « Les animaux destinés à remplacer ceux que la mort détruit se dé- veloppent par la répétition des mêmes actes qui ont amené leurs devan- ciers. Pour les étudier d'une manière utile au but que nous nous propo- sons , nous sommes obligés de remonter aux conditions du premier de ces actes , et nous trouvons que c'est le contact entre la liqueur pro- lifique du mâle et les œufs émis par l'ovaire de la femelle. Un examen plus attentif encore nous l'ait reconnaître que ce sont les animalcules spermatiques qui l'ormcnt l'élément cssculiei à la génération dans la se- mence du mâle , et qu'il est infiniment probable que le nombre des ani- malcules employés correspond à celui des (œlus développés ; l'action de ces animalcules , que nous regardons comme les agens masculins de la génération , est donc individuelle et non pas collective. — Passant ensuite à l'étude des œuCs , nous voyons sur ceux-ci un appareil qu'on a nommé la cicatricule et dans l'aire transparente duquel se df.'ssinent les premiers rudimens du fœtus ; c'est là que nous rechercherons les agcns générateurs de la femelle. — En conséquence , nous soumettrons à un très-bon mi - croscope l'aire transparente des cicatricules que portent les jaunes en- core retenus dans l'ovaire chez une poule dont le coq n'a jamais appro- ché , et npus y remarquerons un petit nuage allongé qui se dirige de la circonférence au centre ; puis répétai. t la ir.èuie observi'tiou sut' mi u.iil i ( 4>5 ) fécondé . en ayant soin de le retirer de l'oviducf e , nfin d'être siir qu'il n'a été soumis à l'inciibatiou pour aucun espace quclconriue de temps „ nous y rencontrerons dans la partie moyenne du nuaçe un trait central qui rappelle l'animaicule spermatique; à l'entour de cette ligne se pro- nonceront symétriquement les formes du poulet dès les premières heures de l'incubalicn. Aussitôt que l'embryon peut être disséqué , nous rccher- cbons cette partie , qui semble l'axe du système qui s'établit ; mais elle a disparu : sou exijteuce n'est que temporaire , elle ne doit point demeu- rer portion intégrante du fœtus. La nubécule qui entoure le trait central n'est pas non j>lus en miniature l'image du futur animal; on ne saurait y reconnaître ces formes arrêtées qui ne feraient que f>randir si elles avaient préexisté : ici, au contraire, l'observateur assiste à une véri- table coustruciion ; il voit se canevasser dans la cicatricule des parties , qui , d'abord plus grandes , se dépriment , se façonnent , pour arriver à la figure qu'elles conserveront , et avec laquelle elles n'ont pas la plus légère ressemblance. Les faits que nous retraçons sont peu favorables à la doctrine de l'emboîtement des germes, et nous y retrouvons avec plaisir des argumens contre une opinion qui cadre mal avec les proprié- tés connues de la matière , et rebute l'imagination par la stérilité des conséquences qu'on peut en tirer ; ils tendraient plutôt à nous montrer le fœtus comme le résultat de l'action que l'animalcule spermatique exer- cerait sur le corps opa((ue de l'aire transparente ; ni l'un ni l'autre de ces agens ne formeraient une partie de l'être qui se crée ; ils ne feraient que donner naissance au premier des actes successifs en vertu desquels cet être serait produit. Cette manière d'envisîiger le phénomène nonS fournit une meilleure explication de la ressemblance des hybrides au père et à la mère ; elle nous indique qu'une bonne analyse du dévelop- pement et de la nutrition d'un orpane nous découvrira les lois qui prési- dent à l'orgnnogénésie eu général , et j'espère montrer l'application da ce principe dans un travail que je termine en ce moment sur la régéné- ration des membres de la salamandre aquatique. » ÎN^OTE sur le Coronilla vagiualisj par M. Sendel. (Extrait d'une lettre aux Rédacteurs. ) Malgré son peu d'étendue, le genre Corcnilia est loin encore d'être suffisamment éclairci , ei , sous ce ( 456 ) tâpporl, il mériterait peut-cire raltention de quelque zélé monograplie. Celles même de ses espèces qui ap- partiennent à la France ne me semblent pas toutes exac- tement déterminées : c'est ainsi que le Coronilla vagi- nalis , très-bien décrit pourtant par M. de Lamarck dans l'Encyclopédie (t. a , p. 121 ) et qui croît non-seu- lement en Italie , comme il l'indique , mais aussi eu Provence , a été ou complètement omis ou confondu avec d'autres espèces et décrit sous d'autrss noms , soit dans les livres les plus récens sur les plantes de France, tels que le Flora gallica de M. Desloncbamps et la Flore française , soit même dans le Prodromus que pu- blie M. Decandolle. Dans ce dernier ouvrage en effet ( t. 2 , p. ioc) ) cet auteur donne sous le nom de C. minimaime plantenon moins distincte de l'espèce Linnéenne que de celle qu'il avait lui-même décrite dans sa Flore. La synonymie et les figures qu'il indique appartiennent à deux espèces distinctes , savoir : les unes (celles de J. Bauhin , de Jacquin et de la Flore Française ) au C. miiiima de Linné; l'autre au C. vaginalis de Lamarck. C'est enfin à cette dernière espèce uniquement que se rapporte , quoique d'une manière imparfaite , sa plu^ase caracté- ristique. Il suit de là que le C. mininia est réellement omis dans le Prodromus , et que le C. vaginalis s'y trouve, mais sous un nom qui ne lui appartient pas. Ainsi le C. minima du Prodromus n'est en définitive que le C. vaginalis de l'Encyclopédie. J'ajoute, pour l'avoir vérifié dans l'berbier même deM.Deslongcbamps, que c'est aussi le C. voginalis que cet auteur a désigné dans son Flora gallica (t. 2, p. 4*^*5 ) sous le nom de 1 ( 4^7 ) C. montana , plante bien distincte néanmoins de celle rjne M, Decandolle a décrite sous ce nom dans le supplé- ment de sa Flore comme dans son Prodromus. Voilà donc une espèce , le C. vaginalis, qui doit réel- lement prendre place dans la flore de France : M. Des- longchamps l'avait reçue des montagnes Provence , et j'en possède des échantillons recueillis à la montagne de ^eyne dans les Basses-Alpes. Ses caractères sont si tran- chés el si bien indiqués parM. de Lamarck, qu'on peut s'é- lonnerdela confusion et de l'oubli dont elle a été l'objet. Cette espèce sous-frutiqueuse et à fleurs jaunes se dis- tingue en eflet de toutes ses congénères , soit par ses stipules grandes (3-4 lignes), membraneuses, incom- plètement soudées en une sorte de gaîne longue, très- ample , que terminent deux lobes ovales-aigus , soit aussi par ses feuilles très-petites, presque rondes, à 7-9 folioles , dont les deux inférieures sont toujours plus ou moins distinctes de la tige. Son port , ses stipules en- gainantes , la petitesse et la forme de son feuillage ne permettant pas de la confondre avec le C. stipularis de Lamarck ( C. 'valentina, L.) dont la disposition de ses folioles par rapporta la tige et la grandeur de ses stipu- les sembleraient d'ailleurs la rapprocher. Ces deux der- niers caractères , au contraire , la distinguent parfaite- mentdes C minima, C. coronata , C.montana, dont elle ofire à quelques égards le port et le feuillage. Quant aux autres espèces fruaqueuses et à fleurs jaunes denotre flore, les C. glauca , C.juncea, C. emerus , elles ne prcsenteot avec le C vaginalis aucune analogie réelle. ( 458 ) Note sur la Caverne à ossemens d'Jdelsberg, en Carniole ; Par M. Bertkakd-Geslin , Membre de la Soc. d'Hist. nat. de Paris. ( Extrait (l'une lettre adressée à M. Alex, l'rongniart , en Jate du 3o mai 1825.) Les cavernes à ossemens ont depuis long-lemps attiré ralteiuioii des naturalistes , et surtout des savaus alle- mands. M. Cuvier, dans son chap. II, tom. iv , de la deuxième édition de ses Recherches sur les Ossemens fossiles, traitant du gisement de ces ossemens de carnas- siers fossiles sous le rapport géologique , donne un résu- mé général des divers travaux publiés sur les grottes à ossemens-, malheureusement, les ouvrages qu'il a été obligé de consulter pour compléter ce travail , ne lui ont pas toujours fourni des renseignemens fort exacts. En effet , M. Cuvier, parlant de la caverne d'Adels- Lerg , en Carniole , d'après une brochure de M. Volpi deTrieste^ dit que c'est à près de deux lieues de l'entrée qu'il découvrit des os d'animaux. Ayant visité cette caverne, j'ai été à même de vérifier que l'assertion de M. Volpi n'était pas fondée sur une exactitude d'observation assez grande. Lors de mon pas- sage à Triesle , au mois de juillet 1 8^3 , avant de me rendre à Adelsberg , j'avais eu l'avantage de connaître M. Volpi. Ce savant, me montrant les ossemens re- cueillis par lui à Adelsberg , m'assura aussi qu'on ne les trouvait qu'à deux lieues de l'entrée de la grolle , et seii- à ( 4^9 ) lomcnt dans un bloc très - compacte de qucl'.jncs pîeds cii])C'S , d'où il n'était plus possible d'en retirer, vu qu'il avait pris tout ce qui pouvait s'enlever facilement. INIalgré ces renseignemens peu encourageans , je me rendis néanmoins à Adelsberg pour voir un exemple de ces grottes immenses du calcaire secondaire. L'enlréede cette caverne d'Adelsberg est ouverle dans un calcaire compacte blanc , secondaire , en bancs puissans , incli- nés au S.-O., de 3o à 35°. A cinquante pas de l'entrée on se trouve dans une vaste salle que traverse le torrent de la Pinha. Après être passé sur la rive gauche de ce tor- rent , on entre dans un couloir assez bas et peu long qui conduit dans une seconde chambre allongée : c'est ici que commence véritablement l'enfilade de chambres plus ou moins larges et liantes, situées sur un plan presque ho- rizontal . A peine entré dans cette seconde chambre , je vis que le sol était formé d'un limon argileux jaune et rou- geàtre , d'un à deux pieds d'épaisseur, plus ou moins im- prégné et recouvert de croûtes de stalagmite jaune. Dans les endroits où il offrait peu de résistance , je fouillai avec la pointe de mon marteau , et je fus assez heureux pour déterrer quelques fragmens d'os, quoique, d'après ce qu'on m'avait dit, je ne dusse pas m'attendre à les y ren- contrer. Dès-lors je fus persuadé que si M. Volpi n'avait trouvé des os qu'à deux lieues de l'entrée , c'est cpi'il ne s'était pas donné la peine de les y chercher plus près. Je me mis à travailler avec plus d'ax'deur, el je parvins à eu déterrer de bien conservés , tels que radius , cubitus , fé- murs , humérus, fragmens de mâchoires, calcauéum, dojgls , vertèbres, etc. . appartenant à des ours des ca- ( 4Go ) vernes de grandeur différente. Il paraît que le genre hyèu9 y est assez rare , car je n'en ai pas jajioorsé un seul os. C'est surlout dans deux petites chambres latérales, près du couloir, que je fis une récolle plus abondante de ces os , celte argile ayant été bêchée par les guides afin de l'employer à unir le sol de la grande salle. Je continuai donc mes fouilles en m'avançant dans la caverne , et partout je trouvai des os plus ou moins brisés et enveloppés dans le limon aigileux. Après une demi- heure de marche, j'ai rencontré, dans une salle assez longue et haute , un amas , de forme conique ( telle que l'affecle un éboulement) , lequel est composé de blocs de calcaire compacte blanc , secondaire , de toutes grosseurs, mêlés avec du limon argileux jaunâtre. Ces blocs avaient leurs arêtes aussi vives que s'ils venaient d'être brisés de- puis peu : cet amas , attenant à la paroi droite de la grotte, pouvait avoir i5 pieds d'élévation et 20 de diamètre à sa base ; les stalactites l'avaient recouvert eu plusieurs en- droits. C'est dans cet amas , à une dixaine de pieds de hau- teur au-dessus du sol de la caverne , dans le limon argi- ^ leux jaune qui remplit les intervalles existant entre les blocs, que j'ai trouvé le squelette d'nu jeune ours, dans un espace de deux pieds carrés au plus. Les os que j'en ai retirés sont : la partie frontale de la tète , la mâchoire inférieure du côté gauche , la septième vertèbre cervicale et la huitième dorsale 5 la huitième et la quatorzième côte du côté droit j deux tibias, fémurs, cubitus, et deux grandes canines d'un autre ours. Si j'avais pu parvenir à soulever les blocs calcaires entre lesquels gisaient ces os , sans doute j'aurais recueilli une grande partie de ce equclette. On rencontre encore çà et là dans la caveiuo (46i ) quelques petits amas de limon argileux avec des fragmens de calcaire secondaire blanc , ainsi que de gros blocs cal- caires isolés , que les guides détruisent journellement 'afin d'unir le sol , pour que les curieux s'y promènent plus commodément. Je ne me suis avancé dans la grotte qu'à une heure un quart de marche, trouvant toujours des ossemens. L'huile ayant manqué à mes lampes , j'ai été forcé de renoncer à aller jusqu'au bloc , dans lequel M. Volpi avait trouvé les premiers ossemens. Ce bloc est sans doute dû aux mêmes causes que l'amas dont j'ai parlé ci-dessus. La manière d'être de ces blocs de calcaire compacte secondaire blanc , semblable à celui des parois de la ca- verne, non roulés , entassés dans ces salles , me fît naître l'idée qu'ils pouvaient être tombés d'en haut. Re- venant sur mes pas , j'examinai le plafond des voûtes avec attention ; comme il était tout couvert de stalactites, je ne pus découvrir aucune fente. D'après cette courte excursion dans la caverne d'A- delsberg , je suis porté à croire que les ossemens existent dans toute l'étendue de la caverne, et qu'ils s'y trouvent de deux manières : i**. épars dans le limon argileux qui forme le sol des chambres ; a**, enfouis dans des amas formés de blocs de calcaire compacte secondaire bhuic et de limon argileux jaune. L'hypothèse que M. Cuvier admet comme la plus pro- bable pour expliquer la présence de ces os dans les ca- vernes , est celle qui ferait penser que ces cavernes ont servi de retraite aux animaux carnassiers. Cette opinion a été confirmée par les nouvelles découvertes de M. Buck- Jaud à la caverne de Riikdule. ( 462 ) La présence des os dans le limon argileux du sol de la caverne d'Adelsberg s'accorde Lien avec celle liypo- llièse •, mais il n'en est pas ainsi par rapport à ceux que j'ai trouvés dans cet amas de blocs calcaires et de limon argileux. Les os ne sont pas à la surface de l'amas , mais bien vers sa partie moyenne , enfouis parmi les blocs et écrases par eux. Cette manière d'être , et l'élévation à laquelle se trouve ce squelette au-dessus du niveau or- dinaire du sol de la caverne , ne peuvent faire supposer que ce squelette d'ours fasse partie des ossemens qui jon- client le sol de la cavei'ne, ni que ces blocs soient tombés depuis sur lui. Il faut nécessairement que les os conte- nus dans cet amas aient été amenés dans leur position actuelle , en même temps et par la même cause que les blocs calcaires : ils ne peuvent donc provenir d'animaux qui habitaient ces cavernes et y mouraient paisiblement. Si l'on lemarque que ces blocs , quelquefois très-gros , entassés les uns sur les autres , mêlés avec du limon ar- gileux , ont leurs angles parfaitement vifs , cl sont de même nature que le calcaire des parois de la caveine , on ne peut admettre cju'ils aient été amenés de bien loin. Ce mode d'arrangement ne peut avoir eu lieu que par l'effet d'un éboulement, lequel n'a pu provenir que du plafond. Les faits suivans viendraient encore appuyer cette opi- nion. « Dans la caverne de Gaylenreuth , une fente de la troisième groUe en a liiit découvrir en 1784 une nou- velle de 1 5 pieds de long sur 4 de large , où se sont trou- vés le plus d'ossemens d'hyènes ou de lions. L'ouverture en était beaucoup trop petite pour que ces animaux y fiient pu passer. » (Cuv. , tom. iv, p. 296.) ( 463 ) Dans une caverne découverte en i8qi4 dans le terri- toire de Lannrck , au Canada supérieur, M. Bigsby a observé que le sol de cette grotte est couvert de débris de calcaire granulaire brun , semblable à celui des parois , et que les os f forment surtout un amas. Il pense que l'animal dont les os ont été trouvés dans cette grotte élait beaucoup trop grand pour avoir pu y pénétrer vivant ou en entier, (y^inefic. Jouni. of Se. de M. Silliman , juin 1825 , p. 354.) Il faut donc admettre encore ici , ou que les os n'ont pu y arriver d'une autre manière que l'amas de blocs de la caverne d'Adelsberg , c'est-à-dire d'en haut, ou l^ien qvie les ouvertures ont été refermées depuis l'époque où les animaux y ont été enfouis. Si actuellement on considère i**. que la surface des montagnes de calcaire secondaire de la Carniole est re- couverte dune couche d'argile rougeâlre ; 2°. que le li- mon argileux de l'amas , dans la caverne d'Adelsberg , est minéralogiquement le même que celui qui forme le sol de la caverne ; ne pourrait-on pas supposer que la même catatrosphe qui a produit ces amas dans la caverne d'A- delsberg y aurait introduit en même temps le limon ar- gileux rougeâtréde la surface , lequel , s'étendant sur le sol de la caverne , aura contribué à y ensevelir les osse- mens qui y gisaient? En outre , postérieurement à l'habitation des cavernes par les animaux carnassiers , fait mis hors de doute par les savantes observations de M. Buckland, ne pourrait-il pas se faire que ces éboulemens , provenant de la surface du sol , y eussent amené avec le limon argileux elles os- semens d'ours , les dépouilles de grands herbivores qu'on ( ^H ) y a rencontrés , et qu'on ne peut supposer y avoir cherché un refuge pendant leur vie. L'on m'objectera sans doute l'opinion de M. Buckland qui pense que les os d'herbivores ont été entraînés dans les cavernes par les animaux carnassiers. Cela peut avoir eu lieu pour de petites espèces , mais il n'est pas pro- bable que les ossefnens des grandes espèces y aient été introduits de la même manière. Admettant comme certain , au moins pour la caverne d'Adelsberg , que les calcaires et les os d'our qui les ac- compagnent sont tombés par le plafond , le phénomène des cavernes à ossemens se lierait assez bien avec celui des brèches osseuses sous le rapport géologique. Comme l'observe M. Cuvier_, « la nature des roches qui contien- nent les unes et les autres ne se: ait pas très -différente; » en outre , les fentes des cavernes étant généralement as- sez larges , les os ne s'y seront pas arrêtés et auront tom- bé jusqu'au fond, tandis que celles des brèches osseuses , beaucoup plus étroites et moins profondes , auront rete- nu les os à peu de dislance de la surface du sol. Ainsi donc, d'après les faits observés jusqu'ici dans les cavernes de rAUemagne et de l'Angleterre , et d'après celui de la caverne d'Adelsberg que je viens d'exposer, il faudrait conclure i**. que la présence des ossemens dans les cavernes a eu lieu à deux époques différentes , sans doute peu éloignées : la première , celle où les animaux habitaient ces cavernes \ la seconde , celle oiï ils y auraient été transportés pa'^ une catastrophe assez générale 5 -x^. que la seconde époque serait contemporaine des brèches os- seuses , et produite comme celles-ci par un phénomène de remplissage. FIN DU SEPTIÈME VOLIME. TABLE PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME, Pi. I, fig. I. Branclie de saule avec seô leuticelles et les racines qui en sortent. Fig. 2. Coupe longitudinale d'une tige et d'une racine qui en sort. Fig. 3. Substance vësiculaire qui recouvre l'origine des racines avant leur développement. Fig. 4- Tissu des spongioles qui termi- nent les racines. VI. 2. Branche de saule dont la partie inférieure est plongée dans un li- quide coloré eu rouge , et dont la partie supérieure , plongée dans de l'eau pure , donne naissance à des racines colorées en rose. ( f^oj^. la description de cet ap[)arcil, p. 11.) PI. 3 , fig. 1,2,3. Crâne de Papou de l'ile de Rawack. Fig. 4 > 5,6. Crâne d'un autre Papou de la même île, PI. 4- Pétrel de Lesson , Procellaria Lessonii, Garnot. PI. 5. Enfant né avant terme, dans lequel on observe le déplacement d'un rein et de l'artère rénale. PI. 6 , fig. i-i3. Membres postérieurs de divers serpens, Fig. 14-16. Os hyoïde de I'Akolis lineatds. PI, 7. Carte géologique de l'extrémité sud-ouest du Cornouailles, PI. 8. Filons du Cornouailles. PI. 9, Plan des filons d'étain de la mine de Polgooth. PI. 10 , fig. 1, 2, 3. NODOSARIA L^EVIGATA. Fig. 4,5,6. NoDOSARIA LA- MELiosA. Fig. 7, 8. Marcikulika Raphanus. Fig. g. Plandlabia Cymba, Fig. lo, II. Pavonika flabellifokmis. PI. II, fig. I, 2, 3 , 4- TeXTULARIA ACICULATA. Fig. 5 , 6 , 7 , 8. VuL- VULINA CaPREOLCS. Fig, 9 , 10, II. BiGENERINA NODOSARIA. Pi. 12, fig. t, 2, 3, 4- POLTMORPHINA COMMCNIS. Fig. 5, 6. PoLTUOR- ( 4^>û ) PHIKA GtITTA. Fig. ^. ClVVUHNA AXCULARIS. Fig. 3, i). UviCERINA PÎGM/EA. Fig. lO, II, 12. BULIMINA MARGINATA. PI. l3 , fig. :, 2,3,4- ROSALIMA CLOEULARIS. Fig. 5, G , "] ■ Calcarusta Defrancii. Fig. 8,9, lo, ii. Tromcatulika hekulceks. V\. l4 , fig- Il 2 j 3. PlANDLINA ABIMINENSIS. l'ig. ^ , ïi , 6. PlASOUEULIKA MEDITERRANENSIS. Fig. 7, 8, y, iO. OPERCULÏNA COMPLANATA. PI. i5, fig. I, 2, 3. Akomalina punctulata. Fig. 4» 5- Cassidulina i:,;evigata. Fig. 6, ^iDbndritika arbusccla. Fig. 8, g. Rotulina ORBICULARIS. Fig. lO , II, 12. NoMONIMA OMBILICATA. PI. 16 , fig. 1,2,3, 4- BlLOCTJLINA BULLDIDES. Fig. 5,6,7,8,9. TrI- LOCULINA TRIGOKULA. Fig. 10, II, 12, l3, 14. QuiNQUELOCULlNA SAXORUM. PI. 17, fig. 1,2,3,4- Amphistegika Quoii. Fig. 5,6,7. Heteroste- GINA DEPRESSA. Fig. 8,9, 10. (JrBICULIKA KUMISMALIS. Fig. II, 12, i3. Alveolina Quoii. Fig. i4, i5, i6, 17. Fabularia discolithes. PI. 18. Akencéphales. Fig. i, 2 , 3 , 4- Anencéphale -Momie. Fig. 5. Amulette. Fig. 6, 7. Akencéphale perforé. Fig. 8, 9, 10. Os basi- laires. ftX UE I.A TAM E DES Pr.A^CIiES. TABLE METHODIQUE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. ANATOMIE ET PHTSIOLOGIE ANIMALE, ZOOLOGIE. .M OTE Sur les Changemens qu'ont subis les lois de la mortalité en Europe depuis un demi-siècle ( lynS-iSaS) ; par M. Benoiston de Cliateauneuf. 3ji Note sur le Déplacement d'un Rein daus un enfant né avant terme, et sur quelques particularités du système vasculaire qui en étaient résultés ; par 31. Martin. 82 Remarque sur la Note précédente; par M. Geofjroy Saint- Hi- laire. 87 Description d'un Monstre humain né avant l'ère chrétienne , com- paré à un pareil monstre de l'époque actuelle ; et Considérations zootomiques et physiologiques sur le Caractère de ces monsh-uo- sités, dites ^nencéphales ; sur l'Indépendance de formation de chaque sexe, et sur l'Existence de deux noyaux daus l'os basi- laire ; par M. Geoffroy Saiut-IJdaire. 35n Observations sur la Constitution pliysique des Papous qui habi- tent les îles de Rawack et de Waigiou ; par MM. Quor et Gai- mard. Sur les Membres postérieurs des Ophidiens ; par le docteur Majer, Professeur à Bonn. Observations sur la Structure du gosier dans le genre Anolis , par Thomas Bell. Sur des femelles de Faisans à plumage de mâles ; Observations faites chez le Faisan à collier, le Faisan argenté et le Faisan commun ; par M. Isidore Geoffroy Saint-IIilaire. 336 Sur la Génération de la Moule d'étang ( Unio pictorum) ; par le docteur Préi'ost. Tableau de la classe des Céphalopodes ; par AI. D'Orbii^nj. P. 9G, 1:^9 37 '9' 44? \\ 5" P ( 468 ) P»(e». Mémoire sur les Bélemnites ; pur M. de lilainpille. 4^^ Note sur les Habitudes naturelles des Larves de Lampyi-es ; par M. M... de Rouen. 353 Notice sur les Cigognes , et particulièrement sur les trois grandes espèces qui fournissent les plumes dites Marabous. 91 Remarques sur la zoologie des îles Malouines , faites pendant le voyage autour du Monde par la corvette la Coquille , exécuté en 1822 , 1823 , 1824 ) '825 ; par M. Garnot. 3g ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE , BOTANIQUE. Premier Mémoire sur les Lenticelles des arbres et le développe- ment des racines qui eu sortent ; par M. A. P. DecandoUe. 5 Additions au Mémoire sur l'Analyse microscopique de la Fécule ; par M. Baspail. SaS Observations sur quelques Crucifères décrites par M. Decan- doUe dans le second volume de son Systema natiirale regni ve- getabilis ; par J. P. Monnard , avec des notes de M. Gay. SSg Rapport sur un Mémoire de M. Adrien de Jussieu ayant pour objet la famille des Rulacées ; par M. Desfontaines. 4 '9 Observations sur les familles des Jasminéus et des Oleinées ; par M. Ach. Richard. ( Extrait.) 35o Observations sur le Festuca myuros de Linné et sur quelques espèces voisines ; par M. Soyez- fVilleiuet. 4 4" Note sur le Coronilla vaginalis ; par M. Sendel. !^56 Mémoire sur la Géographie des plantes marines ; par M. Lamou- roux. 60 MINÉRALOGIE ET GÉOLOGIE. Sur la Constitution gcognostique et les Gîtes métallifères du Cor- nouailles et du Devonsliire ; par MM. Bufresnoy et Elie de Beaumont , Ingénieurs des mines. igS Note sur la Caverne d'Adelsberg , en Carniole ; par M. Bertrand- Geslin , Membre de la Soc. d'Hisf . nat. de Paris. 45S Analyse de doux Pierres magnésiennes provenant des montagnes d'OUioules en Provence et de Cette en Languedoc ; par M. Lau- gier. FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. 143 -J- < i //